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Henri Robillot (Autre)Simone Martin-Chauffier (Autre)
EAN : 9782070216826
289 pages
Éditeur : Gallimard (12/09/1980)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 157 notes)
Résumé :
Un Thé au Sahara est l'histoire d'une Américaine qui, saisie par une espèce de délire sensuel se jette à corps perdu dans l'aventure que représente pour elle la vie en Afrique. Comme dans ses livres ultérieurs, Paul Bowles cherche, ici, dans la culture arabe, un antidote à la civilisation du progrès.
Traduit de l'américain par Henri Robillot et S. Martin-Chauffier
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Unhomosapiens
  25 septembre 2020
Juste après la seconde guerre mondiale, un couple d'américains, oisifs et riches, et leur ami, se retrouvent pour un voyage en Afrique. Ils partent de l'Algérie pour aller jusqu'en Afrique subsaharienne. Très vite, ce voyage devient une errance, une fuite, qui va très mal se terminer. Les lieux, les gens, sont décrits souvent minutieusement, dans ce qu'ils ont de différent avec l'occident. Tout semble hostile. La saleté, l'insécurité, la misère ambiante les rebutent, mais ils continuent leur périple en s'enfonçant toujours plus vers le sud, vers le désert. Mais l'Afrique n'est que le révélateur de leur mal-être. Il y a une volonté de se perdre, de se confronter à l'inconnu. Ce voyage physique est tout aussi intérieur. C'est un questionnement sur le sens de leur existence. On assiste peu à peu à leur déchéance physique et mentale. Ils vont perdre tous leurs repères, jusqu'à la folie.
Comme il est écrit sur la quatrième de couverture, il y a quelque chose de D. H. Lawrence dans ce roman. Dans ces trois personnages qui se disputent et se questionnent, englués dans un environnement qui les dépassent totalement.
Je me suis retrouvé dans ces personnages en quête d'eux-mêmes. C'est le genre de voyage qui me correspond parfaitement. J'ai lu ce livre très rapidement. L'écriture est précise et claire. Quelques relents de racisme de la part des protagonistes pourront en dérouter certains. Mais, dans l'ensemble, c'est un livre que je recommande.
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ladesiderienne
  22 août 2012
Le beau voyage en Afrique du Nord que j'avais imaginé en lisant ce livre s'est transformé en errance psychologique à travers le désert.
Ici, inutile de chercher les belles descriptions de paysages qui font rêver, seul, l'aspect négatif du pays transparait à travers le ressenti des personnages.
Et quels personnages ! Mais que font-ils là ? Apparemment jeunes, riches et désoeuvrés, les trois protagonistes reflètent un ennui mortel. Pourquoi ce couple Kit et Port, plutôt désuni et qui passe son temps à s'affronter verbalement dans des joutes philosophiques, ont-ils convié leur ami Tunner à les accompagner dans ce périple ? Ce dernier a l'air de les déranger et ils vont d'ailleurs tout faire pour l'inciter à prendre un chemin différent du leur.
Leur monde se trouve confronté à une langue et des coutumes qu'ils ignorent, la réalité politique de cette époque coloniale leur échappe et ils ne ressentent que du mépris pour la population locale.
La mort et la folie seront le terminus du voyage et moi, je suis restée avec mes questions, à errer dans ce désert, comme dans leurs vies vides de tout sens.
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EveGenia
  24 avril 2021
"Ce qui ne peut pas être exprimé doit rester silencieux" a déclaré Wittgenstein. Alors n'essayez même pas; laissez-tout à la merci de la dyslalie.
De même, la folie tend à modifier les informations qui entrent dans le cerveau, et si vous y pensez, alors le monde que nous percevons ne semble être rien de plus que les chaînes de l'esprit. Selon Bowles, tout ce qui dépasse la compréhension rationnelle inhérente à la pensée humaine n'est rien de plus qu'une "Horreur stellaire". Dans l'un des romans d'Andrei Bely, un personnage mourant s'est agrandi à la taille de l'univers l'absorbant en lui même. le cadre a disparu; il est devenu tout, et le monde a fusionné avec son esprit ne faisant plus qu'un. Pour Bowles, quitter le monde, disparaître, signifie se perdre. Ses personnages vont si loin sur ce chemin qu'ils ne peuvent plus en revenir .. Accepter de vivre dans un monde et ses règles visant à une
certaine forme de conformisme, c'est ressentir une douleur profonde tout en étant sous l'emprise de sa personnalité ainsi formatée. Et puis rien n'aidera ..
