AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Barbara Nasaroff (Traducteur)
EAN : 9782253047742
115 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (03/11/1988)
3.64/5   66 notes
Résumé :
Le docteur Iachvine se tourna brusquement vers moi, et je remarquai que son regard se faisait soudain pesant : [...] - J'ai tué, précisa-t-il.
- Quand cela ? repris-je de façon saugrenue. Iachvine indiqua le chiffre "2" et répondit :
- Pensez un peu, quelle coïncidence. Dès que vous avez commencé à parler de la mort, j'ai regardé le calendrier, et j'ai vu que nous étions le 2. Du reste chaque année cette nuit-là me revient en mémoire.
Voyez-vous... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Renod
  23 octobre 2014
"J'ai tué" est un recueil de six nouvelles de Mikhaïl Boulgakov parues dans différentes publications soviétiques entre 1922 et 1926, soit aux débuts de sa 'carrière' littéraire. le choix des nouvelles est pertinent. Il permet d'aborder les thèmes majeurs de l'auteur, notamment ceux développés dans "la Garde blanche" dont la publication périodique a débuté en 1926. Boulgakov a trouvé la matière de ses nouvelles dans ses expériences personnelles les plus marquantes.
C'est le cas dans la nouvelle ''j'ai tué'' où le narrateur, un jeune médecin, se voit réquisitionné par l'armée en déroute de Pétlioura. Les soldats sèment la terreur dans les rues de Kiev.
Deux autres récits sont inspirés par la guerre civile :
- "la couronne rouge" : un homme part au front chercher son frère. Il le laisse mener un dernier assaut qui lui sera fatal. Evènement qui le traumatisera et lui fera perdre la raison,
- "le raid" raconte l'attaque de sentinelles par des soldats de Pétlioura. L'une des sentinelle, guidée par la lumière d'une lanterne, parviendra à survivre.
Quant à "l'éruption étoilée", la nouvelle est présente dans le recueil "récits d'un jeune médecin". Tout juste diplômé en médecine, Boulgakov a travaillé plusieurs mois dans un hôpital de campagne. Il raconte comment un jeune médecin, sûr de son diagnostic, parvient à guérir de la syphilis des paysans réfractaires.
Dans "Le feu de khan Tougaï", un noble revient secrètement dans son palais au cours d'une visite guidée, quelques années après la Révolution. Il est horrifié par l'irrespect des autres visiteurs et par le projet de transformer certaines pièces en bibliothèque. Prenant conscience que le changement est irréversible, il préfère mettre le feu à son palais.
Le dernier récit est le plus surprenant par sa douceur et sa simplicité. Dans un logement communautaire, un homme accueille le fils d'une voisine, il tente de faire prendre conscience à la mère que son conjoint ne reviendra pas et lui propose de s'unir à lui.
Pour conclure, ce recueil est une excellente introduction à l'oeuvre de Boulgakov. Les nouvelles sont accessibles, variés et d'une grand qualité littéraire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          171
Alcapone
  16 février 2013
Toutes les nouvelles de ce recueil sont inspirées des expériences personnelles de Mikhaïl Boulgakov. Écrits entre 1916 et 1926, ces textes témoignent d'un esprit profondémment angoissé. Comme s'il n'avait retenu que l'absurdité et l'horreur des événements marquants de cette Russie alors en plein déclin (chute du tsarisme et guerre civile en Ukraine en 1919), Boulgakov traduit avec désarroi les doutes qui ne cessent de hanter son âme. Abandonnant son scalpel au profit de la plume, le médecin devenu auteur, livre dans ce recueil des récits sur lesquels plane dangereusement l'ombre de la folie. " Ainsi a pu naître, chez l'écrivain soviétique, ce que l'on a appelé son " fantastique noir ", c'est à dire la prolifération de formes sombres, insolites et déroutantes, parfois hallucinatoires et diaboliques, un monde de fantasmagories d'une angoissante absurdité que pourrait illustrer la célèbre phrase de Goya " le sommeil de la raison engendre les monstres " (extrait de la préface de Nicole Chardaire).
De ces cinq nouvelles où la fiction le dispute au réalisme, celles que j'ai préféré sont La couronne rouge et L'éruption étoilée. J'imagine que ce ne sont pas les textes les plus significatifs du " fantastique noir " de Boulgakov mais ils m'ont semblé refléter les traumatismes et les tourments de l'auteur : culpabilibité, folie, désespoir pour La couronne rouge (publié en 1922) et solitude et maladie pour L'éruption étoilée (rédigé au début des années 1920 mais publié en 1926), ces deux textes marquent deux événements décisifs dans la carrière de Boulgakov. L'éruption étoilée qui évoque sa vie de jeune médecin à la campagne annonce en effet sa spécialisation dans la vénérologie (on notera cependant que contrairement à d'autres textes, cette nouvelle ne sera pas intégrée aux Récits d'un jeune médecin). La couronne rouge qui sera intégrée à un chapitre historique du roman Maître et Marguerite, signe quant à elle, la reconversion définitive de Boulgakov à l'écriture. Bien que ces textes soient courts, j'en ai apprécié le ton et la portée car ils se réfèrent implicitement à l'histoire d'une Russie alors minée par la Révolution bolchévique et divisée par la guerre civile (russes rouges contre russes blancs). Je n'ai pas trouvé ces nouvelles percutantes (peut-être Boulgakov s'est-il auto-censuré ?) mais à la manière d'une invitation timide, elles incitent à approfondir la lecture de l'écrivain russe qui venait de Kiev...
Lien : http://livresacentalheure-al..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          142
mylena
  28 mai 2021
Ce recueil est un ensemble de courtes nouvelles écrites par Boulgakov, elles ne sont pas rassemblées dans l'ordre chronologique, ni sur un critère thématique non plus. En Russie, celles qui ont été publié dans un journal médical à l'origine sont rassemblées dans un recueil appelé Récits d'un jeune médecin. Il y a d'autres récits que Psaume sur le thème du logement mais je ne crois pas qu'ils aient été traduits. Les autres récits sont plus ou moins toujours liés à des événements historiques : la guerre de 14, la Révolution, la guerre civile. Je trouve que dans cet ordre ils ne sont pas mis en valeur, le résultat est disparate. Par contre les courtes explications qui précèdent chaque nouvelle sont bienvenues et permettent de situer chacune d'entre elle.
