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Anonyme (Traducteur)
ISBN : 2355840431
Éditeur : Sonatine (03/06/2010)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 2107 notes)
Résumé :
Déjanté, décomplexé, survitaminé, fantastique, horrifique, irrévérencieux, gore, brillant, le cocktail que vous réserve le Bourbon Kid et toute sa clique est si bien frappé qu'il ne pourra pas vous laisser indifférent. Ce roman, premier d'une série qui jamais ne s'essouffle, est inclassable et son auteur toujours aussi mystérieux. Il a cependant réussi à fédérer autour de lui une communauté de mordus qui attendent ses romans comme autant de chapitres d'un nouvel éva... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (439) Voir plus Ajouter une critique
Hugo
  17 avril 2012
Moi vous savez, j'aime bien les histoires tordues, et plus elles sont tordues plus je prends mon pied…
Avant toute chose, si tu es quelqu‘un de trop sérieux, trop terre à terre, un peu « cureton » sur les bords, si tu pratiques encore le « baise main », que tu te formalises pour un tas de trucs dont tout le monde se branle, bref si tu es un emmerdeur , que tu rougis encore quand on parle de cul, que tu n'as n'a jamais osé dire merde à maman , pire que tu pratiques encore le vouvoiement sur internet : alors il serait préférable, voir très judicieux de virer ton « cul bénit » de ma critique parce que pour comprendre le « Livre San nom », il faut savoir tutoyer le second degré…
Je ne te parle pas des petites blagounettes que tu pourrais raconter à la secrétaire le lundi matin, si fier de ton humour déluré… Non là on plonge des les abysses de l'humour noir, de la décadence, du grand n'importe quoi et de la série B avec un grand B… Références non cachées à Tarentino, Rodriguez, voir les frères Cohen… (Clin d'oeil à Lehane-fan et sa critique précédente)
Imagine le trou du cul de l'enfer : « Santa Mondega »… Rempli des pires raclures de l'humanité aussi ouf que peuvent l'être les pires raclures de l'humanité…
Là-bas on ne fait pas l'amour avec sa petite femme, non m'sieur, désolé ma p'tite dame : las bas on pilonne à tout va… personne connait le missionnaire, tout le monde pratique la levrette…
Là-bas on ne fait pas de constats à l'amiable, les petites bagarres à "l'eau de rose" n'existent pas… non là-bas ils explosent des têtes, ils démembrent, ils évident, ils répandent de l'hémoglobine sur le sol, les murs et le plafond…
Là-bas, c'est jamais calme, tout le monde crève avec brutalité, rarement très vieux, toujours dans d'atroces souffrances aussi improbables soient-elles…
Là-bas il y toujours plus taré et plus balèze que toi, d'ailleurs s'il te manque juste un ou deux membres, que ton sang ne dégouline pas par tous tes orifices existants (ou pas) : c'est que tu es un p'tit veinard... enfin si tu étais un gros dur tu serais déjà mort, finalement dans ce bouquin il vaut mieux être une fillette...Je dis ça pour ton bien et celui de tes orifices hein...
Là-bas il se passe des choses pas très catholiques, avec des gens pas trop portés sur l'eau bénite si tu vois ce que je veux dire…
En fait là-bas, c'est le pays du second degré, de la violence gratuite, du malsain gentillet qui fait marrer, ça se prend pas du tout au sérieux, ce n'est jamais vraiment glauque, c'est juste d'une vulgarité « sans nom »… tellement jouissif et addictif qu'on en redemande…
En résumé, soit tu fais partie de la catégorie des mecs tranquillou, des winner de seconde zone comme moi (Brad Pitt étant un winner de première zone...), dans ce cas précis tu vas t'éclater la rate... passe donc au « Tapioca », c'est un petit rad du coin... demande à « Sanchez » un petit verre d'eau fraiche et dis lui que c'est Hugo qui régale….
Soit tu fais partie de la catégorie des gens sérieux, un peu coincés, pas très rigolos et finalement très ennuyeux, dans ce cas précis oublie le « Livre sans Nom », oublie ce que je viens d'écrire mais bonne bourre quand même…

Au nom du père du fils et du saint esprit…Même si c'est pas très « sein » tout ça…(jeu de mot)
Amen les copain
Fin (peut-être…)
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Gwen21
  26 août 2015
Je n'irai pas par quatre chemins : j'ai adoré.
