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ISBN : 2354882068
Éditeur : Gulf Stream Editeur (30/11/-1)
Résumé :

Solange, dix-sept ans, court les bals parisiens en compagnie de Clémence et Lili. Naïve, la tête pleine de rêve, elle se laisse séduire par Robert Maximilien et accepte de l’épouser.

Mais son prince est un tyran jaloux, qui ne la sort que pour l’exhiber lors de dîners mondains. Coincée entre Robert et Emma, sa vieille tante aigrie, Solange étouffe à petit feu.

Heureusement Lili la délurée et la douce Clémence sont là pour la s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (91) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  12 février 2018
Ce récit historique romancé, à chapitres courts, oscillant entre journal intime, celui de Solange, extraits d'articles de journaux de l'époque :----- le Parisien, L'Humanité, le Matin, L'éclair-------lettres poignantes de poilus , courriers des différents protagonistes, avec en toile de fonds , la 1ère guerre mondiale conte les destins entrecroisés de trois femmes : Clémence, Lili et Solange et leur évolution ainsi que celle de personnages secondaires foisonnante , entre 1910 et 1920.
Travailler à l'usine dans des conditions difficiles, nourrir les enfants, soutenir les hommes partis à la guerre, supporter les restrictions, de la simple ouvrière à la petite bourgeoise, s'engager comme infirmière, danser dans les cabarets, toutes les catégories sociales sont représentées, de la putain pour les troupes du front, à la bonne, aux artistes ........
Entre Belle époque, guerre mondiale et années folles, chaque héroïne luttera , à sa manière contre le carcan du silence et des préjugés, les cancans et les non- dits, la violence des hommes,la condition de vie à l'arrière, l'enfermement dans les caves sombres, les restrictions , les blessés, la douleur et l'arrachement du deuil, l'injustice ........
On assiste à la mutation de la société , rien ne sera plus comme avant ..........
On croise les grands noms des artistes de l'époque, Marcel-Proust ou Colette, on lit" La paix chez les Bêtes ", Les trois mousquetaires" de Dumas, Alcools,"Jean - Christophe" de Romain-Rolland, , on va au théâtre voir "La dame aux camélias " .........
C'est un écrit intéressant , vivant , original grâce à la construction alternée entre journal, lettres, presse même si l'écriture est banale .
La guerre a bouleversé le monde, détruit des vies et changé la société........on assiste aussi à la création de nouveaux journaux ...
Surtout , malgré l'angoisse latente, le fanatisme patriotique , la misére et la souffrance de tant de vies perdues, les milliers de morts, les femmes vont lutter , s'organiser sans les hommes, lutter avec courage et détermination , se battre pour leur liberté et leur émancipation !
Amitié , loyauté , liberté ,affranchissement , trois mots clés pour les femmes de ce récit à qui la guerre permet paradoxalement , de résister , avancer et se lancer peu à peu dans une mutation irréversible !
Je ne connais pas l'auteur , je remercie Marylin ,mon amie de la médiathéque qui me l'a proposé.
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Ziliz
  15 août 2019
Maltraitée par un père tyrannique et violent, Solange quitte Auvers-sur-Oise en 1912, à dix-sept ans, pour rejoindre Lili, son amie d'enfance devenue artiste à Paris. Solange n'a ni son talent ni son audace, elle sera 'cousette', puis se mariera par confort. Arrive la guerre, les hommes partent, les femmes restent à l'arrière, s'autonomisent, assurent les travaux agricoles, conduisent des bus, participent à l'effort de guerre en travaillant dans les usines d'armement. Certaines vivent dans la terreur que leur chéri se fasse tuer, d'autres savourent cette liberté nouvelle - entre deux permissions de l'époux maudit. Elles se rapprochent, deviennent solidaires, tombent amoureuses...
Le ton est un peu désuet et mièvre. C'est peut-être voulu pour mieux rendre compte de l'ambiance d'alors et de l'état d'esprit de la naïve Solange ?
Malgré tout, ce roman est agréable à lire, et nous en apprend beaucoup sur la première guerre mondiale à l'arrière et sur la condition féminine au début du XXe siècle (liberté et précarité vs liens du mariage et confort matériel).
Lire plutôt et/ou aussi :
- 'Maisie Dobbs' de Jacqueline Winspear, sur les gueules cassées ;
- 'Chien Loup' de Serge Joncour, pour la Première guerre mondiale du côté des civils.
Voir les tableaux d'Otto Dix, pour la déchéance des hommes revenus des tranchées blessés dans leur chair et leur âme.