Le feu du Khan (1924) : histoire d'un noble revenant avec un groupe de touristes dans son ancienne propriété, et y mettant le feu en murmurant « Rien ne reviendra plus. Tout est fini. A quoi bon se mentir… Eh bien, nous emporterons tout cela avec nous... ». le récit est écrit sur le mode d'un récit fantastique.
J'ai tué (1926) : récit probablement autobiographique qui raconte les circonstances dans lesquelles un médecin tue délibérément quelqu'un qu'il était censé soigner.
Le raid (1922) : récit d'un épisode dramatique de la guerre civile vu à la lumière d'une lanterne (d'où le sous-titre «Dans la lanterne magique »)
La couronne rouge (1922) : récit non autobiographique où l'on retrouve des thèmes majeurs chez l'auteur : l'image du frère cadet mort pendant la guerre civile (qui reviendra dans d'autres nouvelles et dans « La garde blanche », le thème de la lâcheté, de la culpabilité et de l'expiation (qui prendront leur plein développement dans « Le Maître et Marguerite »)
Psaume (1926) : texte satirique sur les appartements communautaires, très bref, tout en dialogues
L'éruption étoilée (1926) : récit inspiré par sa première année de médecin dans la Russie profonde en 1916, et par sa lutte contre la syphilis dans les campagnes. Effarant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
emmyne
  22 février 2014
Le choix, encore, d'un recueil de nouvelles pour rencontrer un auteur russe, n'ayant jamais lu le Maître et Marguerite ou La Garde Blanche, roman pour lequel je suis maintenant décidée. Car la lecture de ce recueil J'ai tué aux éditions Livre de Poche s'est parfaitement prêtée à la découverte de l'univers romanesque de Mikhaïl Boulgakov (1891-1940). Cette édition ressemble à une anthologie. Elle propose six nouvelles qui sont chacune présentée en introduction; présentation du projet littéraire, du contexte historique du récit et le contexte éditorial, l'inscription dans l'oeuvre et ses thèmes majeurs déclinés ainsi que quelques informations biographiques en relation.
Il est précisé que la plume de Mikhaïl Boulgakov est réputée pour son ton satirique et politique (à maintes reprises censurée par le pouvoir soviétique ). Ce que je n'ai pas lu dans les nouvelles de ce recueil. Si elles sont engagées en témoignage de la fin d'un monde ainsi que des violences et séquelles de la guerre civile qui suivit la révolution bolchevique, l'aiguisée de cette plume pointe la souffrance et l'humanité dans les textes proposés; le trait est plus intimiste.
Parmi ces nouvelles, j'ai été impressionnée la force narrative de celle intitulée le Raid, par la façon dont l'auteur nous plonge dans l'horreur crue d'une attaque de trois sentinelles surprises par un détachement de cavalerie des forces nationalistes de Pétlioura ( " armée " tragiquement connue pour ses exactions et son antisémitisme ). L'auteur parvient à joindre à l'extrême réalité de son propos tout le terrifiant et l'absurde de cette heure nocturne en racontant à travers les yeux d'une des sentinelle aveuglée par la bouillie noire de la tempête de neige et par des lumières en éclats syncopés.
" Des yeux d'Abram s'écoulaient des larmes qui ne lui causaient ni irritation ni douleur, sa bouche déchirée s'était figée en une sorte de sourire. Sa capote déboutonnée s'était ouverte et, sans savoir pourquoi, il s'accrochait des mains au passepoil de son pantalon noir, se taisant et regardant l'oeil proéminent et sa pupille aveuglante. " Voilà, tout est fini. Plus jamais je ne reverrai l'aquarelle ni le feu. Il n'y a plus rien à attendre. Rien ne peut plus arriver. C'est la fin. "
- Alors ?! guettait-on dans les ténèbres.
Le cône de lumière se déplaça, l'oeil passa sur la gauche, et dans l'obscurité, faisant face aux deux sentinelles, se leva la bouche sombre des fusils où était tapie la fin noire. Abram soudain s'affaiblit et se mit à glisser, les pieds en avant. C'est pourquoi il ne sentit rien de l'éclair scintillant de la fin. "
La dernière nouvelle - L'éruption étoilée - permet de découvrir Boulgakov médecin ( il exerça jusqu'en 1917 ) et son ouvrage Récits d'un jeune médecin relatant son expérience de praticien citadin débutant dans la campagne russe. le ton y est passionné, emporté et emportant, pour raconter ce docteur luttant à la fois contre les ravages de la syphilis, contre la contagion au sein des familles n'épargnant pas les enfants - " Je le sais, je le devine, j'ai compris où se trouvait chez le petit garçon de deux ans, le chancre primaire sans lequel il n'y a pas de syphilis secondaire. Il se trouvait dans la bouche, et une petite cuillère avait suffit pour lui transmettre la maladie " - , et contre l'ignorance de la population rurale, malades refusant ce diagnostic, ne le comprenant pas, ne s'en inquiétant pas, qu'il faut convaincre de suivre le long traitement et pas simplement traiter les symptômes ponctuels comme un mal de gorge, tout en affirmant sa crédibilité parce que trop jeune docteur, moscovite... - " Je découvris que la syphilis, ici, avait ceci d'effrayant qu'elle n'effrayait personne. Et c'est pourquoi, au début de ce récit, je me suis souvenu de cette femme aux yeux noirs. Je me suis souvenu d'elle avec une sorte de chaleureux respect - précisément parce qu'elle avait eu peur. Mais elle était la seule ! ". -
Lien : http://www.lireetmerveilles...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Acerola13
  25 juin 2020
Écrivain de la première partie du 20e siècle, Mikhaïl Boulgakov est surtout connu pour son roman le maître et Marguerite, que certaines des nouvelles de ce recueil préfigurent.
Les six nouvelles qui composent l'édition le livre de poche ont été écrites au début des années 20, et explorent des thèmes récurrents tels que la guerre civile russe et ses répercussions sur le sol ukrainien, les exactions des différents camps : la mort et la violence sont omniprésentes. le thème de la position du médecin face à la barbarie de la guerre ou à l'ignorance des petites gens est également abordé.
J'ai beaucoup apprécié ces nouvelles courtes mais intenses, rédigées d'une plume poétique dont on ressent la nostalgie des firmaments ukrainiens. Une excellente introduction à Boulgakov, dont je vais lire le maître et Marguerite !
Commenter  J’apprécie          71

Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
RenodRenod   18 octobre 2014
si un malade meure entre nos mains, on ne peut s'en prendre qu'à un hasard malheureux. C'est ahurissant tout de même! Comme si l'assassinat était le propre de notre profession! J'appelle assassinat l'action consistant à tuer un être humain avec préméditation, ou tout du moins avec l'intention délibérée de tuer. Un chirurgien armé d'un revolver par exemple. Mais je n'ai pas encore eu l'occasion d'en rencontrer un à ce jour et il est peu probable que cela se produise jamais.
Le docteur Iachvine se tourna brusquement vers moi et je remarquai que son regard se faisait soudain pesant.
- A votre disposition fit-il en pointant du doigt sur sa cravate et en esquissant à nouveau un petit sourire oblique (...)

- j'ai tué -
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
RenodRenod   18 octobre 2014
C'est vrai. Je n'ai pas d'espoir. Dans l'angoisse brûlante des ténèbres, j'attends, mais en vain, que revienne le vieux rêve de la pièce familière, des yeux rayonnant d'une lumière paisible. Rien de tout cela n'existe, rien ne sera jamais plus.
Le poids ne fond pas. Et dans la nuit j'attends, résigné, que vienne le cavalier familier aux yeux aveugles(...).
Oui, c'est sans espoir. Il me tourmentera jusqu'au bout.

