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EAN : 9782849505618
Éditeur : Syllepse (06/04/2017)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
À l’été 2014, alors que les pays de la région, l’ONU et l’OTAN assistent impuissants à l’avancée des jihadistes, le monde découvre les combattant·es kurdes qui ont fait reculer Daesh à Kobané, cette petite ville devenue symbole.
Le sacrifice de ces jeunes femmes et de ces jeunes hommes était bien sûr motivé par la nécessaire résistance à la barbarie de l’État islamique, qui s’est déchaînée contre les Kurdes yézidis de la région de Sinjar. Mais cette détermina... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
de
  03 mai 2017
Une démocratie sans actions est comme un être humain sans voix
Dans sa préface « le Kurdistan libertaire nous concerne ! », Michael Löwy souligne, entre autres, le rassemblement « par une auto-organisation communautaire d'en bas, les populations kurdes, arabes, assyriennes, yézidies, dans une confédération laïque, au-delà du sectarisme religieux et des haines nationalistes », la place de l'écologie et du féminisme dans un « projet anticapitaliste, antipatriarcal et anti-étatiste », la place des femmes y compris dans la force armée, l'invention d'une nouvelle « forme de pouvoir politique démocratique décentralisé, basé sur les assemblées communales », le « confédéralisme démocratique »…
Il explique pourquoi ce combat du Rojava nous concerne et indique que « notre soutien doit être solidaire, mais pas acritique… », parle des écrits du libertaire nord-américain Murray Bookchin (J'indique ici que je ne connais pas ces écrits).
Michael Löwy interroge : « comment passer de cet échelon local à la gestion démocratique d'une région ou d'un pays (qui ne peut pas être une simple « coordination » entre localités) ? ». Loin des solutions étatiques dominants tout à la fois les mouvements nationalistes que les forces de la gauche révolutionnaire, le préfacier met « en évidence la contribution positive du mouvement de libération kurde au renouveau de la pensée et de l'action émancipatrices » mais souligne aussi un certain silence sur les difficultés, les contradictions ou les limites des expériences, la place de l'écologie dans le projet du Rojava, ou sur le rôle du pluralisme politique dans le confédéralisme démocratique. Je reviendrai plus loin sur certains points.
Dans leur introduction, « le changement par en bas »,Stephen Bouquin, Mireille Court et Chris Den Hond mettent l'accent, entre autres, sur le projet politique porté par le mouvement kurde ne consistant « nullement à faire sécession afin de fonder un « Kurdistan indépendant » », le refus d'une entité politique « fondée sur une mono-identité ethnoculturelle », les références à la Commune de Paris, le rôle du Parti démocratique des peuples (HDP), le régime répressif de Recep Tayyip Erdoğan, les nouvelle orientations du PKK, « Contre les chauvinismes turc, arabe et perse, l'alternative ne pouvait consister à construire un nationalisme kurde tout aussi chauvin ».
Les textes sont regroupés en cinq parties, le Rojava et le nouveau paradigme du mouvement kurde, La parole aux militants kurdes, La théorie mise en pratique, Les femmes au centre de la lutte, Un autre monde est possible.
Je ne présente que certaines analyses et en discute particulièrement un point.
Le Rojava, les Kurdes syriens, la guerre, les réfugié-e-s, l'hostilité du gouvernement régional kurde du nord de l'Irak, la politique turque d'embargo, le régime d'Assad, les attaques de l'Etat islamique, Abdullah Ocalan, les milices mixtes et les milices exclusivement féminines, le peuplement (kurde, arabe, chrétien assyrien, turkmène, arménien ou circassiens) et les choix politiques d'inclusion, « Les Kurdes ont toujours refusé de prendre des villes non Kurdes à l'Etat islamique s'il n'y avait pas une alliance solide avec les forces politiques de la région, donc des forces arabes par exemple dans la région de Raqqa », la bataille pour une « Syrie démocratique, laïque et fédérée », les affrontements avec l'Etat islamique, Kobané, le besoin d'armes anti-chars…
Le confédéralisme démocratique, le pouvoir des assemblées, l'Etat-nation, les sociétés comme « essentiellement politiques », l'auto-administration, les principaux instruments de participation et d'expression sociale, l'auto-défense, les éléments transfrontaliers, la démocratie directe, le socialisme, « le socialisme requiert des instruments socialistes : la démocratie totale à tous les niveaux et l'intégration de la lutte écologique, celle des femmes, la lutte pour les doits de l'homme et des mécanismes d'autodéfense de la société », la notion d'égalité, un modèle de congrès, des organisations spécifiques, les coopératives, la révocation des élu-e-s, les institutions légales et permanentes pour la délibération et la prise de décision… Ces éléments sont traités dans différents textes.