Tout simplement.
A-DO-RÉ.
Je me suis fendu la poire, je me suis marrée alors même que ça trucidait dans tous les coins, que des litres d'hémoglobine se déversaient dans des bars aux allures de saloons ; j'ai pensé "super, bien envoyé" quand une femme se faisait traitée de pute par le premier salaud venu, bref, j'ai lu "Le livre sans nom" qui non seulement n'a ni nom ni auteur mais n'a aussi aucune catégorie dans laquelle il puisse être classé. Et, j'ai envie de dire : TANT MIEUX. Tant mieux si, pour une fois, on n'arrive pas à classer un bouquin dans un rayon, à sa place, dans sa case ; tant mieux si, pour une fois, un bouquin nous sort de notre zone de confort tout en nous faisant nous sentir bien. C'est de la déconne, c'est du quinzième degré, c'est du Tarantino, du Grand N'imp', c'est du rire en barres et de l'humour noir en lingots. Oui, c'est violent, sanglant, vulgaire et tout ce qu'on veut mais c'est drôle. Et rire, qu'est-ce que ça fait du bien !
Déconcertant, réjouissant, tordant et pourtant, tellement bien ficelé, pas mal écrit du tout, très très bien rythmé et méchamment déjanté. Tout commence comme une parodie et tout finit comme... Nan, je vais pas vous le raconter, vous avez qu'à le lire et puis c'est tout.

Challenge de lecture 2015 - Un livre avec de la magie
Challenge PAVES 2015 - 2016
Challenge ABC 2014 - 2015
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sandrine57
  25 mai 2018
Ne cherchez pas des informations sur Santa Mondega, il n'y en a pas ! Ne cherchez même pas la ville sur une carte, elle n'existe pas ! Pour le reste du monde Santa Mondega est un lieu maudit dont on ne parle pas, auquel on évite de penser. Pourtant, il s'en passe des choses à Santa Mondega ! Outre les viols, vols, passages à tabac et meurtres courants, la ville a connu un véritable bain de sang, il y a cinq ans de cela, lorsque le Bourbon Kid a décimé une bonne partie de la population, juste parce qu'il ne tient pas l'alcool. Sanchez, le patron du mal famé Tapioca, pourrait en témoigner s'il parlait à la police. Mais il se tait et garde en mémoire la voix rocailleuse et la dégaine effrayante du tueur. Et aussi Jessica, la bombasse qu'il a sauvée de la rage du Kid et qui depuis est plongée dans le coma. de vieux souvenirs ravivés par des signes qui ne trompent pas : deux moines viennent d'arriver en ville, une éclipse solaire est annoncée, des morts violentes ont lieu. Pas de doute, le Bourbon Kid est en ville. Il veut récupérer l'Oeil de lune, une précieuse pierre bleu, objet de toutes les convoitises et sans doute achever Jessica, miraculeusement sortie du coma mais malheureusement amnésique. La tension monte, la population se prépare au pire mais pour une fois, le gouvernement a décidé d'intervenir. Un agent spécialiste du surnaturel a été dépêché en ville. Il va faire équipe avec un vieux flic mis sous la touche et obsédé par le Bourbon Kid. Pourront-ils empêcher le massacre annoncé ?
Dans le livre sans nom, on trouve tout et n'importe quoi. En vrac, dans le désordre, et sûrement avec des oublis : des tueurs à gages, des chasseurs de primes dont un envoyé par Dieu himself, des zombies, des loups-garous, des vampires, un sosie d'Elvis, un couple d'amoureux, des moines naïfs mais doués pour les arts martiaux, des flics, incompétents pour la plupart, une amnésique aussi sexy qu'indestructible, une pierre précieuse, une valise grosse de 100000 dollars mais aussi des flingues comme s'il en pleuvait, des litres et des litres de sang et des noms d'oiseaux qui fusent. Ce melting-pot foisonnant, qu'il faut prendre au minimum au troisième degré, donne un roman qui tient du western, du polar, de la fantasy, de gore, etc. et surtout qui vaut le détour pour sa grosse dose d'humour, d'absurde, de surenchère dans la violence et la vulgarité. Mélange de Il était une fois dans l'Ouest, Men in black et autres films cultes, le livre sans nom fait du bien parce qu'on rit, on jubile, on ne réfléchit plus, on se laisse porter par les évènements sans se prendre la tête. Vivement la suite !