- la couronne rouge -
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          121
RenodRenod   18 octobre 2014
Tougaï se passa la main dans les cheveux, se retourna, aperçut une silhouette se dirigeant vers la bibliothèque, pensa involontairement : "je vieillis", puis se remit à marmonner :
- Ils ont piétiné mon sang et tout ce qui était ma vie, comme si j'étais mort. Peut-être suis-je réellement mort? Peut-être ne suis-je qu'une ombre? Pourtant, je vis (...), je sens, je ressens tout. Je ressens nettement la douleur, mais plus encore la fureur - Tougaï crut voir l'homme nu passer dans la salle sombre, le froid de la haine glaça ses articulations. Je regrette de ne pas l'avoir tué. Je le regrette. La fureur montait en lui, il avait la bouche sèche.

- le feu de Khan Tougaï -
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
CorinneCoCorinneCo   09 avril 2021
Plus que tout je hais le soleil, le bruit des voix et ce crépitement rapide. Je crains les gens à tel point que le soir, lorsque j'entends dans le couloir un bruit de pas et de conversations, je me met à pousser des cris. C'est pourquoi j'ai une chambre spéciale: la chambre n°27, une chambre calme - la meilleure, tout au fond du couloir. Personne ne peut y venir. Et pour bien m'assurer que j'y suis vraiment en sécurité, j'ai demandé avec insistance, en pleurant, qu'Ivan Vassiliévitch me délivre un certificat tapé à la machine. Il a accepté à ma requête et a rédigé un document me plaçant sous sa protection, en attestant que nul n'a le droit de se saisir de moi. Seulement, j'avais un doute, à dire vrai, sur la valeur de sa signature. Alors il a demandé au professeur d'y adjoindre la sienne et a apposé sur le tout un cachet bleu et rond. Cela avait ainsi une toute autre allure.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Bruno_CmBruno_Cm   26 octobre 2018
Abram voulait ôter de son cerveau la flamme jaune qui le torturait, s'en débarrasser, mais elle s'entêtait à rester, brûlant tout à l'intérieur de sa tête devenue sourde. Puis l'aiguille de glace dans son coeur semblait se détraquer, et les heures de la vie se mettaient à tourner d'étrange façon, s'égrenant à l'envers - la chaleur cédait la place au froid qui passait de la tête vers les pieds, la bougie se déplaçait vers la tête et la flamme jaune vers le coeur ; le corps cassé d'Abram était secoué en tierce de brefs tremblements, à contre-mesure des battements de la vie. La peau de mouton devenait alors insuffisante, il avait envie d'entasser des fourrures jusqu'au plafond, de se recroqueviller et de se coucher à même les briques brûlantes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20