___
[ PS : fréquentes erreurs de conjugaison pour la première personne du singulier au conditionnel - confusion avec le futur ]
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book-en-stock
  28 septembre 2018
Très agréablement surprise par la qualité de ce roman jeunesse !!
Le sujet de la guerre n'est pas ma tasse de thé, le résumé ne m'emballait pas plus que ça, je craignais de lire du « convenu » et « déjà lu » … or il n'en est rien !
Certes le fond est bien la Première guerre Mondiale puisque le récit s'étend de 1912 à 1920. Toutefois l'auteur ne propose pas uniquement de narrer la dure vie dans les Tranchées : si l'atrocité en est perçue via les lettres et autres écrits reçus par les femmes des Poilus, c'est bel et bien la vie de ces femmes restées en ville qui est ici racontée avec précision et détail. En effet cette Guerre fut longue et douloureuse pour toute la population : privation, peur pour un fils, un père, un mari envoyé au Front, obligation de travailler, exploitation des patrons qui paient un salaire de misère, augmentation des loyers et des denrées, dénonciations et censure, mensonges politiques, vérité camouflée, injustices… la liste est longue !
J'ai aimé la façon qu'a choisi Charlotte Bousquet de tisser son intrigue entre récit à la troisième personne, journal intime de sa protagoniste à la première personne, les différents courriers échangés entre différents personnages, les extraits des journaux de l'époque, des citations d'auteurs de l'époque également. le lecteur a ainsi un panel d'idées et de points de vue qui se confrontent, s'opposent ou se rapprochent. C'est très intéressant et c'est sans doute ce qui m'a plu. Nous n'avons pas là « un seul son de cloche », bien au contraire. Chaque lecteur peut prendre parti selon ce qui lui convient.
Sans doute, le fil directeur est-il la condition féminine de l'époque car il est vrai que la plupart des personnages sont des femmes, et qu'elles vivent toutes sortes d'expériences de vie. Nous découvrons le travail des munitionnettes, les infirmières ou chanteuses sur le front pour aider les soldats, les marraines de guerre, les premières femmes travaillant dans le métro ou encore à l'ouvroir.
J'ai aimé que le récit se déroule à Paris, en partie dans un milieu aisé où l'on reçoit les artistes dans son salon. Nous croisons ainsi Marcel Proust, y lisons Colette, Conan Doyle, Jack London, évoquons Paul Poiret ou encore l'engagée Hélène Brion. de nombreux films sont cités. C'est toute la vie culturelle qui transparait.
Ce roman est une véritable fresque historique du Paris des années 10 à 20. Fort bien écrit du reste et très documenté ce qui ne gâche rien…n'est-ce pas ?
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Melisende
  25 novembre 2016
C'est avec Là où tombent les anges que je découvre enfin Charlotte Bousquet, auteure que je croise aux Imaginales depuis plusieurs années sans jamais sauter le pas. J'imaginais que la rencontre se ferait plutôt sur un de ses titres de fantasy, je ne pensais pas la trouver dans un thème si historique, trouvant un écho avec notre actualité, avec notre monde qui connaît lui aussi de grosses transformations.
Très sincèrement, c'était mal parti. Suivre l'héroïne était une réelle souffrance pour moi, mais je me suis accrochée et j'ai bien fait ! Une belle maîtrise des personnages et du contexte dans lequel ils évoluent et une belle structure narrative, riche et variée.
Je ne sais pas si Charlotte Bousquet s'implique autant dans tous ses écrits mais si c'est le cas, nul doute qu'ils sauront tous me séduire !
Si je dis que c'était mal parti au départ c'est parce que Solange – la jeune héroïne – incarne une image de la femme qu'il m'est difficile d'accepter aujourd'hui en 2016. Enfant et adolescente soumise à un père violent, Solange fuit la campagne pour Paris où elle retrouve Lili, son amie d'enfance, devenue danseuse et chanteuse dans les cabarets. Les premiers temps, elle profite de cette nouvelle liberté, tombant même amoureuse d'un jeune artiste fougueux. Mais, fragile, effrayée par l'inconnu, la pauvreté et la misère, et rattrapée par son passé, elle finit par accepter les avances répétées et insistantes de Robert, un homme jaloux, possessif et violent qui finit par lui retirer toutes ses libertés une fois mariée. Riche et vêtue de beaux atours mais emprisonnée par un époux qu'elle n'aime pas, Solange se flétrit.
