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EAN : 9782264078421
216 pages
10-18 (04/11/2021)
3.89/5   14 notes
Résumé :
Que connaissez-vous de la plus grande épidémie de l'Histoire ?
1348. La peste ravage le royaume de France. Dans la ville du Puy, un homme est assassiné et son meurtre camouflé en perte de la Mort Noire.
Mais les cadavres mal enterrés trouvent toujours un moyen de refaire surface. Seize ans plus tard, alors qu'une deuxième vague de l'épidémie fauche à nouveau les vies, un mystérieux corbeau semble déterminé à rallumer le souvenir de l'homme aux cheveux ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
SZRAMOWO
  06 décembre 2021
Merci aux éditions Fleuve Noir pour ce roman de Laetitia Bourgeois, une autrice que je découvre avec grand plaisir.
Cette historienne de formation nous raconte en 176 pages, avec une précision rare et remarquable, ce qu'a pu être le retour à la vie autour du Puy en Velay après une épidémie de peste noire qui a touché la région en 1348 puis en 1361.
Une analyse très fine de ce qu'ont pu ressentir les autorités religieuses, les autorités civiles et les habitants en revivant 13 ans après le premier choc, un deuxième séisme sanitaire, jugé moins violent mais perçu encore plus comme une punition divine par certains, une aubaine pour d'autres en profitant pour régler des passifs non résolus, un casse-tête pour les responsables du maintien d'un ordre social et d'une solidarité nécessaire pour gérer les conséquences de l'épidémie.
On trouve dans les parties en présence, l'archevéché dont 3 représentants ont disparus qu'il a fallu remplacer en assurant la continuité de la présence religieuse dans la région.
Les bourgeois de la ville, commerçants, artisans, notaires, qui ont parfois profité de la situation pour forcer des héritages, supprimer des concurrences et s'assurer des monopoles juteux au détriment de la collectivité.
La force et la survenance inattendue de la peste a fait disparaitre les repères, les convenances et les relations policées qui prévalent en temps de paix sanitaire.
L'origine du mal est l'objet des hypothèses les plus folles ; les religieux vendent la thèse de la punition divine pour mieux contrôler la population, les autorités celles de la malveillance de certaines catégories, les accusations en sorcellerie fleurissent...
Tous s'accordent à dire qu'il convient de rétablir l'ordre, oui mais quel ordre, et au profit de qui. Les pouvoirs spirituel et temporel s'affrontent dans cette lutte.
Le roman est très bien documenté, et montre de façon crédible comment pouvaient vivre alors les habitants du Puy en Velay.
Nourritures, danses, cérémonies, superstitions et religion, pratiques médicinales, organisation de la Cité, guildes, sont mis en scène de façon précise et servent le récit.
Le thème principal du roman est l'enquête menée sur les conditions de la disparition en 1348, d'un clerc de notaire, Remey Passamar dit Tête de Paille, dont la mort est attribuée dans un premier temps à la peste.
Cela semble moins évident après que soient déliés les liens existants entre lui, ses biens et les membres de sa famille ou ce qu'il en reste après l'épidémie.
Le capitaine de la garde Dalmas Bouthéac doit faire face à la pénurie de moyens et au scepticisme de la population.
Déserté, l'hôpital est laissé aux mains de Louise, une religieuse active assistée de Beneyde, Blancha et Alays une novice dont l'arrivée au Puy est inexpliquée.
De son côté, Mareta Passamar la veuve de Remey essaie tant bien que mal avec l'aide de Maitre Chiselli le notaire devenu marchand en gros, de remettre son auberge à flot alors que le mal noir semble quitter la contrée.
L'auteure dépeint de magnifiques portraits de femmes seules dans l'adversité, confrontées à des hommes leur déniant toute autorité, mais bien décidées à s'affranchir des gouvernants de toute sorte qui ont fait preuve de leur défaillance face au danger.
Dans ce contexte tendu, s'il en était besoin, un corbeau va semer la zizanie dans la communauté.
Autre caractéristique du roman, un vocabulaire extrêmement précieux sur les plantes médicinales utilisées, des expressions à retenir comme "Le brin de paille qui brise le dos de la mule", des coutumes comme le culte de Saint Foutin dont on prélevait des copeaux du sexe sur la statue pour en faire des infusions destinées aux femmes infertiles...
Un roman de référence sur le Moyen-Âge mis en scène dans le cadre d'une enquête policière passionnante.
Laëtitia Bourgeois, une auteure à découvrir.
J'ai réalisé un quiz sur le vocabulaire du roman. A jouer pour les amateurs.
https://www.babelio.com/quiz/57425/Le-vocabulaire-medieval-de-Mort-Noire