Reste que si la commune et sa décentralisation démocratique offre un cadre possible à l'auto-organisation locale, le socialisme ne peut être pensé comme un amalgame horizontal (ni d'ailleurs comme une pyramide verticale ou une confédération de petites entités). Je ne vois pas comment il serait possible d'instaurer « un contrôle collectif des moyens de production socialisés importants » à cette échelle. Les sociétés ne sont pas des échafaudages composées de briques de base. Il faut à la fois penser le tout (au niveau mondial, continental, sous-continental, régional, etc., sans oublier les dimensions transversales aux découpages géographiques) et les parties, leurs articulations, les institutions permettant les meilleures représentativités… Sans oublier la gestion des contradictions internes à chaque niveau et entre niveaux. Et de ce point de vue, seul le suffrage vraiment universel, et ses déclinaisons à chaque domaine ou territoire, offre une piste d'égalité dans l'auto-gouvernement généralisé. Et qui dit suffrage universel, dit aussi pluripartisme et multiplication des formes d'auto-organisation, dit aussi probablement différentes « chambres » de représentation, la gestion publique des disputes démocratiques et des intérêts contradictoires qui ne se dissoudront pas dans les pratiques, communales ou non, par la démocratie directe ou représentative. Sans oublier que l'épaisseur propre du politique (de l'organisation citoyenne) n'est ni réductible au social (dans ses multiples dimensions) ou à une autre définition. Les êtres humains ne sont pas et ne seront pas seulement des producteurs et des productrices associé-e-s, au moins à l'horizon de pensable. Il convient donc de discuter à la fois de cela et des tensions générées par le double « statut » de producteur/productrice et de citoyen-ne. Les propositions présentées dans ce livre sont de ce point de vue à prendre en compte, comme les débats sur la double chambre de la Pologne de Solidarnosc, la place des élections générales dans le Nicaragua du FSLN, les expériences zapatistes, par exemple.
Les réflexions proposées autour d'alternatives à l'Etat-nation sont indispensables. Quelques pistes semblent tracées, comme en pointillés. Mais ici encore, le « confédéralisme démocratique » ne peut être celui de petites entités communales, L'autonomie culturelle et la démocratie directe revendiquée nécessitent des institutions adéquates – territoriale ou non – à tous les niveaux des sociétés. (En complément possible : Avant-propos à la réédition de l'ouvrage d'Otto Bauer : La question des nationalités à paraître prochainement sur le blog).
De multiples informations sont aussi présentes sur les liens historiques et sociaux existant entre les peuples du Moyen-Orient, le dépeçage de l'empire ottoman et la partition des territoires en Etats nationaux, la négation des réalités des minorités, l'usages et l'interdictions des langues ou de pratiques religieuses, la confessionnalisation institutionnelle, les confiscations autoritaires des pouvoirs, la société « politisée, réflexive, consciente et active »…
Je souligne la partie sur les femmes, leur place sociale entre « traditions » et auto-émancipation, entre assignation – religieuse ou non – et auto-gouvernance, les femmes armées et les unités féminines de défense, les organisations de femmes et leur droit de veto à l'égard de décisions, les liens entre les différentes formes d'oppression et les principes d'organisation hégémonique des cadres étatiques, « Il est très important que les femmes disposent de leurs propres temps et lieu pour travailler, pour se réunir, pour lutter », la politisation de la société au plan global « espace public et privé », la dégradation de l'être humain au rang de propriété d'autrui, le sexisme, la culture du viol, « Aucune société ne peut parvenir à une véritable liberté sans se confronter au fait historique et sociétal. Dans la civilisation actuelle, la question des femmes est au coeur de tous les problèmes sociaux »
Un ouvrage pour nourrir les échanges, développer des actions de solidarités, fournir des inspirations à d'autres mobilisation,s même si comme l'écrivent Stephen Bouquin, Mireille Court et Chris Den Hond « Nous aurions aimé rassembler davantage d'informations sur l'expérience d'autogouvernement, sur l'acquisition d'une condition égalitaire pour les femmes et sur la réalité d'une administration « post-nationale » ».
