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EAN : 9782253086468
448 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (26/09/2018)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 373 notes)
Résumé :
Au pied du Puy-Violent dans le cantal, dans la chaleur d'août 1914, les hommes se résignent à partir pour la guerre. Les dernières consignes sont données aux femmes et aux enfants: même si on pense revenir avant l'automne, les travaux des champs ne patienteront pas. Chez les Landry, le père est mobilisé, ne reste que Joseph tout juste quinze ans, en tête à tête avec sa mère et qui ne peut compter que sur Léonard, le vieux voisin. Dans une ferme voisine, c'est Eugène... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (131) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  09 octobre 2017
Chantegril, au pied du puy Violent, août 1914. Victor, comme tant d'autres mobilisés, doit quitter son Cantal et laisser derrière lui femme et enfant. Avant de grimper sur son cheval, quelques recommandations à l'oreille de son fils, Joseph, 15 ans, devenu maintenant l'homme de la famille pour un moment. Un moment qui, tous l'espèrent au fond d'eux, ne s'éternisera pas. L'adolescent, entouré de sa mère, Mathilde, et de sa grand-mère, Marie, va s'acquitter des tâches inhérentes à la ferme sous l'oeil avisé du vieux Léonard, ami et soutien de la famille. Non loin de là, dans la ferme voisine, les Valette, un couple aigri et brut, lui dont la main atrophiée l'empêche d'accomplir son devoir et elle qui pleure son fils parti au front, recueillent chez eux leur belle-soeur et leur nièce, le père étant lui aussi parti à la guerre...
C'est dans ce contexte tragique que Franck Bouysse plante le décor de son roman. C'est dans ces campagnes vidées de ses hommes valides que vont se jouer des drames, au coeur de cette nature sauvage. L'on fait la connaissance de Joseph, un adolescent, entouré de sa mère et de sa grand-mère, qui va peu à peu prendre conscience du monde qui l'entoure. Un monde empli de rancoeurs, de violence, d'aigreur, d'amertume, de souffrance mais aussi d'espoir et d'amour. L'auteur dépeint avec force et âpreté des êtres taiseux parfois meurtris, aigris, généreux ou encore insouciants. Au loin, la guerre gronde et l'orage, au puy Violent, n'est jamais bien loin. Franck Bouysse nous offre un roman fort, puissant, parfois étouffant. Une fresque poétique, initiatique et sociale servie par une narration ciselée et une plume lyrique, riche et d'une grande justesse.
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Kirzy
  17 décembre 2019
Que j'aime cet auteur !
J'ai lu mon Franck Bouysse dans le désordre.
D'abord son premier roman, mon premier, Grossir le ciel, une révélation comme je n'en avais pas eu depuis longtemps en littérature.
Puis son deuxième, mon deuxième, Plateau, bon, très bon sans atteindre les mêmes sommets, une confirmation tout de même.
Puis Né d'aucune femme, son quatrième, mon troisième, un choc qui résonne encore, LE coup de coeur de mes lectures 2019.
Et enfin, celui-ci, son troisième, mon quatrième donc.
Si j'avais lu dans l'ordre bien gentiment, juste après Plateau, je pense que je l'aurais trouvé absolument formidable. Là, après Né d'aucune femme, je le trouve excellent et le vois comme une montée en puissance qui annonce la suite.
Les premières pages sont saisissantes. On est en août 1914, la veille du départ du père pour la guerre. La vieille Marie, sa mère, est accrochée à un mystérieux coffret métallique, terrifiée par l'orage qui gronde violemment.
«  Marie était prisonnière de funestes pensées qui se propageaient dans sa tête comme un coulée de boue glacée. Si Victor ne devait pas revenir de la guerre, elle perdrait tout, s'affaisserait à la manière d'une herbe cisaillée par la faux, et rien n'y ferait contre une telle douleur, pas même la présence de ce petit-fils qui lui ressemblait tant, qu'elle chérissait sans honte, à croire que ce genre de manifestation sautait les générations. Elle pensa aussi à Mathilde, si effacée, si fragile. Marie ne la sentait pas armée pour faire face à la place vide dans le lit, ce désespoir qui saisirait sa bru, ce désespoir dont elle savait tout. L'expression tangible de sa peur n'avait rien voir un vide quelconque, mais plutôt avec son propre effondrement de mère. Une paralysie intérieure dont elle ne voulait surtout rien montrer et qu'i l'avait prise depuis que les cloches De Saint-Paul s'étaient mises à sonner à contretemps. Marie se sentait vieille. Bien trop vieille pour se suffire du labeur. Son coeur et son corps fatigués auraient eu besoin d'être ménagés, mais elle haïssait le repos et le haïrait infiniment plus lorsqu'on son fils serait parti pour la guerre. Elle savait ce qu'une femme peut finir par accepter. Une mère, jamais. »
Dans ce roman, toute la patte Bouysse s'exprime à plein : un monde rural dans lequel couve une tragédie nourrie de la découverte de l'amour , de rancoeurs cuites, de fatalisme paysan ; une écriture lyrique qui emporte le lecteur sans souci de mesure ; de la rudesse âpre à chaque page. Toutes les émotions sont exacerbées par le contexte guerrier qui dérègle le monde traditionnel et semble ouvrir des brèches à la folie des hommes. La tension monte très vite et s'éteint jamais. On sent que le drame couve, on sent de quelle direction il va venir, mais on n'a ni l'heure ni le lieu, ni la modalité ultime.
