AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Barbara Nasaroff (Traducteur)
ISBN : 2253047740
Éditeur : Le Livre de Poche (03/11/1988)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 60 notes)
Résumé :
Le docteur Iachvine se tourna brusquement vers moi, et je remarquai que son regard se faisait soudain pesant : [...] - J'ai tué, précisa-t-il.
- Quand cela ? repris-je de façon saugrenue. Iachvine indiqua le chiffre "2" et répondit :
- Pensez un peu, quelle coïncidence. Dès que vous avez commencé à parler de la mort, j'ai regardé le calendrier, et j'ai vu que nous étions le 2. Du reste chaque année cette nuit-là me revient en mémoire.
Voyez-vous... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Renod
  23 octobre 2014
"J'ai tué" est un recueil de six nouvelles de Mikhaïl Boulgakov parues dans différentes publications soviétiques entre 1922 et 1926, soit aux débuts de sa 'carrière' littéraire. le choix des nouvelles est pertinent. Il permet d'aborder les thèmes majeurs de l'auteur, notamment ceux développés dans "la Garde blanche" dont la publication périodique a débuté en 1926. Boulgakov a trouvé la matière de ses nouvelles dans ses expériences personnelles les plus marquantes.
C'est le cas dans la nouvelle ''j'ai tué'' où le narrateur, un jeune médecin, se voit réquisitionné par l'armée en déroute de Pétlioura. Les soldats sèment la terreur dans les rues de Kiev.
Deux autres récits sont inspirés par la guerre civile :
- "la couronne rouge" : un homme part au front chercher son frère. Il le laisse mener un dernier assaut qui lui sera fatal. Evènement qui le traumatisera et lui fera perdre la raison,
- "le raid" raconte l'attaque de sentinelles par des soldats de Pétlioura. L'une des sentinelle, guidée par la lumière d'une lanterne, parviendra à survivre.
Quant à "l'éruption étoilée", la nouvelle est présente dans le recueil "récits d'un jeune médecin". Tout juste diplômé en médecine, Boulgakov a travaillé plusieurs mois dans un hôpital de campagne. Il raconte comment un jeune médecin, sûr de son diagnostic, parvient à guérir de la syphilis des paysans réfractaires.
Dans "Le feu de khan Tougaï", un noble revient secrètement dans son palais au cours d'une visite guidée, quelques années après la Révolution. Il est horrifié par l'irrespect des autres visiteurs et par le projet de transformer certaines pièces en bibliothèque. Prenant conscience que le changement est irréversible, il préfère mettre le feu à son palais.
Le dernier récit est le plus surprenant par sa douceur et sa simplicité. Dans un logement communautaire, un homme accueille le fils d'une voisine, il tente de faire prendre conscience à la mère que son conjoint ne reviendra pas et lui propose de s'unir à lui.
Pour conclure, ce recueil est une excellente introduction à l'oeuvre de Boulgakov. Les nouvelles sont accessibles, variés et d'une grand qualité littéraire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          151
Alcapone
  16 février 2013
Toutes les nouvelles de ce recueil sont inspirées des expériences personnelles de Mikhaïl Boulgakov. Écrits entre 1916 et 1926, ces textes témoignent d'un esprit profondémment angoissé. Comme s'il n'avait retenu que l'absurdité et l'horreur des événements marquants de cette Russie alors en plein déclin (chute du tsarisme et guerre civile en Ukraine en 1919), Boulgakov traduit avec désarroi les doutes qui ne cessent de hanter son âme. Abandonnant son scalpel au profit de la plume, le médecin devenu auteur, livre dans ce recueil des récits sur lesquels plane dangereusement l'ombre de la folie. " Ainsi a pu naître, chez l'écrivain soviétique, ce que l'on a appelé son " fantastique noir ", c'est à dire la prolifération de formes sombres, insolites et déroutantes, parfois hallucinatoires et diaboliques, un monde de fantasmagories d'une angoissante absurdité que pourrait illustrer la célèbre phrase de Goya " le sommeil de la raison engendre les monstres " (extrait de la préface de Nicole Chardaire).
De ces cinq nouvelles où la fiction le dispute au réalisme, celles que j'ai préféré sont La couronne rouge et L'éruption étoilée. J'imagine que ce ne sont pas les textes les plus significatifs du " fantastique noir " de Boulgakov mais ils m'ont semblé refléter les traumatismes et les tourments de l'auteur : culpabilibité, folie, désespoir pour La couronne rouge (publié en 1922) et solitude et maladie pour L'éruption étoilée (rédigé au début des années 1920 mais publié en 1926), ces deux textes marquent deux événements décisifs dans la carrière de Boulgakov. L'éruption étoilée qui évoque sa vie de jeune médecin à la campagne annonce en effet sa spécialisation dans la vénérologie (on notera cependant que contrairement à d'autres textes, cette nouvelle ne sera pas intégrée aux Récits d'un jeune médecin). La couronne rouge qui sera intégrée à un chapitre historique du roman Maître et Marguerite, signe quant à elle, la reconversion définitive de Boulgakov à l'écriture. Bien que ces textes soient courts, j'en ai apprécié le ton et la portée car ils se réfèrent implicitement à l'histoire d'une Russie alors minée par la Révolution bolchévique et divisée par la guerre civile (russes rouges contre russes blancs). Je n'ai pas trouvé ces nouvelles percutantes (peut-être Boulgakov s'est-il auto-censuré ?) mais à la manière d'une invitation timide, elles incitent à approfondir la lecture de l'écrivain russe qui venait de Kiev...
Lien : http://livresacentalheure-al..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          142
emmyne
  22 février 2014
Le choix, encore, d'un recueil de nouvelles pour rencontrer un auteur russe, n'ayant jamais lu le Maître et Marguerite ou La Garde Blanche, roman pour lequel je suis maintenant décidée. Car la lecture de ce recueil J'ai tué aux éditions Livre de Poche s'est parfaitement prêtée à la découverte de l'univers romanesque de Mikhaïl Boulgakov (1891-1940). Cette édition ressemble à une anthologie. Elle propose six nouvelles qui sont chacune présentée en introduction; présentation du projet littéraire, du contexte historique du récit et le contexte éditorial, l'inscription dans l'oeuvre et ses thèmes majeurs déclinés ainsi que quelques informations biographiques en relation.
