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ISBN : 2760942260
Éditeur : Leméac (Editeur) (01/09/2016)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 24 notes)
Résumé :
L'enfant mascara est une histoire d'amour à sens unique, comme on en voit partout, dans toutes les écoles secondaires. À cette différence qu'elle se conclut de manière particulièrement tragique. Inspiré par des faits réels qui se sont déroulés dans la ville d'Oxnard, en Californie, Simon Boulerice transpose dans la fiction l'un des meurtres homophobes, voire transphobe, les plus violents à s'être produits aux États-Unis, tout en rendant hommage à Larry/Leticia, un ê... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Sachenka
  10 juin 2018
L'enfant mascara est un roman pour adolescents qui est assez bouleversant et troublant, à plusieurs niveaux. Il traite d'un fait réel : la fusillade du collège E. O. Green Junior High School à Oxnard, en Californie. Là, le 12 février 2008, Brandon McInerney tire à bout protant deux balles dans la tête de Larry/Laeticia King. Il s'agit d'un crime homophobe qui a eu beaucoup de retentissement à l'époque.
Évidemment, Simon Boulerice l'a adapté librement, en utilisant une narration à la première personne. Et ça fonctionne. On arrive à se mettre dans la peau de son protagoniste. En même temps, on reconnaît le style de l'auteur, mettant en vedette un adolescent homosexuel (ou plutôt transgenre, dans ce cas-ci) avec des goûts bien précis qu'il partage avec les protagonistes d'autres de ses romans. Aussi, l'inclusion de poèmes.
Pourtant, cette fusillade n'occupe qu'une petite place dans le récit. Je veux dire, elle est annoncée dès le début, quelques verbatims de témoins ont été insérés ça et là, mais l'événement lui-même n'a lieu qu'à la fin. le reste de l'intrigue, c'est l'évolution de Larry en Laeticia, de quelques mois avant le drame jusqu'au moment fatidique.
Malgré cela, un sentiment de malaise persiste tout au long du bref roman. Est-ce à cause du drame qu'on devine arriver ? Pas tant, non. C'est qu'on ressent une violence sous-jacente tout au long de la lecture.
D'abord, il y a ce climat familial tendu chez les King. le jeune Larry et son frère Rocky ont été adoptés mais on ne sent pas l'amour dans cette maison. Leur père se montre incompréhensif, toujours de mauvaise humeur, quelque peu violent, alors que leur mère essaie de faire la part des choses mais sans succès.
Ensuite, l'évolution de Larry vers l'homoseuxalité et le transgenre provoque beaucoup de réactions dans son milieu scolaire. Il applique un maquillage discret, puis un peu plus, il commence à porter des vêtements féminins, puis il demande à ce qu'on l'appelle Laeticia. Cela dérange, autant d'autres élèves que des enseignants. On comprend le désir ou le besoin du protagoniste de vouloir s'affirmer, en même temps on sent que le malaise chez les autres. Et cette tension devient parfois un peu lourde à chaque page qu'on tourne.
On peut juger le comportement de Larry/Laeticia maladroit ou provocateur, mais c'est incroyable comment il/elle, malgré les rebuffades, continue ce que d'autres pourraient considérer comme un combat.
En ce sens, L'enfant mascara peut être considéré comme un roman qui peut choquer mais c'est une bonne chose. En fait, tant qu'il y a des gens qui sont choqués par l'attitude de Larry/Laeticia et qui voudraient interdire qu'on présente ce genre de bouquin aux adolescents, cela signifie qu'il est d'autant plus utile, voire nécessaire.
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MarianneRichard
  01 mai 2017
Ce roman jeunesse, destiné aux adolescents, est sensationnel. L'enfant mascara raconte l'histoire de Lawrence King, dit Larry, qui découvre son premier amour et surtout, la vérité sur lui même: il est une fille dans le mauvais corps. Son amour pour Brandon et l'enthousiame devant sa véritable identité sont tellement fort qu'il ne se rend pas compte que les adolescents autour de lui ne l'accepte pas. Lorsqu'il demande à Brandon d'être son valentin, c'est la claque au visage. le lendemain, Brandon abats Larry de deux balles dans la tête.
Bouleversé par cette histoire qui est réellement arrivé, Simon Boulerice s'est mis à l'écriture de ce qui aurait pu être les derniers jours de ces adolescents pour qui l'identité sexuelle et les pseudo certitudes sont si importantes.
Le roman est séparé en deux parties, celle de Larry, enfant de la DPJ, torturé par ses pairs, ses parents adoptifs. Puis celle de Leticia, la réelle personne qui se cache derrière les attributs masculins de Larry.
La partie de Leticia est de loin celle qui est le plus radieuse, la plus bouleversante également. Cette adolescente confiante, qui n'a peur de rien et surtout pas du jugement des autres est si rayonnante, que de voir ce jeune homme (et tout les autres adolescent du High School) haineux et n'acceptant pas d'être aimée par un homme à l'allure féminine est d'autant plus contrastant. Un roman vraiment bouleversant qui devrait vraiment être mis entre les mains d'adolescents pour qu'ils prennent conscience de la différence et l'accepte.
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Michelle72
  18 mai 2019
Ce matin encore au chaud sous mes couvertures, je me suis allongée le bras pour piger dans le sac de livres que je garde sous mon lit. Je me suis installée deux oreillers sous la tête, placé mes lunettes sur mon nez pour que le double foyer soit bien en place prête à débuter cette nouvelle aventure.
Dès les premières pages j'ai senti la dualité amour/haine dans laquelle j'allais plonger. Mais quelle fut ma surprise : plus je m'enfonçais dans le livre (tout comme dans mon lit) plus je découvrais une histoire d'amour incroyablement puissante où l'Être aimé hante chaque instant de la vie d'un Larry magnifiquement beau.

