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EAN : 9782760942264
Éditeur : Leméac (Editeur) (01/09/2016)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 33 notes)
Résumé :
L'enfant mascara est une histoire d'amour à sens unique, comme on en voit partout, dans toutes les écoles secondaires. À cette différence qu'elle se conclut de manière particulièrement tragique. Inspiré par des faits réels qui se sont déroulés dans la ville d'Oxnard, en Californie, Simon Boulerice transpose dans la fiction l'un des meurtres homophobes, voire transphobe, les plus violents à s'être produits aux États-Unis, tout en rendant hommage à Larry/Leticia, un ê... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  19 avril 2020
Leticia Anyways...
Je suis dans la cafétéria du collège E.O. Green Junior High School à Oxnard, en Californie ; and the sky is grey. A la différence que ça sacre comme un québecois élevé au sirop d'érable. Larry King, seul à sa table, la Saint Valentin approche. Des coeurs dessinés sur les murs, sur les vitres, la fête s'annonce rose, un parfum d'insouciance flotte entre les odeurs de sueur de l'équipe de basket venue s'assoir à la table voisine. Larry en pince grave pour Brandon. Un amour qui ne se mesure plus, inconditionnel, une évidence bercée sous la lune bleue. Une histoire d'amour, à sens unique.
Larry, puis Leticia. A la façon d'un journal intime, il se raconte, son enfance, sa maltraitance, son foyer qui n'en fut pas vraiment eux. Il aime chanter, elle a une voix qui perce les étoiles, Céline Dion la relève est assurée. Elle écrit des poèmes, des acrostiches, des trucs qui parlent d'amour. Et ces derniers jours, jusqu'à cette Saint Valentin qu'elle ne connaîtra pas, la nuque en sang, verse dans le témoignage, un discours surtout pour la tolérance.
« Je ne suis pas gai. Je suis une femme dans le mauvais corps. Je suis captif à l'intérieur. On s'est trompé en me fabriquant. Quand je serai réparé, que j'aurai le corps que je désire, que je mérite, tout rentrera dans l'ordre. »
Comprendre cette différence. Sentir qu'il n'est pas dans le bon corps. Croire en elle et assumer au fond ce qu'il est, juste une adolescente, un peu trop grosse, qui met du fond de teint, et du mascara, des touches discrètes de sa féminité. Mais difficile d'aller à l'encontre des préjugés, des rires et des moqueries. Encore plus à l'adolescence. Avec le peu de soutien que l'on imagine. Parce que tout est vrai dans ce roman, à part les crisse, les chars et les bécosses en porcelaine... Une parlure québécoise, l'originalité dans ce campus californien.
Une belle découverte, un monde en dehors de mes prairies poussiéreuses, un roman jeunesse, avec de l'amour et du mascara, cet univers à la Laurence Anyways, mon film fétiche de mon réalisateur fétiche.
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Sachenka
  10 juin 2018
L'enfant mascara est un roman pour adolescents qui est assez bouleversant et troublant, à plusieurs niveaux. Il traite d'un fait réel : la fusillade du collège E. O. Green Junior High School à Oxnard, en Californie. Là, le 12 février 2008, Brandon McInerney tire à bout protant deux balles dans la tête de Larry/Laeticia King. Il s'agit d'un crime homophobe qui a eu beaucoup de retentissement à l'époque.
Évidemment, Simon Boulerice l'a adapté librement, en utilisant une narration à la première personne. Et ça fonctionne. On arrive à se mettre dans la peau de son protagoniste. En même temps, on reconnaît le style de l'auteur, mettant en vedette un adolescent homosexuel (ou plutôt transgenre, dans ce cas-ci) avec des goûts bien précis qu'il partage avec les protagonistes d'autres de ses romans. Aussi, l'inclusion de poèmes.
Pourtant, cette fusillade n'occupe qu'une petite place dans le récit. Je veux dire, elle est annoncée dès le début, quelques verbatims de témoins ont été insérés ça et là, mais l'événement lui-même n'a lieu qu'à la fin. le reste de l'intrigue, c'est l'évolution de Larry en Laeticia, de quelques mois avant le drame jusqu'au moment fatidique.
Malgré cela, un sentiment de malaise persiste tout au long du bref roman. Est-ce à cause du drame qu'on devine arriver ? Pas tant, non. C'est qu'on ressent une violence sous-jacente tout au long de la lecture.
D'abord, il y a ce climat familial tendu chez les King. le jeune Larry et son frère Rocky ont été adoptés mais on ne sent pas l'amour dans cette maison. Leur père se montre incompréhensif, toujours de mauvaise humeur, quelque peu violent, alors que leur mère essaie de faire la part des choses mais sans succès.