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Commenter  J’apprécie          290
pchion
  18 novembre 2021
Ouf, enfin un nouveau livre de Laetitia Bourgeois, après de longues années de silence. J'espérais un peu retrouver le sergent Barthélémy et sa compagne Ysabellis, mais le dernier volume paru ne laissait pas vraiment présager d'une suite... C'est un nouveau personnage central que l'on trouve, "le capitaine", Bouthéac... A deux reprises, la bonne ville du Puy a dû affronter les assauts de la Peste Noire, et elle en sort bien meurtrie. Suite aux dénonciations répétées d'un "corbeau", il est clairement établi que l'une des victimes de l'épidémie de 1348, Remey, l'époux de l'aubergiste Mareta, n'a pas succombé aux terribles bubons, mais a été expédié volontairement de vie à trépas. Très rapidement, notre nouvel enquêteur s'aperçoit que le tempétueux Remey générait un véritable tourbillon autour de lui : jalousie, moeurs particulières, amitiés plus ou moins fidèles... Dès les premières pages, tout un écheveau de pistes se constitue.
Pour l'heur, je trouve que notre Capitaine n'a pas encore l'étoffe du Sergent Barthélémy, et que Louise, la directrice "intérimaire" de l'hospital n'a pas la carrure d'une Ysabellis... Mais il faut laisser du temps au temps, sans savoir d'ailleurs quelles sont les intentions de l'autrice à ce sujet.
Par contre, je retrouve le plaisir que j'ai lu à découvrir la série des aventures précédentes. Laetitia Bourgeois brosse un tableau détaillé de la période dans laquelle elle situe les péripéties de son roman, et cela est fait de manière très vivante, jamais lourde comme chez d'autres auteurs de romans historiques. Son intrigue est habilement ficelée, son style plaisant, et, surtout, ses personnages n'ont rien de super héros. Elle s'intéresse à la vie de tous les jours, et les gens qu'elles met en scène n'appartiennent pas à la couche la plus favorisée de la société. C'est une approche vraiment vivante et passionnante du Moyen-Âge... Un peu court peut-être ? Bref j'attends le prochain roman de cette autrice avec impatience.
[Dans ce commentaire, je m'essaie à employer le terme "autrice", mais j'avoue préférer nettement "auteure"...]
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Mady23
  12 janvier 2022
Au début, pas convaincue par l'écriture de l'autrice, et sceptique quant à la tournure qu'allaient prendre les événements, je ne m'attendais pas, finalement, à passer un super moment de lecture.

Et pourtant, passées les premières pages de mise en place du décor et de présentation des différents protagonistes, on rentre dans le coeur d'une enquête palpitante sur fond de tension née de la crainte de maladie.

L'ambiance du petit village en pleine période de crise sanitaire n'est pas sans rappeler celle du roman de Camus, (les références au contexte de la ww2 en moins).

En très peu de pages l'autrice arrive à présenter une intrigue qui se tient, et même si le roman ne se centre pas sur le développement des personnages secondaires au profit de l'enquête (car, oui, la progression se fait dans la résolution du mystère), l'autrice réussi tout de même à faire certains personnages centraux réalistes est approfondies auxquels le lecteur peut réellement s'attacher.


