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EAN : 9782072849152
Éditeur : Gallimard (10/10/2019)
4.64/5   14 notes
Résumé :
« Je me suis longtemps tenue à l'écart de la littérature africaine, j'y lisais une injonction qui ne me convenait pas. Les auteurs étrangers parlaient à un «moi» intime, eux convoquaient la couleur de ma peau, ainsi qu'une Histoire qui me blessait et m'humiliait. J'étais une femme sensible, en proie aux remous de la vie, pas un concept, un combat perdu, un territoire à conquérir, une authenticité à redéfinir. Mon identité ne faisait aucun doute à mes yeux, ou si dou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
asnico
  24 novembre 2019
COUP DE COeUR
Alors que je lis peu de littérature africaine et peu de livres de la collection blanche, je ne peux que recommander Les jours viennent et passent qui raconte tout simplement la vie d'une mère en fin de vie, Anna, et de sa fille adulte Abi.
Leur enfance, la communauté africaine et ses codes, la religion, la politique, la misère, la relation vis-à-vis des blancs, des hommes et de la polygamie, la gestion des enfants... J'ai eu un peu l'impression de lire un témoignage. Peut-être parce que le récit est très souvent à la première personne...
Ce sont de belles histoires, teintées de moments très moches à cause de la misère quotidienne et du profond sentiment d'abandon face à la corruption qui règne dans les hautes sphères...
Dans ce contexte, les gens recherchent le bonheur immédiat et peuvent vite basculer ; c'est ce qui arrivera à la jeune Tina, amie de Max, lui-même fils d'Abi. Son témoignage en fin de roman est vraiment poignant. La plupart des personnages du livre sont d'ailleurs bouleversants. Je ne pourrai jamais aussi bien décrire la Cameroun qu'Hemley Boum qui signe ici un super roman (que je suis la première à critiquer d'ailleurs :-) )
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Calimero29
  03 avril 2020
Ce roman est construit autour de trois femmes camerounaises dont les voix se complètent, s'entremêlent pour rendre hommage à toutes les femmes camerounaises et pour dépeindre un Cameroun au moment de son indépendance jusqu'à nos jours, blessé par la gangrène de Boko Haram.
L'auteur donne la parole à Anna, qui va mourir très prochainement d'un cancer et qui ne cesse de parler pour témoigner et transmettre avant qu'il ne soit trop tard; on suit le combat de cette petite fille, dont la mère est morte en couches, qui vit dans des conditions très pauvres et à laquelle l'amour des livres et l'éducation vont offrir le liberté. Abi, sa fille unique, journaliste, installée en France, divorcée, un fils, essaye de toutes ses forces de recréer un lien avec cette mère dont elle ne se sentait pas proche, enfant. Enfin, Tina, jeune fille de 17 ans, qui vit au Cameroun, sous l'attention affectueuse d'Anna et qui aime le fils d'Abi, témoigne des ressorts qui peuvent conduire des jeunes à rejoindre l'enfer de Boko Haram et de ce qu'ils peuvent y subir.
"Les jours viennent et passent" est un très beau roman d'amour : amour pour son pays meurtri, amour pour ses enfants qu'on comprend si mal, amour pour son mari qui peut se transformer en haine; bref, un amour loin d'être idéal mais si fort et si humain.
C'est aussi un roman de transmission de mère à fille, des anciennes aux jeunes filles avec en filigrane le thème de la réappropriation de sa culture, de son identité après la colonisation.
C'est enfin le roman de la déliquescence d'un pays où l'argent corrompt la vie publique, où les jeunes veulent aller chercher l'Eldorado en Occident ou un sens à leur vie au sein de Boko Haram. le récit de Tina, au sein de ces fanatiques islamistes, est très fort, il prend aux tripes. Il m'a rappelé l'émotion puissante que j'avais ressentie à la lecture de "Girl" d'Edna O'Brien sur l'enlèvement par Boko Haram, en 2014, au Nigeria, de 276 lycéennes de 12 à 16 ans, d'ailleurs évoqué dans le roman. Emley Boum utilise, elle aussi, un fait réel,l'attentat de Kolofata, dans le nord du Cameroun, qui a fait 150 morts. Elle veut ainsi probablement rendre hommage aux victimes qui n'ont fait l'objet que d'un entrefilet dans la presse, reprenant en cela la même démarche qu'Edna O'Brien dont le roman était sorti un mois auparavant.
Un magnifique roman puissant, aux personnages très attachants.
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david19721976
  23 juin 2020
Le lecteur sensibilisé par le devenir de l'Afrique et en particulier le Cameroun, puisque la destinée de trois femmes courageuses est intimement liée aux soubresauts historiques et géographiques d'un pays partagé entre la France, le côté oriental et la Grande-Bretagne en traversant des crises sans précédents soumises à la tutelle de l'O.N.U. Il a fallu un référendum en 1960 pour que celui-ci accède à son indépendance, fuir le paternalisme des pays occidentaux néanmoins désireux de promouvoir une certaine évolution sociale sur le critère de la capacité. La femme africaine par son caractère bien trempé, souveraine et Reine absolue de l'éducation de ses enfants portés à bout de bras, ces jeunes africains porteurs d'espoirs de l'Afrique de demain.