Les personnages sont tous formidablement campés, on les voit, on comprend leur ressort à défaut de les aimer tous et de les comprendre tous. J'ai particulièrement apprécié celui de l'épouse de l'affreux Valette, taiseuse, qui va précipiter l'action lorsqu'elle bascule dans une folie inattendue.
Bien sûr c'est très sombre même si la noirceur de ce roman est éclairée par une très belle histoire d'amour naissant, d'une délicatesse dingue, ainsi que par la relation quasi filiale qui unit le jeune Joseph au vieux Léonard, celui qui transmet et réconforte alors que le vrai père est loin, au front.
Que j'aime cet auteur, donc !
Merci à cette belle maison d'édition, La Manufacture de livres, de le soutenir depuis le début !
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Cannetille
  14 juin 2019
En ce début de 20e siècle, la vie dans les montagnes du Cantal est rude. Elle le devient bien plus encore lorsque la mobilisation de la Grande Guerre vide les fermes des hommes valides. Au village de Chantegril, ceux qui restent s'organisent tant bien que mal : chez les Lary, Joseph, quinze ans, trime aux côtés de sa mère et de sa grand-mère, avec l'aide d'un vieux voisin. Chez les Valette, le père rage de n'avoir pu partir au front en raison de sa main mutilée : redouté de tous pour sa rancoeur et sa méchanceté, il s'adonne violemment à la boisson et à la persécution de son entourage, soudain élargi par sa belle-soeur et sa nièce débarquées de la ville pour trouver refuge à la ferme.

Le décor est planté pour la mise en place d'un drame dont la tension ne va faire que s'amplifier au fil des pages. Bien peu de choses se passent en réalité : les jours se succèdent selon l'immuable rythme des travaux agricoles, dans une atmosphère pesante et orageuse. Hommes et femmes s'épuisent dans un labeur incessant et une succession d'épreuves qui usent les caractères ou les transforment en bêtes enragées. Les douleurs font d'autant plus de ravages qu'elles s'enfouissent dans le silence de ces êtres rudes et taiseux, impitoyablement endurcis par la vie. Les drames, lorsqu'ils explosent, en sont d'autant plus meurtriers.

Ambiances et caractères sont criants de vérité : chaque geste, chaque mot sont restitués avec une précision cinématographique et une justesse d'observation qui leur confèrent un réalisme absolu. Impossible de ne pas se sentir transporté sur cette terre, dont la beauté n'a d'égale que son âpreté, et qui ne pouvait engendrer que des êtres forts, courageux et obstinés, aussi durs et cassants que des cailloux sous le gel.

Servie par une langue ciselée d'une remarquable beauté, cette fresque rurale noire immerge le lecteur dans un récit tellurique oppressant, qui écrase peu à peu ses personnages sous le poids d'une vie misérable où s'usent peu à peu tous les espoirs : rien d'autre que des drames engendrés par l'ordinaire et vécus dans le silence, restitués ici avec un réalisme et une justesse qui forcent l'admiration. Coup de coeur.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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nameless
  14 janvier 2019
Il faut posséder une connaissance intrinsèque d'un terroir pour écrire un roman d'une telle puissance, d'un tel souffle, d'une telle authenticité dans la moindre observation, dans l'économie drastique de ses dialogues, dans le choix des personnages. L'histoire est belle, poignante, tragique, violente, je vous préviens. Pleine de cette violence que seule la campagne peut engendrer, celle des non-dits ou des secrets, du silence, de l'isolement, de la difficulté à survivre, de la rudesse du climat, de la terre ingrate qui rendent la population poreuse aux malheurs, à laquelle il faut encore ajouter dans Glaise, la première guerre mondiale qui exacerbe toutes ces composantes bien éloignées de la néo-ruralité en vogue, pour les porter à leur paroxysme.
