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Grégory Leroy (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070361304
256 pages
Gallimard (07/05/2009)
3.97/5   120 notes
Résumé :
Les fameux carnets que Nicolas Bouvier tint pendant son séjour au Japon en 1964 restèrent longtemps inédits. Partie intégrante du " Livre des Merveilles " qu'il souhaitait écrire, " Le vide et le plein " impose cet art unique qu'il a de saisir, comme on dérobe des pommes à l'étalage, des fragments d'éternité. Bouvier découvre, s'émerveille, s'étonne, se laisse faire mais aussi défaire par ce pays " non pas tant mystérieux que mystifiant ". Et se livre dans ces court... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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IreneAdler
  05 mai 2014
Écrivain-voyageur, sédentarisé le temps de quelques années (si l'on veut, il voyage dans le pays). le meilleur moyen de s'imprégner d'un pays, d'une culture pour essayer d'en parler correctement ensuite.
Et quoi de plus étranger à notre pensée occidentale que celle du Japon des années 1960, autre grande puissance mondiale ? Par petites touches, il nous fait sentir la rigidité, la conformité, le manque de spontanéité des Japonais. L'omniprésence de l'étiquette. Et pourtant, s'il a parfois envie de les secouer un peu, il admire la proximité avec la nature, le côté un peu paysan même des citadins, la magie des choses naturelles conservée grâce au shinto (il ne parle pas des paysages, qui pour lui n'existe pas dans le pays, car trop peu naturels, justement)
C'est un portrait impressionniste et vivant d'un pays en pleine mutation.
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Colchik
  18 novembre 2017
Le récit du séjour de Nicolas Bouvier au Japon est d'un ton radicalement différent de celui de L'usage du monde. Il n'est plus le jeune homme qui s'embarque pour une aventure au long cours sur les routes de Turquie ou d'Afghanistan avec un copain. C'est un homme marié, père d'un enfant, Thomas, et dont la femme Éliane vit une seconde grossesse qui se passe assez mal. Il semble lesté d'une mélancolie renforcée par celle qu'il prête volontiers aux Japonais. Faut-il dire qu'il est déçu par le pays et la culture qu'il redécouvre après la brève étape en 1956 qui conclut sa virée asiatique ? Le terme de déception convient mal car l'écrivain aime, autant qu'il tourne en dérision, certaines caractéristiques de la vie japonaise. Il se moque de la médiocrité de certains maîtres de l'enseignement du zen, mais reconnaît la fulgurance des réflexions quand l'approche de cette discipline est aboutie. Il ridiculise le caractère empesé et résolument aristocratique de la cérémonie du thé et s'étonne de l'homme simple capable d'admirer un bol à thé merveilleusement façonné. Il s'agace de l'esthétisme qui affecte les rites et est ému du contact direct qu'entretient le Japonais avec la nature.
Il y a beaucoup d'ombres sur ces pages, comme si le doute profond qui se tapit dans le voyageur, sa capacité à s'affranchir de l'avenir au profit de l'immédiateté le rapprochaient du vide alors qu'il prend conscience de la nécessité de subvenir aux besoins de sa famille, de la perte de son père, de la vanité à prétendre comprendre l'autre. Il est le gaïjin et, au lieu de l'accepter - c'est la condition première du voyageur - il s'insurge à contrecœur. Habitué à observer, il est l'objet d'une curiosité qui l'empêche de poser tranquillement son regard. Le groupe l'étouffe et exacerbe son individualisme qu'il ne parvient plus à mettre au service de la compréhension de son environnement. L'empathie s'évapore quand l'improvisation, la spontanéité sont rendues impossibles par les règles de la civilité et une politesse sclérosante. La fêlure qui traverse la personnalité exigeante de Bouvier se révèle douloureusement au fil des pages.
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cdontot
  30 novembre 2020
La plume est sensible, juste, subtile, détaillée et agréable à lire. J'aurais aimé écouter ces carnets, les entendre conter pour mettre en vie ces impressions, ces scènettes statiques, apporter un mouvement à l'observation. C'est peut être le défaut de l'occidental qu'évoque Nicolas Bouvier. Rester à sa place et apprendre à regarder par la fenêtre ne suffit pas, l'occidental a besoin de faire un trajet et de tirer sur des fils. C'est ce qui m'a un peu manqué dans ces notes. le mouvement, celui qui ferait jaillir la beauté de la plume de ce grand écrivain. J'adorerai assister à une soirée de contes et de lecture de Nicolas Bouvier. Je ne sais pas si cela existe en podcast ou quelque part mais ça vaudrait le coup. Merci tout de même pour ce voyage et pour ces impressions qui sont intimes et pures car on sent qu'elle touche les confins de l'âme de Nicolas Bouvier. Et il est agréable de lire la sensibilité d'un tel homme.