“Je vis par procuration” (p.57)

Voilà son secret : le rêve, le fantasme lui donne espoir. Même les baleines sont prétexte au ravissement amoureux et le fond fabuler.

“[...] m'imaginer ton souffle chaud sur ma nuque, comme si tu cherchais à me réchauffer. [...] je me retourne sur ta chaise vide.” (p.65)

Est-il un enfant lumière ou simplet, peut-être les deux? Mais chose certaine l'amour rend aveugle. Il aime et son coeur toujours vivant après la mort, poursuit son “a-mour-gresseur”

“Dis-toi qu'une partie de ce coeur se faufile aussi jusqu'à toi” (p.168)

Une Leticia sensible et à la fois d'une dureté impitoyable envers elle-même. La détresse et les blessures lui auront permis de s'assumer pleinement en se détachant du regard improbateur.

Chanter, voilà son talent, sa passion à travers laquelle ses émotions passent.  Elle rêve de se faire entendre. La fatalité l'aura reconnue et sa voix au final aura résonné dans le monde entier.

Je peux maintenant sortir de mon lit et y laisser tout l'émoi et la tristesse qui m'ont littéralement envahi. Mais je garderai en moi toute la beauté lumineuse de cette enfant.
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mariepyer
  19 juillet 2017
Je ne sais que penser de ce livre. Autant les événements réels sont bouleversants et absolument impardonnables, autant ce livre m'a mise mal à l'aise...suis-je homophobe sans le savoir? Transphobe? Je ne croyais pas. Ce livre remet mes convictions en doute. Je suis mal à l'aise que l'auteur ait pris cette liberté face à la façon de raconter les derniers mois de Larry/Leatitia...je n'aime pas cette façon de décrire ce qu'elle ressentait...je ne sais pas comment l'expliquer. Je suis très perplexe à la fin de la lecture de ce roman.
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Desmarais57
  05 août 2018
Étrange mais il est agréable à lire. Basée de faits vécus.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
manU17manU17   17 juin 2019
Jour de pluie. La fermeture éclair de mon imper fait des free games. Elle fend par endroit, se découd vertèbres par vertèbres à partir du coccyx. Je suis dû pour un nouveau manteau. Mais mes parents adoptifs sont pauvres. Rocky et moi, on leur coûte un bras. C'est ça qu’ils nous disent pour maximiser notre culpabilité de respirer. En fait, papa s'acharne plus sur moi que sur Rocky. Mon frère porte bien son nom : il est viril comme un petit boxeur prépubère, et mon père s'enorgueillit de la rudesse macho de son plus jeune. Il lui achète bien plus de surprises qu'à moi, l'efféminé agaçant de son clan. Avec moi, son budget humanitaire est à sec.
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MarianneRichardMarianneRichard   30 avril 2017
Les cours d'éducation physique sont d'une tragédie pour elle. Notre professeur ne comprend pas pourquoi elle renonce à faire ses jumping Jack. À chaque saut, sa poitrine volumineuse part dans tous les sens. Ses seins remuent longuement et ça la gène. [...] Les filles maigres ont des seins qui rebondissent avec plus de décence. [...] De nous deux, je suis clairement la plus belle. Mais je voudrais quand même être Averi car elle a trois choses que je n'aurais jamais : des parents aimants, de l'argent à profusion et un vrai vagin entre les jambes.
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MarianneRichardMarianneRichard   30 avril 2017
Je ne suis pas maquillée comme si c'était l'Halloween. Il n'y a rien de criard sur moi. C'est un maquillage subtil et équilibré, mon affaire ; Tracy m'a donné des cours. Un maquillage qui permet à Leticia d'émerger de moi. Leticia, depuis ce matin, prend toute la place. Larry est totalement effacé sous le vernis. Moi, mon vernis est plus honnête que ce qu'il y a en dessous.
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MarianneRichardMarianneRichard   01 mai 2017
À vrai dire, quand j'y pense bien, je me dis que l'école était pas prête à avoir un élève aussi à l'aise avec son homosexualité. Ou sinon : sa transsexualité. Larry était tellement assumé, tellement entier. Je l'enviais. Parce que pas une fois, cet enfant-là s'est censuré.
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MarianneRichardMarianneRichard   30 avril 2017
Aujourd'hui, j'ai bientôt quinze ans, je suis fauché et je déteste mon père.
J'attends que la DPJ vienne à ma rescousse, me retire des mains sales de mon père, et me confirme que je vaux quelques chose.
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Videos de Simon Boulerice (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Simon Boulerice
Catherine Trudeau reçoit Marianne Dubuc, Patrick Isabelle et Simon Boulerice au Salon du livre de Montréal en novembre 2014.
Les libraires en coulisses, une initiative de l?Association des libraires du Québec (ALQ) et de la coopérative des Librairies indépendantes du Québec (LIQ), ont présenté des rencontres passionnantes lors du Salon du livre de Montréal 2014 avec des écrivains, notamment Janette Bertrand, Michel Tremblay, Katherine Pancol, Gabriel Nadeau-Dubois et Emmanuel Carrère.
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