Ces derniers temps (la trentaine approchant), j'ai beaucoup de conversations/réflexions avec certaines personnes de mon entourage et le constat me paraît assez effrayant : malgré un siècle d'écart, les situations se ressemblent. Beaucoup de (jeunes) femmes semblent se lancer aujourd'hui encore dans des relations néfastes, pour obtenir un confort matériel, pour coller avec ce que la société attend d'elles ou tout simplement par besoin, pour combler une peur de la solitude. Ce que je trouve absolument dramatique.
Alors oui, dans les années 10, la condition féminine était différente mais la présence de Lili, l'amie d'enfance, prouve qu'il y avait des alternatives (pas toujours plus heureuses, mais elles existaient). C'est ce contraste violent entre les deux jeunes femmes, entre leurs choix de vie si différents qui, finalement, accentue encore plus la situation désastreuse (à mon avis) de Solange. Sincèrement, la voir si passive, si résignée à faire les mauvais choix a été très difficile pour moi et j'ai bien cru que j'allais abandonner ma lecture tant cette héroïne m'exaspérait.
Et puis elle évolue. Et c'est là où réside, à mon sens, la force de Charlotte Bousquet. Alors non, Solange ne change pas du tout au tout en un mois et ne devient pas à son tour danseuse dans un cabaret. Non. La transformation se fait progressivement, sur le long terme, sur plusieurs années, et elle n'est pas franche… ce qui la rend d'autant plus réaliste et crédible. La jeune femme reste ancrée dans cette société du début du XXe siècle qui, encore plus en temps de guerre, insistait sur la place de la femme : à la maison et si possible accouchant de beaucoup d'enfants pour repeupler le pays. Ainsi, quand votre mari rentrait en permission, quel que soit son état et quel que soit le vôtre, vous n'aviez qu'un devoir pour servir la nation : écarter les jambes et vous taire. Voilà pourquoi Solange continue un long moment à accepter la violence d'un mari qu'elle finit par haïr. Sa rébellion se fait donc par petites touches de plus en plus affirmées : des sorties en douce avec… qu'elle avait pourtant interdiction de revoir et même des liaisons extraconjugales avec des femmes appartenant à des cercles littéraires et d'artistes. L'époque et l'atmosphère m'ont souvent fait penser à Colette. Et j'adore Colette.
Mais cette histoire, principalement centrée sur le devenir d'une jeune femme en particulier, nous conte aussi la transformation sociale que subit le pays pendant cette Première Guerre Mondiale. Il ne s'agit plus de suivre seulement Solange, mais de découvrir la vie – souvent difficile – de toutes ces femmes, restées à Paris et en campagne, qui participent elles aussi à l'effort de guerre. Dans les usines d'armement par exemple où les accidents sont fréquents et où beaucoup d'entre elles sont marquées – physiquement et moralement – par le dur labeur mais aussi auprès des blessés puisque nombre d'entre elles se portent volontaires et deviennent des « anges blancs » ou carrément sur le front, pour divertir – danse, chant et plus si affinités… – les soldats entre deux attaques.
Je remercie Charlotte Bousquet d'avoir mis en lumière cette partie de la guerre, bien trop peu connue il me semble. Parce que oui, la guerre c'est sur le front au milieu des soldats-hommes, mais c'est aussi à l'arrière, à Paris et à la campagne auprès de toutes les femmes et de tous les enfants qui vivent, entre privations et inquiétude.
L'auteure ne se contente pas de nous raconter son histoire à travers un récit simple, mais l'enrichit de plusieurs points de vue supplémentaires : les lettres que s'écrivent tous les personnages et qui témoignent d'un instant -T dans leur vie mais aussi les entrées que rédige Solange dans son journal intime et qui nous la montrent sous un jour nouveau, plus humaine et moins passive. La multiplication des voix narratives peut peut-être perdre un peu son lecteur, pour moi c'est une véritable force car apporte encore plus de détails et de poids au contexte développé.
Le contexte, parlons-en. Charlotte Bousquet semble avoir fait pas mal de recherches et s'être bien documentée sur son sujet. En résultent de belles descriptions bien dosées, qui n'alourdissent donc pas le texte ; un récit riche mais fluide, dense mais abordable pour les lecteurs plus jeunes (le public visé à la base par les éditions Gulf Stream).
J'étais sceptique, je ne le suis plus. Avec Là où tombent les anges, je découvre une auteure qui parle de thèmes forts qui résonnent en moi. Si chez Charlotte Bousquet, tous les contextes sont aussi travaillés et toutes les héroïnes sont aussi complexes, je vais me régaler !