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CasusBelli
  24 juin 2019
Attention pépite !
C'est une veille sur Babélio qui m'aura fait découvrir le "Bourbon Kid" ainsi que la lecture de quelques critiques qui donnaient bien envie.
En passant, spéciale dédicace à Hugo : A la lecture de ta critique je m'attendais franchement à bien pire que ça, genre carré blanc et interdit aux moins de 21 ans, on en est quand même loin, ça se lit très bien ;)
Tout d'abord j'ai tout aimé dans ce livre, tout ! Scénario, humour, intrigue et action, tout est parfait.
Si vous avez quelques (nombreuses de préférence) références cinématographiques, ce sera un "plus" pour apprécier davantage ce bouquin qui sort vraiment de l'ordinaire car ce qui frappe dès les premières scènes, c'est qu'on a l'impression de rentrer dans un film de Tarentino.
Tout au long du récit on va retrouver des clins d'oeils très appuyés à de nombreux films du genre "trash", dont je ne ferai pas la liste ici ; d'ailleurs pour ma part, ça m'a furieusement évoqué "Sin city" en terme d'atmosphère, film qui n'est bizarrement pas cité, va comprendre Charles...
Il y a longtemps, depuis Pratchett en fait, que je n'avais pas éclaté de rire en cours de lecture, le genre "barre de rire" qui vous secoue pendant une ou deux minutes sans espoir de retour, avec effets rétro-actifs garantis pour se marrer encore après coup, ah que ça fait du bien :)
La magie de ce bouquin, c'est qu'on a déjà vu toutes ces scènes un jour où l'autre pour peu qu'on ait une télévision ou un cinéma dans son quartier (et quelques références aussi bien sûr, quoique... ça doit marcher aussi si on n'en a pas).
On connait tous ces personnages, les vamps, le flic, les différentes catégories de méchants, les experts en baston et autres arts martiaux, les quelques catégories de spéciaux aussi (vampires et autres), ils ont cette note particulière qui n'appartient qu'à un certain univers particulier, pas à tous les films mais à certains seulement (j'espère que j'arrive à faire passer mon ressenti).
Pour la partie un peu trash, bon c'est parfois assez spectaculaire il est vrai, mais moins gratuit ou glauque que dans certains thrillers ; là on a toujours cette note "movies" (les images en moins) qui garantit qu'on ne fera pas de cauchemars, vous pouvez me croire, je ne suis pas fan de "gore".
Côté écriture nous avons des chapitres assez courts, comme des scènes, ça permet une immersion rapide et un enchaînement impeccable, j'adore !
Côté personnages ils sont nombreux, remarquez que, vu leur espérance de vie cela vaut mieux ;)
Côté contexte, Santa Mondega ne ressemble à rien de ce que vous connaissez, mais si vous avez vu "Sin city", je dirais qu'on s'en approche beaucoup.
Et enfin côté scénario ça tient la route, je classerais cette histoire en fantastique sans hésiter, la pierre de la lune à été volée et l'éclipse totale qui approche permettra au détenteur de la dite pierre de...
Bon, je ne vais pas en dire beaucoup plus car ça commence à faire long, je vais donc remercier cet "Anonyme" pour ce très bon moment de lecture et enchaîner sur le tome deux sans tarder, c'est à dire là tout de suite.
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Nyxlapolicecomicsansms
  16 juin 2013
Le livre sans nom c'est un peu comme l'alcool. On se lance par curiosité, bien souvent après en avoir longuement entendu parler. On vide chapitres après chapitres, jusqu'à atteindre la plus complète euphorie et le lendemain, on essuie sa première "gueule de papier".
Avec joie toutefois car les effets secondaires ne sont pas les mêmes (s'il vous manquait une preuve de la suprématie du livre, la voilà). Ici en effet, le réveil n'est douloureux que si l'on n'a pas songé à acheter – ou emprunter – le deuxième tome. Pas de soif extrême non plus (si ce n'est celle d'en savoir plus !), de nausée ou encore de migraine, simplement ce maudit plaisir coupable.
Coupable car le livre sans nom est loin – très loin – du chef d'oeuvre mais que, pour autant, on passe un excellent moment en sa compagnie, si tant est du moins que l'on soit doté de second (voire troisième) degré.
