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Henri Robillot (Autre)Simone Martin-Chauffier (Autre)
ISBN : 2070216829
Éditeur : Gallimard (12/09/1980)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 135 notes)
Résumé :
Un Thé au Sahara est l'histoire d'une Américaine qui, saisie par une espèce de délire sensuel se jette à corps perdu dans l'aventure que représente pour elle la vie en Afrique. Comme dans ses livres ultérieurs, Paul Bowles cherche, ici, dans la culture arabe, un antidote à la civilisation du progrès.
Traduit de l'américain par Henri Robillot et S. Martin-Chauffier
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
ladesiderienne
  22 août 2012
Le beau voyage en Afrique du Nord que j'avais imaginé en lisant ce livre s'est transformé en errance psychologique à travers le désert.
Ici, inutile de chercher les belles descriptions de paysages qui font rêver, seul, l'aspect négatif du pays transparait à travers le ressenti des personnages.
Et quels personnages ! Mais que font-ils là ? Apparemment jeunes, riches et désoeuvrés, les trois protagonistes reflètent un ennui mortel. Pourquoi ce couple Kit et Port, plutôt désuni et qui passe son temps à s'affronter verbalement dans des joutes philosophiques, ont-ils convié leur ami Tunner à les accompagner dans ce périple ? Ce dernier a l'air de les déranger et ils vont d'ailleurs tout faire pour l'inciter à prendre un chemin différent du leur.
Leur monde se trouve confronté à une langue et des coutumes qu'ils ignorent, la réalité politique de cette époque coloniale leur échappe et ils ne ressentent que du mépris pour la population locale.
La mort et la folie seront le terminus du voyage et moi, je suis restée avec mes questions, à errer dans ce désert, comme dans leurs vies vides de tout sens.
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jfponge
  22 mars 2015
Quelque part en Afrique du Nord, peu de temps après la fin de la seconde guerre mondiale. Un couple d'américains, en quête de sensations propres à faire resurgir leur amour trop tôt disparu, débarque à Eckmuhl-Noiseux, un quartier d'Oran, alors sous administration française. Ils sont jeunes, beaux (du moins le suppose-t-on), riches et très désoeuvrés. Au cours de leur voyage, qui doit les mener au coeur du Sahara, ils sont accompagnés d'un ami, qu'ils semblent tous deux accepter à contrecoeur mais qui les aide néanmoins à dissiper leur ennui. En fait, rien ne se passera comme prévu car leur méconnaissance des langues et coutumes locales et leur inconscience des réalités sociales et politiques de l'époque vont les conduire progressivement vers la mort pour l'un et la folie pour l'autre. Une oeuvre étrange, aux confins du fantastique, dont les images envoûtantes ont inspiré Bernardo Bertolucci pour un film esthétisant. Ici, la beauté des paysages est absente, le désert étant avant tout le théâtre d'une errance intérieure. Un beau roman qui ravira les amateurs de méandres psychologiques...
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MonsieurKiwi
  09 juin 2018
"Plonger dans l'inconnu pour trouver du nouveau" : ce pourrait être le leitmotiv du roman, qui voit le trio de personnages (un couple et son ami) s'enfoncer toujours plus avant dans le Sahara. Longtemps, on ne verra pourtant pas grand chose du désert, lieu infini et silencieux : il sera surtout question de villes labyrinthiques, de ruelles étouffantes et de chambres d'hôtel malpropres. le lieu devient alors une métaphore de la psychologie des personnages, sans cesse ramenés à leur solitude, à leur angoisse, à leur incompréhension mutuelle. Ce thème de l'incompréhension est central, au sein de l'impossible triangle amoureux, comme dans les rapports entre touristes et indigènes.
La plongée s'opère en trois temps, assez distincts, et se clôt sur la maladie, la mort, la folie. Dans un va-et-vient constant entre l'immensité du désert et l'oppression des villes muettes, entre la chaleur insoutenable et les frissons de la fièvre, Bowles fait profondément ressentir au lecteur à la fois quelque chose de ce Sahara qu'il connaît bien, et du malaise sans remède de ses personnages. Éclatent alors quelques éclairs particulièrement acérés et douloureux, comme cette phrase qui en dit long sur le roman : "Dans une minute, il sera douloureux de vivre".
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fred200175
  28 février 2019
Paul Bowlès est un sacré filou! Avec son titre qui procure des envies de voyages et qui nous donne des images du désert plein les yeux avant même de commencer la lecture de l'ouvrage, il nous trompe et nous envoie dans une mauvaise direction. Si vous vous attendez à un livre exotique qui respire et qui aspire au voyage, passez votre chemin. J'aurais même tendance à dire qu'il a été écrit pour vous dégoûtez de voyager. Mais que font donc ces trois jeunes riches, complètement à la dérive dans ces pays ensoleillés ? A vrai dire, pas grand chose, à la limite, ils s'ennuient. Au final, cela donne un roman plutôt psychologique assez déroutant mais qui est certainement le reflet d'une certaine classe bourgeoise en mal d'aventures. C'est intéressant à lire et ça nous renvoie l'image de cette catégorie de voyageurs qui passent à côté de leur périple car ils ont du mal, même dans un pays lointain et exotique, à s'extraire de leurs problèmes quotidiens.
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marcolido
  19 octobre 2018
"La destinée de chaque homme ne lui est personnelle que dans la mesure où il lui arrive de ressembler à ce que sa mémoire contenait déjà."
Cette citation de l'ouvrage de Paul Bowles m'a remémoré cette traversée du Sahara, que notre famille avait effectué en 1942, vers le Burkina, (à l'époque colonie sous le nom de Haute Volta). Partis d'Alger en car, (celui de la SATT, le film montre l'autre ligne la CGT) nous somme partis pour un voyage de quinze jours, plein d'émerveillement pour l'enfant que j'étais. La première séquence du film qui se déroule dans un café d'Oran illustre l'atmosphère d'un endroit semblable ou nous avons déjeuné, comme les trois américains ; différence essentielle nous avions faim, débarquant de la France occupée.
Le film n'est pas en phase avec le roman qui raconte l'évolution psychologique de deux individus riches et désoeuvrés de l'Amérique puritaine. La mémoire de Port et de Kit est pleine de leur incompatibilité à penser en synchronisme. C'est tout le contraire du couple fusionnel et leur voyage est une dérive lente et continue vers la mort et la folie.
Le roman et le film campent plusieurs caractères cocasses, parfois grotesques, d'après mes souvenirs. L'Afrique de cette époque était occupée par des blancs venus là pour des raisons avouables ou non, certains pour exercer leur métier, d'autres pour fuir l'occupant ou la justice ; imbibés d'alcool et d'exotisme, désaxés, déboussolés, pour beaucoup d'entre eux et encadrés par une administration coloniale dont Fellini aurait tiré de savoureuses satires.
L'ouvrage doit être relu lentement pour bien comprendre l'évolution des personnages et de leur destinée, ce qui le rend passionnant
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
ladesiderienneladesiderienne   20 août 2012
- L’Europe a détruit le monde entier, dit Port. Dois-je lui en être reconnaissant ou lui en vouloir? J'espère qu'elle va se rayer elle-même de la surface du globe.
Il souhaitait de voir finir rapidement la discussion pour prendre Kit à part et lui parler en privé.
(...)
- Pourquoi n'étends-tu pas ton souhait délicieux à toute l'humanité pendant que tu y es? demanda-t-elle.
- L'humanité? s'écria Port. Qu'est-ce que c'est? Qui est l'humanité? Je vais te le dire. L'humanité, c'est tout le monde, excepté soi. Par conséquent, quel intérêt chacun peut-il lui porter?
Tunner dit lentement :
- Attends un peu. Attends un peu. J'aimerais éclaircir cela avec toi. Je dirai que l'humanité, c'est justement toi, et que c'est ce qui la rend intéressante.
- Bravo, Tunner ! s'écria Kit.
Port était ennuyé.
- Quelle ânerie ! dit-il sèchement. On n'est jamais l'humanité, on n'est jamais que son pauvre soi irrémédiablement solitaire.
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ladesiderienneladesiderienne   21 août 2012
Kit tira sur sa robe et dit : "Quand j'étais jeune..."
- Jeune?
- Avant d'avoir vingt ans, je veux dire, je croyais que le mouvement de l'existence ne cessait de s'accélérer, qu'elle devenait chaque année plus riche et plus profonde, qu'on apprenait davantage, qu'on gagnait en sagesse, en compréhension, qu'on allait plus loin dans la vérité...
Elle hésita. Port eut un rire brusque.
- Et maintenant tu sais que ce n'est pas comme ça? Oui? Ça ressemble plutôt à une cigarette, Les premières bouffées sont merveilleuses, et on imagine pas qu'on en verra le bout. Puis ça devient naturel. Et tout à coup on s’aperçoit qu'on la presque finie. Et c'est alors qu'on sent le gout amer.
- Mais je suis toujours consciente de son amertume et je sais toujours qu'il n'y en a pas pour longtemps, dit-elle.
- Alors tu devrais cesser de fumer.
- Que tu es mesquin! s'écria-t-elle.
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CielvariableCielvariable   15 avril 2018
C’étaient les premiers moments d’une nouvelle existence, une étrange existence où elle discernait déjà qu’elle ne connaîtrait plus la notion de temps. […]

