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La Marche du rêveur tome 1 sur 2
EAN : 9782253248545
256 pages
Le Livre de Poche (15/05/2024)
3.91/5   260 notes
Résumé :
Sous un ciel de crépon, ils pénétrèrent dans la forêt. Une forêt qui était toutes les forêts à la fois ; là où le sacrifice n’ était pas un vain mot et où la mort était féconde.

Elias a grandi à Eden Creek dans le Montana. Élevé par un couple d’Indiens descendant de la tribu des Rêveurs, il croit son destin lié à ce monde. Mais avant de mourir, pour s’alléger d’un poids trop lourd, Mama Tulssa lui fait une révélation qui va bouleverser le cours de son... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (85) Voir plus Ajouter une critique
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Je n'ai jamais été très généreux au niveau des étoiles accordées et des appréciations sur les livres de Franck Bouysse, mais j'ai toujours évoqué dans mes critiques son talent d'écrivain qui m'a régulièrement incité à continuer à le lire.

Et puis, dernièrement, c'est Glaise qui a emporté mon adhésion, un beau roman noir magnifiquement structuré que j'ai vraiment apprécié. Pur sang élève encore le niveau avec un texte que j'ai trouvé plus que réussi, qui peut être une référence de vie sur différents aspects.

J'en retiens d'abord le fait que les différents protagonistes principaux font "ce qui doit être fait". Et s'ils ne l'ont pas forcément fait en temps et heures, ils veulent rattraper le coup et agir s'il en est encore temps. Cette volonté d'agir sur les événements, passés, présents et futurs m'a imprégné comme le message le plus porteur de ce roman.

Et ce n'est pas tout car Franck Bouysse a situé son histoire en deux lieux que tout paraît séparer, le Montana et le Limousin, l'auteur rend son dû à chacun en célébrant tout autant le décor éblouissant des Rocheuses que les fûtaies et les rivières françaises où les truites sont certainement de taille plus modeste que leurs consoeurs américaines, mais tout autant avides lorsqu'une mouche sèche est délicatement posée au-dessus de leurs territoires de chasse.

Franck Bouysse a choisi d'évoquer, en alternance de l'histoire principale du roman, quelques pages relatant le déplacement contraint d'une tribu indienne au 19éme siècle, venant chercher la paix au coeur du Montana. Et cette épopée s'inscrit parfaitement dans le voyage initiatique que va réaliser, au 21ème siècle, le jeune héros du roman, Elias.

Et c'est l'essentiel du roman que cette rencontre réalisée par Elias avec un écossais, installé en France, John Gray. Chacun d'eux porte sa part de mystère, Elias dans une quête identitaire, John avec le poids d'un passé qui le rattrape. Ils vont naturellement partager leurs tourments et faire naître en quelques jours une véritable amitié, chacun attentif à l'autre, en des moments où compréhension, compassion et indulgence se mêlent pour fusionner en de nombreuses expressions de sentiments libérés.

Le style de Franck Bouysse valorise parfaitement ce tête à tête imprévu, les dialogues sont excellents et les pensées de l'un devancent souvent celles de l'autre, toujours dans un respect mutuel absolu.

Cinq femmes aux destinées bien différentes apportent leurs présences nécessaires à ce roman, deux très jeunes, l'américaine Elisa, l'écossaise Suzanne, l'indienne Mama Tulssa, Estelle et Esther deux amantes et mères aux vies fracassées. Toutes occupent un espace important dans l'histoire des deux hommes et c'est tout l'art de l'auteur d'être parvenu à leur accorder à chacune la place qui devait être la sienne.

La première de couverture sert parfaitement ce texte avec une main sanglante à l'intérieur de laquelle les lignes sont tracées par des branches d'arbres, avec une image du voyage d'Elias et les forêts et montagnes des deux pays. Pur sang est un pur bonheur de lecture.