Au fil des pages, l'auteur semble en effet échafauder une pastiche de série B et a constamment recours à la caricature. L'histoire par exemple, qui fait graviter policiers, mafieux, moines, serial killer (liste non exhaustive) autour d'une mystérieuse pierre à la valeur inestimable, parait on ne peut plus tirée par les cheveux. le réalisme cohabite en fait ici avec l'irrationnel, l'humour avec le gore, la mort avec la fantaisie etc. Cette surenchère tant parodique qu'oxymorique permet à mon sens d'aviser le lecteur de la tonalité décomplexée du Livre sans nom, où entre autres choses, vous pourrez voir Batman servir un verre à un membre du groupe Kiss sans vous offusquer le moins du monde du caractère quelque peu invraisemblable de la scène.
Outre cette liberté absolue – et jubilatoire ! –, le point fort du roman réside dans son rythme hautement soutenu. Chaque chapitre repose en effet sur une dynamique effrénée – chaque page recèle son lot de surprises – et voit les morts se succéder comme seul Battle Royale a su le faire jusqu'ici – à ma connaissance. L'angoisse est toutefois ici inexistante tant le livre sans nom regorge d'intrigues surréalistes qui enrayent toute identification. Résolument "tarantinesque", ce thriller est donc un condensé de violence (boyaux, cervelles et sang à gogo) que l'humour, l'extravagance et les divers clins d'oeil de l'auteur (Seven, Usual Suspects, L'armée des 12 singes etc) atténuent inexorablement.
J'ai également apprécié la galerie – haute en couleurs – de personnages (des filles badass au mystérieux homme dont le visage est dissimulé par une capuche en passant par le Seigneur des Ténèbres ou encore les chasseurs de primes...) tous plus stéréotypés les uns que les autres, certes – mais là encore à des fins humoristiques – car j'ai trouvé qu'aucun d'entre eux n'était totalement blanc comme neige, or, vous le savez sans doute maintenant à force de me lire, j'ai horreur des visions manichéennes. Je pense toutefois que leur caractère respectif combiné à leur prénom éminemment cliché (Elvis, Rodéo Rex etc) agaceront les lecteurs anti "too much". Pour ma part, j'ai supposé qu'ils permettaient avant tout la mémorisation et ainsi, de mieux se repérer entre tous les personnages.
Si le style quant à lui n'est pas sensationnel, il a au moins le mérite de rendre compte d'une ville qui n'existe pas (Santa Mondega) et plus spécifiquement de l'atmosphère qui règne dans ce trou paumé d'Amérique du Sud à merveille. L'auteur a en effet une écriture très visuelle qui rappelle assez, en cela, celle des storyboards. Son style, court et incisif, retranscrit si minutieusement les décors (bars, carnaval etc) et l'ambiance singulière qui hantent le roman qu'on finit par fermer celui-ci avec l'impression d'avoir regardé un DVD. L'auteur n'a donc certes pas la plume de Marguerite Yourcenar mais il a assurément celle d'un metteur en scène ce qui, au demeurant, explique sans doute les rumeurs selon lesquelles Tarantino en serait l'auteur.
Mon principal bémol est d'ailleurs étroitement lié à cette supposition : certains passages du Livre sans nom sont en effet clairement inspirés de longs-métrages (Desperado et El Mariachi, pour ne citer qu'eux) et, si pour ma part je ne crie pas au plagiat car ce roman hybride est à mes yeux une parodie de tous ces films, il était toutefois très déstabilisant – éthiquement – de lire des scènes tout à fait (ou presque) identiques à ces films ou encore de suivre les aventures d'un couple (Dante et Kacy) me rappelant étrangement celui de Pulp Fiction. Si ces scènes peuvent bien sûr faire office de clins d'oeil supplémentaires, leur inspiration demeure pour moi discutable.
Dernier hic enfin, les relations entre les hommes et les femmes dans le roman. Avant tout, je tiens toutefois à préciser que j'ai conscience de l'absurdité de ma remarque à venir, au vu de l'univers que j'ai dépeint jusqu'ici – à savoir une ambiance western très caricaturale et donc, assez logiquement sexiste –, mais (c'est plus fort que moi !), même quand cela va contre la logique, je ne peux me résoudre à refréner cet élan de féminisme qui comprime ma poitrine (et me fait râler) chaque fois que je vois les femmes réduites au statut habituel de partenaire soumise (Kacy) ou de femme fatale et objet (Jessica).