Ensuite, l'évolution de Larry vers l'homoseuxalité et le transgenre provoque beaucoup de réactions dans son milieu scolaire. Il applique un maquillage discret, puis un peu plus, il commence à porter des vêtements féminins, puis il demande à ce qu'on l'appelle Laeticia. Cela dérange, autant d'autres élèves que des enseignants. On comprend le désir ou le besoin du protagoniste de vouloir s'affirmer, en même temps on sent que le malaise chez les autres. Et cette tension devient parfois un peu lourde à chaque page qu'on tourne.
On peut juger le comportement de Larry/Laeticia maladroit ou provocateur, mais c'est incroyable comment il/elle, malgré les rebuffades, continue ce que d'autres pourraient considérer comme un combat.
En ce sens, L'enfant mascara peut être considéré comme un roman qui peut choquer mais c'est une bonne chose. En fait, tant qu'il y a des gens qui sont choqués par l'attitude de Larry/Laeticia et qui voudraient interdire qu'on présente ce genre de bouquin aux adolescents, cela signifie qu'il est d'autant plus utile, voire nécessaire.
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rabanne
  10 janvier 2021
Une fiction inspirée d'un fait divers réel (l'assassinat de Lawrence/Laeticia King, en 2008 aux États-Unis).
Un roman scindé en deux parties, dans lesquelles résonnent successivement la voix de "Larry" puis celle de "Laeticia".
Lawrence, dit Larry, est follement épris de Brandon, le "bad boy" sportif de sa classe de 8ème. C'est cet amour flamboyant mais impossible qui l'aide à supporter tout le reste (pauvreté, maltraitance, discrimination).
Lorsque Laeticia se révèle enfin, c'est une exaltante libération, et tant pis si cela crée le malaise ou l'incompréhension. Belle, provocante et altière, elle se tient bien droite dans ses chaussures à talons hauts, et qui pourrait ne pas résister à son charme, à son look sensationnel ?!...
L'enfant mascara est une adaptation libre des évènements qui ont eu lieu juste avant l'effroyable drame de Oxnard, au sein de ce collège californien. La narration prend la forme de pseudos-mémoires (ou mémoires imaginaires), un récit fortement incarné et particulièrement lumineux, qui présage le drame final mais semble vouloir épargner le lecteur... Afin qu'il ne retienne que l'incroyable vitalité et la force intérieure de Laeticia, plus puissantes que toute la peur, la colère, l'intolérance et la haine du monde (!)
Une lecture nécessaire. Une lecture à transmettre absolument (dès 14-15 ans). Pour ne jamais oublier Laeticia.
(Merci infiniment pour le prêt)
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antO17
  08 novembre 2019
Dans la nature, la chrysalide devient papillon. Dans le roman de Simon Boulerice, le jeune Larry King devient Leticia : la « Queen » du lycée. A l'adolescence, le corps de Leticia ne se transforme pas comme elle l'avait imaginé. Alors, elle force sur les régimes, sur le maquillage et les tenues provocantes. Fougueuse, elle jette son dévolu sur Brandon : un mauvais garçon de sa classe. Alors que Leticia nourrit un amour sans borne pour Brandon, Brandon n'a que dégout et haine envers Leticia. Il ne comprend pas ce garçon qui ne joue pas au foot et met du mascara, des jupes et des talons.
Une fiction aussi belle qu'elle est effrayante sur les personnes transgenres et la peur qu'elles suscitent dans nos sociétés patriarcales. D'autant qu'elle est basée sur une histoire vraie…
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MarianneRichard
  01 mai 2017
Ce roman jeunesse, destiné aux adolescents, est sensationnel. L'enfant mascara raconte l'histoire de Lawrence King, dit Larry, qui découvre son premier amour et surtout, la vérité sur lui même: il est une fille dans le mauvais corps. Son amour pour Brandon et l'enthousiame devant sa véritable identité sont tellement fort qu'il ne se rend pas compte que les adolescents autour de lui ne l'accepte pas. Lorsqu'il demande à Brandon d'être son valentin, c'est la claque au visage. le lendemain, Brandon abats Larry de deux balles dans la tête.
Bouleversé par cette histoire qui est réellement arrivé, Simon Boulerice s'est mis à l'écriture de ce qui aurait pu être les derniers jours de ces adolescents pour qui l'identité sexuelle et les pseudo certitudes sont si importantes.
Le roman est séparé en deux parties, celle de Larry, enfant de la DPJ, torturé par ses pairs, ses parents adoptifs. Puis celle de Leticia, la réelle personne qui se cache derrière les attributs masculins de Larry.