Août 1914 : Après avoir élaboré de savantes stratégies, l'Etat-major et ses généraux engagent dans ce qui doit être une guerre-éclair, d'autres vies que les leurs. A Saint-Paul-de-Salers, bourgade à l'ombre du Puy violent, Victor est mobilisé et rejoint son régiment, accompagné de son percheron, lui aussi réquisitionné, victime de l'insatiable voracité militaire. Victor laisse derrière lui sa mère âgée, Mathilde son épouse, et Joseph, son fiston de 15 ans qui doit se substituer à son père pour assurer les récoltes, les soins aux bêtes et l'entretien de la ferme sans pouvoir compter sur la solidarité villageoise puisque Valette, un proche voisin, est un fruste, rustre, imprégné d'alcool et de haine qui terrorise son bétail, son chien, sa femme, son fils étant lui aussi au front. Seul Léonard, trop vieux pour la guerre est un ami et confident pour Joseph.
La Grande Guerre, dont le bruit et la fureur parviennent à Saint-Paul assourdis ou matérialisés par de rares lettres annonçant souvent la mort d'un fils ou d'un père, sert d'arrière-plan au roman. Dans un décor immuable, rythmé par les saisons, les labours et les récoltes, les soins à prodiguer aux animaux, Franck Bouysse insère Hélène, soeur de Valette, et Anna, sa fille. Elles ne sont pas du même monde ; elles ont fui leur domicile citadin trop proche des premières lignes de combat pour se réfugier dans le Cantal. Anna a apporté dans ses bagages de la beauté, de la fantaisie, de l'amour, beaucoup d'amour pour Joseph. Mais encore ?
Un roman d'une beauté foudroyante  ! Merci à Franck Bouysse.
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Tostaky61
  13 septembre 2017
Lecteur, c'est pas un métier facile....
Enfin, lire ça va, mais c'est l'après qui se complique, quand il faut parler de ce qu'on vient de lire. Facile me direz-vous, surtout si l'on a aimé.
Et bien non, moi je vous le dis, quand on a adoré, quand on a été enthousiaste à une lecture, quand, le livre refermé, vos pensées sont encore dans ses paysages et décors, quand ses personnages continuent de vous hanter, quand vous avez envie de crier à la gloire de l'auteur et de son oeuvre, quand on pourrait vous juger fou d'un tel excès, rien n'est simple.
Glaise est un coup de coeur,  oui, un vrai, il ne sera pas le seul de mon année littéraire, mais voilà quoi, il est ...enfin....comment dire.... vous voyez, quoi.... Mais si ! Ce bouquin que tout lecteur espère,  celui qui remue les tripes, celui dans lequel il y a de l'amour, des larmes, des cris, des morts, celui qui contient la vie, les vies. Ce livre qui raconte, un temps, des saisons, des gens, une terre.
Glaise c'est 1914, mobilisation générale. Dans un coin du Cantal, Saint-Paul de Salers, là où coule la Maronne, toutes les familles voient partir leurs hommes. Ne restent, pour s'occuper des fermes que les femmes, les enfants, les vieillards et les invalides. Joseph, 15 ans et de ceux-là, de ceux qui grandieront et relèveront le défi de continuer le travail de leurs aînés. Loin du bruit des canons, de ce conflit qu'on préfère taire et là où l'on évite de parler des absents. En cette période perturbée, c'est la vie de ces quelques exploitations regroupées dans un hameau de cette commune auvergnate, que nous retrace la plume incroyable de Franck Bouysse.
Il y a quelques semaines déjà,  j'ai croisé l'écriture d'un auteur sur un roman assez proche, par certains côtés, de celui-ci, j'avais d'ailleurs fait part, là aussi de mon admiration. Alors moi, je le dis haut et fort, si je trouve la lampe d'Aladin, j'ai un souhait, qu'on me donne le talent de tels écrivains. Je ne sais pas quel genre de plaisir procure l'écriture de tels ouvrages, mais si c'est à la hauteur du plaisir de les lire, c'est jouissif, le bonheur total.
Une amie, quelques jours avant sa parution, a attiré mon attention sur une bande annonce dans laquelle l'auteur parlait de son travail. Merci à elle, merci a l'éditeur,  merci Mr Bouysse, merci à cette libraire, dépitée le jour ou j'ai voulu me le procurer puisque ne l'ayant pas encore reçu, et qui m'a encouragé à lire ce livre qu'elle avait adoré. Bon, j'arrête là avec mes merci, on est pas aux Césars tout de même. ..
J'en entends qui râlent. Non, je n'en dirai pas plus, Glaise est un roman noir, brut comme la terre et les gens qu'elle porte, et le reste c'est à vos yeux de le découvrir et à votre coeur de l'apprécier mais bon sang, si vous l'aimez pas celui-là.... comme dirait Sandrine (qui se reconnaîtra)... je mange mon chapeau.
