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ISBN : 2228894060
Éditeur : Payot et Rivages (31/05/2001)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 80 notes)
Résumé :
Globe-trotter poète, écrivain du voyage, Nicolas Bouvier aura sans doute rempli autant de carnets de notes qu'il aura achevé de paires de chaussures. Le Journal d'Aran et d'autres lieux s'ouvre sur une balade le long des falaises d'îles irlandaises, saoules de vent et hantées par la solitude minérale, sur les traces de quelques moines fondateurs d'abbayes, de bâtisseurs acharnés. Ou plus simplement dans le sillage de la "jeune... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
EFar
  28 juillet 2011
Des trois récits de voyages qui constituent ce journal, j'ai surtout été marqué par la ballade irlandaise. Sans doute parce que ce pays, et surtout sa musique, tient de la place dans ma vie.
Comme revenant à ses premiers voyages financés par des journaux suisses (Finlande, Maroc,…), Nicolas Bouvier part en reportage pour un magazine dans les années 80. Fidèle à lui-même, il débarque sans plan ni préparation. le voyage devient une petite errance sur cette île d'émigrants. de ses tribulations, il ramène (encore une fois) un récit limpide, un documentaire à la force d'évocation stupéfiante.
Sur les îles d'Aran, Nicolas Bouvier suit la piste des saints irlandais exaltés et délirants. Il découvre une frugalité qui sans doute le fascine, lui pour qui le voyageur s'allège quand le sédentaire s'alourdit.
En quelques rencontres de lieux et d'hommes, et à travers des histoires recueillies, de grands thèmes du pays prennent corps. Voici ceux qui me restent en mémoire : la force des paysages, l'âpreté de la nature, la prégnance de l'histoire, la présence en filigrane de l'arrière monde (celui des sidh et des êtres fées), l'émigration, la pauvreté, le goût de la parole, la force de caractères des irlandais.
J'ai découvert Aran à travers ce livre. Avant cela, ces trois îles étaient de simples taches sur une carte, auxquelles j'associais une réputation de rudesse et de sauvagerie. Bien après avoir lu ce journal, j'ai visité l'Irlande. Mes souvenirs de 6 semaines passées aux portes de l'hiver le long de la côté ouest, et particulièrement quelques journées sur Inismore à Aran à la veille de Noël, me font dire que cette chronique de Nicolas Bouvier est d'une justesse étonnante – sans parler de la beauté du texte.
Étrangement, je ne garde quasiment aucun souvenir des deux autres récits du livre. Ils parlent de l'Asie, je crois. Comme si les îles Aran et leurs côtes battues par l'Atlantique les avaient englouties. C'est bien ma seule raison de ne pas mettre cinq étoiles à ce livre.
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Lune
  07 octobre 2016
Partir... Il y a l'errance, le dépassement physique et mental, l'aventure et les découvertes.
Puis il y a partir en vagabond sédentaire grâce à la lecture.
Partir avec Nicolas Bouvier, c'est perdre ses repères et pénétrer d'autres mondes.
L'auteur s'y entend pour décrire lieux et paysages, faune et flore, rappels historiques, portraits humains, rencontres, conditions de voyage.
Une lucidité tranchante notamment sur les conditions religieuses et superstitieuses à travers siècle jusqu'aux jours qui le virent en Irlande, en Corée et en Chine dans ce petit livre relatant ces expériences.
Un regard tranchant sur la folie humaine et les sites bafoués par la crasse déposée par l'homme (Corée), Nicolas Bouvier ne cache en rien sa révolte et son écoeurement.
Il s'avère intéressant d'effectuer quelques recherches sur l'évolution de ces lieux et des hommes au regard de la date d'édition.
L'Île d'Aran et sa sauvagerie naturelle, ses îliens aux regards tournés vers New-York, ses croyances « celtiques » qui évoluent vers un folklore touristique n'empêchent pas d'être fascinés par ce coin de terre isolé et aride.
La Corée où l'homme pleure pour se nettoyer, où la corruption émanant d'années d'occupation et d'horrible guerre nous est décrite avec tout le réalisme de l'époque.
Et enfin la Chine, à Xian, quelques feuillets d'une émotion rare qui donne à espérer en l'homme.
Considéré comme l'un des grands écrivains voyageurs, son écriture reste contemporaine malgré le temps qui s'est écoulé, dit les choses et les faits dans une langue forte, sans concessions et c'est en cela que son expérience nous enrichit, faite de constats pertinents et lucides qui amènent à réfléchir.