Lien : http://bazardelalitterature...
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Saiwhisper
  28 septembre 2016
Malgré les bonnes critiques que je lisais sur la toile, je ne pensais pas que j'accrocherais autant à ce roman. C'est un véritable coup de coeur ! le récit m'a fait l'effet d'une claque : il m'a émue, bouleversée et révoltée. L'auteure ne se concentre pas uniquement sur Solange, l'héroïne, mais sur tout un groupe de femmes issues de milieux sociaux différents et qui dissimulent des plaies derrière des sourires. Ces femmes, auxquelles je me suis attachée, m'ont énormément touchée. Chacune a une personnalité intéressante, si bien que je ne saurais dire laquelle j'ai préféré. J'ai été admirative du trio principal : il y a la belle Lili au caractère explosif qui aime écouter son coeur et ses passions du moment, la douce Clémence qui va trouver l'amour en ignorant que ce dernier irait au front ainsi que l'altruiste Solange qui va, peu à peu, apprendre à s'affirmer. Il y a également cette vieille tante qui se révèle peu à peu au fil des pages…
Son mari est réellement un personnage exécrable. Je ne sais pas s'il est possible d'apprécier un tel homme, même avec du recul. Avec brio, Charlotte Bousquet a réussi à me faire ressentir de la haine et du dégoût. En lisant la quatrième de couverture, je ne pensais pas rencontrer un tel protagoniste aussi jaloux, soupçonneux, possessif, violent et cruel. Même une fois dans les tranchées, il a encore la main mise sur son foyer. Il contrôle tout… Prive aussi bien sa tante que sa femme de leurs libertés… Impose ses caprices par la force… Ainsi, les scènes de violence conjugales et de viols m'ont fait serrer les dents. J'ai ressenti beaucoup de peine pour cette jeune femme soumise qui est prisonnière de son statut et de ses obligations.
L'auteure a réussi à me captiver non seulement avec son récit mais également avec sa façon de narrer : on alterne entre des échanges épistolaires (lettres entre les trois amies, courriers des soldats à leur femme, etc.), extraits de journaux d'époque, passages du journal intime de Solange et simple récit. le mélange fonctionne à merveille. Cela permet d'avoir un oeil sur tous les protagonistes et de voir les liens se créer ou pérenniser. J'ai réellement eu l'impression de me trouver face à des personnes réelles. Charlotte Bousquet a su rendre sa fiction très crédible ! Ces portraits de femmes sonnent tellement juste !
J'aime beaucoup les récits abordant la Première ou la Seconde Guerre mondiale, néanmoins celui-ci a réussi à me faire découvrir une autre facette de cette période que j'avais assez peu lue : la vie des Femmes à Paris, pendant que les Hommes sont au front. Cela me changeait des ouvrages se déroulant au coeur de la Guerre, sous les déflagrations et les tirs incessants. J'ai également été intéressée par d'autres types de personnes que l'on ne voit pas dans toutes les oeuvres : les marraines de guerre, les « putains » des soldats, les musiciens et autres artistes d'époque, …
C'est un ouvrage riche en informations qui a autant sa place dans les rayons adultes qu'adolescents. Les thèmes abordés m'ont beaucoup plu et les personnages ont non seulement su me convaincre, mais également me faire ressentir un panel d'émotions. À découvrir sans hésiter !

Lien : https://lespagesquitournent...
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critiques presse (3)
Ricochet   17 novembre 2015
Un magnifique roman qui ne s'oublie pas facilement, et sans doute un des plus intenses de Charlotte Bousquet.
Lire la critique sur le site : Ricochet
LeJournaldeQuebec   19 octobre 2015
Un roman d’une beauté surprenante, d’une vulnérabilité, mais d’une force, en même temps, qui ne laissent ­personne indifférent.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
HistoiresSansFin   21 août 2015
Deuxième texte de la nouvelle collection Électrogène des éditions Gulf Stream, nous sommes prêts à parier que Là où tombent les anges va certainement être l'un des grands succès de l'automne et sera couronné de plusieurs prix prestigieux.
