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EAN : 9782253040620
223 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (14/10/2002)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 178 notes)
Résumé :
" Héloïse ! Une des créatures les plus extraordinaires de tous les temps !é On a pu l'appeler " la femme qui inventa l'amour " car elle se dresse comme une torche au seuil du siècle qui sut transmuer le sentiment amoureux en passion.

Née avec lui (1100 ou 1101), la belle étudiante du cloître Notre-Dame vécut totalement, dans sa chair, dans son âme, les enivrements et les déchirements d'une découverte superbe mais sulfureuse.

Elle allai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
denis76
  28 janvier 2021
Héloïse d'Argenteuil est née en 1100. Orpheline, elle est élevée par son oncle Fulbert, qui est très fier de son érudition.
Cependant, à 16 ans, elle croise le regard du célèbre Abélard, 38 ans, philosophe et théologien de renom, régent des Écoles de Paris. le coup de foudre est simultané, ... mais oncle Fulbert veille...
.
Bon...C'est un roman d'amour, certes ;
mais plus que ça : c'est un roman d'une passion aveugle ;
mais encore plus que ça : Jeanne Bourin nous entraîne non seulement dans les complexités des âmes des trois protagonistes, mais qui, en plus combattent avec les préjugés de l'époque, en tenant compte de la force de l'Église, au XIIè siècle !
Le seul bémol que je fais à cette oeuvre, ce roman historique, c'est un manque de dialogues qui le rendrait plus vivant. Mais je comprends la stratégie adoptée par l'auteure. Elle alterne les chapitres narrant, de l'extérieur, l'agonie de la mère supérieure du Paraclet, Héloïse, 64 ans, aux chapitres où évolue sa pensée et ses souvenirs lors de cette agonie. D'ailleurs Héloïse de 64 ans se raidit au moment où elle pense au moment où, à 19 ans, Abélard lui demande de se faire religieuse à vie.
.
« Pardon, Seigneur, j'aime Abélard plus que Vous ! »
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Commenter  J’apprécie          376
Ode
  06 août 2012
Peut-être avez-vous déjà eu l'occasion de contempler la tombe d'Héloïse et d'Abélard au Père-Lachaise ? Sous le magnifique toit ouvragé de leur mausolée, les deux gisants de pierre blanche dégagent une harmonie et un magnétisme difficiles à expliquer. Comme si leur amour, réuni par la mort, flottait encore autour d'eux…
C'est le même magnétisme qui se dégage de l'oeuvre de Jeanne Bourin. Elle a choisi la voix d'Héloïse pour retracer l'histoire de ces amants mythiques. Sur son lit de mort, alors que ses contemporains se lamentent sur sa prochaine disparition, l'abbesse du Paraclet se souvient… Elle revit une dernière fois ses amours avec Pierre Abélard et lui adresse une intense supplique, éclatante de fraîcheur et d'adoration.
Ce roman s'inspire de la fameuse correspondance entre Héloïse et Abélard, et surtout du récit autobiographique d'Abélard - genre novateur pour l'époque : l'Histoire de mes malheurs (Historia calamitatum mearum) qui explique froidement comment Pierre Abélard, sûr de son pouvoir, décida de séduire Héloïse. Cela permet de comprendre la relative facilité avec laquelle il se détacha d'elle par la suite, tandis qu'elle continuait à l'appeler de son amour. En capturant l'essence de ces textes dans les mots prononcés par Héloïse, Jeanne Bourin évite habilement l'écueil de la recopie ou de la citation. le résultat sonne extrêmement juste et j'ai éprouvé une réelle empathie avec les sentiments et les perceptions d'Héloïse, tout en savourant la minutieuse reconstitution de la vie quotidienne en ce début du XIIe siècle.
Cette histoire d'attraction intellectuelle muée en déchaînements charnels est finalement tout sauf sage ! Alors pourquoi ce titre surprenant : Très Sage Héloïse ? Parce que, malgré le feu qui brûlait en elle, Héloïse s'est montrée sage à bien des égards...