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Kickou
  07 octobre 2016
Les citations ; ces pépites qu'on trouve, et qu'on note pour les mettre en avant sur Babélio, sont comme les photos de vacances. On visite, on parcourt des lieux ou des pages, mais on en oublie parfois de vraiment profiter, de pleinement apprécier le voyage ou la fluidité d'une lecture. Or, il y a dans ce livre, trop de belles citations à noter, trop de pépites, j'y renonce donc, comme il m'est arrivé de laisser l'appareil-photo pour mieux jouir d'un paysage ou d'une ballade.
Dans ces lumineux récits, Nicolas Bouvier séjourne sur l'île d'Aran au large de l'Irlande, il parcourt le Corée de 1970, il crapahute sur un volcan coréen, et il rencontre un guide touristique chinois plutôt original, cela suffit, pour lui, à faire un grand livre. Car, avant d'être un grand voyageur, Nicolas Bouvier est un amoureux de l'Humanité, des cultures et des paysages, un curieux-de-tout, et surtout il sait transmettre tout cela à ses lecteurs, là est son génie. 5* pour l'ensemble de son oeuvre
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martineMM
  27 septembre 2013
Ça fait trois jours que je m'agrippe à Nicolas pour parcourir de fond en comble quelques îlots pierreux battus par des vents de folie, au large de Galway, côte ouest de l'Irlande. C'est surtout la nuit que la fièvre nous ouvre les lucarnes de toutes les croyances: car un monde parallèle s'agite ici, issu des contrées du dessous, grottes, tombes, sources, d'où, quand bon leur semble, surgissent les créatures du "Side". Simples, directes, elles viennent à vous sous forme éthérée, humaine ou animale, pour vous aimer ou peut-être pour vous tuer. Toutes sortes de récits se tricotent sans retenue au coin du feu, les nuits de vent cinglant. Nicolas et moi nous observons, regardons, écoutons. Et sans doute rencontrons-nous un de ces visiteurs de l'au-delà projeté par une bourrasque dans une encoignure de muret: un cheval blanc , immobile, fantômatique ... Nicolas me souffle à l'âme ses frissons, sa fièvre tenace, dans un récit précis, érudit et sauvage, d'une jubilatoire liberté. Aran d'Irlande et d'autres lieux saupoudrés sur terres et mers d'Asie racontent chacun leur tour l'âme humaine dans toutes ses diversités.
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ericbo
  30 mars 2017
Les livres de Nicolas Bouvier sont toujours une invitation au voyage introspectif. La description des paysages désolés des îles d'Aran en sont une nouvelle illustration. Il nous fait part de son ressenti face à cette nature violente, à ces gens qui ont choisi cet exil volontaire. On se croirai dans un tableau de Friedrich. L'Homme face aux éléments telluriques qu'il ne maîtrise pas.
Les récits asiatiques qui terminent le livre ont peut-être moins de prégnance.
Un excellent livre de voyage.
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Citations & extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   04 mars 2017
A propos de l'air d'Aran :
Tout le bien que je pourrais dire de celui que l'on respire ici, dans cette météo déchaînée, avec sa saveur de fenouil sauvage et sa vapeur d'eau de mer en suspension, resterait en-dessous de la vérité. Il dilate, tonifie,saoule, allège, libère dans la tête des esprits animaux qui se livrent à des jeux inconnus, hilarants. Il réunit les vertus du champagne, de la cocaïne, de la caféïne, du transport amoureux, et l'office du tourisme a bien tort de l'oublier dans ses prospectus. En Inde, j'avais vu des gourous "pneumatistes" enfouir des litres d'air dans leur ventre, puis le restituer, en croquant au passage tous ses éléments nutritifs, comme galettes tirées du four. Sans y prêter autrement attention. Ici, j'en aurai très bien vécu pendant une semaine de jeûne absolu et de marches harassantes, dans une sorte d'ébriété ébahie.
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nadejdanadejda   04 mars 2017
Dans ces paysages faits de peu je me sens chez moi et marcher seul, au chaud sous la laine, sur une route d'hiver est un exercice salubre et litanique qui donne à ce peu --- en nous ou au-dehors --- sa chance d'être perçu, pesé juste, exactement timbré dans une partition plus vaste, toujours présente mais dont notre surdité au monde nous prive trop souvent.