Lire la critique sur le site : HistoiresSansFin
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
letilleulletilleul   27 février 2016
Noël approche. Pas de permission pour les soldats. Clémence désespère et moi, je respire puisque Robert ne rentre pas à Paris. Ici, on prépare les fêtes avec ferveur : tu ne peux imaginer le nombre de colis bourrés de lainages, chocolats, pipes, tabac et gilets de corps qui partent chaque jour sur le front. Dans tous les journaux, on fait appel au dévouement des mères, épouses et sœurs. Travaillez plus, travaillez jusqu’à tomber d’épuisement, travaillez même si vous n’êtes pas payées, la France et vos hommes vous en seront reconnaissants. Les vitrines des grands magasins regorgent de produits en tous genres destinés aux Poilus et à leurs fils. Et bien sûr, les réclames, dans les journaux, vantent mille et un articles destinés à améliorer l’ordinaire des soldats… Clémence a failli acheter des pilules destinées à fortifier le sang de son mari. Heureusement, Marthe l’en a empêchée ! L’une de ses collègues a envoyé des médicaments du même genre à son fils, et il a été malade pendant une bonne semaine.
Je me sens extérieure à tout cela, même si je participe à l’effort de guerre. Chaque mardi et chaque jeudi, je retrouve Blanche et Odile chez Catherine Villepreux pour un thé caritatif. Imagine une douzaine de bourgeoises vêtues de la façon la plus austère possible, qui tricotent, cousent, des vêtements pour les enfants victimes de la guerre. D’après ce qu’elle nous a expliqué, l’idée lui est venue en lisant l’histoire de Denise, une fillette blessée par une bombe à la fin du mois de septembre. La petite a fait preuve d’un courage exemplaire, malgré sa blessure et a demandé aux secours de ne pas inquiéter sa mère. Les journaux se sont emparés de l’histoire et en ont fait une héroïne nationale. Catherine Villepreux s’est sentie « inspirée ». Sa cause en vaut bien une autre. Georgette, qui vit près du Cirque d’hiver, est de plus en plus effrayée par l’afflux de réfugiés belges. Comment les loger ? Comment les nourrir ? Faut-il leur faire confiance ? Pour Catherine, dont la générosité et l’inspiration ont des limites, la réponse est évidente : on ne peut pas accueillir tout le monde, on ne peut se fier à des étrangers.
+ Lire la suite
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Annette55Annette55   12 février 2018
"J'ai vu , hier, les victimes des derniers raids d'avion .
Encore ne les ai- je pas vues toutes.
Car elles sont mille , dix mille , cent mille ......
Je ne sais combien, je n'ose savoir combien de mille........
Je ne crains pas que la censure me coupe cette prévision alarmiste.......
Vous tremblez?
Il y a de quoi .
Vous trembleriez davantage si vous alliez rue de la Bûcherie, oú l'on examine les enfants pauvres de Paris que les réveils en pleine nuit, les séjours dans les caves, les courses dans les escaliers gelés ont doté de pneumonies, de bronchites aiguës,d'éruptions, de fièvres, d'angines, de tics nerveux..".......

"Les enfants de Pâques " par Colette, L'éclair, 31 mars 1918 ..
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ZilizZiliz   13 août 2019
[ août 1917 ]
De plus en plus ouvertement, des syndicats de travailleurs, des personnalités politiques, s’opposent au travail des femmes. Certains craignent qu’elles ne volent la place de leurs époux partis sur le front. D’autres évoquent leur fragilité, l’incompatibilité de tâches pénibles avec la nécessité de procréer. Il faut semer de la graine de poilu, faire son devoir de Française en donnant des enfants à la patrie. Et, ainsi que le conseillent les rengaines les plus populaires, accepter aussi bien l’enthousiasme du soldat à son retour du front que de ne pas être la seule femme dans sa vie. Prétexte ? Le repeuplement.
+ Lire la suite
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ZilizZiliz   11 août 2019
« Te contenter de ça. »
Les mots de [son amie] ressurgissent, douloureusement blessants, douloureusement justes.
« Te contenter de ça. »
Une existence passive, coincée entre une vieille infirme aigrie et un homme dont les exigences sont celles d'un tyran.
« Te contenter de ça. »
Une existence faite de mensonges et de mesquineries, de petites trahisons et d'ennui.
Et encore, nous allons au spectacle. Nous sortons. Quand nous aurons un enfant, il ne me restera même plus cela.
+ Lire la suite
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orbeorbe   29 juillet 2015
le fréquenter, passe encore, mais quitter ton travail pour aller tenir compagnie à sa vieille tante et lui faire la lecture ? Je ne te comprends pas. Quand tu es arrivée, tu voulais une vie de bohème et la liberté ! Où sont passés tes rêves, Solange ? Pourquoi t'enterrer avec ce petit bourgeois qui t'écrase de tout son poids ?
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