Elle a d'abord été la pupille irréprochable de son oncle Fulbert, chanoine de Notre-Dame, et une élève brillante du couvent d'Argenteuil, férue de langues anciennes et de philosophie. Ensuite, c'est docilement qu'elle a suivi les enseignements que lui a prodigués son précepteur Pierre Abélard, jusqu'à se donner à lui. Et c'est tout aussi sagement qu'après le drame du châtiment de Pierre, elle s'est résignée à abandonner son fils et à prendre le voile pour permettre à son époux (oui, ils s'étaient mariés secrètement !) de devenir moine, étouffant à jamais les sentiments qui débordaient en elle. Cette retraite forcée, consacrée à l'oraison et aux études, la mènera, comme un exutoire, à la vraie sagesse, celle de la connaissance. Sa renommée et ses écrits en tant qu'abbesse du Paraclet en témoignent.
Ce livre est un vibrant hommage à cette femme éprise de liberté, qui a tout donné pour vivre une passion tellement intense qu'elle a traversé les siècles :
"C'était mon âme, Pierre, que je t'avais livrée ! Ce don fut si total qu'aucune souffrance, aucune séparation, aucun sacrifice, aucune perte, ni ton silence, ni mon amertume, ni le temps, ni ta mort, ni l'approche de la mienne ne sont parvenus à en atténuer l'immuable et immortelle ardeur."
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frandj
  07 août 2019
Le vulgum pecus ne sait qu'une chose au sujet de Pierre Abélard: il a été châtré, en punition de ses amours illicites avec la jeune Héloïse. Dieu merci, ce roman historique ne s'appesantit pas spécialement sur cette cruelle mutilation. Si l'auteure ne cache pas la violence du désir entre les deux amants, ceci n'est pas l'objet principal de ce livre. Il ne faut pas perdre de vue le fait qu'Abélard disposait d'une immense renommée, en raison de ses compétences en théologie et en philosophie. Il était bien conscient de sa valeur et se montra toujours très combattif. De son côté, Héloïse était loin d'être une ravissante idiote: en réalité, c'était une intellectuelle exceptionnellement douée (le XIIème siècle n'a pas été misogyne à son égard). Leurs ébats sexuels et le reste de leur amour n'empêcheront P. Abélard et Héloïse de se consacrer durablement à Dieu d'une manière très rigoureuse.
Jeanne Bourin imagine les pensées d'Héloïse, devenue l'illustre abbesse du monastère du Paraclet, alors qu'elle est sur son lit de mort. Tout le film de sa vie défile dans son esprit. Comme je l'ai déjà indiqué, son existence a été moins marquée par la jouissance que par la douleur, la foi et le sens du devoir. Elle repense à son mariage secret, à son fils qu'elle n'a pas élevé, à la distance que son ancien amant lui a imposée après être devenu moine. Une partie de ses préoccupations a été liée à ses fonctions monastiques. A ce sujet, je dois avouer que certaines arguties d'ordre religieux m'ont paru assez fastidieuses.
"Très sage Héloïse" est un roman historique sérieux, qui a été construit rigoureusement sur la base des écrits d'Abélard et Héloïse eux-mêmes. Force est de constater que la plupart de leurs préoccupations étaient bien éloignées des nôtres.
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natn
  21 mai 2020
Je ne connaissais absolument pas la vie Héloïse et Abélard. Je me suis donc engouffrée dans ce roman avec délice. Mais à la fin mon sang féministe bouillait. Alors, l'auteure a bien sûr interprétée très librement les pensées d'Héloïse, mais là j'avoue que cette passion m'a laissée sur le flan. Car Héloïse a 16 ans quand elle tombe passionnément amoureuse du très encensé Abélard. Amour physique intense, Amour intellectuel aussi au vu de leur érudition incroyable, surtout concernant Héloïse, si érudite pour son époque. Donc, elle va tomber enceinte, l'oncle Fulbert va les maudire, elle aura son bébé en Bretagne mais voilà, Abélard veut l'épouser et qu'elle revienne à Paris et ce qu'Abélard veut, Héloïse obéit. Mais l'opprobre est là, la colère de l'oncle va armer les bras de sbires pour émasculer Abélard. Et là, tout change. Cet homme à la tension charnelle si forte va vouloir se faire moine et va exiger d'Héloïse de faire de même car sinon, il ne pourrait y prétendre, vu qu'ils sont mariés. Lui est prêt pour cela, elle pas du tout, elle a 18 ans, veut vivre et n'a pas du tout envie de s'enfermer pour prier un Dieu qu'elle n'aime pas. Pourtant, elle va le faire pour lui ... et n'aura plus de ses nouvelles pendant 10 ans ! enfin si, mais ne le verra plus, ni de lettres. Lui adulé, va continué à donner des cours etc... et elle sera toujours enfermé. Quel amant peut exiger cela ???? Alors, il va fonder l'ordre du Paraclet où elle s'y installera plus tard pour fonder un ordre féminin. Lui va vivre un autodafé, écrire la 1ere autobiographie au monde et s'enfoncer dans la religion tout en étant toujours un théologien connu dans toute l'Europe. Elle... dans ce roman... aura toujours Abélard chevillé au corps et à l'âme tout en faisant parfaitement son devoir de Prieure. Alors beaucoup de sentiments, on en sait peu sur ce qu'ils ont réalisé mais du coup, j'ai très envie d'en savoir plus sur ce couple mythique.
