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EAN : 9782215167648
208 pages
Editions Fleurus (26/08/2022)
4.33/5   3 notes
Résumé :
Le 10 août 1914 doit être un jour de fête. Armand se réjouit à l'idée d'aller fêter ses treize ans. Mais ce jour-là, Armand assiste, impuissant, au départ de son père pour rejoindre le front. La guerre vient d'être déclenchée et la vie d'Armand bascule.

Sa mère et lui doivent rapidement trouver de quoi subvenir à leurs besoins : Lucie s'engage comme munitionnette aux usines Citroën, Armand travaille au réfectoire. Mais trois mois plus tard, c'est un ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
LeChatduLivre
  29 juillet 2022
Quelle joie ! Armand tient enfin un billet d'entrée pour Luna Park, qu'il va aller visiter avec son père Léopold pour son anniversaire prochain. L'adolescent est déjà à la fête, mais c'est sans compter l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand et l'emballement des alliances qui entraînent la France dans la guerre et avec elle la mobilisation de Léopold.
Le quotidien du jeune homme change alors du tout au tout, en dépit de la présence de son meilleur ami et de la soeur de celui-ci, sur lesquel·les sa mère Lucie a promis de veiller en l'absence de leur père, lui aussi envoyé sur le front. Jusqu'au jour où arrive une lettre indiquant que Léopold est porté disparu, conduisant Armand à rejoindre les Poilus et à se battre aux côtés des autres, et tant pis s'il n'a pas l'âge requis.
Je suis conquise par ce roman jeunesse. le récit est bien ficelé, écrit dans un style très abordable pour des adolescent·es. On découvre dans cette histoire des aspects connus comme le travail des femmes ou le quotidien des soldats dans les tranchées, et d'autres un peu moins visibles pour le grand public comme l'organisation dans les hôpitaux. J'ai tout particulièrement apprécié le dossier pédagogique en fin d'ouvrage qui explicite la démarche de l'autrice et sera sans aucun doute précieux pour une exploitation en classe, tant en cours de français que d'histoire. Une belle lecture en complément des cours en classe de 3e ou de Première, ou tout simplement pour les amateur/trices de littérature de jeunesse !
Merci aux éditions Fleurus et à NetGalleyFrance pour ce service presse.
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FabtheFab
  21 juillet 2022
En 1914, Armand Delannoy vit avec son père Léopold chapelier dans le seizième arrondissement de Paris et sa mère Lucie. Son père est appelé lors de la mobilisation générale après la déclaration de guerre. Sa mère Lucie travaille alors dans les entreprises Citroën à la fabrication de munitions et elle recueille le meilleur ami d'Armand, Jules et sa soeur Léontine dont le père est aussi parti à la guerre. En 1916, Armand intercepte la lettre qui annonce à la famille la disparition de Léopold Delannoy au combat de Tracy-le-Val dans l'Oise et décide de partir au front. Il va être adopté par une unité d'infanterie puis se retrouver à l'hôpital d'Amiens où il rencontre la jeune infirmière de la Croix-Rouge, Blanche.
Peggy Boudeville a commencé à publier en 2021 avec le réseau Phénix chez Fleurus : Amiens, mai 1940. Cécile, Solange et leurs parents fuient les bombardements allemands. de retour dans leur ville, les amies apprennent à vivre sous l'occupation allemande. En juin 2019, Elliot et sa soeur Mona découvrent une étrange malle contenant de vieilles cartes et des tracts. Ils partent sur les traces d'un ancien réseau de résistants au nazisme.
Peggy Boudeville a choisi d'évoquer le parcours d'un adolescent dans la guerre pendant la première guerre mondiale. le parcours du héros suit donc plusieurs séquences qui permettent d'aborder les différents aspects de cette période de manière presque documentaire : le héros dans le Paris pendant la guerre, le héros dans les transports de troupes, le héros dans les tranchées de la Somme, le héros sur le front dans la bataille, le héros à l'hôpital etc. L'intensité dramatique est estompée par cet effort de documentation parfois trop lisible dans la trame romanesque. C'est d'autant plus regrettable que Peggy Boudeville soigne particulièrement son écriture et les descriptions de paysages ou de sentiments peuvent être extrêmement poétiques.
