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EAN : 9791020907585
224 pages
Les liens qui libèrent (01/04/2020)
4.54/5   14 notes
Résumé :
François Boulo est l'une des figures les plus charismatique du mouvement des Gilets jaunes. Ce livre est l'histoire de son combat, depuis la sortie de ce qu'il nomme son " coma politique " jusqu'à ce qu'il enfile le gilet jaune par-dessus sa robe noire.

Arrêtons de nous mentir. Pendant que le cirque des élections consacre notre impuissance à changer le cours des choses, le mur de la réalité ne cesse de nous rattraper : explosion des inégalités, récha... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique

Un essai très intéressant, rédigé par François Boulo, avocat au barreau de Rouen, et porte-parole de Gilets Jaunes.

Une introduction où il décrit un état des lieux de la France de 2021 : en démontrant que la situation économique est en constante dégradation depuis les années 1975, ainsi que la concentration des richesses au profit des 0.1 % des plus riches en allant de pair avec la baisse du niveau de vie des Français et un mécontentement croissant des populations au sein d'une société bloquée.

Comme tout juriste, son essai se développe autour d'un plan très précis :

- le premier chapitre s'attache à déconstruire l'idéologie dominante (le néolibéralisme) : la prison des esprits.

- le deuxième chapitre traite du carcan imposé par l'Union Européenne : la prison institutionnelle

- le troisième chapitre identifie les différentes forces qui oeuvrent à maintenir le statu quo qu'ils nomment les gardiens de prison

- le quatrième chapitre dresse une analyse des dynamiques et les trajectoires des acteurs décrits dans les précédents chapitres

- le cinquième chapitre esquisse des solutions pour réinventer notre démocratie.

- le dernier chapitre prend appui sur la crise sanitaire pour décrire le monde d'après.

Un essai brillant, facile d'accès, bien construit et reposant sur des sources fiables.

Il définit précisément le terme de néo-libéralisme qui est un dérivé de la doctrine du libéralisme prônée au XIXe siècle : ce libéralisme qui visait avant tout l'émancipation de l'individu et conférait à l'Etat un rôle de gardien de l'intérêt général (interventionnisme, juste équilibre entre sphère privée et publique, préservation des droits individuels) est à distinguer de la politique actuelle de néo-libéralisme (appliquée depuis 40 ans) qui romps avec les pratiques antérieures en donnant tout pouvoir à un système de marché en concurrence ; cette doctrine, le périmètre d'intervention de l'Etat doit être limité au strict minimum (droit de propriété, monnaie stable, encourager la concurrence et maintenir l'ordre social).

Bien sûr, le livre de Georges Orwell (1984) est cité pour démontrer que par un discours (la novlangue) on veut dissimuler ou atténuer les effets négatifs de cette politique en empêchant les citoyens de penser en niant ou en déformant la réalité.

De là, une rupture du contrat social est effective et induit une nouvelle lutte de classes opposant le peuple (salariés, chômeurs, retraités, fonctionnaires, patrons de PME, artisans, commerçants, professions libérales) aux classes dominantes (économiques, politiques, médiatiques).

L'auteur développe ensuite les chimères idéologiques basées sur la croissance infinie, l'idéal marché, la faillite de l'Etat et la dette publique, le rôle de l'impôt…

Cette prison est bien contrôlée par les différents gardiens : les possédants les plus riches (0.1%), l'Etat, les Médias, l'Union européenne qui dans une spirale infernale crée une dérive autoritaire à tous les niveaux.

Je vous laisse découvrir les portes qui nous restent pour sortir de cette prison…

Un essai vraiment brillant, bien construit et intelligent.

"Et si on se réveillait ?"

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Comme beaucoup, j𠆚i découvert François Boulo à l’occasion de ses interventions médiatiques durant la crise des Gilets Jaunes.

Contrairement à d𠆚utres figures du mouvement, il a gagné ma sympathie en ne donnant jamais l’impression de poursuivre un intérêt propre.

La hauteur de son verbe et la clarté de ses raisonnements m’ont donné envie de découvrir son livre.

On retrouve dans cet ouvrage les qualités entrevues lors de ses prises de position publiques. Les différents raisonnements qui y sont menés sont structurés en syllogismes limpides et concis.

Sous ce rapport, il constitue un bon point d𠆞ntrée pour le lecteur néophyte qui souhaite appréhender les principaux ressorts économiques, politiques et sociétaux de notre siècle.

A travers cet ouvrage, plutôt bien commis, l’on sent particulièrement la volonté de l𠆚uteur de capter l𠆚ttention de ceux qui se sont éloignés des urnes et désintéressés de la vie publique depuis plusieurs années, de réenchanter le débat politique, voire les destinées de certains mal-aimés de la République.

Toutefois, l𠆚mbition scientifique de l’ouvrage ne dépasse pas celle d’un manuel à l’intention d’un public profane.

Les lecteurs un peu plus initiés y verront un intéressant travail de synthèse d’une frange d’intellectuels de gauche, avec entre autres, Emmanuel Todd (en particulier, La lutte des classes en France au XXIe), Frédéric Lordon (Capitalisme, Désir et Servitude / La malfaçon), François Sureau (Sans la liberté).

En résumé, un ouvrage accessible qui mérite qu’on lui accorde de l’intérêt.

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Voici un livre qui s'adresse à tous et dépeint la société française et les maux dont elle souffre avec le recul nécessaire. L'auteur fait simplement preuve de bon sens ce qui lui permet de nous exposer les faits simples et avérés, que ce soit la problématique e la dette publique, la course à la croissance mensongère, le défaut de démocratie de notre pays en raison de l'abstention massive et de l'inversion du calendrier électoral (Présidentielles puis Législatives)...

