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EAN : 9782253040620
223 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (14/10/2002)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 161 notes)
Résumé :
" Héloïse ! Une des créatures les plus extraordinaires de tous les temps !é On a pu l'appeler " la femme qui inventa l'amour " car elle se dresse comme une torche au seuil du siècle qui sut transmuer le sentiment amoureux en passion.

Née avec lui (1100 ou 1101), la belle étudiante du cloître Notre-Dame vécut totalement, dans sa chair, dans son âme, les enivrements et les déchirements d'une découverte superbe mais sulfureuse.

Elle allai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Ode
  06 août 2012
Peut-être avez-vous déjà eu l'occasion de contempler la tombe d'Héloïse et d'Abélard au Père-Lachaise ? Sous le magnifique toit ouvragé de leur mausolée, les deux gisants de pierre blanche dégagent une harmonie et un magnétisme difficiles à expliquer. Comme si leur amour, réuni par la mort, flottait encore autour d'eux…
C'est le même magnétisme qui se dégage de l'oeuvre de Jeanne Bourin. Elle a choisi la voix d'Héloïse pour retracer l'histoire de ces amants mythiques. Sur son lit de mort, alors que ses contemporains se lamentent sur sa prochaine disparition, l'abbesse du Paraclet se souvient… Elle revit une dernière fois ses amours avec Pierre Abélard et lui adresse une intense supplique, éclatante de fraîcheur et d'adoration.
Ce roman s'inspire de la fameuse correspondance entre Héloïse et Abélard, et surtout du récit autobiographique d'Abélard - genre novateur pour l'époque : l'Histoire de mes malheurs (Historia calamitatum mearum) qui explique froidement comment Pierre Abélard, sûr de son pouvoir, décida de séduire Héloïse. Cela permet de comprendre la relative facilité avec laquelle il se détacha d'elle par la suite, tandis qu'elle continuait à l'appeler de son amour. En capturant l'essence de ces textes dans les mots prononcés par Héloïse, Jeanne Bourin évite habilement l'écueil de la recopie ou de la citation. le résultat sonne extrêmement juste et j'ai éprouvé une réelle empathie avec les sentiments et les perceptions d'Héloïse, tout en savourant la minutieuse reconstitution de la vie quotidienne en ce début du XIIe siècle.
Cette histoire d'attraction intellectuelle muée en déchaînements charnels est finalement tout sauf sage ! Alors pourquoi ce titre surprenant : Très Sage Héloïse ? Parce que, malgré le feu qui brûlait en elle, Héloïse s'est montrée sage à bien des égards...
Elle a d'abord été la pupille irréprochable de son oncle Fulbert, chanoine de Notre-Dame, et une élève brillante du couvent d'Argenteuil, férue de langues anciennes et de philosophie. Ensuite, c'est docilement qu'elle a suivi les enseignements que lui a prodigués son précepteur Pierre Abélard, jusqu'à se donner à lui. Et c'est tout aussi sagement qu'après le drame du châtiment de Pierre, elle s'est résignée à abandonner son fils et à prendre le voile pour permettre à son époux (oui, ils s'étaient mariés secrètement !) de devenir moine, étouffant à jamais les sentiments qui débordaient en elle. Cette retraite forcée, consacrée à l'oraison et aux études, la mènera, comme un exutoire, à la vraie sagesse, celle de la connaissance. Sa renommée et ses écrits en tant qu'abbesse du Paraclet en témoignent.
Ce livre est un vibrant hommage à cette femme éprise de liberté, qui a tout donné pour vivre une passion tellement intense qu'elle a traversé les siècles :
"C'était mon âme, Pierre, que je t'avais livrée ! Ce don fut si total qu'aucune souffrance, aucune séparation, aucun sacrifice, aucune perte, ni ton silence, ni mon amertume, ni le temps, ni ta mort, ni l'approche de la mienne ne sont parvenus à en atténuer l'immuable et immortelle ardeur."