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AmandineAuFildesPlumes
  31 juillet 2022
Nous voilà en pleine première guerre mondiale. Armand voit son père partir en guerre et disparaître tout à coup. Il décide alors de partir au front malgré son âge.
L'intrigue est vraiment prenante et je me suis très vite attachée au personnage d'Armand. Toute l'intrigue repose effectivement sur ce protagoniste qui défie le monde pour aller dans le sens de ses convictions. Il se montre sensible et terriblement courageux.
Peggy Boudeville nous raconte donc une histoire touchante avec de subtils rebondissements qui permettent à l'intrigue d'avancer doucement mais sûrement.
L'auteure a un style simple et efficace qui vise un public adolescent. Elle trouve les mots justes pour décrire les sentiments qui traversent les personnages.
J'ai adoré cette lecture.

Lien : https://www.instagram.com/au..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
mcd30mcd30   25 juillet 2022
La première victime d'une guerre, c'est la vérité.
Rudyard Kipling
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FabtheFabFabtheFab   21 juillet 2022
"La jeunesse réclame son dû écrit Richard Arndt, un ancien combattant, dans ses souvenirs de guerre, afin d'expliquer son désir de passer outre l'âge légal de conscription. Manon Pignot, maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l'Université de Picardie Jules Verne, parle dans son livre L'appel de la guerre, des adolescents au combat, d'engagement juvénile illégal. Elle s'interroge notamment sur les raisons qui poussent les jeunes qui n'ont pas l'âge requis à vouloir rejoindre le front, sur cette irrésistible motion intérieure qui les amène à fuguer, falsifier leur date de naissance voire même leur nom, s'exposant ainsi à une potentielle mort anonyme, tout ça pour en être.
Il faut se remettre dans le contexte de ces jeunes qui, en 1914, prennent de plein fouet la mobilisation générale, le départ à la guerre de leurs pères, de leurs frères, de leurs oncles, le climat de frénésie et d'inquiétude, les collèges et lycées réquisitionnés, l'éclatement de leurs repères et le désœuvrement qui en résulte. Cet âge où se rendre utile et faire la fierté de ses parents n'est pas un vain mot, Manon Pignot, pour justifier donc ce désir d'entrer en guerre, évoque entre autres l'aspect économique, puisqu'une solde était versée à chaque soldat, ou encore la foi patriotique, largement relayée parfois par le contexte familial ou encore l'influence scolaire. Jean-Corentin Carré, considéré comme le plus jeune poilu de France, l'exprime dans l'une de ses lettres : "Sur ces bancs, où j'ai usé pas mal de fonds de culotte, j'ai appris la chose principale à observer dans cette vie : le devoir".
Ce jeune breton, pour suivre son père parti sur le front, n'hésite pas à falsifier date de naissance et nom pour être engagé à Pau à l'âge de quinze ans. Nommé sergent en 1916, il recevra la croix de guerre avant de dévoiler sa véritable identité, de redevenir simple soldat, puis de retrouver son grade grâce à son comportement au cœur des tranchées. Une citation à l'ordre de la division en juin 1917 dira de lui : "Sous-officier d'une admirable bravoure, s'est engagé à quinze ans sous un nom d'emprunt pour aller plus tôt au feu (...) Toujours volontaire pour les missions les plus périlleuses, qu'il exécute avec un sang-froid et un courage admirable". Volontaire pour servir dans l'aviation, celui qui est devenu l'adjudant pilote Carré est abattu au-dessus de Verdun et meurt de ses blessures à l'hôpital militaire de Souilly le 18 mars 1918.
