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ISBN : 2359490125
Éditeur : Don Quichotte éditions (15/09/2011)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :

Condamné à mort en Israël en 1988, sur la base d'accusations selon lesquelles il aurait été gardien au camp de Treblinka, Demjanjuk a été acquitté en 1993 par la Cour suprême israélienne en raison de doutes sur son identité. De retour aux Etats-Unis, il fera l'objet d'un nouveau procès en 2001 pour avoir servi dans des camps, avant de se voir déchu de sa citoyenneté américaine. Auj... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
noann
  08 septembre 2011
Tout récemment, en mai 2011, le tribunal de Munich rendait un verdict très particulier. Un homme, John Demjanjuk, se voyait condamné à une peine de cinq ans de prison. La peine est immédiatement aménagée. L'inculpé ne retourne pas derrière les barreaux, en raison notamment de son âge. Il a 91 ans et est accusé de crimes effroyables, qu'il aurait commis il y a des dizaines d'années.
Mais qui est donc cet homme ? Son nom de baptême est Iwan Nikolajewitsch Demjajuk. Il est né le 3 avril 1920 en Ukraine, à Dubovi Macharynzi. Fils d'Olga Demjajuk et de … son mari (je vous fais grâce de ce nom à rallonge). Il a migré aux états-unis après la guerre, où il a fait oublier ses origines et son passé trouble, en se rangeant et en changeant de nom. Il se fait appeler John (quand même plus simple que Nikolajewitsch) . Aidé par l'expansion de l'industrie de l'automobile, il fait une carrière d'ouvrier. Mais le passé le rattrape à toute vitesse, cette période trouble de la seconde guerre. le gouvernement américain découvre qu'il a menti sur ses origines, et qu'il n'était peut-être pas la victime qu'il prétend être. Il se pourrait même que ce soit un bourreau, celui que l'on dénommait « Iwan le terrible », tortionnaire sans merci, responsable direct de la mort de 28.000 personnes !
Immédiatement après la guerre, les dignitaires nazis ont été jugés, et la plupart condamnés, au procès de Nuremberg. Les années qui suivirent furent celles de la chasses aux « assassins de bureau », comme Eischmann, condamné à mort en 1961 en Israël. Ensuite les sous-fifres ont été traqués. Enfin ce fut la chasse aux exécutants, ceux sans qui, comme le rappelle justement l'auteur, le génocide n'aurait pas eu une telle ampleur. C'est là que John Demjajuk apparait. Il était à Trablinka et Sobibor. Mais bien qu'il clame son innocence et prétende obstinément avoir été un simple détenu, des informations sont remises à jour. Notamment, une carte d'identité, dite « Trawniki », délivrée aux gardiens de camp. le gouvernement russe donne une copie de ladite carte. Demjajuk a des défenseurs. Certains voudraient expédier ces vieilles histoires, comme les élus républicains. D'autres, comme les lobbies ukrainiens, dénoncent une manoeuvre du gouvernement russe pour discréditer leur ennemi héréditaire, l'Ukraine. L'affaire n'est décidément pas simple. le temps a effectué son travail de sape, et même les derniers rares survivants ne sont plus sûrs de rien.
Commence alors un long travail de recherche, mené de prime abord par l'Osi, agence créée pour résoudre ce genre de question. Au terme d'années de procédure, la justice américaine se déclare incompétente pour juger un crime commis en Europe. Néanmoins, John sera déchu de se nationalité américaine pour fausse déclaration, et sera extradé vers Israël. En Israël commence alors un autre procès. Demjajuk sera d'abord condamné, avant d'être acquitté, en raison des doutes qui subsistent sur son identité. A nouveau extradé vers l'Allemagne, c'est finalement là qu'il sera condamné. Si ce procès tardif et en demi-teinte peut laisser perplexe, il est cependant instructif à différents titres.
