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EAN : 9782070379255
596 pages
Éditeur : Gallimard (22/04/1988)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 191 notes)
Résumé :
L'incendie du château de Fréteval rapproche Bernold, jeune maître verrier, et Isambour, brodeuse sur toile. Ils s'aiment. D'un amour tendre et passionné. Mais l'oncle de la jeune fille veut la marier au fils du meunier. Bernold enlève Isambour. Après ce rapt chevaleresque, il l'emmène à Blois et l'épouse. Roman de cet amour qui dure les vingt années que dure la vie du couple, Le Grand Feu est aussi celui de toute la société féodale du début du XIIe siècle. Aux alent... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  15 mars 2021
"L'amour était embrasement, combustion, anéantissement de soi dans l'autre, fusion..." le feu de l'amour aura brûlé pour Isambour et Bernold pendant toute leur vie conjugale, constituée de grands bonheurs mais aussi de terribles épreuves.
Tout comme dans la magnifique "Chambre des dames", Jeanne Bourin, spécialiste de l'époque médiévale, offre avec "Le Grand Feu" un roman flamboyant. Fin du XIème siècle, aux environs de Blois, la vie quotidienne de ce couple de bourgeois dévoile aux lecteurs l'univers recréé avec brio par l'auteure des moeurs féodales. Avec un art consommé de conteuse précise et spirituelle, Jeanne Bourin immerge totalement son lecteur, le fond entièrement dans la réalité de son récit où chaque personnage est travaillé, devient attachant ou repoussant mais est accepté avec ses tares et ses talents.
Bernold est maître verrier, Isambour est brodeuse de tapisserie, deux prétextes pour l'auteure de faire découvrir une fois de plus avec simplicité, naturel et admiration les métiers d'art du Moyen-Age, et de peindre le spectacle d'une société brillante, hygiéniste - contrairement à ce que l'on pourrait croire -, respectueuse des saisons et des dons de la nature, enfin férue d'arts - dont celui de soigner - et de lettres.
A travers la famille nombreuse et la parentèle de Bernold le Normand et d'Isambour la Blésoise, c'est une myriade de savoir-faire et de fonctions qui s'imbriquent les uns aux autres avec une cohérence stupéfiante nonobstant la violence et l'âpreté de la période. le rapport des hommes à la vie, fragilisée par la précarité, la maladie, l'insécurité et les dogmes, était bien sûr très différent du nôtre et faisait presque de la vie quotidienne une survie à laquelle chacun devait oeuvrer.
Avec un style remarquable qui n'appartient qu'à elle, Jeanne Bourin sait distiller les mots oubliés d'un lexique médiéval riche et coloré. de la cuisine à l'atelier en passant par le moulin ou les champs, elle joue de leur musique pour nous charmer et nous transporter à ses côtés dans ce temps à la fois rude et séduisant. Impossible de n'y pas succomber sans retenue.

Challenge PLUMES FEMININES 2021
Challenge XXème siècle 2021
Challenge COEUR d'ARTICHAUT 2021
Challenge PAVES 2021
Challenge MULTI-DEFIS 2021
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Nadouch
  17 février 2017
Le début du roman a tout pour plaire : un grand feu est décrit dans le détail, l'incendie vient troubler la paix d'un hameau dans les années 1100, faisant se rencontrer deux adolescentes et deux jeunes hommes. Quinze ans plus tard, l'une est mariée avec l'un, l'autre est "vieille" fille...
Roman sur le Moyen-âge, mais aussi et surtout roman d'amour, le grand feu est l'occasion pour l'auteur d'apporter un éclairage sur la vie quotidienne médiévale, par le biais de détails, de revoir l'image de la femme à cette époque (le personnage principal, Isambour, est une figure très forte et riche), mais aussi de tisser une intrigue amoureuse, avec l'abandon du foyer par le mari d'Isambour, et l'attente enamourée de cette dernière...
Bon, si l'ambiance m'a globalement plus, il faut reconnaître que tout ceci traîne en longueur, la vie de famille n'est pas trépidante. Ce qui m'a gênée, c'est le côté un peu mièvre de certains passages, car de roman d'amour on glisse vite à roman à l'eau de rose... Comme ce ne sont pas mes lectures habituelles, j'ai été un peu déstabilisée, et me suis un peu ennuyée par moments...