Si Jean-Corentin Carré m'a inspirée en partie pour le personnage d'Armand, il est un autre destin qui m'a particulièrement touchée : celui de Noël Vacher, à qui je me réfère principalement. En plus de la mobilisation de son père, ce jeune berger originaire de l'Hérault subit successivement quatre deuils en l'espace d'un an dont celui de sa mère. Ce choc, cet esseulement soudain, provoquent un basculement et il fugue jusqu'à croiser un régiment de spahis (corps de cavalerie d'inspiration ottomane) en gare de Montpellier et à embarquer avec eux, tout comme Armand. Et tout comme lui, il va chercher à retrouver une figure paternelle, un mentor, un guide pour éclairer son chemin assombri, et va le trouver en la personne du lieutenant Touratier qui le surnommait Zouzou comme Lucien le fait avec Armand. La Somme, Verdun, Noël Vacher est de toutes les batailles auxquelles il a la chance de survivre et un certain 11 novembre 1918, il n'a pas encore dix-huit ans mais a déjà cette fierté, partagée avec ses frères d'armes, d'avoir sauvé ses compatriotes. Il reçoit la Croix de la Légion d'Honneur en 1995 et décède en février 2000 à l'âge de cent ans.
Un dernier élément m'a frappée lors de la lecture du livre de Manon Pignot, ce sont les photos du jeune Walter Williams prises respectivement en 1915 et en 1917. La transformation physique est effarante, les images parlent d'elles-mêmes et j'ai voulu reproduire ce vieillissement prématuré sur le personnage d'Armand à la fin du chapitre 10. (...)
En ce qui concerne l'aspect historique, la bataille de la Somme représentait le contexte idéal pour deux raisons. La première, et non des moindres, est que je suis amiénoise et que je traverse régulièrement ces terres stigmatisées par la guerre des tranchées lorsque je rends visite à ma famille. Albert, Bapaume, Moreuil, Montdidier, La Neuville Sire Bernard sont des lieux familiers pour moi, dont j'ai redécouvert les blessures grâce à ce livre. La deuxième est qu'il s'agit d'une des batailles les plus meurtrières de l'histoire avec presque 450 000 morts ou disparus, pour un bien piètre bilan militaire puisque les Alliés ne gagneront qu'une douzaine de kilomètres sur l'ennemi sans jamais percer le front. Ce fut néanmoins la première offensive franco-britannique de la Grande Guerre, avec à sa tête respectivement le maréchal Joseph Joffre et le général Douglas Haig, et les britanniques payèrent un lourd tribut notamment lors de l'offensive du 1er juillet 1916. De nombreux lieux de commémoration leur rendent hommage ici dans la Somme, mais n'oublions pas que l'armée française n'était pas seulement à Verdun, elle était bel et bien présente aussi dans la Somme et près de 70 000 de nos soldats y perdirent la vie. Ce livre leur rend hommage.
La bataille de Bouchavesne évoquée au chapitre 7 et au cours de laquelle Armand fait son baptême du feu a véritablement eu lieu, renforcée entre autres par le 72ème RI suivant un scénario qui ressemble beaucoup à celui que j'évoque. La tranchée Silvas Mossoul a d'ailleurs été une artère stratégique dans cette opération militaire. Et il se trouve qu'en octobre 1916, un soldat de ce même régiment d'infanterie prénommé Jules Laurent est grièvement blessé par un éclat d'obus et il est évacué vers l'hôpital temporaire N°112 à Amiens, comme le brancardier qu'accompagne Armand. Mais malheureusement, Jules Laurent, lui, décédera de ses blessures. Permettez-moi de vous transmettre cette citation datée du 17 octobre 1917 le concernant : "Très bon soldat, blessé grièvement le 7 octobre 1916 en se portant courageusement à l'assaut des positions ennemies". L'hôpital N°112 a donc vraiment existé, j'en ai d'ailleurs retrouvé la trace et des photos dans le recueil de Maurice Duvanel et Pierre Mabire, Les Amiénois, des rires, du sang, des larmes.
