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Critique de Soleney


Soleney
16 juin 2016
Merci Judith pour m'avoir envoyé gracieusement un exemplaire de ton livre ! Honnêtement, il était si beau et le résumé était si aguicheur que j'avais vraiment envie de le découvrir !

Je sors de cette lecture avec une bonne impression. L'univers était riche, l'histoire était sympa, et surtout j'ai beaucoup aimé ta plume ! Les jeux de mots et les descriptions étaient très bien dosés et finement trouvés. Mais ce qui m'a le plus plu, c'était le monde que tu as créé : un continent parfaitement circulaire, avec des montagnes au Nord, des déserts sur l'est et l'ouest, des plaines au sud et une forêt au centre. La légende raconte que cette terre ne sera qu'une roue gigantesque, et que seuls les arbres de Waldgan l'empêcheraient de tourner. On est loin du simple continent avec des terres glacées au nord et désertiques au sud…
J'ai apprécié le fait qu'on suive Yann sur plusieurs années. Au début, j'ai craint qu'il ne vive de grandes aventures et sauve le monde à tout juste treize ans, mais je suis contente de constater que le temps passe et que ce n'est pas un enfant qui sauve tous les royaumes, mais un jeune homme – c'est déjà plus crédible ! On a le temps de le voir grandir et découvrir les deux autres royaumes (Avel, la République des Vents, et YamaHor).

En fait, les points négatifs relèvent de l'anecdotique. Mais comme je sais que tu aimes avoir un avis détaillé, je vais faire l'effort de les approfondir – garde toutefois bien en tête que ce n'est que mon ressenti, et que vu les précédentes critiques, ton livre a reçu un très bon accueil :)
Pour commencer, je ne me suis pas trop attachée au personnage principal. Je l'ai trouvé très lisse, mais surtout, il me semblait que tout arrivait trop facilement pour lui. Sur un coup de tête, il se pointe au concours de l'école de Gio, rencontre des personnes qui le potassent depuis des mois, et l'obtient alors que son entretien s'est relativement mal passé uniquement parce que l'école a un quota d'élèves étrangers à remplir. N'aurait-ce pas été plus crédible s'il avait révisé avant de partir ou sur le trajet, même un tout petit peu ? C'est une école réputée, après tout, il devait y avoir de la concurrence.
De même, j'ai trouvé étonnant que Yann parvienne à décoller du sol avant d'avoir reçu un seul cours d'envol. C'est un peu facile. Certes, il met plusieurs semaines à réitérer l'exploit, mais personnages fictifs comme lecteurs, on est d'ores et déjà prévenus : c'est le meilleur de sa promo dans ce domaine. (Au fait, puisque c'est le vent qui porte les gens, le fait de s'envoler devrait déclencher de véritables bourrasques au sol. Je n'en ai vu aucune mention, pourtant.)
Pour finir, le protagoniste est unique en son genre : il est peut-être le seul être humain à avoir fait DEUX écoles militaires de deux pays ennemis, devenant par la même occasion un guerrier ultra-badass qui peut combiner les deux types de combat (trois en comptant Waldgan, parce qu'il a été formé au maniement du fauchon toute son enfance). Il a donc reçu l'éducation guerrière des trois plus grandes puissances militaires de son monde – c'est beaucoup.
Bref, les cent premières pages sont à peine dépassées qu'on sait déjà que Yann Egoak va marquer l'Histoire et qu'il est au-dessus du commun des mortels. C'est un détail, mais je pense qu'il aurait fallu le démystifier un peu pour nous le rendre plus proche.

J'ai aussi trouvé étrange que cette école soi-disant multiculturelle soit installée juste à côté d'un secret national jalousement gardé. Ce n'est pas très prudent de la part des dirigeants que d'accueillir des enfants d'un pays potentiellement ennemi à quelques centaines de mètres de l'école militaire la mieux gardée du pays. A la limite, le jour où j'aurais décidé d'accueillir des élèves étrangers, je l'aurais déplacée sur une île voisine. Mais bon, ça aurait peut-être coûté trop cher pour pas grand-chose.
Dernière question : comment se fait-il que YamaHor et Avel soient des ennemis reconnus alors qu'ils n'ont aucune frontière commune ? de par sa position centrale, Waldgan ne devrait pas être plus au coeur des troubles de la politique ?

Pour finir, je m'emploierai à discuter les choix de l'éditeur parce que j'ai vu sur la couverture qu'il recommandait ce livre à partir de dix ans. Personnellement, je dirais plutôt douze ou treize. Yann n'a pas exactement la même tranche d'âge que son potentiel lectorat, tu abordes des thèmes un peu complexes pour cet âge, le nombre de pages est plutôt conséquent et il serait regrettable de rater les références littéraires et historiques… Est-ce à la portée d'un enfant de dix ans ?
Accessoirement, j'ai trouvé dommage que le résumé dévoile autant d'intrigue. La plupart des surprises risquent de ne pas avoir l'effet escompté. Personnellement, j'ai eu de la chance : je ne m'en rappelais plus au moment où je l'ai reçu et je n'ai pas cherché à le relire. C'est en arrivant vers la moitié que je suis retombée dessus et j'ai été étonnée de voir que même en ayant lu 200 pages, je pouvais encore me faire spoiler.

A côté de cela, il y a beaucoup de points positifs.
Si je n'ai pas ressenti beaucoup de sympathie pour Yann, en revanche j'ai éprouvé une haine féroce à l'égard de Calliclès – typiquement le genre de personne que je déteste.
Outre l'univers et ton écriture, j'ai particulièrement apprécié les thématiques que tu abordes. L'art (sculpture, musique et danse, principalement), la nature (Yann Egoak est très proche de sa forêt natale, et sa mère sait soigner n'importe quel mal avec une plante) et, dans une moindre mesure, la politique sont très présents dans Les Maîtres du Vent. Les premiers chapitres, qu'on passe en Waldgan, sont parmi mes préférés parce qu'on découvre le monde et que je me suis très bien représenté la région dans laquelle grandit Yann – peut-être parce que moi aussi j'ai été élevée dans la campagne. Ce pays m'a fait envie parce qu'il a l'air idyllique, et que la communion avec la nature est presqu'impossible à obtenir pour nous – c'est un idéal.
J'ai également adoré tes références littéraires finement glissées ! Je ne suis pas sûre de les avoir toutes repérées, mais il me semble bien avoir reconnu La Horde du Contrevent (pour le codage des courants aériens – mais peut-être que je me trompe), Saint-John Perse (celui-là, c'était facile^^) et même Nausicäa de la Vallée du Vent (ce n'est pas très littéraire, mais bon) ! Franchement, j'adore ça – et du coup, je me suis re-regardé l'anime, parce que ça faisait longtemps.


En d'autres termes, tu as une bonne imagination et une très bonne plume. Si ce coup-ci je n'ai pas accroché aux personnages principaux, ce n'est qu'un petit bémol et je suis sûre que tu as suffisamment de potentiel pour changer cela ! Continue à écrire, tu le mérites.
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