Lien : https://entreleslignesentrel..
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Hardiviller
  08 juillet 2017
La préface de ce livre est de Michael Löwy et il explique : L'opinion occidentale a pris connaissance de l'existence du Rojava en 2014 lors de la bataille de kobané , quand les combattantes et combattants des YPG et YPJ ont réussi ce que l'armée du dictateur Assad ou celle du gouvernement irakien , avec leurs soutiens russes ou américains n'ont pas pu : infliger une défaite politique et militaire à Daesch . Les photos des miliciennes kurdes fusil au poing , dans la première ligne de combat contre le fascisme " islamiste " , ont fait le tour du monde , révélant à des lecteurs surpris et étonnés une expérience singulière : LE ROJAVA LIBERTAIRE .
Pour ceux que ce sujet intéresserait , le texte intégral de cette préface est en libre disposition sur le blog de Michael Löwy et est paru sur le site de MEDIAPART le 8 juillet 2017 .
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ErnestLONDON
  08 novembre 2017
Le Rojava libertaire tente de rassembler, par une auto-organisation communautaire d'en bas, les populations kurdes, arabes, assyriennes, yézédies, dans une confédération laïque, au-delà du sectarisme religieux et des haines nationalistes; de mettre l'écologie et le féminisme au coeur d'un projet anti-nationaliste, antipatriarcal et anti-étatique; d'impulser l'égalité entre hommes et femmes par la coprésidence de toutes les instances, et la création d'une force armée composée de femmes; d'inventer une forme de pouvoir politique démocratique décentralisé, basé sur les assemblée communales, au-delà de l'État : le confédéralisme démocratique.
(...)
Comme on peut le voir, la révolution kurde dépasse largement la question nationaliste. le paradigme qu'elle propose pourrait contaminer le Moyen-Orient et bien au-delà, à condition de l'entendre. Cet ouvrage contribue à en faire comprendre les enjeux. À l'instar des zapatistes du Chiapas il y a 20 ans, les kurdes nous tendent une perche.
Article (très) complet en suivant le lien.
Lien : https://bibliothequefahrenhe..
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
ErnestLONDONErnestLONDON   08 novembre 2017
Les valeurs morales, qui étaient matriarcales, furent éliminées au prétextes d’être « primitives ». Le collectif fut subsumé par l’individu. L’économie basée sur le partage et la nécessité fut remplacée par une économie d’exploitation. Le surplus créé par le travail fut monopolisé et la propriété fut créée à partir du surplus. Pour la première fois, les communautés eurent affaire à la hiérarchie, au capital et à l’exploitation.
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dede   03 mai 2017
Le socialisme requiert des instruments socialistes : la démocratie totale à tous les niveaux et l’intégration de la lutte écologique, celle des femmes, la lutte pour les droits de l’homme et des mécanismes d’autodéfense de la société
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dede   03 mai 2017
Nous aurions aimé rassembler davantage d’informations sur l’expérience d’autogouvernement, sur l’acquisition d’une condition égalitaire pour les femmes et sur la réalité d’une administration « post-nationale »
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ErnestLONDONErnestLONDON   08 novembre 2017
Le mâle est un système. Le mâle est devenu un État et s’est mué en culture dominante. Oppression de classe et oppression sexuelle se développent mutuellement. La masculinité a généré la gouvernance du genre, de classe et étatique. Quand l’homme est analysé dans ce contexte, il est évident que la masculinité doit disparaître. En effet, annihiler le mâle dominant est en quelque sorte le principe de base du socialisme. Annihiler le pouvoir signifie tuer la domination unilatérale, l’inégalité et l’intolérance. Et c’est à partir de là, aussi annihiler le fascisme, la dictature et le despotisme. (Abdullah Öcalan)
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dede   03 mai 2017
comment passer de cet échelon local à la gestion démocratique d’une région ou d’un pays (qui ne peut pas être une simple « coordination » entre localités) ?
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