Pour résumé, une très bonne lecture d'une enquête maîtrisée qui prend place dans un contexte bien traité et que j'apprécie retrouver en littérature.
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sandycab
  07 décembre 2021
2021 nous avons le virus la Covid 19, en 1348 l'épidémie de peste ravage la France. Bon espérons que la Covid 19 ne durera pas aussi longtemps. Plus de 10 ans après l'épidémie une deuxième vague démarre dans la ville du Puy où le passé ressurgi avec des rancoeurs et des craintes. Les dénonciations multiples du corbeau vont mettre en lumière la disparition du clerc de notaire Tête de Paille en 1348 qui semblerait ne pas avoir succombé à la peste et pousser le capitaine a mené l'enquête.
Laetitia Bourgeois fait ressortir la lutte des pouvoirs entre individus (religieux, autorités) dans un environnement de suspicion, de croyances et surtout sous une tension électrique alors qu'ils sont d'accord pour rétablir l'ordre. Un roman historique où cette auteure détaille cette période particulière avec le fil conducteur de l'enquête.
Une belle découverte d'une auteure qui mettait méconnu.
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Linou26
  09 décembre 2021
Un thriller historique qui se lit d'une traite et qui permet de s'évader le temps de quelques pages à une autre époque.
Alors que la peste décime des villes entières, un mystérieux corbeau envoie des messages invitant le capitaine de la ville à ouvrir une enquête sur la mort d'un notable seize ans plus tôt lors de la première vague de la peste. L'ambiance est tendue, les langues sont liées, les gens méfiants mais pourtant il semblerait que des doutes planent sur cette mort mystérieuse - pourquoi a-t-il été arrêté juste avant sa mort ? Sa femme, qui lui est toujours restée fidèle, cache-t-elle quelque chose ?
L'enquête débute dans ce cadre particulier entouré de cadavres.
Laetitia Bourgeois nous livre un thriller coup de poing. Percutant, il nous emporte à une autre époque et très vite on se plonge dans cette atmosphère si particulière où la peste fait étrangement écho au Covid que nous vivons actuellement.
Court et rythmé, il se lit facilement et l'intrigue nous est dévoilée pièces par pièces.
Une lecture plaisante et c'est avec grand plaisir que je lirai la prochaine oeuvre de l'auteure...
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   15 novembre 2021
Les corps de toutes les tailles étaient alignés les uns contre les autres, sur un maigre lit de paille, à même le sol de l’église. La lumière dansante d’un unique cierge se reflétait sur le ruban de la gardienne, sur les linceuls cousus à longs points, tissus de lin, de chanvre et parfois même de jute, dont dépassaient occasionnellement un pied ou une touffe de cheveux. Le bourdon retentit douze fois. Un instant plus tard, la porte du clocher claqua et les pas du sonneur s’éloignèrent. L’église retomba dans le silence.
L’odeur de l’encens, luttant avec celle de la décomposition rendait l’atmosphère à peine respirable et la veilleuse remonta une fois de plus son chaperon sur le nez.
Au discret grincement de la porte latérale, elle se leva d’un bond. Un homme, le visage ombré par un large chapeau noir, referma derrière lui. La jeune femme avança à sa rencontre, naviguant entre les corps, enjambant ici un nourrisson aux yeux figés langé serré, là une gamine dont la tresse s’échappait d’un drap sale. L’homme n’avait pas bougé, jambes légèrement écartées, poings sur les hanches, expression indéchiffrable.
— Lequel est-ce ? interrogea-t-il.
La veilleuse désigna l’un des cadavres du doigt.
L’homme s’agenouilla, tira de sa ceinture un couteau de table et défit la couture.
— Hé ! protesta-t-elle.
— Je veux en être certain.
La femme recula, avec un petit claquement de langue. L’homme trancha les coutures du linceul à hauteur de la tête. Des cheveux clairs emmêlés dans des brins de paille émergèrent, puis des yeux grands ouverts sur des pupilles dilatées et un visage souillé d’une croûte de divers fluides à présent secs.
L’homme grimaça.
— Il n’a pas été lavé ?
— Il n’y a pas assez d’eau dans tout le Doleson pour laver les morts de chaque jour. Bien heureux qu’on puisse encore les enterrer.
L’homme regarda le visage figé un moment, semblant se remémorer quelque ancien souvenir, et il relâcha enfin une respiration longtemps retenue.
— Ils ont dit la peste ?
La fille désigna tous les cadavres qui les entouraient.
— Comme les autres. Même s’ils en trouvaient un avec un couteau dans le ventre, ils diraient encore que c’est la peste.
— Et ça pourrait même être vrai.
L’homme recouvrit le visage du mort et se redressa. Il fouilla dans son aumônière et en tira un sachet de la taille d’un poing d’enfant.
— Ton prix. Mais tu sais ce qui arrivera si tu parles.
— La peste ?
Le sourire de l’homme s’étira, menaçant.
— La peste.
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LeslivresdeNancyLeslivresdeNancy   11 décembre 2021
-Mareta, quelqu'un répand des rumeurs sur la mort de votre mari.
-Et...En quoi est-ce nouveau ? dit-elle doucement. Je suis veuve et je ne me suis pas remariée. Avec tout ce qu'on raconte sur moi, on pourrait écrire un livre, et un in-folio avec ça.
-Ce ne sont pas juste des histoires, Mareta. Ce sont des dénonciations. Des maléfices aussi.
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Vidéo de Laetitia Bourgeois
Salon du Livre médiéval de Bayeux - Laetitia Bourgeois .A l'occasion du Salon du Livre médiéval de Bayeux qui s'est déroulé les 6 et 7 juillet 2013, Laetitia Bourgeois vous présente son ouvrage "Les assiégés du mont Anis" aux éditions 10-18. http://www.mollat.com/livres/bourgeois-laetitia-les-assieges-mont-anis-9782264061218.html Notes de Musique : Brigitte Lesne - Qui Loiaument Sert S amie (Motet)
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