Trois américains voyagent en Algérie; Port et Kit, un couple, accompagnés de leur ami Tunner. Ce dernier semble amoureux de Kit, mais sa fascination pour ce duo, leur singularité à ses yeux l'emporte sur le reste. de leur côté les deux amants semblent rester hermétiques à la société dans laquelle il évolue; la fascination n'est pas réciproque, et personne ne perçoit l'âme de l'autre malgré que Port et Kit ne sont pas aux antipodes et que leurs esprits soient en quelque sorte incroyablement similaires. Tunner, leur compagnon de voyage montre une certaine forme de fidélité au couple, car assez sensible, il a su en saisir certaines valeurs qui lui seraient peut-être proches. Cela le rend non moins important que les deux principaux protagonistes.
Le pire n'est pas tant que nous ne savons pas. le pire est en ce que le mécanisme même de comprendre quelque chose de manière rationnelle ne veut pas fonctionner; il échoue. Pas du tout destiné à expliquer le sens de la vie, de sorte que nous ayons souvent recours à cette forme d'intuition que peut être la folie; à n'importe quoi, juste pour éviter les pièges de l'esprit.
Et ce mysticisme glissant entre les lignes, les techniques de la fin cinématographiques sont le signe évident du désir de l'auteur de rejoindre le vague mystère ressenti dans un espace désert, autant que possible dépourvu de toute présence humaine.
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ladymuse
  16 juin 2020
L'intérêt des liseuses, c'est qu'elles n'ont pas de quatrième de couverture…
Je dois dire que pour ce "Thé au Sahara", Gallimard fait très fort! Il nous informe tout d'abord que Kit et Port Moresly "bien que mariés depuis 11 ans, sont loin de s'entendre". Ce "bien que" me laisse songeuse. Ne faudrait-il pas dire "mariés déjà depuis 11 ans les Moresly sont loin de s'entendre?
Cinq lignes plus bas, je vois (TROP TARD, le mal est fait), que Port meurt de la typhoïde. Page 241! C'est rageant.
Collection L'IMAGINAIRE! 1980
Ensuite la jeune femme est emportée par une caravane et vivra plusieurs amours tumultueux, tout cela dans une Afrique prodigue et pourrie (sic). Les personnages ont quelque chose de D.H.Lawrence, avec leur solitude et leur malaise intérieur.
Je l'ai lu, et maintenant vous en savez autant que moi :)
Let's get our money back….
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PtitVincent
  29 janvier 2021
Kit et Port, un couple d'américains sont arrivés en Afrique maghrébine, avant de partir pour le sud, traverser le Sahara et partir toujours plus au sud. Qui sont-ils ? Des touristes ? Sûrement pas ! Des voyageurs ? Pas vraiment… Car l'homme et la femme semblent fuir, la civilisation mais surtout eux-mêmes. Port, un misanthrope colérique et jaloux, qui passe certaines nuits auprès de prostituées qui ne le satisfont pas, Kit restant son unique port d'attache. Kit, quant à elle, est un concentré d'angoisses, justifiées ou non, qu'elle soigne par une consommation excessive d'alcool et de médicaments. Elle a de plus une brève liaison avec Tunner, un homme qui accompagne le couple et qui régulièrement sera leur bouée de sauvetage. Ce couple en crise, d'étape en étape, plonge dans un monde de plus en plus éloigné de leur civilisation, avec une population qu'ils méprisent et qui les répugne (il est étonnant de lire certains extraits à notre époque du politiquement correct tant l'attitude des personnages occidentaux est colonialiste !). Une attitude autodestructrice et une fuite vers l'inconnu effrayante.
Paul Bowles a écrit ce livre qui fit sa renommée peu après la Seconde guerre mondiale, vivant depuis plus de 10 ans à Tanger. Un film de Bernardo Bertolucci en fut adapté et Sting chanta "A Tea In The Sahara" en référence à ce livre. Mais l'homme fut également un novelliste de talent et un compositeur renommé. Il travailla également à recenser les musiques traditionnelles berbères.
