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ISBN : 2253086460
Éditeur : Le Livre de Poche (26/09/2018)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 146 notes)
Résumé :
Au pied du Puy-Violent dans le cantal, dans la chaleur d'août 1914, les hommes se résignent à partir pour la guerre. Les dernières consignes sont données aux femmes et aux enfants: même si on pense revenir avant l'automne, les travaux des champs ne patienteront pas.
Chez les Landry, le père est mobilisé, ne reste que Joseph tout juste quinze ans, en tête à tête avec sa mère et qui ne peut compter que sur Léonard, le vieux voisin. Dans une ferme voisine, c'est... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (62) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  09 octobre 2017
Chantegril, au pied du puy Violent, août 1914. Victor, comme tant d'autres mobilisés, doit quitter son Cantal et laisser derrière lui femme et enfant. Avant de grimper sur son cheval, quelques recommandations à l'oreille de son fils, Joseph, 15 ans, devenu maintenant l'homme de la famille pour un moment. Un moment qui, tous l'espèrent au fond d'eux, ne s'éternisera pas. L'adolescent, entouré de sa mère, Mathilde, et de sa grand-mère, Marie, va s'acquitter des tâches inhérentes à la ferme sous l'oeil avisé du vieux Léonard, ami et soutien de la famille. Non loin de là, dans la ferme voisine, les Valette, un couple aigri et brut, lui dont la main atrophiée l'empêche d'accomplir son devoir et elle qui pleure son fils parti au front, recueillent chez eux leur belle-soeur et leur nièce, le père étant lui aussi parti à la guerre...
C'est dans ce contexte tragique que Franck Bouysse plante le décor de son roman. C'est dans ces campagnes vidées de ses hommes valides que vont se jouer des drames, au coeur de cette nature sauvage. L'on fait la connaissance de Joseph, un adolescent, entouré de sa mère et de sa grand-mère, qui va peu à peu prendre conscience du monde qui l'entoure. Un monde empli de rancoeurs, de violence, d'aigreur, d'amertume, de souffrance mais aussi d'espoir et d'amour. L'auteur dépeint avec force et âpreté des êtres taiseux parfois meurtris, aigris, généreux ou encore insouciants. Au loin, la guerre gronde et l'orage, au puy Violent, n'est jamais bien loin. Franck Bouysse nous offre un roman fort, puissant, parfois étouffant. Une fresque poétique, initiatique et sociale servie par une narration ciselée et une plume lyrique, riche et d'une grande justesse.
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Tostaky61
  13 septembre 2017
Lecteur, c'est pas un métier facile....
Enfin, lire ça va, mais c'est l'après qui se complique, quand il faut parler de ce qu'on vient de lire. Facile me direz-vous, surtout si l'on a aimé.
Et bien non, moi je vous le dis, quand on a adoré, quand on a été enthousiaste à une lecture, quand, le livre refermé, vos pensées sont encore dans ses paysages et décors, quand ses personnages continuent de vous hanter, quand vous avez envie de crier à la gloire de l'auteur et de son oeuvre, quand on pourrait vous juger fou d'un tel excès, rien n'est simple.
Glaise est un coup de coeur,  oui, un vrai, il ne sera pas le seul de mon année littéraire, mais voilà quoi, il est ...enfin....comment dire.... vous voyez, quoi.... Mais si ! Ce bouquin que tout lecteur espère,  celui qui remue les tripes, celui dans lequel il y a de l'amour, des larmes, des cris, des morts, celui qui contient la vie, les vies. Ce livre qui raconte, un temps, des saisons, des gens, une terre.
Glaise c'est 1914, mobilisation générale. Dans un coin du Cantal, Saint-Paul de Salers, là où coule la Maronne, toutes les familles voient partir leurs hommes. Ne restent, pour s'occuper des fermes que les femmes, les enfants, les vieillards et les invalides. Joseph, 15 ans et de ceux-là, de ceux qui grandieront et relèveront le défi de continuer le travail de leurs aînés. Loin du bruit des canons, de ce conflit qu'on préfère taire et là où l'on évite de parler des absents. En cette période perturbée, c'est la vie de ces quelques exploitations regroupées dans un hameau de cette commune auvergnate, que nous retrace la plume incroyable de Franck Bouysse.
Il y a quelques semaines déjà,  j'ai croisé l'écriture d'un auteur sur un roman assez proche, par certains côtés, de celui-ci, j'avais d'ailleurs fait part, là aussi de mon admiration. Alors moi, je le dis haut et fort, si je trouve la lampe d'Aladin, j'ai un souhait, qu'on me donne le talent de tels écrivains. Je ne sais pas quel genre de plaisir procure l'écriture de tels ouvrages, mais si c'est à la hauteur du plaisir de les lire, c'est jouissif, le bonheur total.
