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EAN : 9782844850980
159 pages
Allia (26/08/2002)
3.61/5   101 notes
Résumé :
"L'histoire se répète de manière caricaturale", écrit Grégoire Bouillier. Si la phrase est presque un adage, elle est, pour l'auteur de Rapport sur moi, une réalité quasi mathématique. Sa vie semble en effet s'organiser autour d'événements qui en appellent immanquablement d'autres. Mieux : Grégoire Bouillier vit une existence symétrique où enfance et âge adulte se répondent. Et c'es... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
oiseaulire
  16 avril 2019
Ce court ouvrage salué du prix de Flore en 2002 est à distinguer, davantage pour la forme que pour le fond. Il s'agit en effet d'une autobiographie distanciée, le titre le dit assez : "Rapport sur moi". Grégoire Bouillier continuera dans cette veine avec ces deux épais volumes intitulés "Le dossier M."
Etrange univers que celui de l'auteur qui utilise beaucoup les procédés de retour en arrière ou de saut en avant, non par goût du complexe, mais bien comme outil indispensable à ce qu'il veut nous faire comprendre, à savoir qu'il est possible de mettre en résonance, soit linguistique, soit par similarité, les évènements de la vie.
Ainsi est-il attentif à la coïncidence des dates, aux circonstances particulières des rencontres, aux mots qui désignent les choses avec insistance, toujours les mêmes au fil du temps.
Cette technique narrative n'est pas uniquement esthétique, encore qu'il soit bien possible que G. Bouillier cherche à introduire de l'art dans sa vie. L'autobiographie est en réalité l'occasion d'un travail de fond sur les relations des évènements et de leur sens. Tout fait signe. Les coïncidences n'en sont plus mais s'inscrivent dans une sorte de "fatum" que l'auteur modèle à postériori en s'appuyant sur des similitudes ténues, des correspondances subtiles. Mentalité magique ou psychanalyse lacanienne ?
Je recommande vivement ce livre qui apporte la preuve que pour faire de la vraie littérature, point n'est besoin de sensationnel, ou de sujets à la mode, le quotidien y suffit. Bouillier y excelle.
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Lune
  02 juin 2008
Des phrases interpellantes et une écriture alerte m'ont emmenée d'un bout à l'autre de ce livre en un seul souffle. Souffle et non respiration car l'univers et les sentiments décrits me sont inconnus. Ce "Rapport sur moi" appartient à Grégoire Bouillier et ses particularités nous parlent, voire nous choquent. Tout au long de cette lecture où les "Choses de cette vie" sont dites froidement et sobrement, des références psychanalytiques sont présentes, il pourrait constituer une référence d'analyse. A chaque fois, entre enfance et âge adulte, la boucle est bouclée. Tout se joue dès notre âge le plus tendre. Quelle responsabilité ont les parents, les adultes et la société (école, etc...)! Tout au long de cet écrit, une famille se déchire, se malmène,... s'aime. Tous ont un problème de mal être et le héros n'y échappe que par sa conscience des faits. Premier roman dit de "nouvelle génération", cette histoire me semble être une histoire parmi tant d'autres. Comment se sent-on à la sortie de cette lecture? Tout dépend de notre vécu.
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misstips
  06 février 2021
RAPPORT SUR MOI (2002): Géniale découverte que ce texte. Drôle, troublant, dérangeant, un style, loin des clichés. Dans un entretien il dit:"tout est littérature, tout est réel" " opposer réalité et fiction est une convention bourgeoise". Ce mec réinvente l'autobiographie. Rapport: action de raconter ce qu'on a vu, entendu. Ce n'est pas seulement sa ptite vie perso qu il raconte, c'est une méthode pour regarder notre "moi" autrement. "la vie a plus d imagination que nous". 40 ans de vie, découpés en tranches, sans chronologie, cette vie "structurée comme un langage". Rôle de passeur, l'écrivain nous livre son Odyssée. Il dit qu'il faut lire son Rapport 4 fois. Chiche. La publication du livre a été un moment douloureux pour ses parents. Tu m'étonnes. Bon allez, bonne lecture.
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satsuko
  30 septembre 2022
Brillant petit objet littéraire, où l'auteur parle de lui et de ses proches, sautant d'un sujet à l'autre, avec légèreté bien qu'évoquant des sujets graves. Avec son sens de la formule, Grégoire Bouillier nous arrache parfois un éclat de rire, manie l'autodérision comme personne, et sait se livrer sans fard et sans prétention. On a envie de connaître le bonhomme, parfois lâche, parfois sensible, meurtri, énormément, et pourtant lumineux.
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belledeschamps
  21 mai 2008
Un roman faussement innocent et anodin. le personnage principal nous raconte d'abord son enfance, entre des parents "très libérés sexuellement", une mère dépressive, un père infidèle, des grands-parents "prolétaires" et un frère énigmatique. Un va et vient entre ses histoires d'amour, d'abord "de raison" puis passionnelles et dévastatrices. Une période SDF et des choix professionnels par défaut. Ce roman commence "comme si de rien n'était ou presque" et se révèle très intense et témoigne d'une vie bouleversée.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
TrissotinTrissotin   16 avril 2012
Le psychiatre rédige une ordonnance, qu’il tend à mon père. Puis il cherche des yeux son manteau en poils de chameau. C’est alors que son regard tombe sur moi. Il me fixe et, pour la première fois de ma vie, j’ai l’impression que quelque un me voit. Son regard me dit que j’existe. J’ai cessé d’être transparent. Tout à coup j’ai un corps. Une âme. Il m’a vu. Il a vu. Il a compris. Il sait. Il va le leur dire. Il va leur dire que ça suffit les horreurs. Peut-être même va-t-il m’emmener tout à l’heure avec lui, le temps que les choses s’arrangent à la maison, et c’en sera fini pour moi d’être une serpillière posée dans un coin.
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JuinJuin   10 juillet 2014
C'est dans cette ambiance chaleureuse que je passais mon adolescence. Chaque instant était une boule de violence qui trônait au milieu du salon : il fallait raser les murs pour ne pas risquer de la toucher et qu'elle explose.
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ChristianChristian   01 octobre 2007
On crut que je ne passerais pas une journée de plus lorsque je condescendis à absorber le lait d'une chèvre que l'on avait trouvée presque par hasard dans les environs de la maternité. C'est à cet animal à la réputation de sale caractère que je dois d'avoir survécu.
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JuinJuin   10 juillet 2014
Neuf mois plus tard Laurence m'annonçait notre rupture. il avait fallu qu(elle devienne mère pour se décider ;"Je peux te quitter puisque maintenant que nous avons fait un enfant , je sais que je ne te perdrai jamais", me dit-elle au téléphone.
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simeonsimeon   16 septembre 2013
... mon ambition n'était pas d'exister dans ce monde, mais de faire exister un monde.
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Videos de Grégoire Bouillier (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Grégoire Bouillier
"Le coeur ne cède pas", aux éditions Flammarion est le récit raconté par Grégoire Bouillier, d'une sombre affaire. Une femme s'est suicidée, dans le milieu des années 80, en le laissant mourir de faim. Pendant ses 45 jours sans nourriture, elle a tenu un "journal d'agonie". 
Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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