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EAN : 9782358722506
263 pages
La Fabrique éditions (20/01/2023)
4.14/5   33 notes
Résumé :
« Je l’avoue, c’est un bien curieux mot que ce “nous”. Et si j’ai grand-peine à me convaincre qu’une telle unité soit possible, je ne me résous pas à l’idée que tout n’aura pas été tenté. Aussi, faut-il commencer par ce qui l’empêche. »

C’est peu dire que le terrain est miné : un État-nation bâti sur l’esclavage et la colonisation, des organisations politiques fidèles au pacte national-racial, un chauvinisme de gauche qui a progressivement éteint l’in... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Les Beaufs remercient l'auteur du qualificatif et ne la traitent pas de barbare pour autant
En lisant la quatrième de couverture, on pourrait croire que ce livre est dû à la plume de Monsieur Zemmour, désireux de discréditer les Indigènes de la République.
Mais ils le font très bien tous seuls

Mais réflexion faite, je voudrais ajouter quelque chose.
L'auteur invoque la lutte des classes; encore faut-il savoir ce que c'est; même si ce concept se trouve chez certains auteurs pré-marxistes, il ne se conçoit guère aujourd'hui en dehors des analyses de Marx; or qu'est-ce-que la lutte des classes pour lui?
C'est un mouvement dialectique (au sens marxiste du terme) qui entraine le passage du pouvoir d'une classe dominante à l'autre, en fonction du développement des forces productives, Au stade capitaliste, où nous sommes encore, la bourgeoisie, classe parasite, domine le prolétariat, classe productive, auquel elle extorque la plus-value.
Appliquons ce schéma à la situation décrite par l'auteur; restituons d'abord leur nom de prolétariat aux beaufs, qui constituent la classe productive. Mais alors que faisons-nous des barbares qui ne semblent pas 'intégrer à la production? Nous pourrions les assimiler au "lumpenproletariat" du schéma marxiste, classe délinquante, sur laquelle le capital peut le cas échéant s'appuyer dans la lutte qui l'oppose au proletariat. à rapprocher du "nouveau peuple" que les élites libérales mondialisées se sont créé avec la complicité des woke, en agrégeant les "luttes" de diverses minorités pour remplacer le peuple réel.
Je ne suis pas marxiste, et ne l'ai jamais été, bien au contraire, et je ne doute pas que les quelques vrais marxistes qui restent trouveraient beaucoup à redire à mon analyse, qui n'est d'ailleurs qu'un jeu de l'esprit.
Je la trouve cependant plus sérieuse et plus explicative que celle de l'auteur.
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7 ans de réflexion peut être, depuis « Les blancs, les Juifs et nous » , le temps de laisser maturer et infuser dans le corps social blanc et plus particulièrement dans celui de la gauche blanche, l'idée d'antiracisme politique, de racisme d'état ,de colonialité.
Ici il est toujours question d'amour révolutionnaire, mais la déclaration ne s'adresse plus aux mêmes.
Ici Houria Bouteldja délaisse un peu l'écriture pour l'architecture, celle d'un récit ordonnancé ou à partir du concept gramscien d'Etat intégral , elle compose et élabore au terme d'un cheminement historique , la genèse et l'avènement de son prolongement colonial, l'Etat racial intégral , soit le stade suprême du marché de dupes proposé par les dominants aux dominés ,bonneteau infaillible, qui fait mine d'inclure les gueux dans le grand projet civilisationnel , en leur désignant l'indigène , comme menace et corps étranger à sa blanchité pour mieux obtenir sa reddition politique.
Ce pacte faustien non content de confiner d'avantage, les dominés dans leur statut de classe en-soi, les dépersonnalise, les soustrait au régime de solidarité et de coopération à l'oeuvre chez leurs homologues racisés, et jalouser dans le même temps la préservation de leurs repères et marqueurs identitaires .
Et c'est avec beaucoup de mérite qu'Houria Bouteldja tente dans la seconde partie de son livre dans une approche matérialiste de donner corps a l'indispensable jonction entre Beaufs et Barbares, ou le passage à un statut de classe pour-soi, en prenant le pari de réinjecter l'idée d'un Etat-nation partagée, par la sortie de l'Union Européenne, état racial intégral au carré ,s'il en est.
A partir de là il n'est malheureusement pas interdit de s'interroger non pas tant sur la légitimité de sortir de l'Europe libérale pour un retour/détour par le cadre national, mais plutôt sur le possibilité réelle d'un Etat Nation commun et partagé, tant les symboles et l'existence proprement dite de l'un s'est corolairement constituée à travers l'histoire et encore aujourd'hui , par la destruction et l'anéantissement des autres.
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Sans langue de bois, Houria Bouteldja propose un croquis très juste de la dialectique des luttes de classe.

Les délaissés des délaissés. Ainsi pourrait-on qualifier les barbares, selon l'appellation raciste des populations plus ou moins perçues comme racisées et/ou immigrées. En fait on en sait souvent rien. Ce que l'on sait, et Bouteldja le dit très bien, c'est que ces populations font l'objet d'un intérêt de la classe dominante que quand elle se sent en danger. C'est par ailleurs le désintérêt de la classe dominée pour ce groupe social que Houria Bouteldja conspue avec justesse. On comprend réellement que l'anticolonialisme n'a pas été une priorité pour les mouvements de lutte à travers l'histoire.