Une amie, quelques jours avant sa parution, a attiré mon attention sur une bande annonce dans laquelle l'auteur parlait de son travail. Merci à elle, merci a l'éditeur,  merci Mr Bouysse, merci à cette libraire, dépitée le jour ou j'ai voulu me le procurer puisque ne l'ayant pas encore reçu, et qui m'a encouragé à lire ce livre qu'elle avait adoré. Bon, j'arrête là avec mes merci, on est pas aux Césars tout de même. ..
J'en entends qui râlent. Non, je n'en dirai pas plus, Glaise est un roman noir, brut comme la terre et les gens qu'elle porte, et le reste c'est à vos yeux de le découvrir et à votre coeur de l'apprécier mais bon sang, si vous l'aimez pas celui-là.... comme dirait Sandrine (qui se reconnaîtra)... je mange mon chapeau.
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nadejda
  01 février 2018
Orage, lourdeur de l'air et la foudre annonciatrice du déclenchement de la première guerre mondiale et aussi accumulation de rancoeurs qui grandissent au fond des coeurs et viennent envahir progressivemant et pourrir les rapports de ceux et celles restés à l'arrière.
Tout au long de « Glaise » règne une ambiance plombée, lourde de non-dits jusqu'à l'éclatement final quand la tension atteint son paroxysme, Tout le déroulement du livre mène à la tragédie dans un crescendo de l'angoisse, une angoisse, une noirceur d'autant plus gluante qu'elle côtoie et vient pervertir et empoisonner la beauté lumineuse et sensuelle d'un premier amour.

Aprés la lecture de ce roman noir lu en apnée, je me suis précipitée sur deux autres "Grossir le ciel" et "Plateau". Ils ne m'ont pas déçue mais c'est Glaise que je préfère. En tout cas je vais surveiller les prochaines parutions de Franck Bouysse
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Cricri124
  27 décembre 2017
Décidément, j'aime beaucoup l'écriture imagée, si magnétique de cet auteur. Il parvient véritablement à créer une atmosphère à la beauté sauvage et un climat d'attente à partir de rien (ou à partir de tout, c'est selon)... comme un orage qui sourd. "Les roulements du tonnerre devinrent de plus en plus distincts, faisant comme des mots se carambolant dans une même phrase dénuée de ponctuation, répétée à l'infini."
Bien que je n'aie pas été aussi subjuguée qu'avec « Grossir le ciel » du même auteur, ce livre-ci m'a paru étrangement plus abouti. Il y a par certains aspects un petit air de déjà-vu qui a certainement joué en sa défaveur. Mais bon sang, quel talent ! Là encore, il s'agit d'un roman noir qui met en scène le monde paysan avec des personnages rugueux, fiers, aigris parfois, touchants d'autres fois, des personnages disséqués au scalpel qui se moulent à leur environnement. Les personnages et la nature sont à mon sens la beauté brute qui forgent l'histoire. « faut jamais montrer tes faiblesses, ni donner l'occasion aux gens de les fouiller. » La fin m'a toutefois laissé perplexe. Elle est certes surprenante mais elle m'a fait l'effet d'un coup de bluff et m'a laissé bien interrogative.
Cette fois, nous sommes en 1914, au pied du puy Violent dans le Cantal. Joseph a 15 ans quand son père est contraint de partir pour cette guerre incompréhensible, le laissant avec sa mère et sa grand-mère pour gérer la ferme. J'ai suivi avec plaisir ce jeune garçon faire son apprentissage de la vie. J'ai été happée par le quotidien et les relations de cette famille avec les deux fermes voisines. Il y a comme une violence contenue qui gronde quelque part dans l'obscurité. Si la guerre semble bien loin des préoccupations nos fermiers, c'est pourtant une guerre de tranchées qui s'installe insidieusement dans ce hameau, celles creusées par les absents, les silences et les rancoeurs, mais aussi par l'amour. Point de secrets déterrés dans ce récit, mais plutôt de ceux qu'on enterre. Vraiment superbe.
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Jeanfrancoislemoine
  01 octobre 2018
Avec Franck Bouysse, on sait d'avance que le piège se refermera sur nous dans les ultimes pages, après une "virée "dans un monde à part, un monde clos, perverti, menaçant, glauque....Mais alors, pourquoi donc aller s'y précipiter dans ce monde si effrayant? Et bien, tout simplement "parce que", c'est comme ça, on n'y peut rien. La première page tournée, c'est trop tard, le livre devient "pot de confitures", le lecteur devient "mouche" et l'on se gave avant que....Salers.1914. Les hommes partent au front, ne restent au village que les femmes, les enfants, les vieux, les handicapés. On survit. Les rancoeurs se réveillent, les vieux démons ressurgissent. La nature humaine laisse ressortir tout ce qu'il y a de plus vil, le danger est sur le front pour les uns, dans les fermes du hameau pour les autres.
