AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
>

Critique de Takalirsa


Ce recueil m'a été conseillé pendant un stage de lecture. La formatrice nous avait fait lire « Lucien », un texte surprenant qui m'avait séduite. Tout le livre est ainsi constitué de mini récits d'une page tour à tour absurdes (comme « Yuko Bello » qui demande à un chirurgien de lui tourner les yeux vers l'intérieur du crâne pour ne plus voir le monde « qui l'écoeurait », et « L'opération » où un chirurgien lance une nouvelle mode consistant à coudre la langue sur une aile du nez…) ou bien cruels (dans « Le trapèze volant », le partenaire a deux prothèses en forme de crochet à la place des mains…).

J'ai aimé l'humour noir de « Cache-Cache » (« J'avais compté jusqu'à dix et mon frère Paul était allé se cacher quelque part, dans notre grande maison. Aujourd'hui encore, je le cherche. ») et celui de « La baigneuse » qui se noie (« Les témoins du drame voulurent lui porter secours mais ils ne réussirent pas à se saisir d'elle à cause de l'huile solaire » dont elle s'est badigeonné le corps). J'ai trouvé très drôle la « Dépêche d'agence » dans laquelle un journaliste apprend qu'il est coincé dans un immeuble en flammes (« Il découvrit son nom dans la liste des rescapés. Tranquillisé, il se rassit à son bureau. »), tout comme « Les appareils » (« Tu glisses une pièce et tu entends par le haut-parleur des applaudissements suivis d'ovations. […] Un troisième type d'appareil fait déjà fureur. Celui-là donne l'air intelligent »).

J'ai trouvé « Le livre » très poétique, du moins au début. Il évoque le pouvoir d'évasion de la lecture, mais attention à ne pas rester enfermé dans la fiction ! Par contre pour les textes se référant à des oeuvres d'art, il faut avoir les références pour apprécier. de manière générale, ce recueil est très particulier et on peut vite se lasser. J'en retiendrai surtout l'ironie, comme dans « Planche de salut » où le narrateur constate que plein de choses tuent (l'alcool, la route, le cancer, la pollution, la haine…) sauf… la connerie et le ridicule (« Relevons la tête, il y a de l'espoir » !..). Ces textes sont en effet autant de situations mettant en exergue la stupidité des hommes. D'ailleurs « Le Créateur n'avait plus d'idée susceptible de sauver le monde. Et même pas l'envie d'en chercher une. » (« A sec »).
Commenter  J’apprécie          30



Ont apprécié cette critique (3)voir plus




{* *}