Il est précisé que la plume de Mikhaïl Boulgakov est réputée pour son ton satirique et politique (à maintes reprises censurée par le pouvoir soviétique ). Ce que je n'ai pas lu dans les nouvelles de ce recueil. Si elles sont engagées en témoignage de la fin d'un monde ainsi que des violences et séquelles de la guerre civile qui suivit la révolution bolchevique, l'aiguisée de cette plume pointe la souffrance et l'humanité dans les textes proposés; le trait est plus intimiste.
Parmi ces nouvelles, j'ai été impressionnée la force narrative de celle intitulée le Raid, par la façon dont l'auteur nous plonge dans l'horreur crue d'une attaque de trois sentinelles surprises par un détachement de cavalerie des forces nationalistes de Pétlioura ( " armée " tragiquement connue pour ses exactions et son antisémitisme ). L'auteur parvient à joindre à l'extrême réalité de son propos tout le terrifiant et l'absurde de cette heure nocturne en racontant à travers les yeux d'une des sentinelle aveuglée par la bouillie noire de la tempête de neige et par des lumières en éclats syncopés.
" Des yeux d'Abram s'écoulaient des larmes qui ne lui causaient ni irritation ni douleur, sa bouche déchirée s'était figée en une sorte de sourire. Sa capote déboutonnée s'était ouverte et, sans savoir pourquoi, il s'accrochait des mains au passepoil de son pantalon noir, se taisant et regardant l'oeil proéminent et sa pupille aveuglante. " Voilà, tout est fini. Plus jamais je ne reverrai l'aquarelle ni le feu. Il n'y a plus rien à attendre. Rien ne peut plus arriver. C'est la fin. "
- Alors ?! guettait-on dans les ténèbres.
Le cône de lumière se déplaça, l'oeil passa sur la gauche, et dans l'obscurité, faisant face aux deux sentinelles, se leva la bouche sombre des fusils où était tapie la fin noire. Abram soudain s'affaiblit et se mit à glisser, les pieds en avant. C'est pourquoi il ne sentit rien de l'éclair scintillant de la fin. "
La dernière nouvelle - L'éruption étoilée - permet de découvrir Boulgakov médecin ( il exerça jusqu'en 1917 ) et son ouvrage Récits d'un jeune médecin relatant son expérience de praticien citadin débutant dans la campagne russe. le ton y est passionné, emporté et emportant, pour raconter ce docteur luttant à la fois contre les ravages de la syphilis, contre la contagion au sein des familles n'épargnant pas les enfants - " Je le sais, je le devine, j'ai compris où se trouvait chez le petit garçon de deux ans, le chancre primaire sans lequel il n'y a pas de syphilis secondaire. Il se trouvait dans la bouche, et une petite cuillère avait suffit pour lui transmettre la maladie " - , et contre l'ignorance de la population rurale, malades refusant ce diagnostic, ne le comprenant pas, ne s'en inquiétant pas, qu'il faut convaincre de suivre le long traitement et pas simplement traiter les symptômes ponctuels comme un mal de gorge, tout en affirmant sa crédibilité parce que trop jeune docteur, moscovite... - " Je découvris que la syphilis, ici, avait ceci d'effrayant qu'elle n'effrayait personne. Et c'est pourquoi, au début de ce récit, je me suis souvenu de cette femme aux yeux noirs. Je me suis souvenu d'elle avec une sorte de chaleureux respect - précisément parce qu'elle avait eu peur. Mais elle était la seule ! ". -
Lien : http://www.lireetmerveilles...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Bruno_Cm
  26 octobre 2018
Pour être franc, je suis passé à côté. J'ai trouvé ces nouvelles fades, aucun ressenti, à moitié rien compris. Cette critique est donc assez injuste. Mais si certains livres nous sortent du présent pour nous faire pénétrer dans leur monde, celui-ci n'y a pas réussi.
A part sur ça : Abram voulait ôter de son cerveau la flamme jaune qui le torturait, s'en débarrasser, mais elle s'entêtait à rester, brûlant tout à l'intérieur de sa tête devenue sourde. Puis l'aiguille de glace dans son coeur semblait se détraquer, et les heures de la vie se mettaient à tourner d'étrange façon, s'égrenant à l'envers - la chaleur cédait la place au froid qui passait de la tête vers les pieds, la bougie se déplaçait vers la tête et la flamme jaune vers le coeur ; le corps cassé d'Abram était secoué en tierce de brefs tremblements, à contre-mesure des battements de la vie. La peau de mouton devenait alors insuffisante, il avait envie d'entasser des fourrures jusqu'au plafond, de se recroqueviller et de se coucher à même les briques brûlantes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
54cartes
  04 juin 2019
Un assez bon livre. Que ceux et celles qui ont découvert Boulgakov par le biais fantastique ne s'attendent pas à trouver ici trace de ce genre : l'auteur y fait avant tout une critique sociale et politique, en les illustrant par certaines périodes de sa vie : la révolution de 1917, le communisme, sa vie de médecin.
C'est intéressant et toujours aussi bien écrit et traduit.
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
RenodRenod   18 octobre 2014
si un malade meure entre nos mains, on ne peut s'en prendre qu'à un hasard malheureux. C'est ahurissant tout de même! Comme si l'assassinat était le propre de notre profession! J'appelle assassinat l'action consistant à tuer un être humain avec préméditation, ou tout du moins avec l'intention délibérée de tuer. Un chirurgien armé d'un revolver par exemple. Mais je n'ai pas encore eu l'occasion d'en rencontrer un à ce jour et il est peu probable que cela se produise jamais.
Le docteur Iachvine se tourna brusquement vers moi et je remarquai que son regard se faisait soudain pesant.
- A votre disposition fit-il en pointant du doigt sur sa cravate et en esquissant à nouveau un petit sourire oblique (...)