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natn
  21 mai 2020
Je ne connaissais absolument pas la vie Héloïse et Abélard. Je me suis donc engouffrée dans ce roman avec délice. Mais à la fin mon sang féministe bouillait. Alors, l'auteure a bien sûr interprétée très librement les pensées d'Héloïse, mais là j'avoue que cette passion m'a laissée sur le flan. Car Héloïse a 16 ans quand elle tombe passionnément amoureuse du très encensé Abélard. Amour physique intense, Amour intellectuel aussi au vu de leur érudition incroyable, surtout concernant Héloïse, si érudite pour son époque. Donc, elle va tomber enceinte, l'oncle Fulbert va les maudire, elle aura son bébé en Bretagne mais voilà, Abélard veut l'épouser et qu'elle revienne à Paris et ce qu'Abélard veut, Héloïse obéit. Mais l'opprobre est là, la colère de l'oncle va armer les bras de sbires pour émasculer Abélard. Et là, tout change. Cet homme à la tension charnelle si forte va vouloir se faire moine et va exiger d'Héloïse de faire de même car sinon, il ne pourrait y prétendre, vu qu'ils sont mariés. Lui est prêt pour cela, elle pas du tout, elle a 18 ans, veut vivre et n'a pas du tout envie de s'enfermer pour prier un Dieu qu'elle n'aime pas. Pourtant, elle va le faire pour lui ... et n'aura plus de ses nouvelles pendant 10 ans ! enfin si, mais ne le verra plus, ni de lettres. Lui adulé, va continué à donner des cours etc... et elle sera toujours enfermé. Quel amant peut exiger cela ???? Alors, il va fonder l'ordre du Paraclet où elle s'y installera plus tard pour fonder un ordre féminin. Lui va vivre un autodafé, écrire la 1ere autobiographie au monde et s'enfoncer dans la religion tout en étant toujours un théologien connu dans toute l'Europe. Elle... dans ce roman... aura toujours Abélard chevillé au corps et à l'âme tout en faisant parfaitement son devoir de Prieure. Alors beaucoup de sentiments, on en sait peu sur ce qu'ils ont réalisé mais du coup, j'ai très envie d'en savoir plus sur ce couple mythique.
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frandj
  07 août 2019
Le vulgum pecus ne sait qu'une chose au sujet de Pierre Abélard: il a été châtré, en punition de ses amours illicites avec la jeune Héloïse. Dieu merci, ce roman historique ne s'appesantit pas spécialement sur cette cruelle mutilation. Si l'auteure ne cache pas la violence du désir entre les deux amants, ceci n'est pas l'objet principal de ce livre. Il ne faut pas perdre de vue le fait qu'Abélard disposait d'une immense renommée, en raison de ses compétences en théologie et en philosophie. Il était bien conscient de sa valeur et se montra toujours très combattif. De son côté, Héloïse était loin d'être une ravissante idiote: en réalité, c'était une intellectuelle exceptionnellement douée (le XIIème siècle n'a pas été misogyne à son égard). Leurs ébats sexuels et le reste de leur amour n'empêcheront P. Abélard et Héloïse de se consacrer durablement à Dieu d'une manière très rigoureuse.
Jeanne Bourin imagine les pensées d'Héloïse, devenue l'illustre abbesse du monastère du Paraclet, alors qu'elle est sur son lit de mort. Tout le film de sa vie défile dans son esprit. Comme je l'ai déjà indiqué, son existence a été moins marquée par la jouissance que par la douleur, la foi et le sens du devoir. Elle repense à son mariage secret, à son fils qu'elle n'a pas élevé, à la distance que son ancien amant lui a imposée après être devenu moine. Une partie de ses préoccupations a été liée à ses fonctions monastiques. A ce sujet, je dois avouer que certaines arguties d'ordre religieux m'ont paru assez fastidieuses.
"Très sage Héloïse" est un roman historique sérieux, qui a été construit rigoureusement sur la base des écrits d'Abélard et Héloïse eux-mêmes. Force est de constater que la plupart de leurs préoccupations étaient bien éloignées des nôtres.
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JaneEyre
  18 octobre 2018
J'aime l'écriture de Jeanne Bourin, que je trouve toujours agréable.
Avec Très sage Héloïse j'ai regretté d'avoir dans les mains un portrait d'amoureuse alors que je voulais un portrait de femme. J'ai trouve que par moment, surtout au début, l'auteur voulait plus faire un roman sentimental qu'une vraie plongée dans la vie d'une des figure les plus tragiques du moyen-âge et c'est frustrant ! Ici Héloïse est plutôt vu comme un être de chair, assez libidineux, alors que c'était également une jeune fille très instruite et très vive d'esprit. On passe sous silence plein de chose, comme si seul son corps intéressait l'histoire, alors que son âme et son esprit méritaient surement qu'on s'y attache !
La fin du livre, le côté religieux m'a carrément ennuyée et j'ai eu du mal à comprendre où Jeanne Bourin voulait finalement en venir.
J'ai passé un moment agréable, mais je ressors assez frustrée et si quelqu'un a un conseil de lecture à me donner au sujet d'Héloïse, je suis preneuse!
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soleil
  13 octobre 2019
L'histoire d'amour d'Héloïse et Pierre relatée par Jeanne Bourin est à mon sens et selon mes sens la plus belle. 📘"Nous avons tout essayé, tout expérimenté, tout connu, sauf la satiété. En quelques mois, tu m'as révélé chaque degré du plaisir, chaque sommet de la joie. Les demi-mesures n'étant le fait ni de ta nature ni de la mienne, nous nous sommes donnés l'un à l'autre aussi totalement qu'il était humainement possible de le faire. Et notre soif jamais étanchée était si vive que ni la lassitude, ni l'accoutumance, ni l'ennui n'ont eu de prise sur elle". 🖍️Cet amour naît d'abord d'une rencontre entre deux érudits et leurs corps s'ajusteront à cette fusion intellectuelle. Ces deux pans de leur personnalité leur sont nécessaires.
