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Sophie Benech (Traducteur)
EAN : 9782909589213
120 pages
Interférences (04/11/2010)
4.58/5   6 notes
Résumé :

Recueil de nouvelles.L'aube d'une nouvelle époque sur la place Rouge...Une femme dont le fils a un jour disparu dans une faille du temps pendant qu'elle mettait la pendule à l'heure d'été...Un ivrogne qui a accès à une autre dimension...Une méditation sur un tableau du XVIIème siècle, des objets qui disparaissent...

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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Bookycooky
  03 juillet 2018
La main gauche, symbole « et même l'incarnation de tout ce qui est mensonger,défectueux, perfide, dangereux et pour tout dire féminin ? »😀,
Sur La Place Rouge, la plus grand place de la Sainte Russie, une putain nue, symbole du début d'une nouvelle époque,
Une femme qui s'échappe d'une gravure du XVII e siècle symbole d'un sentiment qui se substitut à la vie,
Journal d'un suicidé, symbole du “mystère” de la vie,
Le Dernier de la queue, symbole du “mystère” de Dieu,
« Se faire le triangle », symbole du mystère du miracle de San-Madrico,....
Ça paraît absurde et hermétique ? Eh bien non. À travers douze saynètes aux cadres insolites, Iouri Bouida nous entraine dans des voyages intérieurs où son imagination foisonnante, imbibée d'humour, nous fait entrevoir des flashs sur des « paysages » de notre âme restés dans l'ombre, inconnus même à notre conscient, et sur des questions existentielles dont les réponses, même si elles existaient, finalement n'ont pas d'importance 😊.....bref,un formidable clin d'oeil pétillant à la Vie ! Rien de mieux comme doping pour l'âme, rien qu'à lire les titres, “Solitude avec vue sur une chambre avec vue sur la solitude “ ! Un petit bijou de littérature !
« ....quand l'âme cherche un sens là où il ne doit pas y en avoir, comme dans les films de Tarkovski, et pourtant ce travail n'est pas inutile, de même qu'aucun effort de l'âme ne l'est.»
« ...les significations morales imposées aux objets ( et aux êtres humains) alourdissent le monde et le rendent plus compact au point que le mouvement, peu importe dans quel sens, devient impossible. »
(Jesuisauprésdetoi)
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nadejda
  23 février 2015
L' imagination tel un ver ou un poison peut venir ronger l'âme humaine éprise de beauté, en ternir l'éclat. Mais une légère déviation du temps comme lors du passage à l'heure d'hiver dans « Onze pas », l'intrusion d'un élément inattendu, une illumination soudaine, en cassant le cours monotone de la vie ou sa noirceur, vient lui donner une épaisseur et un éclairage inhabituel qui peut amener à se dire comme dans le texte « Lumière d'automne » : « … l'âme du monde existe, nom de nom ! Elle ne peut pas ne pas exister, et voilà qu'en cet instant, l'espace d'une seconde, par hasard, bien sûr, je me suis retrouvé au coeur même de cette âme éclairée jusqu'à ses tréfonds par le flamboiement d'une lumière d'automne… »
« La contemplation d'une gravure d'une XVIIe siècle », elle, conduit celui qui observe la scène qui y est peinte à éprouver « une sensation d'affolement, d'angoisse, de menace » tout en le menant à la conclusion que ce qu'il a ressenti à la vue de cette maudite gravure est aussi « un sentiment qui se substitue à la vie, qui finit par se transformer en vie, comme la vie se transforme en un art qui nourrit cette vie… » On retrouve cette forme de vertige que donne l'effet de boucle dans le titre « Solitude avec vue sur une chambre avec vue sur la solitude »
Ces douze textes de Iouri Bouïda sont ciselés, ils fascinent, inquiètent et troublent en abolissant les frontières mais d'où leur vient cette lumière, cachée dans le repli des ombres, qui les nimbent et nous atteint profondément ?
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Fifrildi
  17 janvier 2022
C'est le deuxième livre que je lis de l'auteur et certainement pas le dernier. J'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à lire les histoires de ce recueil.
Les douze textes sont très différents les uns des autres mais chacun d'eux nous emporte dans un univers particulier et original.