Ce livre très clair, parfaitement accessible démontre l'impasse dans laquelle nous sommes engagés depuis des années, et aborde des solutions. Tout ce qui est écrit est sourcé, vérifiable....Une véritable source pour nourrir nos réflexions sur le pays que l'on habite et comment le rendre en cohérence avec son peuple.

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L'essai de François Boulo, figure importante des Gilets Jaunes, commence par un "état des lieux" de la France contemporaine au sens strict, où il note entre autre la baisse du niveau de vie, le mécontentement, le blocage. Il revoit - ce qui semble bien nécessaire - respectivement le libéralisme et le néo-libéralisme, et on ne risque plus le confondre ensuite ! Il constate que les rapports de force sont infléchis par une novlangue et la diffusion de TINA, économiquement et politiquement. Avec une grande logique et sens de la dissertation, cet avocat va bâtir ensuite le postulat paradoxal que cette société néo-libérale française est une prison : "prison des esprits : l'idéologie dominante" (chap. 1), "prison institutionnelle : l'Union européenne" (chap. 2), "les gardiens de prison : le système garant de l'ordre établi" (chap. 3). Il terminera vers la dérive autoritaire et la question de la souveraineté.

L'exposé est intéressant, clair, je répète : structuré avec naturel et rigueur. Je n'ai pas pu le lire vite car il était dense et j'avais besoin de mûrir tout, même si peu de choses m'étaient inconnues ; c'est l'agencement logique qui était pour moi à la fois nouveau et agréable, qui montre la cohérence et la congruence d'un système nocif. Ce n'est pas sur un plateau-TV que le même pouvait dérouler cela en dehors des pensées-flashes voulues par les journalistes ("dites-nous en un mot..."), voire même leurs questions en forme de QCM. le sous-titre "Manuel..." n'est donc pas usurpé et me voilà en train d'hésiter entre le garder ou le faire circuler...

Cf. suite de mon billet sur mon blog.


Lien : http://aufildesimages.canalb..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation

Ce livre a pour objet de déconstruire les idées reçues en politique, les poncifs quotidiennement relayés dans la vie de tous les jours. La tâche est difficile. Je vais essayer de rendre accessible un domaine habituellement réservé aux intellectuels qui ont pour habitude d’employer un langage relativement abscons. En principe, ce devrait être le rôle des représentants politiques. La plupart d’entre eux s’appliquent au contraire à rendre confus ce qui est simple et à caricaturer ce qui est compliqué.

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Prenons en exemple qui semble faire surgir un paradoxe : nombre de personnes apparaissent promptes à s'indigner des rémunérations très confortables dont bénéficient les footballeurs mais ne trouvent rien à redire à celle des dirigeants du CAC40. Les mêmes arguments reviennent systématiquement (...). Les mêmes expliquent (parfois avec aplomb) que les dirigeants évoluent dans des secteurs très concurrentiels, justifient de diplômes prestigieux et sont des créateurs d'emplois pour notre pays. Pareille argumentation laisse dubitatif. Dans le système du libre-échange et de la concurrence mondialisée, l'activité des grands dirigeants d’entreprise consiste à délocaliser leurs activités dans des pays à bas salaire plutôt qu'à créer des emplois en France. Surtout, dans le système qui est le nôtre où le seul objectif poursuivi est la recherche du profit, il apparaît logique que le niveau de rémunération soit déterminé par le gain que l'employé procure à celui qui l'emploie. A cet égard, les footballeurs génèrent globalement plus de revenus aux clubs qui les emploient qu'ils ne sont rémunérés. On peut ajouter qu'ils participent pleinement à la vie économique du pays et qu'ils contribuent à la création de nombreux emplois. Si l'on s'en tient au critère du profit, ce qui apparaît acceptable pour les dirigeants devrait l'être aussi pour les footballeurs. Ce n'est pourtant pas le cas.

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Dans un monde gouverné par l'émotion et la superficialité, redonner toute sa place à la raison et au savoir est la première étape pour reprendre le pouvoir sur soi.

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Selon un rapport de l'ONG ACAT France, l'utilisation de la force par la police doit remplir quatre conditions au regard du droit international :

1/ la légitimité : tout recours à la force doit avoir un fondement juridique et poursuivre un objectif légitime (faire cesser une infraction à la loi) ;

2/ la nécessité : le recours à la force doit être inévitable pour atteindre l'objectif poursuivi et cesser dès que l'objectif est atteint (rien ne justifie le recours à la force une fois l'individu maîtrisé) ;

3/ la proportionnalité : le préjudice susceptible d'être causé par l'emploi de la force ne doit pas être excessif par rapport à l'avantage tiré de l'objectif à atteindre (la force létale ne peut être utilisée que pour protéger la vie) ;

4/ la précaution : les opérations des forces de sécurité doivent être planifiées, préparées et conduites de manière à réduire au minimum le recours à la force et, lorsque cela devient inévitable, à cause le moins de dommages possible (les opérations doivent être préparées de manière à réduire l'escalade de la violence).

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Il faut regarder la réalité en face : l'Europe sociale n'existe pas et n'existera jamais. Les Instances européennes conduisent au contraire des politiques qui visent à harmoniser par le bas les économies des États membres. Il ne s'agit pas d'élever le niveau des systèmes de sécurité sociale des autres États membres sur le modèle français, qui est l'un des plus protecteurs au monde, mais au contraire de détricoter celui-ci pour l'aligner sur celui des voisins européens. La même logique est appliquée pour les salaires. Or les Français n'ont jamais voulu faire l'Europe pour perdre des droits, mais ils ont toujours voulu au contraire que celle-ci les préserve face à la concurrence mondiale. Tous les artifices de communication sont utilisés par les gouvernants pour faire passer la pilule aux Français, qui développent progressivement une fâcheuse tendance à se rebeller.

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