Aujourd'hui, Beaufs et Barbares sont largement séparés alors que rien ne les rapproche plus que leur condition de prolétaires. C'est ainsi que leur rassemblement dans la lutte est nécessaire, malgré une géographie qui les sépare. Force est de constater que la confrontation est absolument mortifère pour la lutte. Bouteldja propose alors des solutions, ce qui renforce l'adhésion à son livre. Trop souvent à gauche, on pointe les problèmes mais les solutions ne sont pas matérialistes. A l'inverse du livre de Bouteldja, un texte immense de lutte, qui s'adresse aux Beaufs, aux Barbares et à tout le monde dans la gauche anticapitaliste.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Lors des émeutes de 2005 dans les quartiers, les petits Blancs étaient au mieux indifférents, au pire pressés que les flics en finissent avec la racaille, les casseurs, le désordre. Cherchez la compassion, vous ne la trouverez pas. Tandis que dans leur rapport aux Gilets jaunes, les quartiers ont été traversés par une tout autre nature de sentiments, plus diffuse où on pouvait trouver de tout sauf de l’hostilité. Il y avait de la compréhension et même une solidarité contrariée, mêlées à un sentiment de revanche et peut-être de jouissance perverse (« alors ça fait quoi de se faire haggar par les keufs ? ») et enfin un refus d’en être (« on n’est pas des tirailleurs », « c’est encore nous qu’on va accuser de casser »). Mais de l’hostilité, jamais.
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Au sein du mode de production capitaliste, dont l’objectif est l’accumulation des richesses au profit d’une classe qui détient les moyens de production, la classe, la race, le genre se sont développés comme des technologies d’organisation sociales intégrées aux États modernes en formation et mises au service des classes dirigeantes pour accroître l’exploitation, diviser le corps social, asseoir et reproduire leur pouvoir.
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Le petit blanc doit affronter sa blessure intime : admettre que ce qui le révolte le plus profondément ce n'est pas tant qu'il y a plus pauvre et plus illégitime que lui, c'est que l'indigène malgré tout, sait préserver une part de son être , de son identité et de son histoire. (...) Ce qui lui est intolérable, c'est de constater son immense solitude et sa propre misère culturelle ce que d'aucuns appelle " l'insécurité culturelle" dont on attribue cyniquement la responsabilité aux indigènes alors qu'elle est produite par le grand capital. Cette culture qu'il a abandonné au profit d'un cadeau empoisonné , offert par des générations de bourgeois: la blanchité qui n'est ni une culture, qui n'est pas une tradition, qui n'est pas une esthétique, qui n'est pas une spiritualité , qui n'est pas une transcendance. juste un trou, une béance dans laquelle il tombe indéfiniment, à défaut d'affronter la seule question qui vaille la peine : qui suis-je sous mon manteau blanc.
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Car s'il est vrai que la banlieue a bénéficié d'une charité bien ordonnée c'est moins par souci de justice sociale qu'à cause de la proximité dangereuse des Barbares avec la Civilisation. Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse... Le cœur bourgeois n'est qu'à quelques stations de métro ou de RER. L'argent qui se déverse, les budgets qui sont votés n'ont pas vocation à rendre justice. Ils achètent la paix sociale. Les grands centres bourgeois et leurs fondés de pouvoir ont cette obsession : le contrôle de la population indigène. Et une tâche majeure à accomplir : résoudre la Grande Équation. Leur domesticité, dont dépend économiquement leur quotidien, doit rester à quelques encablures. A l'instar des châtelains et leur domaine. Les serviteurs, les femmes de chambre, les palefreniers, les jardiniers, les nounous sont logés dans le grenier ou en sous-sol, hors de la vue mais à proximité. (P193)
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La conception patriotique bourgeoise de "l'intérêt national" conduit le PCF à prétendre que tout affaiblissement de l'impérialisme français par les mouvements nationalistes des colonies fait le jeu des impérialismes adverses, de ce fait affaiblit aussi le prolétariat de la métropole. Par voie de conséquence , il est donc dommageable pour les peuples colonisés eux memes, puisque leur salut depend du sort de la révolution dans la métropole. La rhétorique est implacable.
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Vidéo de Houria Bouteldja
51ème séance, 3 mai 2023 Lettre d'information du Séminaire : https://laggg2020.substack.com/ Séances précédentes et renseignements : http://linktr.ee/laggg 00:01:34 Guerre à venir entre l'Iran et Israël 00:15:50 En finir avec le djihadisme, exemple de la démilitarisation du Japon 01:30:00 Pétrification du discours antisioniste 01:38:00 La "vérité" historique 01:58:30 La collonisation antisioniste 02:09:30 Le Monde Diplomatique 03:09:48 Paradoxe des antisionistes juifs 03:34:02 Farce du Canaanisme 03:46:15 Folie d'Houria Bouteldja 04:09:45 Alain Gresh emberlificoté 04:13:10 Fantasmes autour d'Al-Aqsah 04:28:50 Les djihadistes rajeunis 04:44:58 Mensonges sur la Cour suprême 05:01:13 La calomnie de l'apartheid 05:34:10 La parole des Arabes israéliens 05:53:45 Thomas Vescovi 06:52:00 Ilan Pappe critiqué par Benny Morris 07:05:11 Pourquoi je fais de si longues séances 07:06:13 Psychanalyse sauvage d'Éric Hazan 08:15:34 Penser l'être juif
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