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Thomas Boudie (Autre)
EAN : 9782490828067
48 pages
Éditeur : Maison Malo Quirvane (25/03/2019)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Dans Agen chaud, dans Agen brûlant, dans Agen incandescent, un homme d'origine maghrébine disparaît, le maire gaillardise, le préfet tente de rester calme... Mais sa femme ne supporte plus la situation. La pire lutte des classes, c'est celle qui se joue au sein du même couple.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Malavella
  22 septembre 2020
Éditions Marlo Quirvane
La maison d'édition Marlo Quirvane édite de courts textes de fiction, structurés en plusieurs collections. “La nuit des éphémères” est éditée dans la collection “Fragiles pouvoirs”, dédiée à des bureaucrates, technocrates élitaires de l'administration qui se retrouvent dans les villes et campagnes.

Mise en pages
Les livres de cette maison d'édition sont petits, mais ils sentent bon, avec leur papier gros (4 à 5 gr.), couleur crème, joliment cousu. Et la typographie Garamond est attrayante.

Thomas Boudie
L'auteur est né à Agen, a ensuite grandi à la Réunion. Il a enseigné dans un collège zep (zone d'éducation prioritaire) durant une quinzaine d'années, où il a participé à de nombreux projets pédagogiques stimulants, avant de rejoindre un établissement du centre de la ville riche.
Il connait donc bien Agen, décor de ce livre. Mais Thomas Boudie est également bien au courant des problèmes que connaissent les familles à faibles revenus, et du contraste avec la mentalité des familles riches. de tous ces éléments est né la nouvelle « La nuit des éphémères ».

Les éphémères (ou mannes)
Partout dans le livre, l'auteur parlera de ‘papillons' quand il mentionnera les éphémères. Elles ne font pourtant pas partie de la classe des papillons. Ce sont de petits insectes volants qui ne vivent que pendant quelques heures. Ils en profitent pour s'accoupler, et les femelles pondent les oeufs sur l'eau.

La nuit des éphémères
Style
Le langage est très sobre. Chaque mot est à sa place et bien choisi, chaque phrase, chaque paragraphe. Aucun mot n'est de trop, mais il n'y a pas un seul mot de trop peu non plus .
Le style était tellement sobre, qu'un grand silence se déployait, dans lequel l'histoire pouvait se dérouler. Dans ce silence j'avais aussi le sentiment qu'il n'y avait aucun jugement. Les faits étaient racontés comme ils se sont déroulés, c'est tout. Après la lecture de cette nouvelle je n'ai pas eu le sentiment que la nouvelle avait été trop courte car tout était dit.

Le langage semble régulièrement un peu désuet, et un emploi du temps, des verbes, assez surprenants.
Peut-être ce style élitaire, mais très élégant, est utilisé pour accentuer le monde élitaire dans lequel le Préfet circule. Et… ça fonctionne !
Et puis, il y a pas mal de références à l'histoire, surtout à Napoléon, trop pour moi, dans un si petit texte.

L'histoire
On sent l'amour de l'auteur pour cette région. Mais aussi pour les personnages.
Pour les thèmes principaux je ne veux pas trop dévoiler. Je peux référer à ce qu'en dit la maison d'édition, car la description du livre est juste. Agen, Lot-et-Garonne, lutte des classes sociales, et surtout celle dans le couple.


Bref…
Rien que des superlatifs. Pour la très belle édition. Pour le style sobre, mais tellement beau. Pour les thèmes qui en valent la peine, les personnages agréables à découvrir. Un petit livre à lire, à reprendre en mains, à relire, et à chérir.
Je lis lentement, j'ai pu jouir de ce petit livre pendant deux soirées.

Remerciements
J'ai reçu un exemplaire du livre dans le cadre de Masse Critique. Un grand merci à l'équipe de Babelio et à la maison d'édition Malo Quirvane.
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bwarnas
  21 septembre 2020
Livre reçu dans le cadre de « masse critique ». À ce titre, je remercie Babelio, ainsi que la maison d'édition « Malo Quirvane » spécialisée dans les histoires courtes, pour cette initiative.
Première édition française :
2019
Temps de lecture :
entre 20 et 30 minutes pour un lecteur moyen (300 m/m)
Un mot sur l'auteur :
Thomas Boudie est un auteur français né en 1975. Originaire d'Agen, c'est dans cette ville qu'il dresse le décor de son texte. Il s'agit ici de son premier « roman » (plus précisément « longue nouvelle »). Étonnamment, celui-ci semble avoir déjà été publié précédemment (aux mêmes éditions Malo Quirvane) sous le titre « la nuit des phalènes ». Pourquoi ce changement de titre ? Mystère.
Synopsis :