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À Eden Creek, dans une vallée perdue du Montana, Elias vit une enfance heureuse auprès de ses parents, Mama et Papa Tulssa, des Indiens issus de la tribu des Nez Percés. Lorsqu'il est en âge de comprendre, ces derniers lui apprennent qu'ils ne sont pas ses vrais parents, qu'en réalité, il s'appelle Elias Greenhill. Charles et Estelle Greenhill, pour qui Mama et Papa travaillaient, tenait une ferme en lisière de forêt. Malheureusement, une épidémie décima une grande partie de la population et les Greenhill en succombèrent. Juste avant de mourir, ils leur donnèrent la responsabilité de la ferme et leur firent promettre de s'occuper d'Elias comme si c'était leur propre fils. Une nouvelle qui ne chamboula pas pour autant le garçon, tant l'amour de Mama et Papa lui suffisait. Mais quelques années plus tard, ce dernier meurt tragiquement alors qu'il tronçonne un acacia. Mama Tulssa, empreinte de chagrin, sait qu'elle ne tardera à le rejoindre. Aussi, peu de temps avant de mourir, elle révèle un autre secret à son fils : ses parents biologiques, qui se nomment véritablement de Montvert, ne sont pas morts lors de l'épidémie mais sont rentrés dans leur pays d'origine, la France, pour des affaires à régler, leur assurant qu'ils reviendraient plus tard. Mama Tulssa lui confie alors la seule adresse dont elle dispose, si jamais Elias veut savoir ce qu'il leur est arrivé...

Pour comprendre où l'on va et qui l'on est, il est parfois nécessaire de savoir d'où l'on vient pour pouvoir se construire. Si Elias a toujours considéré Mama et Papa comme ses parents et peu importe le sang qui coule dans ses veines, à la mort de ces derniers, il entreprend toutefois de partir à la rencontre de ses origines. du Montana, c'est dans la commune de Les Cars, en Haute-Vienne, que s'achève son voyage. Se faisant passer pour un journaliste qui veut écrire sur la famille de Montvert, il fera la rencontre de John Gray, un Écossais, qui lui proposera le gîte et le couvert. Un homme qui le guidera, au sens propre comme au figuré, sur le chemin de ses origines. Entre récit historique, en filigrane l'histoire des Nez-Percés chassés de leur territoire, nature writing et roman noir, Pur sang nous plonge au coeur d'une quête de l'identité. Franck Bouysse aborde des thèmes divers tels que la filiation, l'amour parental, la reconstruction, la rédemption, le pardon. Si John Gray se révèle un homme à l'apparence rude et brute, Elias, lui, est empreint de sagesse et de sensibilité. Pour autant, leur amitié semble aller d'elle-même. La plume, précise et poétique, nous plonge dans une ambiance un brin hypnotique, l'auteur offrant une belle part à cette nature omniprésente et envoûtante...

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Pur Sang pour évoquer les chevaux, la nature, mais aussi le sang pur, noble, d'une lignée familiale.
Un joli et court roman de Franck Bouysse, avec de belles descriptions de nature writing, des montagnes d'Eden Creek dans le Montana au plat pays de la Haute-Vienne en France.
J'ai pensé à On était des loups de Sandrine Collette à la lecture des balades à cheval dans les montagnes et forêts, le bruit des sabots des chevaux martelant la quête de soi.
Elias a été élevé par ses parents adoptifs ; Papa et Mama Tulssa, des amérindiens descendants de la tribu des Nez Percés. Elias a eu une enfance heureuse, isolé dans les montagnes, mais choyé par ses parents qui lui transmettent l'amour et le respect de la nature. Rapidement Papa et Mama Tulssa révèlent à Elias que son nom est en réalité Greenhill, fils d'un couple de français venu s'installer dans le Montana.
Mais ce ne sera que sur son lit de mort que Mama Tulssa révélera un autre secret qui va bouleverser Elias, si attaché à son mode de vie, qui va le convaincre tout quitter. Elias va partir en France pour le château de la Croix du Loup en Haute-Vienne sur la commune de Les Cars, à la recherche de la vérité sur ses origines.
J'ai aimé dans son avant-propos ce que Franck Bouysse livre de la construction de son personnage central : « Si je décline mes obsessions, mes révoltes intimes, il n'en est pas moins vrai que rien n'est possible sans personnage pour les véhiculer, les incarner. Ce personnage catalyseur, ni héros ni anti-héros, apparaît d'abord nu et revêt son histoire au fil du récit. Je le découvre en l'écrivant, le couvre d'habits-mots tissés à partir de mes vents intérieurs. » (p.8)
À propos de son texte, Franck Bouysse déclare également : « II est question d'amour dans ce texte, d'amour passé, d'amour possible. Parce qu'il n'y a pas de sentiment plus pur que celui-là pour conduire à l'errance, l'autre nom du destin. (p.9) »
Il est question dans ce roman de l'amour avec un grand A, l'amour des parents envers leurs enfants, et de l'amour au sein du couple et aussi d'amitié.
Le récit du parcours d'Elias à la recherche de ses origines est entrecoupé de courts chapitres narrant le calvaire des Indiens Nez-Percés (ou tribu des Rêveurs) tentant de survivre aux assauts des colons, bien écrits et très touchants.
Le tout est mâtiné d'une petite dose de mysticisme, comme l'auteur aime à parsemer ses romans, avec une très belle scène entre Elias enfant et un loup.
« On racontait pourtant que les Indiens et les loups appartenaient à une noble lignée ancestrale et que leurs esprits se rejoignaient dans un coin de ciel. Que leur entente silencieuse ne souffrait aucune frontière et que passer d'une vie à une autre ne changeait rien à cela. […]
Le loup avait évité chaque obstacle, ventre à terre, le corps griffé de fils d'or au passage des trouées du feuillage, le museau planté dans la chair de l'espace, et l'espace replié sur le temps, comme un cyclone naturalisé. Un mélange de particules tendant vers l'unité magistrale du monde. » (p.24)
Je me suis laissée envouter par l'atmosphère de ce texte, suivant les pérégrinations du personnage attachant d'Elias que j'aurai plaisir à retrouver dans une suite.
Fermez le poing, sentez le sang affluer dans vos veines, ouvrez-le doucement, prêt à attraper vos rêves d'une autre vie.
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PUR SANG évoque pour moi le cheval Appaloosa des indiens
"Nez-Percés"
LA MARCHE DU RÊVEUR me parle d'exil, d'espoir
Une noble lignée, l'attachement à la terre.
"Pur sang est une histoire flottant dans l'univers paisible et insensible aux drames humains, immuable toile de fond sur laquelle ils ne sont rien que des étoiles mourantes, des illusions, des rêves rêvés par un rêveur vagabond."