Parmi ceux que j'ai préféré il y a ‘Une gravure du XVIIe siècle', ‘Lumière d'automne', ‘Onze pas', ‘Solitude avec une vue sur une chambre avec une vue sur la solitude' et ‘Le couteau de bronze'.
L'écriture est excellente, puissante, poétique, …
Un passage m'a plus marquée que les autres. C'est quand Bouïda parle de la solitude, la « malédiction occidentale ». Les Russes en ont longtemps rêvé de cette solitude...
« Pendant des siècles, les Russes ont vécu en communautés, dans des logements trop petits, sans possibilité de passer du temps seuls avec eux-mêmes, ... »
Un livre à lire et à relire.

Challenge littérature slave orientale
Lien : https://www.babelio.com/grou..
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RITAB
  18 mars 2018
« … la vue de la putain nue aux cheveux défaits et aux longues jambes noueuses qui est soudain sortie par la porte du mausolée en bâillant paresseusement… Nous l'avons suivi des yeux jusqu'à ce qu'elle soit hors de vue ». Pour nous entraîner dans une histoire, Iouri Bouïda extirpe nos pensées les plus ténébreuses, suggère une histoire commise par une main gauche qui « nous empêche d'oublier l'existence du mal, laissant à la main droite le soin de faire le bien, et nul ne sait ce qui est le plus important ». Il nous entraîne dans nos raisonnements les plus obscurs ; et vient alors la question : comment en suis-je arrivé à cette conclusion ? Et irrémédiablement, nos conclusions appellent nos propres agissements. Dans les récits que compose ce recueil, Iouri Bouïda ne nous aide pas à rentrer dans la peau de ses personnages et ne fait rien d'artificiel pour les rendre attachants. Il décrit des situations en construisant peu à peu un personnage qui pourrait être vous. « Dis-moi ce que tu lis et je te dirais qui tu es » est une notion bien, très bien assimilée par Iouri Bouïda.
La première nouvelle s'adresse à la main gauche, les pianistes y trouveront à redire, mais il s'agit là de la main gauche selon la symbolique biblique : c'est le péché de la chair, c'est la femme, c'est le siège des émotions comme au piano mais c'est la main qui fait exécuter ce qui est difficile à exécuter : elle exécute ce qui est répréhensible. La fin de cette nouvelle suggère que l'existence contiguë du mal et du bien est incessante car jamais nous ne nous satisfaisons du vide. Dans cette histoire courte, nous est contée l'histoire de notre civilisation, de l'humanité toute entière.
Dans la troisième nouvelle, c'est un fils qui voit le trouble que suscite une gravure sur ses parents de façon distinctive ; l'un ou l'autre, jamais les deux en même temps. « D'ailleurs, j'éprouvais la même chose quand ton père jouait du Tchaïkovski, m'a avoué ma mère, et la pudeur m'empêchait de lever les yeux sur les voisins. » Une idée a germé. La gravure évoque une femme qui fuit, qui laisse derrière elle du trouble, un corps vibrant sans visage, des pantoufles chaudes. Une ombre près de la fenêtre. L'idée s'installe tandis que dans la gravure, « là-bas, de l'autre côté de cette porte, une lumière qui vient d'en haut, pure et innocente, ruisselle sur la nuque de la femme ».
« Lumière d'automne », résume, il me semble, assez bien l'écriture de Iouri Bouïda. Il nous raconte comment il a été saisi d'une fulgurante prise de conscience de son hypersensibilité à l'âme humaine à travers une vision, des couleurs qui l'ont ébloui ; il nous éclaire sur le rôle quasi prophétique dont il s'est vu doté depuis l'âge de 17 ans et on comprend son écriture quasi-biblique, fantastico-réaliste, très poétique, dont les interprétations multiples peuvent nous éclairer sur les tréfonds de l'âme humaine tout en nous obligeant à réfléchir sur nos propres agissements.
« Solitude avec vue sur une chambre… » nous instruit sur l'histoire de la Russie, sur les murs et les bruits de voisinage de la vie communautaire russe qui façonnent la personnalité de chacun, même si auparavant, on a compris que Iouri Bouïda ne vit pas dans un mas ensoleillé. « le dernier » est une petite histoire de la religion et de son influence sur le monde.