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JaneEyre
  18 octobre 2018
J'aime l'écriture de Jeanne Bourin, que je trouve toujours agréable.
Avec Très sage Héloïse j'ai regretté d'avoir dans les mains un portrait d'amoureuse alors que je voulais un portrait de femme. J'ai trouve que par moment, surtout au début, l'auteur voulait plus faire un roman sentimental qu'une vraie plongée dans la vie d'une des figure les plus tragiques du moyen-âge et c'est frustrant ! Ici Héloïse est plutôt vu comme un être de chair, assez libidineux, alors que c'était également une jeune fille très instruite et très vive d'esprit. On passe sous silence plein de chose, comme si seul son corps intéressait l'histoire, alors que son âme et son esprit méritaient surement qu'on s'y attache !
La fin du livre, le côté religieux m'a carrément ennuyée et j'ai eu du mal à comprendre où Jeanne Bourin voulait finalement en venir.
J'ai passé un moment agréable, mais je ressors assez frustrée et si quelqu'un a un conseil de lecture à me donner au sujet d'Héloïse, je suis preneuse!
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
OdeOde   02 août 2012
As-tu jamais mesuré, Pierre, ce qu'était le sacrifice que tu réclamais de moi ? Je venais d'avoir dix-neuf ans, je t'aimais de tout mon être, j'étais ton épouse et je n'avais pas la vocation religieuse. Tu savais tout cela et tu me demandais de renoncer à ma jeunesse, à ma passion, à la vie commune que nous pouvions mener en dépit de ta mutilation, pour m'inciter à prendre le voile, à enfouir mon existence dans un couvent !
"Je me ferai moine, tu te feras bénédictine, disais-tu cependant avec enthousiasme. Séparées par le fer, nos vies seront réunies par la prière."
Je voyais un abîme s'ouvrir sous mes pas.
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denis76denis76   14 janvier 2021
Le malheur, vois-tu, Pierre, était que tous ces gens nous jugeaient ainsi que des êtres du commun. Ils n'avaient pas compris l'exceptionnelle gravité de nos sentiments. Ils se comportaient comme de vulgaires justiciers. par leurs soins, des chuchotements indiscrets coururent la ville et l'Ecole.
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denis76denis76   13 janvier 2021
Guenièvre :
Détesté par toi, Albéric, mon père, par Lotulphe de Lombardie, ton compagnon, par Roscelin, vilipendé par Bernard de Clairvaux lui-même, et par tant d'autres, mais défendu, admiré par Foulques de Deuil, par le comte Thibaud de Champagne, par Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, qui était donc, au juste, messire Abélard ?
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denis76denis76   13 janvier 2021
Pourquoi ne pas évoquer notre première rencontre ?
Je revenais des étuves publiques où j'avais l'habitude de m'aller baigner chaque semaine, et, légèrement vêtue d'une chemise de lin finement tissée et d'un bliaud de soie azur, ceinturé par un galon d'orfroi, un chapeau de fleurs sur mes cheveux encore humides du bain, je rentrais au logis, tout en conversant avec Sybile. Je me sentais jeune et avenante.
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denis76denis76   15 janvier 2021
Je renonçais au monde non pour Vous, ou pour expier des fautes commises contre Vous, mais pour mon époux, pour partager sa peine, pour m'offrir en holocauste à la gloire souillée du génie dont j'avais causé la déchéance !


NDL : elle est complètement sous emprise.
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Régine Pernoud
- Régine PERNOUD, médiéviste : critique l'enseignement de l'histoire ; intérêt et exigences des études historiques. Evoque sa formation. Fait l'éloge du livre de Jeanne BOURIN "La chambre des dames". Considérations sur la culture orale ; la place des femmes au 12ème siècle ; l'histoire du droit qui la passionne. Parle de ses voyages et de son prochain livre sur le thème de la femme au...
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