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EAN : 9782070393213
125 pages
Gallimard (04/04/1995)
2.89/5   14 notes
Résumé :

...Je regrettai, pour la première fois d'être passé à côté des femmes, de leur tendresse, de leur corps... A quarante ans j'avais l'impression d'être passé à côté de l'essentiel. L'essentiel c'était Sarah, maintenant. "

Pourquoi cet ancien pilote de chasse, alcoolique invétéré et chassé de l'armée sillonne-t-il désormais le Sahara algérien au volant d'un vieux bus déglingué ?

Comment le désert, où l'oasis de Timimoun est un î... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Les mots de Rachid Boudjedra sont autant de grains de sable qu'il m'a fallu avaler ; ça crisse, ça grince, et, certains passages sont tout simplement corrosifs. D'autres sont à la limite de la poésie, une poésie de l'absurde, certes, mais, l'Extravagance du propos mêlée au contexte historique divertit autant qu'elle met mal à l'aise. J'ai beaucoup ri à la lecture de ce livre, dont la fin m'a déroutée, même si, même si...

(Merci à la personne qui a abandonné ce livre dans une rue déserte de Paris.)
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Bien aimé ce petit livre qui relate un voyage d'Alger à Timimoun (sud du pays) d'un groupe de touristes conduits en bus par le narrateur, un ancien pilote de chasse chassé de l'armée pour alcoolisme et reconverti dans le tourisme.
Il y a en fait beaucoup derrière les lignes de ce récit : pertes d'êtres chers, difficulté de (sur)vivre, alcoolisme, idées suicidaires, terrorisme, rapport ambigu au désert, amitiés de jeunesse, rupture avec le père, psychodrame enfant avec la mère honteuse de "ses menstrues", absence de l'amour, et finalement peut-être homosexualité refoulée.

Le récit se déroule durant les dures années '90, et Rachid Boudjedra ponctue régulièrement son récit d'extraits de coupures de journaux relatifs à des attentats, le texte étant mis en exergue avec retrait de paragraphe et police en majuscules - et le guide-narrateur complètement se trouve complètement bouleversé à chaque nouvelle annonce de massacre.


Le narrateur, "Il" (je crois que jamais son nom n'est précisé) a touché à son premier verre de vodka à 16 ans, quand son frère aîné est mort "écrasé" par un tramway (suicidé ?) et n'a pas arrêté de boire depuis.
Aujourd'hui, à 40 ans, il pense beaucoup à la peur (il est une cible des terroristes - le roman se passe dans les années de braise, et il porte sur lui des capsules de cyanure), il pense au suicide, et il pense à l'une des jeunes touristes, Sarah, dont il s'amourache, mais qui, elle, regarde ailleurs.
Il n'a jamais connu de femme de sa vie ("il est passé à côté"). Durant cette expédition touristique, il assiste aux amours passagères de Sarah avec un autre, cela le mortifie, lui fait boire des litres de vodka...
...jusqu'à la fin du roman où il a une révélation : ce n'est pas Sarah qu'il aime ("elle est laide tout d'un coup, comme morte pour moi") : c'est l'image que renvoie Sarah du copain de jeunesse du narrateur, dont il a souvent évoqué leurs moments communs durant le récit. Un amour refoulé, qui lui explique le pourquoi du déroulement chaotique de sa vie.

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J'ai découvert Boudjedra avec "La répudiation", ouvrage étudié en fac de lettres et qui avait la particularité, à l'époque de ne plus être disponible (plus édité, introuvable), donc qu'il a fallu photocopier... Je me rappelle que quand la prof nous l'a présenté, c'était d'abord "il est condamné à la peine de mort chez lui, il est obligé de vivre ailleurs"n cela m'a marqué et j'ai passé mon temps à chercher dans "La répudiation" ce qui avait bien pu lui valoir une telle opprobre et j'ai fait pareil dans celui-là (alors qu'en fait, ça n'a rien à voir). "Timimoun", je l'ai sauvé du pilon, mais j'avoue avoir été déçue : des longueurs, des répétitions, des va-et-vient dans la passé pas toujours très bien amenés, un récit haché, alors qu'il y avait de la matière : le narrateur est alcoolique, son enfance est chaotique (renié par son père, frère mort, alcool dès 16ans, dégoût des filles, traumatismes liés aux tabous familiaux (genre les règles des femmes)... L'auteur n'a pas su choisir entre le filigrane et l'exploitation de ce passif, on est donc entre les deux, on a nos réponses sans avoir à les chercher (ni à les attendre), pour essayer de comprendre ce qui se passe dans la tête de ce pauvre bougre qui tombe soudainement amoureux d'une des touristes qu'il promène dans le Sahara et qui au final se rend compte que ce n'est pas d'elle qu'il est amoureux. Bon, pas très bien exploité tout ça, peut être un roman de la première heure...?
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Dans le rétroviseur d'Extravagance, le protagonist voit son histoire. Dans le rétroviseur, il a l'air poignant, hagard, et froissé. Poignant a cause des moqueries de son père, de son ton ironique quand il évoque la mort, le suicide, du frère aîné. Hagard a cause des tentatives du protagonist de controller tous les détails, de sa tentative de comprendre tous les complexités dans des équations de mathématique bien ferme et sans raccourci. Froissé a cause des multiples refoulements psychique dont Boudjedra est affolé: le mûrier, les cartes postales de père, la tortue, les tissues enseignés derrière la porte de la cuisine, le tutor de Quran dans la mosquée.