Que faut-il en retenir ?
Ce n'est pas quelque chose que je fais habituellement, mais je souligne la qualité de l'édition. En effet, bien qu'il s'agisse d'un format « poche », la reliure est cousue en livrets et le papier crème est d'une épaisseur très importante (au moins 100 gr). Une très belle qualité donc... et de fabrication française de surcroît.
Concernant le texte : la forme est agréable et fluide. Thomas Boudie utilise de belles tournures stylistiques. C'est bien imagé, voire quelquefois poétique. Les personnages ne peuvent évidemment pas être développés par l'index en si peu de pages. Pour autant, c'est assez convaincant sans entrer dans les détails (avec des personnages « archétypaux » : le maire, la femme de ménage qui se trouve être l'épouse du disparu, le préfet… et l'épouse un peu perdue entre ses convictions et la réalité.
Sur le fond, l'histoire est bien menée tant en « positif » (une disparition liée à une transgression du pouvoir des représentants du peuple et de l'État avec son corollaire : le sentiment d'impunité des élus, la légèreté dont ils peuvent faire preuve vis-à-vis de graves situations), qu'en « négatif » (les liens de pouvoirs dans l'intimité d'un foyer, entre une femme et sa femme de ménage, une épouse et son mari… et les divergences de point de vue qui en découlent.).

Pour conclure :
une belle histoire qu'on aurait aimée plus longue (même si ce n'est pas le concept de la collection)sur fond du vol « neigeux » des éphémères. Un auteur et une maison d'édition à suivre, donc.
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lolo6666
  30 septembre 2020
Tout a été précédemment développé sur la maison de négoce littéraire Malo Quirvane ainsi que sur l'auteur Thomas Boudie. Je m'attarderai donc plus particulièrement sur 3 points.
Premièrement, l'oeuvre. Dont le titre lui sied si bien : " La nuit des éphémères ". Un texte court, doux et harmonieux. L'écriture est délicate, les propos sont pourtant difficiles. Tout est brutal au final. Ce qui est dit et surtout ce qui est tu. Fragilité des couples, des statuts, secrets tenus, précarité de la vie. Pouvoir chancelant ? Dans un autre monde peut-être, une autre voie. Celle que Thomas Boudie choisira d'emprunter…ou pas. Car si la disparition de cet homme d'origine maghrébine " nous arrange tous ", le projet qu'il gênait demeure impénétrable. Je m'y sentais bien, dans ce brouillard d'éphémères qui, bien que phylogénétiquement distincts des papillons, enveloppent d'onirisme un récit que le phalène aurait survolé de façon anecdotique. Une belle découverte.
Le deuxième point s'adresse à Babelio que je remercie pour ce véritable cadeau. Et quand bien même je comprends les intérêts "modernes" d'une telle opération, je veux y voir un acte s'apparentant à de la philanthropie "littéraire".
Le dernier point concerne la maison d'édition qui, à travers quelques traits personnalisés de crayon en bois, m'a souhaité une agréable lecture. Ces simples mots ont fait naître en moi un fort sentiment de proximité entre le profane que je suis et vous, professionnels éclairés du monde du livre, dont l'univers me semble graviter à des années lumières du mien. Merci pour cette attention.
Opération Masse Critique "Littératures" 2020
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
MalavellaMalavella   23 septembre 2020
Dans les grands jardins et les rues discrètes d'Agen, elle portait, en réponse muette aux regards de la ville, sa paire de solaires géantes. Cela amusait François, bien qu'il préférât le plus souvent qu'elle les enlevât. Elle n'était pas femme de chirurgien, disait-il, mais épouse de préfet. Cela lui arrive d'être totalement ridicule, se disait Alice, elle ne goûtait plus l'ironie.
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MalavellaMalavella   23 septembre 2020
En sortant du magasin, elle sent la puissance du soleil. Il est 10h30. La ville est déserte et le goudron sent le chaud. Quelsques mètres plus loin, les colombes trouent l'air épais par leur roucoulement entêtant. Inlasssablement leur chant accompagne les journées.
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lolo6666lolo6666   30 septembre 2020
Si Alice avait su choisir, elle aurait sûrement gardé son nom. [...] Outre-mer, ce nom brillait comme une couronne, il était une distinction et on l'abordait avec crainte et respect. [...] Ici, en métropole, les Jasmin-Prayssas s'imposaient en vieille gloire.
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