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isababelisababel   08 mai 2015
J'étais en train de me dire : "Qu'est-ce que j'ai au monde à foutre ici ?" lorsque, sur un caprice du ciel, la lumière de fin d'après-midi est d'un coup devenue très belle, faisant briller la branche de gui encore suspendue à la porte, traversant des liquides d'une coloration douteuse. Bref : en dépit de l'indigence du lieu, c'était cette pénombre ambrée, dans la manière des maîtres flamands qui reproduisent sur un flanc de carafe toute la taverne qui remplit leur toile. Trop sombre pour photographier à main levée. J'ai fixé l'appareil sur un petit trépied, l'ai posé sur un coin du bar et, trompé par la torpeur générale, négligé de prononcer le fatidique "ne bougeons plus !". Diaphragme : 5,6, pose : une seconde. Précisément celle qu'ils ont choisie pour s'étirer en bâillant et battre des paupières. Au lieu d'un Vermeer j'ai eu un Francis Bacon avec ses contours fondus, glaireux, cirrhosés. Et sans doute plus fidèle au génie du lieu.
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vaouleventvaoulevent   02 mai 2011
il connait dans l'île des lieux -bien circonscrits : un roc fendu par la foudre, une souche de cornouiller qu'on a toujours vue là et qui ne veut pas mourir - pleins de force, d'efficace et de bonté. c'est là qu'il faut aller se recueillir, demander, remercier. Ailleurs, à l'église qu'on laisse un peu aux femmes, c'est du temps perdu. Il ne dira pas où ni comment les trouver : les découvrir et savoir ce qu'ils nous veulent est l'affaire de chacun. Ils ne se signalent par rien mais restent tapis au sol avec leur charge de cadeaux et de menaces. Que vous les approchiez par la gauche ou par la droite et votre journée sera différente. p.46

Certains jours on se passerait d'avoir un corps : avant l'aube, la colique et la
fièvre me laissent quatre heures de sommeil et de répit bienvenus que j'emploie à le séparer de moi. Au réveil, je le retrouve à une bonne longueur de bras. je le bouchonne, je l'étrille à la brosse et à l'eau froide, je le frotte à l'alcool de camphre, le retourne sans façons en m'amusant de le retrouver chaque matin plus émacié et piteux. Je l'enveloppe de laine et de cuir, l'abreuve de thé très sucré -le seul aliment qu'il supporte - puis l'envoie sur la route où il se nourrit de vent atlantique et où je le rejoins un peu plus tard sans qu'on ai échangé un mot. Si mauvaise qu'ai été la nuit, quelques bouffées d'air ont suffit à le remettre d'aplomb. Il est là, revigoré, fin prêt pour les entreprises de la journée. p.48
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nadejdanadejda   04 mars 2017
Sur le chemin du retour, croisé une charrette dont le cheval s'était emballé. Michael a mordu sur le talus pour lui laisser le passage. Le conducteur de cet attelage qui descendait en catastrophe vers la plage, un gros rouquin arquebouté sur les rênes les a, malgré l'urgence de la situation, lâchées d'une main pour nous saluer avant de disparaître dans un omineux nuage de poussière.
Qu'on soit à pied, à vélo, à cheval, au volant, il est ici inconcevable de croiser quelqu'un sans le saluer. Sur l'île, chacun connaît chacun, mais on touche aussi de l'index le bord de sa casquette pour souhaiter la bienvenue à l'étranger que je suis. Michael me dit qu'on n'est jamais en peine ici lorsqu'on a besoin d'un coup de main. Il pense que cette solidarité à la fois joviale et taciturne est due à l'existence précaire que les iliens ont si longtemps menée. Plus la vie est indigeste et frugale, mieux ces bénédictions gaéliques ("cent fois bien venu", "cent fois bon retour) l'allègent et l'aménagent.
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Videos de Nicolas Bouvier (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nicolas Bouvier
La reprise de L’Usage du monde mis en scène par Dorian Rossel, du 8 au 13 mars au Théâtre Vidy-Lausanne (complet), s’enrichit d’une soirée spéciale consacrée à Nicolas Bouvier à la Cinémathèque suisse, le vendredi 4 mars.
>Géographie générale. Voyages>Histoire de la géographie>Géographes, explorateurs, voyageurs (13)
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