Dans les quatre dernières histoires, l'auteur évoque son rapport à l'écriture, à la lecture, au monde, aux émotions communiquées à travers l'oeil de l'écrivain, à la finitude. Et tout devient presque clair. Cet édifice littéraire, ces pages blanches noircies, semblent trouver leur sens à la fin de ce recueil d'histoires. Il y a une vraie progression dans les textes ; ils ne sont pas mis bout à bout au hasard ; on chemine depuis l'enfance, les symboles bibliques, le pécher de chair, les incertitudes de la condition d'écrivain, le regard de l'enfant devenu adulte sur ses parents, la découverte de la misère du monde, les désillusions, l'extrême solitude humaine ; et puis l'écriture, la lecture au milieu de cette déchèterie, seul moyen de transcender la vie, de devenir Dieu, finalement.
Ne cherchez pas un brin de soleil, il n'y en a pas dans les contrées de Iouri Bouïda. Il y a un « pâle soleil d'automne », « un crépuscule de début d'automne », « des nuages mauves flottant dans du cuivre en fusion », sauf vers la fin : « le soleil venait de se lever ». Mais tout est très poétique. Et il s'ensuit que chaque rayon de soleil qui pénètre dans la pièce est une bénédiction que l'on saisit instantanément !
Ce week-end, point de soleil. Je l'ai lu en un jour mais ce n'est pas un livre à lire d'un trait à moins d'avoir un moral d'acier. Il est constellé de questions philosophiques et dévoile à chaque fois l'absurdité du monde et les tréfonds de l'âme humaine. Iouri Bouïda peut en deux pages vous plonger dans une grande mélancolie et comme son écriture est poétique, l'état mélancolique, une saignée lente et profonde, à cause – ou grâce – à la poésie descriptive, dure quelques heures après la lecture du livre. La plaie devient assez vite purulente et ne se referme pas de sitôt. (Je souhaite bon courage à celui ou celle qui entreprendrait de mener une thèse de fin de cycle sur cet auteur…)
Je découvre un immense écrivain. Une excellente découverte comme on en fait rarement dans une vie de lecteur, un peu comme un lecteur découvrirait pour la première fois Kafka. C'est aussi une très belle traduction par Sophie Benech, qui en a exhalé toutes les saveurs. Je n'ai aucune connaissance dans ce domaine, mais il me semble que le travail est particulièrement méritant dans le cas de cet auteur qui fait émerger une histoire à partir des émotions suscitées par les mots et non l'inverse. Chaque phrase est reliée à la précédente avec fluidité ; tous les mots sont soigneusement réfléchis pour faire émerger la sensation qui va confirmer un peu plus la précédente de façon itérative. Je ne sais pas quelle est la définition d'une bonne traduction, mais pour moi, ces textes ont été à la fois surprenants, émouvants, dépaysants tout en étant intelligibles. L'objet, le livre, est très beau également.

Lien : https://lapagederita.blogspo..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
FifrildiFifrildi   17 janvier 2022
L'homme est un carrefour entre le temps et l'éternité, disait-il, et comme c'est le cas à chaque carrefour, il peut s'égarer, se tromper de route.
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nadejdanadejda   22 février 2015
Que voient mes yeux ? Quatre prunes et un verre de vin rouge sur du velours jaune. Des prunes noires aux flancs bleutés, un grand verre épais, un morceau flamboyant de velours côtelé avec un coin qui pend de la table. Voilà, c'est tout ce que mes yeux voient.
Et que voit mon coeur ? Quatre prunes et un verre de vin rouge sur du velours flamboyant. Je suis ému,, je ne sais comment exprimer cela, et je ne comprends pas pourquoi, à la vue de ces prunes, de ce vin, de ce velours, mon coeur est si serré, si bouleversé. p 76
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BookycookyBookycooky   03 juillet 2018
Je reste dans ma chambre, je fume à la fenêtre, j’attends.
La rue est déserte. Ni gens, ni chiens, ni Dieu.
( Solitude avec vue sur une chambre avec vue sur la solitude)
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BookycookyBookycooky   03 juillet 2018
Ceux qui cherchent Dieu tombent obligatoirement sur le diable.
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