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fabiennebal
  04 septembre 2020
Ce roman suit le parcours de trois femmes en parallèle ; Anna, atteinte d'un cancer, se remémore sa vie passée en grande partie dans son pays natal, le Cameroun. Abi, sa fille, l'accompagne dans sa fin de vie à Paris . Malgré de nombreux conflits familiaux antérieurs, elles se redécouvrent à travers le récit de Anna. Elles se souviennent de Tina, jeune camerounaise, entraînée dans la tourmente fanatique de Boko Haram.
L'auteur nous raconte l'histoire du Cameroun, depuis l'indépendance jusqu'à nos jours à travers les 3 générations des narratrices. On parle de corruption, de fanatisme religieux , des inégalités sociales du Cameroun suite à la colonisation, du pouvoir de l'éducation.
. C'est un tableau complet et documenté du pays.
Elle aborde aussi l'accompagnement d'une personne en fin de vie, les difficultés de Abi face à sa mère, la transmission orale que souhaite Anna envers son enfant, une belle preuve d'amour maternel.
A travers Abi et Max, son fils métis , s'exprime la difficulté d'une éducation entre les deux cultures en France et au Cameroun. Néanmoins, j'ai trouvé le personnage de Abi assez flou, peu attachant. On parle de ses problèmes conjugaux , de sa séparation puis le récit s'arrête pour passer à un autre personnage sans suite.
La dernière partie sur Boko Haram est puissante, douloureuse , glaçante et aurait pu être le sujet principal du livre, évitant certaines longueurs par rapport au reste du récit.
L'écriture fluide nous permet d'alterner facilement du passé au présent ; je garde un beau souvenir de lecture.
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missk_paris
  05 avril 2020
Au crépuscule de sa vie, Anna se remémore sa vie. Ce récit se transforme en une très belle fresque sur l'histoire récente du Cameroun : les différentes tribus, la vie à la campagne, les femmes enfants mariées trop tôt et aussi une jeunesse qui n'a plus d'espoir, perdue entre corruption et religion.
Très rapidement, elle a la volonté farouche de s'en sortir quite à jouer les femmes de ménage des religieuses qui en échange lui donnent accès à l'éducation.
Elle n'est pas dupe, a bien compris l'importance d'être bien née dans ce pays où les bonnes origines et la connaissances et la maîtrise des codes facilitent tellement les choses. Femme de caractère, marié à un homme qui rêve d'un Cameroun libre, elle luttera contre sa belle-famille, la polygamie et plus généralement la lâcheté des hommes.
Abi, sa fille, se tient à ses côtés dans cette chambre d'hôpital. Leur relation fut complexe et parfois même conflictuelle, mais cette fin de vie les rapproche.
Une troisième femme est très présente dans ce roman. La jeune Tina, amie de Max, le fils d'Abi. Elle raconte l'engrenage de la religion, l'emprise de fanatiques qui la mèneront jusque dans les camps de Boko Haram. Son récit est bouleversant.
Malgré ces sujets graves, l'écriture est fluide. Hemley Boum nous transporte et nous fait prendre conscience des enjeux socio-économico-religieux de ce pays. Magistral !
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
asnicoasnico   14 novembre 2019
Je pense aujourd'hui que le savoir occidental est à la fois élémentaire et despotique: il y a un Dieu unique et il est dans les églises, l'instruction est dans les livres, l'art est dissocié de la spiritualité, relégué dans des lieux prévus à cet effet, la loi est la même pour chacun et toute valeur est marchande. La réussite n'est comprise que comme matérielle. Les chemins de la vie sont fléchés, balisés et vous avez le choix de suivre...
... la voie qui vous est dévolue. (p 48)
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montmartinmontmartin   11 août 2020
Elle se mettait en colère ou fondait de tendresse à l'évocation de ses souvenirs, l'on aurait dit que ces années passées, enfuies, ces personnes absentes, disparues, revenaient pour un dernier tour de piste avant les adieux, ou les retrouvailles.
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david19721976david19721976   20 juin 2020
Personne ne m'apprit à analyser un livre, à garder le recul nécessaire, à ne pas perdre de vue le contexte, à saisir les informulés, les courants intellectuels voire idéologiques censés donner de l'épaisseur à l'histoire nue. Personne ne me fit la leçon sur l'esthétique, la langue...Cela, je le découvrirais au lycée lorsque j'y ferais mes humanités et l'approfondirais à l'École normale supérieure de Yaoundé où je passerais mon diplôme de professeur de français, mais le pli serait pris. Toute ma vie je lirais comme j'ai commencé, de façon intense, émotionnelle, primaire, et des phrases éparses s'imprimeraient dans mon âme.
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montmartinmontmartin   11 août 2020
Ici, comme ailleurs, les enfants sont cruels. Notre quotidien recelait une violence faite d'insultes, de moqueries et querelles : tour à tour bourreau et victime, j'y prenais ma part. Nous vivions dans une promiscuité qui rendait toute intimité illusoire.
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montmartinmontmartin   11 août 2020
Traitez-là gentiment, je sais, ces pauvres êtres en bout de course sont votre quotidien, je comprends la nécessité de tenir à distance leur souffrance, suppliait Abi en silence, mais voyez-vous, pour moi, cette femme n'est pas seulement un corps qui rend les armes, c'est une personne chérie, une vie précieuse qui prend fin en silence.
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Videos de Hemley Boum (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hemley Boum
Hemley Boum et Catherine Blondeau sont deux écrivaines invitées au festival Au fil des ailes, programmé du 12 au 27 novembre 2021 en région Grand Est. Découvrez leurs oeuvres respectives à travers les mots de Manon Saint-Marc, conservatrice à la bibliothèque universitaire de Reims.
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