Elle ne se rappelait pas les conversations qu’ils avaient eues si souvent sur l’idée de la mort, peut-être parce qu’aucune idée sur la mort n’a quoi que ce soit de commun avec la présence de la mort. […]

Il ne lui vint pas non plus à l’esprit qu’elle avait pensé que, si Port mourait avant elle, elle ne croirait pas qu’il était vraiment mort […].

Elle avait complètement oublié cet après-midi d’août, un an plus tôt, quand ils s’étaient assis sur l’herbe, sous les érables, en regardant la tempête remonter vers eux la vallée du fleuve et qu’ils avaient parlé de la mort. […]

Elle n’avait pas voulu l’écouter, parce que cette idée la déprimait alors; et maintenant, si elle avait voulu y réfléchir, elle l’aurait trouvée en dehors du sujet. Elle était actuellement incapable de penser à la mort et, comme la mort était près d’elle, elle ne pensait à rien du tout
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ElisanneElisanne   14 mai 2010
Beaucoup de jours plus tard, une autre caravane passe et un homme voit quelque chose sur la plus haute dune. Et quand ils montent voir, ils trouvent Outka, Mimouna et Aïcha qui sont toujours là, dans la même position. Et les trois verres sont pleins de sable. C’est comme ça qu’elles ont pris leur thé au Sahara.
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LUKE59LUKE59   02 octobre 2011
Les petits cireurs de souliers,à demi nus ,regardaient le trottoir,accroupis sur leurs boîtes,trop inertes pour avoir l'énergie de chasser les mouches qui grouillaient sur leurs visages.A l'intérieur du café,l'air était plus frais,mais immobile et chargé de relents d'urine et de vin suri.
A une table,dans le coin le plus sombre,étaient assis trois Américains:deux hommes et une jeune femme.Ils bavardaient tranquillement,à la façon de ces gens qui ont toute la vie devant eux.
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Un Thé au Sahara ( bande annonce VOST )
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