Le protagonist est répugné par son histoire, par son corps, par son esprit, lui qui a jamais embrassé une femme. D'où mieux que le désert peut traiter son dégoût?
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je veux connaitre timimoun
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
TIMIMOUN :
"Je devais donc attendre à Timimoun où 175 km de amenée d'une nappe souterraine située, paradoxalement, au-dessus des terrains irrigués. (...) Timimoun possède des canalisations en forme de peignes à l'aspect complexe qui distribuent l'eau à chaque jardin (...). Chaque opération de partage de l'eau donne l'occasion d'une répartition du débit initial en débits dérivés, puis en débits sous-dérivés, donc en nouvelles canalisations dont le nombre se multiplie à l'infini."

"Timimoun est un ksar rouge très ancien, avec ses murailles construites en pisé ocre. Il se love sur une longue terrasse qui domine d’ine vingtaine de mètres la palmeraie. Son minaret soupçonneux à l’architecture de poupée, aux lignes arrondies et au pisé grenu, surveille le désert alentour. Avec ses dunes gigantesques et très mobiles. Ses anciennes routes de l’or et du sel."

"Au fur et à mesure de la succession des plans : la ville moderne, le ksar, la palmeraie, qui deviennent, avec le changement rapide de la lumière, des détails de plus en plus brouillés, flous, brisés. Parce que le désert avec son espace et sa clarté réduit les choses et les rend approximatives et schématiques. La casbah de Timimoun se résume à ces rangées de ruelles labyrinthiques, de fenêtres, de terrasses,de coupoles, de portes en bois trop vieilles, d'arcades, de minarets et de jardinets carrés et luxuriants."
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Je dis comme ça : prends une bière toi aussi... prends une 33 Lux... ça vaut toutes les femmes du monde... je n'ai jamais rien compris au sexe ni aux phantasmes lubriques et libidineux des hommes... mon propre sexe me dégoûte... c'est quelque chose de bizarre une excroissance mobile... immobile... c'est mou c'est dur ridicule bistré... avec un oeil torve... franchement non alors un sexe de femme un vagin merci..

[...] Je dis encore : je n'ai jamais rien compris à cette affaire de sexe... celui de l'homme une chose bistrée qui me fait penser à un viscère marron desséché froissé... ça me donne la nausée et puis ces couilles rosâtres, bistrées qui pendouillent tu trouves pas ça moche de montrer ça à une femme à ta place j'aurais honte pauvres femmes il faut dire qu'elles ne sont pas plus gâtées que nous...

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L'ALCOOLISME :
"Mais le pire c'est la vodka. Elle m'a donné ce cou de poulet déplumé qui semble toujours nager dans le col de mes chemises; ces yeux brouillés aux paupières lourdes et sans cils. Ma pomme d'Adam a l'air de tourner sur elle-même, tel un gros bouton en carton-pâte amidonné. Toujours aussi cette allure de vieille tortue (...)".

Il répare son minibus ("Extravagance") : "Une manière d'occuper le temps pour ne pas boire et pour plaire à Sarah qui n'a pas l'air de se rendre compte de l'effet désastreux que produit le manque d'alcool sur mon organisme imbibé depuis l'âge de 1'âge de 16 ans. La passion du désert vint plus tard."
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LA PEUR :
"Je n'ai jamais parlé de la mort, de la tentation de la folie et du suicide, dans le désert, à mes clients."

"La peur est là . Elle est atroce. Elle m’a toujours habité. J’essaie de l’enrayer à coups de vodka et de randonnées dans le désert le plus grand et le plus désertique du monde."

"LE GRAND ECRIVAIN TAHAR DJAOUT ABATTU DE DEUX BALLES DANS LA TETE AU MOMENT OU IL DEPOSAIT SES DEUX FILLETTES DEVANT LEUR ECOLE." (Note : Tahar Djaout voir Lectures d'Algérie sur ce site)

"...UNE FEMME DE MENAGE AGEE DE 46 ANS ET MERE DE 9 ENFANTS A ETE ABATTUE DE DEUX BALLES DANS LA TETE ALORS QU'ELLE REVENAIT DE SON TRAVAIL... C'est à cette période que ma vie, déjà très boiteuse, devint intenable" La recrudescence des assassinats abominables me révoltait. (...) Dès que je revenais à Alger, je perdais le sens de la réalité. Je changeais de domicile tous les trois jours. Je vivais sur le qui-vive, mes capsules de cyanure à portée de main. Sait-on jamais ? Un jour peut-être j'aurais le courage d'en croquer une. Mais c'est fade le néant !"
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LE DESERT :

"Le désert, la nuit, est une véritable imposture. On croit rêver. On perd le sens du réel. On y voit des chamelles beiges cicatrisée de rose en train de nomadiser. des palmiers verts posés sur les dunes safran. Mais tout cela est faux. Le Sahara est méchant. Il est dur. Il est insupportable. Seuls les touristes de passage le trouvent idyllique et envoûtant."

"C'est à ce moment-là que je suis devenu guide touristique. Au début, j'étais très réticent et très jaloux de livrer le Sahara à des touristes autochtones ou étrangers qui y viennent pour être heureux. Je pense tout-à-fait le contraire. Je crois que c'est un lieu pour souffrir. Je ne voulais pas vendre cette chose qui m'était si précieuse et si désagréable, à la fois, comme un dépaysement garanti à des groupes de gens souvent pressés, souvent béats. Personne ne connaît la souffrance s'il n'a pas regardé de-haut l'Assekrem ce chamboulement cosmique qu'est le Hoggar. Cette désintégration lunaire où la rocaille, le sable, les dunes, les crevasses et les pics majestueux donnent envie de mourir tout de suite. Le Sahara c'est ce grabuge intolérable du monde, ce bouleversement incroyable de la géographie et de la géologie."

Le soleil couchant, durant ces jours polaires, semble un lambeau ovale, rouge et livide, à la fois, flamboyant et terne, brouillé et distendu."
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