"Un thé au Sahara" est un grand roman, loin d'un exotisme orientaliste de façade. L'auteur nous y montre des personnages en marge de la civilisation occidentale (comme souvent dans ses livres), mais surtout deux sociétés vivant côte à côte mais sans se connaître, ni vraiment se côtoyer. Kit et Port, sans être vraiment sympathiques, nous emmènent loin vers des destinations inconnues et l'on ne peut s'empêcher d'être inquiets pour eux !
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
ladesiderienneladesiderienne   20 août 2012
- L’Europe a détruit le monde entier, dit Port. Dois-je lui en être reconnaissant ou lui en vouloir? J'espère qu'elle va se rayer elle-même de la surface du globe.
Il souhaitait de voir finir rapidement la discussion pour prendre Kit à part et lui parler en privé.
(...)
- Pourquoi n'étends-tu pas ton souhait délicieux à toute l'humanité pendant que tu y es? demanda-t-elle.
- L'humanité? s'écria Port. Qu'est-ce que c'est? Qui est l'humanité? Je vais te le dire. L'humanité, c'est tout le monde, excepté soi. Par conséquent, quel intérêt chacun peut-il lui porter?
Tunner dit lentement :
- Attends un peu. Attends un peu. J'aimerais éclaircir cela avec toi. Je dirai que l'humanité, c'est justement toi, et que c'est ce qui la rend intéressante.
- Bravo, Tunner ! s'écria Kit.
Port était ennuyé.
- Quelle ânerie ! dit-il sèchement. On n'est jamais l'humanité, on n'est jamais que son pauvre soi irrémédiablement solitaire.
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ladesiderienneladesiderienne   21 août 2012
Kit tira sur sa robe et dit : "Quand j'étais jeune..."
- Jeune?
- Avant d'avoir vingt ans, je veux dire, je croyais que le mouvement de l'existence ne cessait de s'accélérer, qu'elle devenait chaque année plus riche et plus profonde, qu'on apprenait davantage, qu'on gagnait en sagesse, en compréhension, qu'on allait plus loin dans la vérité...
Elle hésita. Port eut un rire brusque.
- Et maintenant tu sais que ce n'est pas comme ça? Oui? Ça ressemble plutôt à une cigarette, Les premières bouffées sont merveilleuses, et on imagine pas qu'on en verra le bout. Puis ça devient naturel. Et tout à coup on s’aperçoit qu'on la presque finie. Et c'est alors qu'on sent le gout amer.
- Mais je suis toujours consciente de son amertume et je sais toujours qu'il n'y en a pas pour longtemps, dit-elle.
- Alors tu devrais cesser de fumer.
- Que tu es mesquin! s'écria-t-elle.
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UnhomosapiensUnhomosapiens   24 septembre 2020
Elle ne se rappelait pas les conversations qu'ils avaient eues si souvent sur l'idée de la mort, peut-être parce qu'aucune idée sur la mort n'a quoi que ce soit de commun avec la présence de la mort. Elle ne se rappelait pas qu'ils avaient convenu ensemble qu'on peut "être" tout, sauf mort, parce que les deux mots sont antinomiques.
Commenter  J’apprécie          92
UnhomosapiensUnhomosapiens   23 septembre 2020
Les voyages lui permettaient toujours de considérer la vie avec plus d'objectivité. C'était alors que son esprit était souvent le plus clair et qu'il prenait des décisions qu'une résidence fixe ne lui avait pas permis d'envisager.
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CielvariableCielvariable   15 avril 2018
C’étaient les premiers moments d’une nouvelle existence, une étrange existence où elle discernait déjà qu’elle ne connaîtrait plus la notion de temps. […]

Elle ne se rappelait pas les conversations qu’ils avaient eues si souvent sur l’idée de la mort, peut-être parce qu’aucune idée sur la mort n’a quoi que ce soit de commun avec la présence de la mort. […]

Il ne lui vint pas non plus à l’esprit qu’elle avait pensé que, si Port mourait avant elle, elle ne croirait pas qu’il était vraiment mort […].

Elle avait complètement oublié cet après-midi d’août, un an plus tôt, quand ils s’étaient assis sur l’herbe, sous les érables, en regardant la tempête remonter vers eux la vallée du fleuve et qu’ils avaient parlé de la mort. […]

Elle n’avait pas voulu l’écouter, parce que cette idée la déprimait alors; et maintenant, si elle avait voulu y réfléchir, elle l’aurait trouvée en dehors du sujet. Elle était actuellement incapable de penser à la mort et, comme la mort était près d’elle, elle ne pensait à rien du tout
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