En résumé, un melting-pot complètement barré, à des années lumières des proses les plus estimables mais très distrayant !
Plus de détails (mes rubriques "n'hésitez pas si ; fuyez si ; le petit plus ; le conseil (in)utile, en savoir plus sur l'auteur") en cliquant sur le lien ci-dessous.
Lien : http://blopblopblopblopblopb..
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critiques presse (1)
Elbakin.net   20 août 2015
Deux flics très spéciaux, des barons du crime, des moines férus d’arts martiaux, une pierre précieuse à la valeur inestimable, un massacre dans un monastère isolé, quelques clins d’oeils à Seven et à The Ring, et voilà le thriller le plus rock’n’roll et le plus jubilatoire de l’année !
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (123) Voir plus Ajouter une citation
BelledandieBelledandie   10 juillet 2019
Le bourbon kid tue tout le monde. Il suffit d'un verre, et il pète un câble. On raconte que c'est le bourbon qui lui donne cette force surhumaine. À chaque fois qu'il en boit un verre, il bute tous les enculés qui se trouvent dans le bar où il est, jusqu'au dernier.
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AproposdelivresAproposdelivres   24 janvier 2011
Sanchez avait horreur que des inconnus entrent dans son bar. En fait, il détestait également les habitués, mais il les accueillait tout simplement parce qu'il avait peur d'eux. Éconduire un habitué, ce serait signer son propre arrêt de mort. Les criminels qui fréquentaient le Tapioca étaient toujours à l'affût de la moindre occasion d'y prouver ce qu'ils valaient, parce que c'était le plus sûr moyen d'acquérir une renommée, jusqu'au sommet de la hiérarchie du monde du crime.

Le Tapioca était un bar qui avait vraiment du caractère. Ses murs étaient jaunes, et pas d'un jaune agréable : plutôt un jaunâtre de fumée de cigarette. Rien d'étonnant à cela : l'une des nombreuses règles tacites du Tapioca était l'obligation, pour l'ensemble de la clientèle, de fumer. Cigares, pipes, cigarettes, joints, narguilés, cigarillos, bangs, tout était autorisé, excepté ne pas fumer. Ne pas fumer était tout à fait inacceptable. Le fait de ne pas boire de l'alcool était aussi considéré comme un péché, mais le plus grand des péchés, c'était d'être un inconnu dans ses lieux. Dans ce bar, personne n'aimait les inconnus. Les inconnus n'apportaient que des problèmes. On ne pouvait pas se fier à eux.
Aussi, lorsqu'un homme, vêtu d'une longue cape, capuche rabattue sur la tête, entra et s'assit sur un tabouret de bois au bar, Sanchez eut la certitude qu'il ne ressortirait pas en un seul morceau.
La vingtaine d'habitués attablés cessèrent leur conversation et toisèrent longuement l'homme encapuchonné assis au bar. Sanchez remarqua qu'ils s'étaient également arrêtés de boire. C'était mauvais signe. S'il y avait eu une musique d'ambiance, elle se serait sûrement interrompue dès l'entrée de l'inconnu. Le seul son audible était à présent le bourdonnement continuel du gros ventilateur fixé au plafond.

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LuniverLuniver   24 juin 2013
« Nous avons un cadavre, lieutenant, répondit-il. Une femme d'une soixantaine d'années. Sa tête est plantée à une patère derrière la porte, et le reste du corps est assis sur une chaise, face à une table. On a toujours pas retrouvé les yeux et la langue.
— Des pistes ? »
Borthwick se redresse.
« Ouais, répondit-il d'un ton las. On a un témoin qui prétend avoir vu Freddy Krueger sortir de la roulotte en courant, ce matin. D'après elle, il serait parti au volant d'une Porsche métallisée. Mais on a pas de numéro de plaque minéralogique.
— Freddy Krueger ? répéta Scraggs, interdit.
— C'est un déguisement, lieutenant. C'est la Fête de la Lune, vous savez ? »
[...]
« Rien d'autre? demanda-t-il, grimaçant à la vue de la tête empalée derrière la porte.
