AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
EAN : 9782070742158
294 pages
Gallimard (05/10/1995)
4.21/5   19 notes
Résumé :
Voici le livre de ses cahiers, son journal intime ou plutôt le long poème de sa vie intérieure. «Je suis dans un conte que mes semblables prennent pour la vie.»
Voici ces pages accolées au fil du temps, ces mots jetés l'un devant l'autre qui tendent à un but inaccessible : «Pour traduire le silence, il faut vivre au-delà de son propre silence, entendre et retenir toutes les voix qui se taisent en nous.»
Que lire après Traduit du silenceVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Parce que c'est avant tout un journal poétisé qui met en exergue ses réflexions sur l'amour et l'art...

Ensuite, ce livre montre bien comment le langage trahit souvent notre pensée.

Enfin, c'est une oeuvre où l'écriture sombre mais poétique irrigue chacune de ses pensées....
Commenter  J’apprécie          80

Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
                   
… Enfin, lancer un pont entre la vie intérieure et le monde réel.
                   
Il y a toute l’étendue du réel pour me rendre étranger à celle que j’aime. Plus je m’attache à mes idées et plus je m’étonne de la connaître et rien ne donnerait de la force à mon esprit sans jeter de l’ombre sur l’amour qu’elle m’a inspiré. C’est sous cette forme un peu neutre que j’aborde, et comme à contre-jour, une constatation démoralisante : pourquoi ne pas reconnaître que l’empire qu’elle exerce sur moi a grandi dans l’affaiblissement de mes facultés ? Il y a sur son visage plus de lumière que dans mes yeux ; c’est à travers le crépuscule de mon esprit que je m’acharne à la regarder, comme si mon regard, à travers la clarté dont elle est revêtue, me suspendait au suprême rayonnement d’un jour évanoui au dedans de moi.
                    . . .
Elle était comme une étoile tombée dans la neige. Le silence éternel de tous les endroits où elle irait danser… Elle n’aurait plus été en ce monde qu’un rayon perdu si la lumière ne s’était faite chair pour la toucher.
                    . . .
Tout ce que j’ai jamais été danse autour de mon regard qu’elle a remis au monde avec le silence de sa bouche fardée. Ce n’est pas de la littérature. L’heure qui vient de s’écouler s’est profondément ouverte pour m’éclairer les paroles que j’écrivais autrefois, au temps du Présentisme. Le comprendrait-elle ? Sait-elle que sa beauté met en jeu des pensées que je ne savais pas être miennes, qu’elle fait de moi le cœur d’une vérité en marche et que rien n’arrêtera si elle veut me comprendre. . . .
                                    
La beauté n’est pas un but, mais un chemin vers les choses…
Commenter  J’apprécie          200
À travers la perception d’un objet, quel qu’il soit, je sens comme une espèce de préjudice causé à ma pensée. Le monde où je vis est accablé par le poids de la lumière, de cette lumière dans laquelle je ne peux pas pénétrer sans que toutes les pensées qui sont en moi deviennent transparentes et se fassent inexistantes comme des spectres. Ce monde est grotesque, et il faut bien qu’il porte son absurdité sur la face puisque, sans en connaître d’autres, je peux le juger imparfait. On ne peut pas rester dans l’horrible lumière, sous la hideuse pluie de rayons, et si quelqu’un d’aussi prévenu que moi y demeure encore, c’est qu’il ne sait par quel bout prendre la nuit.

Il y a une nuit dans la nuit.
Commenter  J’apprécie          180
Vivre de sons, de couleurs. Avoir un royaume dans son regard. Etre ainsi fait que les autres doivent, pour te comprendre, non pas penser, mais songer.
Commenter  J’apprécie          220
Je crois, ce soir, qu'il faut être à sa vie avant d'être à son amour, et que j'ai eu tort de rompre si totalement avec moi-même. J'ai tué ce que je lui donnais de moi.
Commenter  J’apprécie          190
Humaniser le monde à force de me déshumaniser… Traverser le plus grand espace possible de mon moi le plus secret, créer, hors de moi, comme à grands coups d’aile, une image de ma pensée à travers l’édifice du jour. On dirait que je veux associer l’étendue au rêve que j’ai formé de lui échapper pour toujours… Tandis que bat mon cœur, je vois au-dessus de mes yeux d’immenses platanes, une étoffe rouge qui, suspendue à la basse branche du plus haut de tous, flotte au-dessus de la route noire que l’on voit à travers le tendre feuillage d’avril.
Commenter  J’apprécie          50

Videos de Joë Bousquet (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joë Bousquet
Joe BOUSQUET – Le témoin de la condition poétique (Chaîne Nationale, 1955) Une émission spéciale diffusée, le 28 septembre 1955, en hommage à Joe Bousquet. Produite par Hubert Juin, pour la Chaîne Nationale, elle conviait : Michel Bousquet, Jean Negroni, Albert Béguin, Jean Cassou, Alain Robbe-Grillet, Roger Blin et Martine Sarcey.
autres livres classés : poésieVoir plus
Les plus populaires : Littérature française Voir plus


Lecteurs (58) Voir plus



Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
1200 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre

{* *}