Je suis toujours charmée par la plume de Franck Bouysse ! Son univers, la nature, végétale et animale qu'il transforme en sonorités poétiques, des milieux baignés de végétations, d'odeurs ....
Et puis la musique vient rejoindre cette atmosphère.
Il exprime à travers ce récit sa passion pour l'Amérique des grands espaces et son attachement à la terre où il vit, le Limousin : L'identité et les racines qui nous construisent.
Elias Greenhill vit une existence libre et heureuse à Eden Creek dans le Montana. Entouré de ses parents adoptifs Papa et Mama Tulssa, un couple d'indiens descendant de la tribu des "Rêveurs" massacrés par les soldats américains à la fin du dix-neuvième siècle.
Avant de mourir Mama Tussa lui révèle une partie du secret de sa naissance.
Elias brisé par le chagrin doit chercher sa vérité.
Il part pour la France en quête de ses origines :
Un village isolé en Haute Vienne "la croix du loup".
La rencontre inopinée et chaleureuse avec John Gray, un écossais, un exilé issu d'un peuple rebelle ! ne sera pas un hasard car les âmes cabossées savent se reconnaître...
Et là, on sait que l'on est au pays de Franck Bouysse !
Deux hommes partagent le goût du silence, l'amour du monde rural, l'économie ou l'absence de mots pour masquer leurs vies entravées par les racines du passé.
C'est la naissance d'une magnifique Amitié conjuguant la pudeur, le respect et la simplicité.
Ils vont creuser ensemble et découvrir le sens profond de leur vie car chacun a droit à une seconde chance !
Ce récit offre une belle histoire d'humanité, la transmission des valeurs, les questionnements sur la filiation et il aborde le thème grave de l'extermination des indiens.
" Il est question d'amour dans ce texte, d'amour passé, d'amour présent, d'amour possible. Parce qu'il n'y a pas de sentiment plus pur que celui-là pour conduire à l'errance, l'autre nom du destin"
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Les Etats-Unis dans le Montana. Elias est un jeune homme qui a été élevé par un couple d'indiens, a passé une enfance heureuse auprès d'eux..A leur décès, de terribles secrets vont lui être révélé ...cela va le conduire à voyager outre atlantique pour se rendre en France.... il va atterrir dans un petit village, grâce à une nouvelle rencontre comme cet homme propriétaire d'un gîte, va se créer peu à peu une amitié . Il va pouvoir mener à bien son enquête... Au fur et à mesure , il va lever le voile sur son héritage et ses aïeux, se confronter à la véracité de ses origines familiales....