— Si, j'ai ma petite théorie, lieutenant. »
Scraggs porta un regard étonné sur Diesel Borthwick. Ce policier était réputé n'avoir tout juste qu'un demi-cerveau : il était tout à fait anormal de l'entendre émettre la moindre opinion ou suggestion.
« Vraiment ? Et quelle est-elle ? demanda Scraggs.
— Je pencherais pour la thèse du suicide, répondit Borthwick avec un sourire malicieux.
— Espèce d'imbécile. »
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WolandWoland   30 janvier 2015
[...] ... La matinée touchait à sa fin lorsque l'homme qu'on appelait Elvis pénétra triomphalement dans le Tapioca. Il se déplaçait comme s'il se déhanchait sur une scène au rythme de Suspicious Minds, et ce n'était pas exceptionnel : il marchait toujours de cette façon. C'était comme s'il portait un casque invisible qui lui passait ce morceau en continu dans les oreilles, encore et encore. Sanchez adorait ce mec, et le voir le transportait d'enthousiasme. Il n'en montrerait cependant rien. Ca aurait été très moyen de montrer à Elvis qu'il l'aimait à ce point. Elvis était bien trop cool, et il se serait fait un malin plaisir de ridiculiser le barman s'il s'était rendu compte que Sanchez, dans un sens, genre, enfin, vous voyez, l'idolâtrait.

Elvis était cool jusque dans sa façon de s'habiller. Enfin, pour une personne qui était toujours déguisée en Elvis Presley. Beaucoup estimaient que les sosies d'Elvis avaient l'air ridicule, qu'ils faisaient horriblement pitié, mais personne ne l'aurait pensé de lui. Ce type rappelait à tout le monde à quel point le King avait été cool, avant qu'il cesse de l'être.

En cette fin de matinée, Elvis portait un ensemble lilas. Le pantalon pattes d'éléphant était juste assez évasé, avec une rangée de pompons noirs courant sur l'extérieur de chaque jambe, et la veste était parfaitement ajustée, avec de larges revers noirs. La chemise légère était assortie aux revers et boutonnée à moitié, afin de découvrir une poitrine poilue et bronzée, sur laquelle pendait un gros médaillon d'or "TCB" ("Taking Care Of Business"), accroché à son cou par une lourde chaîne en or. Bien que cela eût pu paraître horriblement kitsch aux yeux de certains, Sanchez trouvait au contraire ce médaillon très cool. Elvis avait de longues rouflaquettes et une chevelure noire très épaisse, qui aurait nécessité alors une visite chez le coiffeur. Pour couronner le tout, il portait toujours une paire de lunettes de soleil avec une monture en or, reconnaissables entre toutes. Il ne les retira même pas en s'asseyant au bar pour parler affaires avec Sanchez. ... [...]
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SatineSatine   31 août 2011
Discussion entre les deux moines d’Hurbal Kyle et Peto qui vient de livrer un combat contre Rodeo Rex le roi de l’arène :
« Apparemment, Rex a sciemment bridé la force de son coup de poing pour s’assurer qu’il ne casserait aucune de tes dents. C’est plutôt gentil de sa part, tu ne trouves pas ? demanda Kyle.
- Oh, qu’est-ce que c’est sympa, il a bien mérité qu’on lui offre à boire ! Putain de merde, ma tête. Merde. rétorqua Peto .
-Pourrais-tu cesser d’être grossier, s’il te plaît Peto ? Il ne me semble pas nécessaire de parler ainsi.
- Bien sûr. Demande un peu à Rodeo Rex de te mettre un putain de pain dans la gueule. On verra quel effet ça te fait, ducon. »

Un autre extrait à propos du « livre sans nom » qui est un indice important à l’enquête. Il débute ainsi :
« Cher lecteur, seuls les cœurs purs sont dignes de contempler les pages de ce livre. Chaque page que vous tournez, chaque chapitre que vous lirez vous rapprochera un peu plus de la fin. Tous n’y arriveront pas. Les nombreuses histoires et les nombreux styles sont susceptibles d’éblouir et de confondre. Et, tandis que vous recherchez la vérité, elle ne cessera jamais d’être sous vos yeux. Les ténèbres viendront et, avec elles, un mal indicible. Et ceux qui auront lu le livre pourraient ne jamais revoir la lumière. »


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