En ce qui concerne le rôle des femmes durant la Grande Guerre, en l'absence du chef de famille qui représentait bien souvent à l'époque la seule source de revenus, elles durent prendre les choses en main afin de subvenir aux besoins des leurs. Certains métiers leur devenaient soudainement accessibles. Mécanicienne, vendeuse de journaux, télégraphiste, conductrice de tramway, un nouvel horizon s'ouvrait à certaines d'entre elles. Mais la majorité fut appelée à contribuer à l'effort de guerre dans des conditions beaucoup plus difficiles, comme dans le secteur de l'agriculture où le labour se faisait encore manuellement avec une charrue attelée à un mulet. En outre, à l'image de Lucie, il y avait aussi celles que l'on appelait les munitionnettes, qui effectuaient des journées de onze heures et soulevaient pour certaines jusqu'à 35 000 kilos par jour pour la fabrication des obus, tout en subissant les effets nocifs de l'acide picrique. Pour compenser ces difficultés, l'usine Citroën développa un modèle social très novateur avec sur place une cantine, une pouponnière et un accès à tous les soins médicaux. Avec près de 12.000 hectares de terrain acquis quai de Javel, elle était devenue une véritable ville dans la ville.
Et pour finir sur une note plus légère, il existe un endroit que je mentionne au tout début de mon livre et qui n'est pas fictif non plus, c'est le Luna Park ! C'était un parc d'attractions qui avait ouvert ses portes en 1909 près de la porte Maillot, qui proposait entre autres et à mon grand étonnement, montagnes russes et autres attractions dont je ne soupçonnais pas l'existence à l'époque et dont j'ai gardé les vrais noms. Très en vogue à son ouverture, le parc subit ensuite une forte baisse de fréquentation suite à l'occupation des Allemands qui en avaient fait un de leurs lieux de divertissement préférés. Et malgré les efforts du propriétaire qui, en 1931, achète vingt-cinq baleines embaumées et cent manchots vivants pour attirer le public, il finit par fermer ses portes dans la foulée et par être détruit en 1942 pour laisser place, après de nombreux projets échoués, à l'actuel Palais des Congrès inauguré en 1974." pg 187 à 192
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FabtheFabFabtheFab   21 juillet 2022
"Il la prit doucement par les épaules et l'entraîna vers la salle du personnel médical, plutôt déserte à cette heure-ci. Ils s'installèrent l'un en face de l'autre, un peu ivres de ces retrouvailles, souriant bêtement et pouffant de rire comme des idiots. Lucie ouvrait des yeux avides sur les traits marqués de son fils. La dernière image qu'elle avait de lui était celle d'un petit garçon, et voilà qu'un homme se tenait devant elle, qui semblait avoir englouti la version enfantine d'Armand. Le coin de sa bouche charnue s'étira en un demi-sourire à la fois tendre et désenchanté, qui lui creusait désormais une fossette au cœur de la joue. Lucie fondait de bonheur et de tourment mêlés. Qu'avait donc bien pu vivre son fils pour être à ce point transformé ?" pg 167
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FabtheFabFabtheFab   21 juillet 2022
"Il s'avança jusqu'à [l'un des miroirs] et ce qu'il vit n'était plus lui.
Certes il avait le visage crasseux et la capote raidie de boue séchée.
Mais cela il s'y attendait.
En réalité, ce qui le frappa le plus, c'était la gravité de son regard. Il avait toujours eu l'iris noir comme l'ébène, mais l'ovale de ses yeux était désormais oblique, et un sillon s'était creusé au milieu, comme s'il fronçait les sourcils en permanence. Ses joues s'étaient creusées, et deux rides d'amertume qui partaient des ailettes du nez jusqu'au menton encadraient désormais sa bouche craquelée comme une parenthèse. La guerre s'était imprimée sur son visage autrefois poupin. Il avait vieilli de dix ans en dix mois." pg 106
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