Néanmoins, les personnages sont consistants, et la vision sur le Moyen-âge intéressante, même si sûrement grandement idéalisée, c'est toujours un éclairage de plus !
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babounette
  31 mai 2009
Superbe! l'histoire d'Isambour brodeuse de toile et de Bernold maître verrier,dans la France du moyen-âge au carrefour de la métamorphose qui va transformer la société féodale. XIème - XIIème siècle.
A lire!!!!!!!
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babounette
  31 mai 2009
Merveilleux, splendide, se déroule au moyen-âge au tout début des changements qui vont transformer la société féodale. Une histoire d'amour, de foi de mort de vengeance et de liberté. L'histoire d'Isambour brodeuse de toile et Bernold, maitre verrier.
Je vous le conseille.
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dedanso
  23 août 2015
Ce roman, dont j'attendais beaucoup, m'aura finalement déçue. Et pourtant, pour être tout à fait honnête, il aurait pu mériter beaucoup plus. Mais que voulez-vous, on ne se refait pas et ma trop grande soif d'indépendance, mon esprit un poil fleur bleue et mon féminisme incontrôlé auront eu raison de cette lecture...
Au départ, tout y est : une description fidèle de la vie quotidienne dans un village blésois du XIIème siècle, Fréteval en l'occurrence, un amour impossible qui finit par braver les obstacles, des personnages poignants de réalisme, une intrigue sachant alterner actions et descriptions. Bref, tout ce qu'il faut pour être heureux. Un roman historique riche et entraînant, une plume juste. Pour tout cela le Grand Feu mérite bien son prix (Grand prix catholique de littérature en 1986).
Mais malheureusement pour moi (et là attention je vais spoiler!), un peu avant la moitié du roman, Bernold, le héros maître-verrier, s'enfuit avec la toute jeune promise de son fils, laissant sa femme Isambour, humiliée et déchirée, s'occuper seule des nombreux enfants et de la ferme pendant que monsieur batifole (tout cela va quand-même durer presque 2 ans). Puis monsieur revient par la force, il ignore Isambour qui fait fi de tout cela car bien-sûr, son amour est plus fort que tout! Non, je suis désolée mais là je n'ai pas pu continuer ma lecture, ma déception avait déjà propagé son poison sur toutes les autres pages. Je n'ai plus que survolé pour savoir comment tout cela allait se terminer...et j'ai bien fait car la fin est une apothéose en son genre : soumission définitive de la femme qui ne vit que pour et par son mari...
Si vous êtes plus rationnel que moi alors ce livre vous plaira sans nul doute!
Challenge Variétés 2015 : "un livre qui se passe dans votre ville".
Challenge ATOUT PRIX.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   15 mars 2021
L'automne et le début de l'hiver étaient donc de rudes saisons pour la maîtresse du Grand Feu qui ne disposait plus d'un instant de répit.
Elle se rendait à la resserre où elle rangeait avec l'aide de Margiste jarres d'huile, secs de farine, de haricots secs, de pois, de fèves, de lentilles, claies d'oignons et d'aulx, pots de grès contenant ses confitures à base de miel et le miel lui-même ; puis elle allait au fruitier où elle triait en compagnie de Sancie coings, nèfles, prunelles, châtaignes, cromes, baies d'églantiers, et autres fruits tardifs qui venaient s'ajouter sur les rayonnages de bois aux pommes, poires, noix, noisettes, cueillies à la fin de l'été.
Il lui fallait, comme d'habitude, surveiller la cuisson du pain, la fabrication du beurre et des fromages faits avec le lait de ses vaches ou de ses brebis, mais, en plus, présider à la salaison des poissons, des quartiers de viande, du lard qu'on ne fumerait pas sous le manteau de la cheminée. Elle aidait à la confection du boudin, des saucisses, des cervelas, des rillettes, des pâtés, qui nourriraient, avec le gibier et la volaille comme appoint, toute la maisonnée durant la mauvaise saison.
En plus de ce labeur de fourmi, Isambour devait aussi tenir les comptes des chats faits à l'extérieur : objets ménagers impossibles à façonner sur place, torches, chandelles, flambeaux, épices, sel, et, parfois, de la viande de boucherie.
