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Éditeur : publie.net (01/01/1900)

Note moyenne : 3/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Depuis Répons, La Dragonne, 2003, et Chemins du vagabond, L’Arbre, 2004, l’écriture de Daniel Bourrion fixe un territoire où on dirait qu’il s’agit d’épurer, faire marcher vers le dépouillement la relation qu’on a aux éléments primordiaux, ceux où s’organisent à la fois le conflit et la fusion de l’homme avec sa propre identité et son devenir.

L’atelier de Daniel Bourrion est à ciel ouvert : c’est une écriture en ligne, Terres regroupant tentatives et... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
brigetoun
  29 novembre 2009
La précision des mots qui rendent sensuellement la présence de la terre lourde, de la profondeur du bois humide.
Je retrouve dans ce texte, la langue que j'avais aimé dans « Incipit », relu dans la matinée, et cet univers, la vie et sa beauté dans la lourdeur de la terre - dont on essaie de tirer quelque chose, et qui prend toute la place, les humains en leur faiblesse et laideur (qu'il dit !) étant recrachés par elle, produits par elle – cette presqu'animalité de ces hommes et femmes, qui n'en est pas vraiment une, pas un paysage mais un monde, sans fleurs pour l'enjoliver – on en rencontre mais elles sont là, simplement, comme le reste, simplement noté par ces enfants qui en naissant trouvent le poids de cela, dans la pesanteur du temps presqu'immobile, ces enfants et leur morve qui y entrent dans ce monde de la vallée et y persisteront dans la lutte contre la terre, la haine, le vin mauvais des pauvres vignes, jusqu'à devenir ces morts que les hommes viennent veiller en se donnant du courage par leur nombre et les petits verres d'alcool blanc,
avec peut-être un peu plus de boue, de destin bouché que nature – et ceux qui s'évadent reviennent et sont repris par la vallée, même s'il y a au début un reste de lumière dans leur regard – mais pour chacun une façon d'incarner cela, dans la sauvagerie, ou l'étrangeté, ou l'anéantissement dans le vin ou les femmes prises, en devenant conteurs dans le rêve des veillées, en vivant et persistant dans le dénuement avec le labeur et la possession, tout de même, de cette terre détestée et qui vous déteste.
Et je suis amoureuse de ces textes, avec là encore de longues phrases, mais si naturellement en accord avec ces existences résistant à travers les siècles qui passent sur la vallée, que je m'en aperçoit à peine
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
brigetounbrigetoun   07 décembre 2011
nos pères, nos mères, ce qui est finalement la même chose, nous avaient envoyés à la corvée, nous y avaient envoyés à grand coups de pieds au cul, à grandes gifles, parce que nous renâclions, résistions, ne voulions pas, encore une fois, aller nous perdre dans ces lieux-là, dans ces bois-là, tout embrumés, de crainte de n'en revenir pas, d'y demeurer éternellement perdus, asphyxiés, essoufflés, tournant, geignant, nous étouffant de notre morve, de nos peurs, de nos hurlements, jusqu'à ce que la fatigue vienne nous couper jambes et souffles et nous abandonne au pied d'une souche un peu moins fétide que les autres, un peu plus solide, qui nous donnerait impression d'être plus sûre, plus protectrice, contre laquelle nous finirions par nous endormir du lourd sommeil des enfants que nous étions toujours, encore, bien que les années, le temps et son cortège, se soient acharnés sur nous, sur nos corps, sur nos âmes, jusqu'à en faire de laides et viles choses tordues, torturées, et lasses, tellement lasses, qu'il arrivait souvent que nous nous posions là, aux lèvres des fossés, en espérant y crever tout d'un coup, d'un seul coup, dans la froide et humide couverture de la nuit
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brigetounbrigetoun   05 novembre 2011
jusqu’à ce que nos vergers retournent à une sorte de jungle où nous ne mettions plus les pieds, fatigués, usés, lassés que nous étions à présent de combattre jour à jour cette bête de nature qui n’avait de cesse de reprendre ce que nous, ceux d’avant, avions réussi à lui arracher, et qu’elle reprenait à présent, effectivement, lentement, avec la force et la patience qui était la sienne, la ruse aussi ; arrivant par le sol, les herbes, les haies que nous n’avions pas pensé à mettre à bas, soudain grossissant, enflant, dégueulant par-dessus les clôtures dont nous avions naïvement espéré qu’elles suffiraient à contenir le monde, à le tenir dans les limites que nous voulions lui donner, ce qui n’arrivait pas puisque donc, puisque encore, les taillis bas devenaient hauts, lançaient de toutes parts leurs vrilles, leurs dards, ces branches folles dont on aurait pu penser qu’elles étaient envoûtées à les voir se tordre, basculer, avancer à couvert des nuits après lesquelles nous retrouvions, chaque jour, nos paysages différents
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brigetounbrigetoun   29 novembre 2009
ces branches mortes, arbres morts, couchés, rongés, pourris, s'effritant lentement d'en dedans, depuis leur cœur même, sans que rien n'y paraisse longtemps, rien du tout, pas une trace, jusqu'à ce que l'écorce soudain boursoufle, gonfle, craquèle, éclate sous de secrètes et internes et intenses pressions qui finissaient par écarter les chairs, les bois, le fil du bois, qui s'entrouvrait jusqu'à laisser émerger d'en dedans, d'en dedans lui, de vagues et molles et meurtrières efflorescences maladives, anarchiques, qui dégueulaient, littéralement, au sol, s'y répandaient, s'y étendaient jusqu'à le cacher, ce sol, aux yeux, aux pas, à nous qui avions marché là,
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