- j'ai tué -
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
RenodRenod   18 octobre 2014
C'est vrai. Je n'ai pas d'espoir. Dans l'angoisse brûlante des ténèbres, j'attends, mais en vain, que revienne le vieux rêve de la pièce familière, des yeux rayonnant d'une lumière paisible. Rien de tout cela n'existe, rien ne sera jamais plus.
Le poids ne fond pas. Et dans la nuit j'attends, résigné, que vienne le cavalier familier aux yeux aveugles(...).
Oui, c'est sans espoir. Il me tourmentera jusqu'au bout.

- la couronne rouge -
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          121
RenodRenod   18 octobre 2014
Tougaï se passa la main dans les cheveux, se retourna, aperçut une silhouette se dirigeant vers la bibliothèque, pensa involontairement : "je vieillis", puis se remit à marmonner :
- Ils ont piétiné mon sang et tout ce qui était ma vie, comme si j'étais mort. Peut-être suis-je réellement mort? Peut-être ne suis-je qu'une ombre? Pourtant, je vis (...), je sens, je ressens tout. Je ressens nettement la douleur, mais plus encore la fureur - Tougaï crut voir l'homme nu passer dans la salle sombre, le froid de la haine glaça ses articulations. Je regrette de ne pas l'avoir tué. Je le regrette. La fureur montait en lui, il avait la bouche sèche.

- le feu de Khan Tougaï -
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Bruno_CmBruno_Cm   26 octobre 2018
Abram voulait ôter de son cerveau la flamme jaune qui le torturait, s'en débarrasser, mais elle s'entêtait à rester, brûlant tout à l'intérieur de sa tête devenue sourde. Puis l'aiguille de glace dans son coeur semblait se détraquer, et les heures de la vie se mettaient à tourner d'étrange façon, s'égrenant à l'envers - la chaleur cédait la place au froid qui passait de la tête vers les pieds, la bougie se déplaçait vers la tête et la flamme jaune vers le coeur ; le corps cassé d'Abram était secoué en tierce de brefs tremblements, à contre-mesure des battements de la vie. La peau de mouton devenait alors insuffisante, il avait envie d'entasser des fourrures jusqu'au plafond, de se recroqueviller et de se coucher à même les briques brûlantes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
RenodRenod   18 octobre 2014
De fait, les événements s'étaient littéralement engouffrés dans mon appartement. Ils m'en extirpèrent par les cheveux, me traînant à leur suite, et tout s'enchaîna comme dans un mauvais rêve.

- j'ai tué -
Commenter  J’apprécie          80
Videos de Mikhaïl Boulgakov (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mikhaïl Boulgakov
"le Maître et Marguerite", de Mikhaïl Boulgakov (Alchimie d'un roman n°59)
Dans la catégorie : Littérature russeVoir plus
>Littérature des autres langues>Littératures indo-européennes>Littérature russe (472)
autres livres classés : littérature russeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

La littérature russe

Lequel de ses écrivains est mort lors d'un duel ?

Tolstoï
Pouchkine
Dostoïevski

10 questions
290 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature russeCréer un quiz sur ce livre