Il lui fallait également veiller à ce que le chanvre et le lin fussent rouis, lavés, battus, tissés, à ce que les pièces d'étoffe obtenues après tissage fussent teintes grâce au vermillon, à la garance ou à la guède.
Elle était présente quand Bernarde, dont c'était aussi la charge, tannait les peaux qui serviraient ensuite à doubler manteaux et couvertures. Il lui arrivait souvent d'avoir à y mettre la main elle-même, tout comme sa servante.
Elle filait, cousait, brodait, essayait de terminer sa tapisserie, sans cesser pour autant d'avoir un oeil sur Doette, Aubin et Philippa auxquels il y avait tant à apprendre.
En outre, il ne lui était pas possible d'ignorer les travaux de jardinage effectués par Perrot au potager et au verger, ni la façon dont Constance nourrissait poules, chapons, oies, canards.
Mille petites choses venaient enfin d'ajouter à tant de tâches, comme la fabrication du savon, fait avec de l'huile extraite des pépins de raisin ou bien avec du suif et des cendres de hêtre, pour que ni l'étuve ni les cuveaux ne s'en trouvent dépourvus à l'heure des ablutions.
Faire régner l'ordre, la bonne entente, parmi les membres de la famille, des ouvriers de la verrerie et des domestiques, n'était pas non plus chose toujours aisée...
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ladesiderienneladesiderienne   10 novembre 2012
Défaits, les cheveux d'Isambour la recouvraient jusqu'aux genoux. Épais, bruns mais moirés de reflets de cuivre, ils lui composaient un manteau sauvage et soyeux qui enveloppait complétement son corps menu.
- Les hommes aiement ces chevelures foisonnantes, déclara Aubrée. La vôtre est fort belle. Le pelage de certaines martres du nord que porte la princesse Adèle est presque de la même nuance.
- Je ne sais pas si elle plaira à Bernold, dont je connais encore si mal les goûts, dit Isambour en rougissant une nouvelle fois, mais je la trouve bien lourde ! Il m'arrive d'avoir des maux de tête insupportables à cause du poids de mes nattes !
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Gwen21Gwen21   12 mars 2021
Une femme d'une cinquantaine d'années, toute en os, avec des cheveux gris clairsemés qui, sous un voile lie-de-vin, lui faisaient deux petites nattes maigrelettes, intervint à son tour. Elle ressemblait à une chèvre dont elle avait la face longue et étroite, la mâchoire inférieure pendante, la voix bêlante. Dans son visage ingrat, deux larges prunelles dorées, bombées, brillantes, accentuaient cette ressemblance.
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Gwen21Gwen21   11 mars 2021
- Par ma foi, c'est un drôle de temps, grommela Amalberge comme la voiture franchissait le pont de bois reliant les deux rives de la rivière. Je n'aime pas ces retours de la froidure... Il ne faudrait pas que les gelées tardives nous privent de prunes et de cerises, cette année.
- N'y a pas si gentil avril
Qui n'ait son chapeau de grésil ! chantonna Haguenier à mi-voix.
- Tant qu'on est en avril, les retours d'hiver sont à craindre, commenta Gerbaut-le-maisné. On fait trop confiance au printemps. Il n'est pas toujours bon bougre !
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Gwen21Gwen21   14 mars 2021
- Un homme restera toujours un homme, soupira Isambour. Corps et âme mêlés. C'est perdre son temps que de le nier. Il nous faut nous en accommoder et compter avec notre nature tout comme avec notre esprit... L'alliance de la bête et de l'ange. C'est là notre double héritage. Si nous ne voulons pas nous tromper gravement sur notre pauvre destinée, nous devons accepter ce constat et nous faire une raison.
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Régine Pernoud
- Régine PERNOUD, médiéviste : critique l'enseignement de l'histoire ; intérêt et exigences des études historiques. Evoque sa formation. Fait l'éloge du livre de Jeanne BOURIN "La chambre des dames". Considérations sur la culture orale ; la place des femmes au 12ème siècle ; l'histoire du droit qui la passionne. Parle de ses voyages et de son prochain livre sur le thème de la femme au...
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