Les descriptions, la peinture des moeurs, la profondeur des personnages, le suspens sont confiés à la très belle palette linguistique de l'auteur, ça s'insinue en vous, ça vous promène , ca vous séduit, vous vous laissez mener par le" bout du nez" jusqu'au moment où..... ça suffit, l'auteur ferre sa proie.Trop tard...Vous êtes pris. Ne dites pas qu'on ne vous avait pas prévenus. Tout ça pour vous conseiller de vous méfier, certes, mais surtout de vous préciser qu'on "n'attire pas les mouches avec du vinaigre"."Glaise", c'est vraiment un bon bouquin, un très bon ,même, à mon avis...
Allez, n'hésitez pas, de toute façon, vous êtes "cuits".
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critiques presse (1)
LeMonde   20 octobre 2017
Dans « Glaise », drame rural de la Grande Guerre mais loin de son tumulte, l’écrivain corrézien creuse au plus profond de ce rude Massif central qui l’inspire.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (56) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   09 octobre 2017
Tout comme les femmes, les hommes sortaient eux aussi du ventre d'une mère en gémissant, mais ils se prenaient pourtant à se croire plus grands que des hommes dès qu'ils avaient quelques muscles à fourbir contre plus faible, tellement puissants quand ils frottaient leur sexe bandé contre des cuisses pour y enfouir leur éternelle gloire, la révélation dans une simple giclée de foutre cheminant à contre-courant du mystère inoubliable des femmes. Les hommes, qui avaient besoin de boire entre deux ruts pour échapper à leur propre pesanteur, se donner du courage, si pesants, même dans leur sommeil. Ces hommes, qui ne portaient pas les enfants, qui ne les porteraient jamais.
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marina53marina53   14 octobre 2017
Dans les fermes, on en prenait soin, des chiens, même s'il s'agissait des seuls animaux pas véritablement productifs, fidèles commis pourtant, à qui l'on confiait bien souvent les tourments et les secrets de l'âme, qui semblaient avoir été conçus pour cela également, et peut-être surtout, en échange d'un peu de soupe et parfois de caresses. Il fallait croire que ça ne changerait jamais, des choses naissaient quand d'autres choses mouraient, et ces "choses", muées en vérité, englobaient tout ce qui pouvait contenir de la vie. Alors on pensait que ça ne finirait jamais, qu'il y aurait toujours moyen que cela continue, sans qu'on demandât à quiconque d'y pourvoir, et que le véritable miracle résidait en cela, que les vies fussent capables de se relayer, des fois avec un peu de retard, et quelques surprises.
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nadejdanadejda   22 décembre 2017
Ce qu'il advint cette nuit-là, le ciel seul en décida. Les premiers signes s'étaient manifestés la veille au soir, quand les hirondelles s'étaient mises à voler au ras du sol. Dans la cour, un vent chaud giflait les ramures du grand marronier et une cordillère de nuages noirs se dessinait sur l'anthracite de la nuit. Le tonnerre grondait, et des éclairs coulissaient au loin en éclairant le puy Violent.
... Les roulements du tonnerre devinrent de plus en plus distincts, faisant comme des mots, se carambolant dans une même phrase dénuée de ponctuation, répétée à l'infini. Maintenant que l'orage avait passé la rivière, plus rien ne pouvait l'arrêter. A chaque détonation, une violence invisible affaissait les épaules de Marie, pendant que la confusion et la peur bataillaient au plus profond d'elle.
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nadejdanadejda   23 décembre 2017
Elle se mit en route et il la rejoignit d'une démarche raide, regardant droit devant. Ils marchèrent côte à côte en silence, disparaissant parfois dans l'ombre de frênes et de sorbiers, et réapparaissant à découvert dans la lumière fardée du soleil déclinant qui étirait leurs ombres sur le chemin. Des sansonnets en groupe passaient dans le ciel limpide en quête d'un dortoir. Lorsqu'ils arrivèrent à la bifurcation qui menait à Chantegril, Joseph s'arrêta.
-- Je suis arrivé dit-il soulagé.
.... Anna poursuivit la descente vers les Grands Bois. Joseph la vit s'éloigner, corps gracile flottant nonchalamment et s'estompant dans l'air vibrant de chaleur, puis disparaître dans une courbe.
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Cricri124Cricri124   17 décembre 2017
Les pensées qui l’assaillirent alors lui auraient certainement valu, en d’autres temps, d’être brûlée vive en place publique par la très sainte Inquisition. Le prix de sa douloureuse liberté de femme était une guerre et, en même temps, cette liberté nouvelle était comme l’expression d’un instinct de survie, une intime façon de supporter les responsabilités qui lui incombaient. Rien de plus, car plaire à sa conscience était un luxe qu’elle ne pouvait se permettre. Il n’était pas question d’effacer Victor de son existence pour se préserver du pire, mais simplement de le remplacer un temps, d’enfouir au mieux la sourde culpabilité de ne plus être à la remorque d’un mâle.
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Vidéo de Franck Bouysse
Les conseils littéraires de Franck Bouysse lors d'une rencontre à la librairie L'Esprit Livre à Lyon en octobre 2017. Il répond aux questions d'Estelle Hamelin de BePOLAR TV.
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