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critiques presse (2)
Actualitte   06 juin 2019
C'est un magnifique récit qui tient son lecteur en haleine, suspendu à ce qui l'attend à chaque fois qu'il tourne une nouvelle page sans que l'intensité ne faiblisse jamais.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeMonde   20 octobre 2017
Dans « Glaise », drame rural de la Grande Guerre mais loin de son tumulte, l’écrivain corrézien creuse au plus profond de ce rude Massif central qui l’inspire.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (111) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   09 octobre 2017
Tout comme les femmes, les hommes sortaient eux aussi du ventre d'une mère en gémissant, mais ils se prenaient pourtant à se croire plus grands que des hommes dès qu'ils avaient quelques muscles à fourbir contre plus faible, tellement puissants quand ils frottaient leur sexe bandé contre des cuisses pour y enfouir leur éternelle gloire, la révélation dans une simple giclée de foutre cheminant à contre-courant du mystère inoubliable des femmes. Les hommes, qui avaient besoin de boire entre deux ruts pour échapper à leur propre pesanteur, se donner du courage, si pesants, même dans leur sommeil. Ces hommes, qui ne portaient pas les enfants, qui ne les porteraient jamais.
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Jeanmarc30Jeanmarc30   21 octobre 2019
La terre n'avait pas créé les obstacles pour que les hommes les surmontent et se rapprochent ainsi du Ciel, elle les avait créés pour rien, simplement parce que çà lui chantait. Et elle mentait alors, avec aplomb et majesté, sans volonté de mentir, acoquinée aux saisons, se gardant bien de convaincre la souche et le cadavre. La terre n'aimait pas, ne haïssait pas, ne pensait ni au mal, ni au bien. Ne pensait pas. Les hommes dessus, misérables colons dans leur habit de sueur, avec ce besoin de tout nommer, de ramener la terre à une compréhension factice. Les hommes, qui avaient tant besoin de trouver des explications à ce qui ne demandait rien, quand il aurait fallu écouter, regarder la terre se pencher, aimanter toutes les formes de vie, la moindre particule minérale, et même les oiseaux finissaient toujours par se poser et les poussières par retomber. Mère de tout, qui ne se souciait aucunement de son innombrable marmaille occupée à une conquête illusoire. La terre, et le vaste ciel au-dessus, muet lui aussi, que l'on interrogeait pourtant, à qui l'on faisait dire ce qu'on avait envie d'entendre.
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marina53marina53   14 octobre 2017
Dans les fermes, on en prenait soin, des chiens, même s'il s'agissait des seuls animaux pas véritablement productifs, fidèles commis pourtant, à qui l'on confiait bien souvent les tourments et les secrets de l'âme, qui semblaient avoir été conçus pour cela également, et peut-être surtout, en échange d'un peu de soupe et parfois de caresses. Il fallait croire que ça ne changerait jamais, des choses naissaient quand d'autres choses mouraient, et ces "choses", muées en vérité, englobaient tout ce qui pouvait contenir de la vie. Alors on pensait que ça ne finirait jamais, qu'il y aurait toujours moyen que cela continue, sans qu'on demandât à quiconque d'y pourvoir, et que le véritable miracle résidait en cela, que les vies fussent capables de se relayer, des fois avec un peu de retard, et quelques surprises.
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nadejdanadejda   22 décembre 2017
Ce qu'il advint cette nuit-là, le ciel seul en décida. Les premiers signes s'étaient manifestés la veille au soir, quand les hirondelles s'étaient mises à voler au ras du sol. Dans la cour, un vent chaud giflait les ramures du grand marronier et une cordillère de nuages noirs se dessinait sur l'anthracite de la nuit. Le tonnerre grondait, et des éclairs coulissaient au loin en éclairant le puy Violent.
... Les roulements du tonnerre devinrent de plus en plus distincts, faisant comme des mots, se carambolant dans une même phrase dénuée de ponctuation, répétée à l'infini. Maintenant que l'orage avait passé la rivière, plus rien ne pouvait l'arrêter. A chaque détonation, une violence invisible affaissait les épaules de Marie, pendant que la confusion et la peur bataillaient au plus profond d'elle.
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nadejdanadejda   23 décembre 2017
Elle se mit en route et il la rejoignit d'une démarche raide, regardant droit devant. Ils marchèrent côte à côte en silence, disparaissant parfois dans l'ombre de frênes et de sorbiers, et réapparaissant à découvert dans la lumière fardée du soleil déclinant qui étirait leurs ombres sur le chemin. Des sansonnets en groupe passaient dans le ciel limpide en quête d'un dortoir. Lorsqu'ils arrivèrent à la bifurcation qui menait à Chantegril, Joseph s'arrêta.
-- Je suis arrivé dit-il soulagé.
.... Anna poursuivit la descente vers les Grands Bois. Joseph la vit s'éloigner, corps gracile flottant nonchalamment et s'estompant dans l'air vibrant de chaleur, puis disparaître dans une courbe.
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