Cette histoire que j'aime profondément est belle mais ne relève pas d'une beauté éthérée, doucereuse, délicate mais de celle qui incarne la puissance, le sacrifice, la dévotion, la vocation avec la lumière et les ténèbres en nombre qui accompagnent cet aspect de l'amour qu'ils vivent. Les douleurs ne seront pas exemptes de leur trajectoire amoureuse. Là encore une douleur physique mais aussi intellectuelle et indissociables l'une de l'autre. Les deux amoureux tâcheront de s'accommoder du châtiment subi par Pierre Abélard. J'ai eu du mal à comprendre la décision prise par Pierre et qui a causé sa perte.
Jeanne bourin rend compte et magnifiquement bien des tourments et des félicités qu'ont connus les deux amants puis les deux époux. N'oublions pas la religion, les ordres, qui font partie intégrante de la vie intellectuelle et charnelle de ces deux êtres. Il s'agit surtout d'une relation entre eux trois. Leur ordre sera tantôt refuge tantôt âpreté et leur dernière maison terrestre, à tous deux ❤️ Je n'ai qu'un conseil : lisez-le !
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
OdeOde   02 août 2012
As-tu jamais mesuré, Pierre, ce qu'était le sacrifice que tu réclamais de moi ? Je venais d'avoir dix-neuf ans, je t'aimais de tout mon être, j'étais ton épouse et je n'avais pas la vocation religieuse. Tu savais tout cela et tu me demandais de renoncer à ma jeunesse, à ma passion, à la vie commune que nous pouvions mener en dépit de ta mutilation, pour m'inciter à prendre le voile, à enfouir mon existence dans un couvent !
"Je me ferai moine, tu te feras bénédictine, disais-tu cependant avec enthousiasme. Séparées par le fer, nos vies seront réunies par la prière."
Je voyais un abîme s'ouvrir sous mes pas.
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marina53marina53   26 mai 2012
Tu l'avais prévu. Tu me l'avais écrit et je t'avais répondu que je ne pourrais pas te survivre; qu'en te perdant, je perdrais ma vie. Je le croyais.
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OdeOde   01 août 2012
Je me voulais stoïque comme une héroïne antique, mais mon cœur était dévasté.
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bleuettediotbleuettediot   25 août 2010
Pendant que j'oeuvrais pieusement à mes devoirs, les démons de l'enfer hurlaient en moi.
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gabylisgabylis   11 décembre 2015
Non pas que mon caractère fût porté à la frivolité. Je préférais mes livres à la danse. Mais, si la jeunesse en moi était plus encline à l'étude qu'aux jeux, il n'en demeurait pas moins qu'elle était la jeunesse. J'aimais la gaieté, la musique, les promenades et les bliauds de soie vive.
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Video de Jeanne Bourin (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jeanne Bourin
LA CHAMBRE DES DAMES : debut 1er episode Feuilleton français diffusé pour la 1ère fois le jeudi 23 février 1984 à 20h35 sur TF1. Rediffusé sur La Cinq. .... suite ci-dessous ..... ----------------------------------------­------------------------------------- Année de production.......... 1982 Réalisé par......................... Yannick Andrei Nombre d'épisodes............ 10 épisodes de 52 minutes Générique composé par .... Vladimir Cosma Générique chanté par......... Annick Thoumazeau ("Pour l'amour") ----------------------------------------­------------------------------------- A NOTER : Cette série est adaptée du roman éponyme de Jeanne Bourin écrit en 1979 et de la suite de celui-ci : "Le Jeu de la tentation" (1981). Jeanne Bourin a participé au scénario de la série. La documentation rigoureuse de cette œuvre historique donne au moindre détail une authenticité que Régine Pernoud, éminente médiéviste, à confirmé dans la préface du roman de Jeanne Bourin : "Les Brunel vivent sous nos yeux comme on vivait en ce XIIIème siècle rayonnant (...) Et bien des idées reçues se voient battues en brèche." Des plans longs et des acteurs qui prennent leur temps : cela change assurément des séries et des films qui inondent les téléspectateurs de changements de plans à chaque seconde. ----------------------------------------­------------------------------------- L'HISTOIRE : En 1246, dans la France du roi saint-Louis. Florie, quinze ans, fille de Mathilde et d'Etienne Brunel, maître-orfèvre à Paris, épouse Philippe Thomassin. Beaucoup plus jeune que son mari, Mathilde la mère, trente-quatre ans, souffre en silence du manque de sensualité de son époux. Au cours de la noce de Florie et de Philippe, Guillaume, le beau mais brutal cousin de Philippe, se prend de passion pour la jeune mariée, mais celle-ci le repousse. Mathilde n'est pas insensible au charme viril de Guillaume, mais sa grande foi lui montre la folie d'une telle infatuation. Mais Guillaume ne renonce pas à Florie et est prêt à tout pour arriver à ses fins ... ----------------------------------------­-------------------------------------
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