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saphoo
  23 juillet 2017
Une petite déception pour ce vide et le plein, bien que j'ai retrouvé avec plaisir la plume de Nicolas Bouvier, je n'ai pas trouvé l'évasion que j'avais tant aimé dans 'l'usage du monde'. Ce qui peut s'expliquer que dans ce recueil de récits, l'auteur ne voyage pas à proprement dit, puisqu'il est à demeure au Japon avec sa famille. Il nous livre plus une mosaïque de son ressenti face à la culture Japonaise, nous peint cette culture particulière, tant de pénétrer l'insondable de cette âme japonaise.
Intéressant donc pour ce côté culturel du pays, mais rien de très percutant, il faut plutôt lire ce livre pour la connaissance de ce pays, mais pas pour l'évasion et le voyage.
J'aurais sans doute dû lire le livre qui retrace ses périls au japon avant celui ci, j'aurais sans nul doute plus adhérer.
Dans tous les cas, je suis fan de sa plume et de sa philosophie.
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Cronos
  27 mai 2015
L'auteur nous offre un voyage fantastique dans le Japon des années 60. Ce que j'aime, évidemment le sujet, j'aime beaucoup ce pays, particulièrement sa culture.
Les années 60, que je n'ai pas connues, sont assez éloignées pour pouvoir prendre du recul sur l'évolution du peuple japonais et en même temps assez proche pour voir les répercutions directe des choix du pays.
Les petits chapitres offrent une facilité à la lecture. Mon seul regret est le manque d'images, pas forcément des photos (à l'époque c'était un peu plus dur), mais des plans de villes, des croquis etc. Ce n'est pas si grave, j'ai quand même pleinement apprécié l'aventure et la découverte.

"Non pas tant mystérieux que mystifiant" .
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Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
wellibus2wellibus2   20 juin 2015
Il en va souvent ainsi des gens qui "font les mystérieux" : c'est leur néant qu'ils dissimulent, ou l'espoir, qu'après tout on ne peut blâmer, que derrière ce néant dont ils souffrent se cache quelque chose qu'ils ne connaissent pas encore.
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wellibus2wellibus2   19 juin 2015
Japon : pays de toutes les nuances du bois, de la mousse, du thé amer et de ces grosses flutes de bambou dans lesquelles on engouffre l'air par litres pour obtenir cette note basse et tremblante d'une mélancolie qui en dit long sur le pays.
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brigetounbrigetoun   01 décembre 2010
Le voyage ne vous apprendra rien si vous ne lui laissez pas aussi le droit de vous détruire. C'est une règle vieille comme le monde. Un voyage est comme un naufrage, et ceux dont le bateau n'a pas coulé ne sauront jamais rien de la mer.
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PilingPiling   01 novembre 2011
Un tort peut-être dans mon attitude : les gens viennent à moi – c'est la coutume, et aussi la curiosité –, je les accueille bien, cela dure un moment et puis une sorte de lassitude se lève, le rideau tombe et je les renvoie. Plutôt, je ne les renvoie pas : ils sont encore autour de ma table et parlent, mais mentalement ils sont congédiés et je me dis : "Encore une fois, ceux-là ne sont pas pour moi."

Ramasser ce qui est pour moi, et cela seulement. C'est peu mais c'est pour moi. Voilà pourquoi je voyage.
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PilingPiling   01 novembre 2011
Tous les voyages sont ethnographiques. Votre propre ville même, si vous l'étudiez avec la patience, la curiosité et la méthode que les meilleurs esprits mettent à étudier une tribu sauvage, attendez-vous à des surprises. Le quotidien n'existe pas. L'ordinaire n'existe pas. Vous croyiez connaître la chambre ? Vous vous apercevrez que vous ne savez même pas d'où viennent les meubles, ni qui paie le loyer.
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Videos de Nicolas Bouvier (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nicolas Bouvier
Extrait de Le Hibou et la Baleine. Ce documentaire forme le portrait de l’écrivain, photographe, iconographe et grand voyageur Nicolas Bouvier. Elaboré avec son étroite collaboration, Le hibou et la baleine a été filmé dans les lieux familiers et intimes de l’auteur de L’usage du monde — sa maison de Vandoeuvres, près de Genève, son atelier de Carouge. Des textes inédits, écrits dans le contexte et l’envie du film, une iconographie emblématique, des photographies, des musiques aimées, ou enregistrées sur la route des Balkans, s’ajoutent à la parole de l’écrivain qui, en sept «chapitres», s’attache à décrire les paysages de réflexion qu’il privilégie à ce jour: l’ici, la maison, la Suisse; Tailleurs, le voyage, l’espace; les lectures, les mots, le travail d’écri ture; la musique, le rire et les larmes; le temps, la mort, le corps, l’amour. L’être. Un bien beau tour de force que ce «voyage en chambre» réalisé par une cinéaste genevoise qui s’adonne avec une passion égale à la fiction et aux explorations documentaires. Sans coup férir, Patricia Plattner capte le lieu et l’instant de naissance de toute littérature: le corps immobile, l’esprit en mouvement, en voyage dans la mémoire — à fortiori quand il s’agit de celle de Nicolas Bouvier, citoyen du monde.
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