Elias est pétri de croyances, d'expériences, monte à cheval, a grandi dans les montagnes, auprès d'un couple d'indiens bienveillant et aimant, ...des liens du coeur vitaux.... .est ce que les liens du sang lui seront-ils plus essentiels ? Il est bien question ici de cette notion d'amour et "d'attachement" ...Cet équilibre est bien difficile à vivre quand l' héritage familial est glaçant....se confronter à son propre destin , Elias va en faire l'amer expérience...Il devra faire des choix et reconstruire son propre chemin.

Voilà tout le talent de l'auteur pour m'embarquer dans l'aventure ! toujours aussi bien écrit, l'histoire nous entraîne avec subtilité et fluidité dans le labyrinthe de la généalogie de ce personnage...c'est un bonheur que de lire les descriptions toutes en sobriété ..aucun ennui à la lecture, que du bonheur !

La nature est omniprésente, elle est un personnage à part entière du roman...Les racines sont essentiels à toute plante dans la nature, elles permettent de rester droite...aussi nos vies se doivent d'avoir également ses propres racines ...peu importe lesquelles ! mais qu'elles soient nourri par de d'amour, de bienveillance afin d'entrevoir avec tant soi peu confiance, pour projeter une trajectoire de vie .....c'est ce que nous raconte ce superbe roman ! Je vous le recommande.

Hâte de découvrir le deuxième tome.


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Citations et extraits (126) Voir plus Ajouter une citation
Certes il considérait ce qu'il avait appris à la Croix du Loup comme un des murs porteurs de son existence, mais les fondations, la véritable assise humaine, spirituelle et morale il la devait à Papa et à Mama Tulssa, à leurs fières origines, et aux trésors de la vallée d'Eden. Le sens profond de sa vie résidait dans l'amour sans faille prodigué par les deux indiens, à leur présence éternelle, à leurs mots qui continueraient de l'accompagner, tels des psaumes qu'il se récitait pour honorer leur mémoire. Jamais ils ne mourraient dans son coeur opulent, quand ses géniteurs n'y trouveraient jamais de place à leur mesure. Et le temps n'y changerait rien. Elias en était persuadé.
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Celui qui n'a jamais croisé le regard d'un loup ne peut comprendre à quelle expérience on se soumet, cette certitude de répondre à une invitation, d'obéir à un ordre -rester bien sagement à distance-, avec la sensation que ce n'est pas lui qui se trouve au bout du fusil, que l'arme n'existe même pas ; que c'est lui qui décide de tout, et que l'opacité de l'espace qu'il vous permet d'occuper est dans vos yeux à vous, que cet espace est précisément le lieu du rendez-vous. Admettre que l'un comme l'autre ne possède rien, mais détient un simple laissez-passer temporaire.
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« Il t'arrivera jamais rien tant que je serai là. » Papa Tulssa répéta souvent cette phrase, après leur rencontre avec le loup. Plus il vieillissait, plus on décelait une dose d'inquiétude dans sa voix, une hésitation passagère, comme quand on dit une chose à quelqu'un dans l'idée de s'en convaincre avant d'essayer de convaincre l'autre. Quand on n'est pas sûr d'être en mesure de tenir une telle promesse, mais qu'on sait qu'on fera tout pour.
(p.33)
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Elias jetait parfois un coup d'oeil sur le côté pour accrocher le profil gracieux de la jeune fille à la potence de son désir, se disant que la beauté humaine avait désormais un nom, un prénom -- ses yeux étaient capables de l'emprisonner dans un seul regard -- et que c'était suffisant à cet instant précis.
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Ils ne se parlaient plus, attentifs à ne rien perdre des sensations qui les faisaient commensaux de cette nature accueillante et pacifiée. Elias laissa une de ces sensations approcher et l'envahir, une qui l'invitait à se sentir une forme en équilibre, égale à toutes les autres formes rassemblées au moment mystérieux de la création, quelque chose comme un ingrédient utile à la réalisation d'une recette. Comme si le lieu où il ressentait cela était constitué de tous les lieux à la fois, comme si le mouvement des planètes était incarné par la grâce animale des pas des chevaux sur les pâturins et entre les touffes de grande oseille, comme si prendre conscience de cet état était un miracle de commencement.
P 152
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