Videos de Mikhaïl Boulgakov (21) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mikhaïl Boulgakov
Mikhaïl Boulgakov : La Fuite ! Comédie fantastique en 8 songes par Macha Makeïeff (Théâtre et compagnie / France Culture). Diffusion sur France Culture le 14 février 2021. Photographie : Mikhaïl Boulgakov en 1928. D’après la mise en scène et l’adaptation radiophonique de Macha Makeïeff. À partir de la traduction de Jean-Louis Chavarot publiée aux éditions Gallimard. Conseiller littéraire : Guillaume Poix. Une réalisation radiophonique de Baptiste Guiton. Création sonore : Sébastien Trouvé. Accordéon : Maxime Perrin. Prise de son, montage, mixage : Julien Doumenc et Mathieu Touren. Assistante à la réalisation : Justine Dibling. Boulgakov, maître du comique et du fantastique, écrit dès 1928, pour le théâtre d’Art de Moscou, une comédie mystique, profonde, drôle, hallucinée. Très proche du "Maître et Marguerite", "La Fuite !", pièce alerte au style brillant et insolent, ne sera jamais jouée du vivant de son auteur, victime visionnaire de la censure et de l’arbitraire staliniens. En huit songes fantastiques, entre cauchemars et illuminations, Boulgakov transfigure le chaos d’une déroute. Dans cette situation d’urgence folle d’un monde ancien qui s’effondre se fait entendre une galerie de personnages étonnants : civils pourchassés, état-major vaincu, des êtres jetés hors de leur monde, déclassés, réprouvés, portés par une fièvre de vivre dans le pur style du théâtre satirique russe. S’enchaînent ainsi désir de revanche, désir de retour, folie du jeu, morphine et typhus, trahisons, espions drolatiques, amours déchirées, fatalisme malicieux dans une course irrésistible ! "La Fuite !" est un vaudeville frénétique sur l’exil et la défaite, sur les existences prises dans la folie de la révolution russe. Fil rouge du jeu et du destin. La débâcle et le chaos y sont magnifiés par la drôlerie et l’excentricité de personnages de haut-vol, Sérafima, Goloubkov, Tcharnota, Khloudov, Korzoukhine et la belle Liouska… De la grande littérature russe et une épopée de l’exil pleine de chants et de bruits, depuis la Crimée, Sébastopol, Constantinople et Paris. En montant "La Fuite !" Macha Makeïeff retrace son histoire familiale, sa rêverie d’enfance chez les Russes blancs et l’Histoire d’un exil qui résonne encore.
Avec Pascal Rénéric (Goloubkov), Vanessa Fonte (Sérafima), Vincent Winterhalter (Tcharnota), Hervé Lassïnce (Tikhi, Africanus, Le Grec), Karyll Elgrichi (Liouska, Wrangel), Geoffroy Rondeau (Khloudov, Païssos), Alain Fromager (Korzoukhine, Baïev), Pierre Hancisse (Arthur Arthurovitch, Skounski, Nikolaïevna), Sylvain Levitte (Krapiline, Le chef de gare), Samuel Glaumé (Brizard, Gourin), Caroline Espargilière (Golovan), et les voix de Macha Makeïeff et Jérôme Deschamps.
« Médecin de l'armée blanche pendant la Guerre civile, Mikhaïl Boulgakov (1891-1940) fut condamné à écrire pour son tiroir. Isolé, muselé, invectivé (traité de « bourgeois » pour avoir pris la défense de Pouchkine...), il travailla à se construire posthume. Les conditions étaient réunies pour que naisse un mythe : peu à peu (vingt-six ans après sa mort dans le cas du "Maître et Marguerite" !) sortirent de l'ombre des ouvrages – récits, romans, théâtre – dont la somme constitue un acte de foi dans les plus hautes valeurs humaines. Son œuvre est un chant né du silence. » Éditions Gallimard
"La Fuite ! Comédie fantastique en 8 songes", est un spectacle de Macha Makeïeff créé à La Criée - Théâtre National de Marseille en octobre 2017, et réalisé en partenariat avec France Culture au 7bis, lieu de création de la Compagnie Deschamps et Makeieff, à Paris en octobre 2020. Remerciements chaleureux à Charles Mesnier.
Source : France Culture
+ Lire la suite
Dans la catégorie : Littérature russeVoir plus
>Littérature des autres langues>Littératures indo-européennes>Littérature russe (472)
autres livres classés : littérature russeVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

La littérature russe

Lequel de ses écrivains est mort lors d'un duel ?

Tolstoï
Pouchkine
Dostoïevski

10 questions
356 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature russeCréer un quiz sur ce livre