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EAN : 9782760411913
181 pages
Stanké (25/04/2017)

Note moyenne : /5 (sur 0 notes)
Résumé :
Un jour d'octobre, Alain est assis dans son salon, immobile. À la télévision, on vient de diffuser les images d'un jeune homme exécuté en raison de son orientation sexuelle. Habité par la colère, l'incompréhension, la détresse, Alain prend le clavier et écrit à la première personne à laquelle il pense : Simon. Celui-ci, quelque part entre Montréal et Baie-Comeau, dans les nuages, lui répond. Oui, il a vu. Oui, il a senti la chute, le vide, le vent dans son chandail,... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique

Ce livre commence donc sur une sorte d'appel au secours d'Alain Labonté, qui découvre à la télévision les images d'un atroce assassinat homophobe perpétré par l'Etat Islamique et ouvre son coeur au premier ami auquel il pense, plus jeune que lui : Simon Boulerice, lui aussi homosexuel. Alain, la bonne cinquantaine, d'un tempérament calme et réfléchi, dirige une boîte de communication, Simon est auteur, notamment de théâtre et est amené à voyager un peu partout en francophonie pour donner des conférences, assister à la mise en scène de ses pièces, c'est un hyperactif boulimique de travail. Une correspondance démarre donc entre les deux hommes, qui deviendra un projet de livre, où ils se racontent leur enfance, leur jeunesse, la découverte de leur homosexualité, les réactions et le soutien de leur entourage, leur travail. Ils parlent aussi avec délicatesse de ceux et celles qui n'ont pas eu autant de chance qu'eux, qui ont subi violence et rejet à cause de leur orientation sexuelle. Ils évoquent (surtout Alain, qui en a été le témoin direct) les années sida ; avec lucidité, Alain prévoit l'arrivée d'autres virus dévastateurs pour l'humanité (avec Ebola et d'autres encore inconnus en 2015… il est visionnaire, Alain).

Alain, qui porte bien son nom de famille, et Simon sont tous deux bien dans leurs baskets, ils se connaissent bien et s'assument complètement, et c'est sans doute pour cela que leurs échanges paraissent si paisibles, si lumineux et si sensibles à la fois. Car le livre, qui s'est ouvert sur un acte terroriste, se termine aussi sur la violence avec l'attaque sanglante d'une boîte gay à Orlando aux Etats-Unis, en ayant passé par les attentats de Paris puisque cet échange épistolaire se déroule en 2015-2016. Et pourtant on ressort de cette lecture plein de la bienveillance (espérons-le) déployée par les auteurs.


Lien : https://desmotsetdesnotes.wo..
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Après avoir été bouleversés par les images intolérables de meurtres d'homosexuels par Daesh, Alain et Simon échangent leur avis par courriel. S'installe alors une correspondance qui durera presque une année où ils commenteront l'actualité et se confieront l'un à l'autre sur leur travail, leur vie, leurs rêves…

Leurs échanges parlent d'homosexualité, du sida mais aussi d'art, de création, d'amitié, d'amour, de foi, de la société et de l'humanité comme elle va… et se réjouissent aussi des avancées des droits des LGBT au Québec.

Je ne connais pas ces deux auteurs, de générations différentes. Je n'ai jamais eu l'occasion de les rencontrer ou de les lire. Dans ces échanges, ils se livrent sans fard, avec sincérité et s'exposent donc forcément. Les discussions à bâtons rompus se suivent enchainant des sujets différents, une idée en entrainant une autre. Je me suis souvent retrouvée dans leurs réflexions, notamment quand ils s'émeuvent du manque d'amour et de respect, du peu de compassion que certains ont pour les moins nantis ou se réjouissent de leur chance d'avoir eu un entourage aimant et serein.

Je n'ai pas vu les images dont ils parlent, mais nous en avons tous d'autres en tête. Je me souviens du calvaire d'Ishane Jarfi, massacré à coups de pieds et de poings et abandonné dans un champ, parce qu'homosexuel. J'ai énormément de respect pour le combat de son père, professeur de religion islamique, qui préside une fondation qui porte le nom de son fils défunt et lutte pour le respect des homosexuels et des différences, notamment en se rendant dans les écoles pour témoigner.

Ce livre m'a touchée. Moi aussi je suis privilégiée et cela me permet, je pense, de mieux saisir la laideur du monde et de lutter à mon niveau pour l'embellir un peu.

J'ai découvert des artistes à travers ce qu'ils disent de leur vie professionnelle et de leurs créations, des livres qu'ils ont lus, des pièces ou films qui les ont marqués… J'ai fait des recherches sur le net pour en découvrir davantage. J'ai maintenant envie de lire d'autres de leurs oeuvres.

Un essai épistolaire sans prétention, nécessaire car il fait du bien. Moi aussi j'aime les Hommes.

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Le livre n'est pas sans penser à celui de «Correspondance indiscrète» d'Arthur Dreyfus et Dominique Fernandez (2016) mais dans une version québécoise de l'expérience.

L'oeuvre est une correspondance entre 2 artistes, sous le thème gay et du respect des différences.

Agréable lecture. Merci!

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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation

Te souviens-tu, Simon, vers la fin de mon livre Une âme et sa quincaillerie, je parle de mon usine à rêves dans laquelle je souhaite que le premier ministre Harper devienne un vague souvenir ? Mes souhaits ont été exaucés. Il semble que de nouvelles pages de l’histoire s’écrivent sous nos yeux. De belles pages. Ne cessons jamais de les partager. (Page 174)

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Dans tes récentes lettres, tu parles aussi du « courage de tes vertiges ». C’est joliment dit, et c’est exactement ça, je trouve. Récemment, j’ai appris que j’avais tort de croire que le vertige c’est la peur des hauteurs. Ce n’est pas ça, c’est l’acrophobie. Le vertige, on peut le ressentir à même le sol, du moment que l’on est étourdi. Qu’on a le tournis. Et c’est précisément ce que donne la vie : le tournis. Rester debout, avec le tournis, c’est tout un projet. J’en connais qui préfèrent se mettre en boule, le temps que ça redevienne calme et plat. (Page 99)

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Beaucoup de gens ont cessé d’avoir peur du sida. On a compris que cela ne s’attrapait pas en prenant une bouchée dans le carré aux dattes de son voisin ou en avalant une gorgée dans le même verre de bière. Les gens ont appris. Les gens en ont entendu parler.

Le sida a maintenant laisser les lumières de la scène à des maladies telles que l’Ebola. Et quand on aura trouvé un remède à cette fièvre hémorragique, je parie qu’une autre épidémie nous assaillira. (Page 109 110)

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Depuis quelques années, je me dis que je n’ai pas à attendre que la vie me fasse de cadeaux puisque je reconnais que c’est la vie elle-même qui en est un. Depuis que j’avance avec cette vision, j’attends moins des autres. Aujourd’hui, c’est surtout de moi que j’attends le plus. J’espère qu’à chacun des jours qui passent la sagesse me gagnera de plus en plus pour m’amener à pardonner davantage, à accepter davantage et à aimer davantage. Je veux me coller à la beauté et la faire naître de tout ce qui est susceptible d’en donner.

Être là pour l’autre, c’est ce que je ferai tant que je le pourrai. ( Page 144)

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Je me suis toujours dit que dans les écoles on devrait t’enseigner la dignité et la joie de vivre et mettre la bio et la géographie en option.

N’ai-je pas le droit de rêver ? (Page 83)

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