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EAN : 978B009CCAPKM
126 pages
Éditeur : (15/09/2012)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Un piano abandonné qui tente de comprendre la folie du monde qui l'entoure ; un gardien de phare qui ravive chaque jour le feu au haut d'un sémaphore désuet ; un adolescent confronté brutalement au silence d'une nature dépouillée ; un homme qui vient de perdre son emploi découvre un arbuste sur le quai du métro ; un peintre qui trouve dans l'abus d'absinthe les visions qui feront de lui, peut-être, un immense artiste ; un jeune homme qui met de l'ordre dans les affa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Diabolo44
  24 septembre 2018
Pour découvrir cet auteur, j'ai choisi délibérément de commencer par un recueil de nouvelles déjà ancien et pas très chroniqué, d'une part pour ne pas me laisser influencer par ce que j'avais lu (d'assez élogieux) sur son oeuvre plus récente, et d'autre part parce que le monsieur est visiblement un grand adepte de la nouvelle – genre injustement délaissé, je ne le dirai jamais assez, car art à part entière, permettant par ailleurs de se mettre sous la dent quelque chose d'achevé, et dont on ne remettra pas éternellement la suite au lendemain durant les périodes où l'on ne dispose pas forcément de longues plages horaires quotidiennes pour lire.
Après cette légère digression, revenons à notre sujet : « Abîmés », de Bouffanges. Un recueil que j'ai donc « picoré » avec bonheur durant une petite semaine.
Le problème des recueils de nouvelles est souvent semblable à celui des anthologies (c'est souvent pire pour les anthologies, même). C'est aussi un problème que, de mon point de vue, on rencontre souvent sur un album musical : les « morceaux » sont inégaux. On aime beaucoup un ou deux textes, beaucoup moins les autres.
Ici, rien de tout cela. Tous les textes sont très travaillés, tant sur la forme que le fond, et il n'y en a aucun que j'ai trouvé véritablement en-dessous des autres, même si l'une des nouvelles, par contre, m'a particulièrement marqué en cela qu'elle m'a bouleversé : il s'agit d' « algologie ». Pas besoin de sortir de Saint-Cyr pour deviner qu'il y a des éléments autobiographiques dans cette magnifique histoire.
L'une des grandes forces de Bouffanges, c'est la simplicité de ses sujets. Il parvient à faire vibrer quelque chose qui, présenté en un pitch d'une phrase, ne fait pas forcément beaucoup rêver. Prenons par exemple la première : « je suis un piano demi-queue dans un appartement londonien à la veille de la seconde guerre mondiale. Chaque jour, Graham le virtuose vient faire ses gammes sur moi »… Présenté comme ça, je me serais dit : oula, je vais me faire sérieusement braire. Mais il tourne ça de telle manière que ça passe comme une lettre à la poste. Car Bouffanges est un grand peintre du quotidien, et des sentiments du quotidien. Un grand sentimental, à n'en pas douter. Avec l'or qu'il a dans les doigts, il parvient à captiver son lecteur à partir d'un sujet aux apparences banales, mais très finement traité.
Oh, on trouve bien de ci de là quelques coquilles et scories qui vont parfois jusqu'à surprendre tant elles détonnent avec le niveau général, mais on le pardonne à l'auteur… d'autant qu'il pourrait les gommer à peu de frais, ce que je l'encourage d'ailleurs à faire. C'est peut-être une « oeuvre de jeunesse », mais il aurait tort de la négliger.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Diabolo44Diabolo44   19 septembre 2018
Elle était bien pâle, ce matin. Elle ne me parlait plus. Elle a voulu, dix fois peut-être, me dire quelque chose que je ne pouvais pas comprendre. J'ai essayé, une fois ou deux, de plonger au fond de ses yeux tristes, pour y retrouver un peu de sa tendresse. Puis je me suis détourné d'elle (...) J'aurais dû lui dire quelque chose, j'aurais aimé lui dire quelque chose de merveilleux, un concentré d'espoir et d'amour, mais je n'ai pas su ; je me rends bien compte qu'un petit mot morne et inutile l'eût probablement autant apaisée. Mais je n'ai pas pu. Je me suis longtemps demandée quand serait le bon moment. J'ai beaucoup espéré, j'ai peut-être même prié pour ne pas laisser passer cet instant-là ; l'instant où l'espoir disparaît, où il n'est plus question de souffler sur ses cendres en espérant un improbable phénix, l'instant qui précède le néant, et où l'on ne veut que la paix. C'est à cet instant-là que j'avais prévu de lui parler. Je voulais lui dire, dans un souffle, combien je l'aime et combien elle vivra dans mes veines, puis je l'espère bien – je le promets ? – dans celles de mes enfants – si enfants il doit y avoir. Ces mots, je ne sais pas pourquoi, j'avais imaginé qu'elle ne les supporterait pas tant qu'il persisterait un soupçon d'espoir – c'est-à-dire jusque hier, finalement. C'était peut-être ce matin, le bon instant. Mais je n'ai pas pu.

[Algologie]
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Diabolo44Diabolo44   19 septembre 2018
Tu es parti, le chat. Je t'ai trouvé ce matin, dans ta cage, recroquevillé, l'écume de ta bave souillant ton museau. Tu es mort tout seul, au fond de ta cage de métal ; tu as souffert pendant des heures, peut-être. (...) Et je n'étais pas là. Personne n'était là. Tu es mort tout seul. Et c'est ma faute. Ma bêtise, mon aveuglement. Et ta souffrance. Je voulais croire que l'essentiel était dans le combat. Mais c'est une absurdité. J'ai voulu voir de l'envie dans tes yeux, quand il n'y avait peut-être que du renoncement. J'avais envie qu'enfin il y ait un miracle autour de moi. Un peu de souffle divin, sûrement. Mais le souffle divin n'a rien fait, qu'éteindre une petite flamme qui tremblait dans la nuit.

[Algologie]
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Diabolo44Diabolo44   18 septembre 2018
Il me semblait pourtant qu'il fallait plus d'ambition pour renoncer à tout pour son art que pour devenir médecin ou avocat – mon père, lui, prenait cela pour de la vanité.

[La fée verte]
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