Ce qui est emblématique dans ce cas-ci, et l'auteur le démontre fort bien, c'est qu'il est possible de dénoncer un crime longtemps après les faits, et d'effectuer un minutieux travail juridique en dépit du temps et des tensions de toute sortes, au niveau international. L'auteur nous conduit pas à pas dans le dédale de cette affaire, il en démontre les tenants et les résultats. Un livre passionnant, étayé d'éléments concrets, avec de nombreuses références en bas de page. Cependant, il se lit facilement, comme un roman, et le lecteur n'aura aucun mal à suivre. Il constitue sans nul doute un document historique important. L'auteur a publié de nombreux travaux de recherche sur l'Allemagne contemporaine. Il est connu en particulier pour son livre « J'étais garde du corps d'Hitler ».
Lien : http://livrogne.com/2011/09/..
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Litterature_et_Chocolat
  13 octobre 2011
Quand l'Allemagne tente de racheter ses fautes…
[...]
« Pouvez-vous imaginer un instant des Allemands se dirigeant vers vous et vous donnant l'ordre de venir avec eux ? Qui pourrait refuser cela ? Des Allemands qui vous offrent de collaborer, qui était en mesure de refuser cela ? C'était la guerre. ». Assénées par Iwan Demjanjuk à ses détracteurs, ces questions taraudent le lecteur tout au long du Dernier procès.
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Sur le champ judiciaire, la justice israélienne puis la justice allemande ont tranché : chaque maillon de la chaîne porte la responsabilité des actes commis et contre lesquels il ne s'est pas rebellé, et Iwan Demjanjuk est déclaré coupable. Accusé de complicité de crimes contre l'humanité et crimes de guerre, il n'échappera à la peine de mort en Israël qu'à la faveur du bénéfice du doute accordé lors de son procès en appel. Un tribunal allemand s'empare à son tour du dossier pour briser une règle tacite qui empêche l'Allemagne de juger les étrangers qui auraient collaboré avec les Nazis, et le condamne à cinq ans de prison pour complicité d'assassinat.
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Quant aux autres questionnements philosophiques ou moraux que suscite le livre… c'est au lecteur que revient le soin de trouver des éléments de réponse. Ayant pris le parti de proposer un récit très factuel, Nicolas Bourcier laisse à chacun la liberté de se forger ses opinions sur les évènements qu'il relate et la signification qu'ils revêtent. A contrario, on peut regretter un manque d'analyse et de prise de recul face à des problématiques d'une telle ampleur : l'auteur aurait ainsi pu insister sur les ressemblances et divergences entre ce procès et ceux des autres criminels de guerre, tenter d'expliquer pourquoi certains trawnikis ne sont pas dans le box des accusés mais simples témoins au procès de Demjanjuk.
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Néanmoins l'essentiel est bien présent dans cet ouvrage : la traque interminable de tous les responsables, quels qu'ils soient, la volonté farouche de punir pour l'exemple à défaut de pouvoir juger tous les individus, la volonté de l'Allemagne de racheter ses fautes… le dernier procès marque les esprits longtemps après sa lecture, tant les problématiques qu'il soulève imprègnent encore notre société.
Lien : http://litteratureetchocolat..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Litterature_et_ChocolatLitterature_et_Chocolat   13 octobre 2011
La justice allemande vient de signifier aux générations futures que l’imprescriptibilité des crimes de masse était une réalité. Qu’une personne est responsable des ordres qu’elle exécute et que, tôt ou tard, même plusieurs dizaines d’années après, elle aura à en répondre. [...] Et peu importe si ce procès de Munich clôt l’histoire des châtiments d’après-guerre aux dépens d’un « exécutant médiocre ». Avec lui, les juges allemands ont montré que même au pays des bourreaux, le passé est en mesure de rattraper quiconque, où qu’il se trouve.
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Litterature_et_ChocolatLitterature_et_Chocolat   13 octobre 2011
« Pouvez-vous imaginer un instant des Allemands se dirigeant vers vous et vous donnant l’ordre de venir avec eux ? Qui pourrait refuser cela ? Des Allemands qui vous offrent de collaborer, qui était en mesure de refuser cela ? C’était la guerre. ».
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