La partie de Leticia est de loin celle qui est le plus radieuse, la plus bouleversante également. Cette adolescente confiante, qui n'a peur de rien et surtout pas du jugement des autres est si rayonnante, que de voir ce jeune homme (et tout les autres adolescent du High School) haineux et n'acceptant pas d'être aimée par un homme à l'allure féminine est d'autant plus contrastant. Un roman vraiment bouleversant qui devrait vraiment être mis entre les mains d'adolescents pour qu'ils prennent conscience de la différence et l'accepte.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   17 avril 2020
Ta mère, Kendra, est massive, mais ça convient. Ton père est fort. Un bœuf, qu'on dit. Il peut la soulever à bout d bras. Il a une force criminelle. Il a fait de la prison pour avoir frappé ta mère, tout le monde le sait. Tu viens d'une lignée de durs à cuire. Ça ne te rend la couenne que plus désirable. Je suis ainsi fait : turgescent de désir pour l'illicite, l'interdit. A ton bras, je vivrais le mal par procuration.
L'été dernier, ton père a remporté le prix Budweiser de l'homme le plus fort. Il s'agit d'une course lors de laquelle l'homme doit porter sa femme sur son épaule, comme si elle était un sac de patates, ou un sac rempli d'autre chose. Des pois chiches, par exemple. Ou des fèves. Peu importe. Le premier à franchir la ligne d'arrivée sans avoir échappé sa femme remporte l'équivalent du poids de sa conjointe en bière. C'est ton père qui a remporté la course. Et comme ta mère est massive, il a gagné beaucoup de canettes de bière.
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manU17manU17   17 juin 2019
Jour de pluie. La fermeture éclair de mon imper fait des free games. Elle fend par endroit, se découd vertèbres par vertèbres à partir du coccyx. Je suis dû pour un nouveau manteau. Mais mes parents adoptifs sont pauvres. Rocky et moi, on leur coûte un bras. C'est ça qu’ils nous disent pour maximiser notre culpabilité de respirer. En fait, papa s'acharne plus sur moi que sur Rocky. Mon frère porte bien son nom : il est viril comme un petit boxeur prépubère, et mon père s'enorgueillit de la rudesse macho de son plus jeune. Il lui achète bien plus de surprises qu'à moi, l'efféminé agaçant de son clan. Avec moi, son budget humanitaire est à sec.
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le_Bisonle_Bison   18 avril 2020
Demain, tu me tireras deux balles dans la tête, à bout portant et ça me tuera. Tu auras mal pris mon amour, j'imagine.
Tu peux prendre ce qui suit comme le journal de mon amour pour toi. Ou l'objet de ta haine pour moi. A ta guise. Tu es libre.
Moi, je suis mort(e). Je ne suis qu'un(e) amoureux(euse) résolument mort(e).
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le_Bisonle_Bison   19 avril 2020
C'est aujourd'hui que je porte ma première jupe. Ça m'est arrivé d'en porter à la maison, dans ma chambre, ou même devant ma mère, mais à l'école, ce sera une primeur.
Je me sens prêt.
Non.
Je me sens prête.
Voilà. C'est dit.
Je m'appelle Leticia Queen, et je me sens prête.
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rabannerabanne   09 janvier 2021
Ses mains sont sèches et mon père ne la touche plus. En public du moins. Moi, c'est autre chose. J'aime encore lui tenir la main pour m'assurer que le courant se rend encore jusqu'à moi, que l'amour ne m'a pas oublié.
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Vidéo de Simon Boulerice
On embarque avec Simon Boulerice pour un trajet d'autobus cahoteux et poétique!
Itinéraire paresseux d'un adolescent brûlant d'aimer et d'être aimé, VEILLER SUR LES BRIGADIERS SCOLAIRES rend hommage aux doux fantasmes de la fin de l'enfance. On y entre dans les pensées pop et imagées d'un jeune Simon rêveur, et on y croise une conductrice taciturne dont le grand coeur se dévoile au fur et à mesure que grandit le sourire de la fluorescente brigadière scolaire
« Je suis un fainéant mélancolique qui aime se faire brasser D'un bord pis de l'autre C'est ça la vérité »
VEILLER SUR LES BRIGADIERS SCOLAIRES, un recueil de Simon Boulerice, pour les 11 ans et +, en librairie depuis le 14 avril 2021!
La courte échelle https://bit.ly/2QoDox0
*** Lecture : Simon Boulerice Réalisation : Farid Kassouf et Renaud Lefebvre Illustration : Ohara Hale Remerciements à Chartrand Inc.
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