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Jacqueline Rastoin (Traducteur)
ISBN : 2204093092
Éditeur : Le Cerf (06/06/2011)

Note moyenne : 5/5 (sur 3 notes)
Résumé :

Dans ce livre innovant, Daniel Boyarin met en cause le modèle d'une partition entre deux entités clairement distinctes qui seraient d'une part le judaïsme rabbinique et d'autre part le christianisme des Pères de l'Église. Il montre que la plupart des marqueurs de différence (l'idée d'une seconde hypostase divine, la théologie du Logos, ou les pratiques culturelles comme le shabbat ou le rôle des femmes) ét... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
enkidu_
  13 juin 2015
Un livre qui remet en cause nos lectures traditionnelles de ces deux religions, et qui généralement est résumée à voir le judaïsme comme la mère déjà ancienne d'un christianisme contestataire, pour ne pas dire hérétique.
En réalité, ce qu'on appelle le judaïsme est en réalité le judaïsme rabbinique élaboré par les pharisiens, le christianisme étant le travail des Pères ; et les deux "productions", dans le contexte du judaïsme du Second Temple, sont non seulement parallèles, mais le christianisme serait peut-être même le frère relativement aîné... en tout cas, tous deux sont postérieurs à un certain personnage qu'on nomme Jésus.
Le christianisme a inauguré l'idée de "orthodoxie", et donc de religion, de par les controverses de légitimation dans la littérature patristique (St Justin, St Irénée, Eusèbe de Césarée, ...), qui ont dépassé le cadre "tribal" du primo-christianisme (et judaïsme du Second Temple) par leur discours contre "les autres" (juifs et païens). C'est cette mutation du christianisme en orthodoxie-religion, son adoption au niveau étatique par Constantin et sa promotion par Théodose Ier plus tard. Dans ce contexte s'élabore alors le judaïsme héritier du pharisaïsme, dit rabbinique (la Mishna d'abord, et le Talmud ensuite - respectivement aux alentours du deuxième et du cinquième et sixième siècles -, avec toute leur para-littérature).
On apprend aussi que l'idée du Logos n'est pas johannique, mais juive : c'est tout le discours autour du Memra (Verbe), Logos-Sophia de Philon d'Alexandrie, ... autant d'interprétations dans le judaïsme du Second Temple, où la liberté d'interpréter n'était justement pas réprimée par une "orthodoxie". Dans ce contexte, il faut souligner l'idée des "deux puissances dans le ciel", qui supposait qu'à côté du Dieu "infini", il existait une seconde entité "divine", qu'elle soit la Sophia, un ange (le Metatron), ou un homme ("le fils de l'homme" du livre de Daniel) ; le célèbre tanna (rabbin dans l'élaboration du Mishna) du début du second siècle, Rabbi Akiva, en se basant sur ce passage, aurait de fait "divinisé" le roi David, avant de se défaire de pareille idée, jugée alors "hétérodoxe"... car on (et surtout les amoraïm, docteurs du Talmud !) comprend comment on pourrait de fait l'appliquer à Jésus (à noter que, selon l'auteur, cette "bi-déité" a imprégné quelques cercles juifs bien des siècles plus tard).
Une approche novatrice, ne serait-ce que par le basculement dramatique de la temporalité (du premier siècle après J-C comme admis, nous passons plutôt du troisième au cinquième !), donc, et une thèse fondamentale qui devrait avoir un destin assuré et suscité de grandes discussions dans les années qui viennent.
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Kareban
  02 mai 2017
D'après les recherches archéologiques, la composition de la Torah, du Deutéronome serait assez tardive et remonterait au temps du Roi Josias, Daniel Boyarin, dans sa "Partition du Judaïsme et du christianisme" évoque entres autres, la divinisation du roi David qui daterait de Rabbi Akiva et la "formation" du Judaïsme tel qu'on le conçoit aujourd'hui assez tardivement, de la part des pharisiens (notons le schisme avec la communauté de Qumran qui marque après la fin des Hasmonéens avec Salomé Alexandra choisissant les Pharisiens plutôt que les Saduccéens le début d'une domination pharisienne) . C'est en ces temps troublés au début de l-ère commune, après l'avènement du christianisme primitif et des premiers"créateurs" d'une orthodoxie chrétienne (notamment Paul de Tarse et Irénée de Lyon contre les Gnostiques) que les pharisiens seraient à l'origine, eux aussi à la recherche d'une "orthodoxie", les créateurs du Talmud.
Entres autres, Boyarin met en avant le chaînon manquant entre le gnosticisme et des courants philosophiques du Judaïsme inspirés de la période grecque, sorte de philosophie Juive qui aurait existé bien avant les premiers chrétiens:
Parallèle flagrant entre les écrits retrouvés à Nag Hammadi et le "Logos Sophia" de Philon d'Alexandrie,
Les "deux puissances dans le ciel" que l'on retrouve dans l'Hypostase des Archontes, supposant un D.ieu universel et infini, et une seconde entité "divine" née de cet Infini, tantôt la Sophia, le/ les Ange(s) , ou un homme, le fils de l'homme" du livre de Daniel, figure que l'on retrouve dans le démiurge Yaldabaoth chez les Gnostiques, responsable du monde imparfait car incomplet lui même.
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critiques presse (2)
NonFiction   25 juillet 2011
Un livre d'une extraordinaire fécondité qui remet en cause le modèle d'une partition entre deux entités clairement distinctes qui seraient d'une part le judaïsme rabbinique et, d'autre part, le christianisme des Pères
Lire la critique sur le site : NonFiction
LeMonde   01 juillet 2011
Un livre exigeant, qu'aucun lecteur ne pourra refermer en continuant à voir naïvement le judaïsme et le christianisme comme l'un et l'autre se présentent devant leurs fidèles.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Video de Daniel Boyarin (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Daniel Boyarin
Le Christ était-il juif ? Les mardis des Bernadins .Mardi des Bernardins du 20 janvier 2015 - Collège des Bernardins En quoi l?avènement d?un Messie aux frontières de l?humain et du divin faisait-il écho aux croyances des contemporains juifs de Jésus ? Au-delà de la judaïté de Jésus, quelle est la judaïté du concept de Christ ? « le Messie-Christ existait dans la pensée juive bien avant que Jésus ne naisse à Bethléem », écrit Daniel Boyarin, dans son livre le Christ juif. Il invite à nuancer l?idée selon laquelle le judaïsme aurait toujours été un monothéisme strict. Les frontières que l?histoire a posées rétrospectivement entre la parole de Jésus et le judaïsme étaient sans doute bien plus poreuses à l?origine. Jésus a-t-il aboli ou accompli la Torah ? Les Évangiles en sont-ils l?appropriation, la récupération ou la prolongation ? Intervenants Jean-François Bensahel Président de l?Union Libérale Israélite de France (ULIF) Mireille Hadas-Lebel historienne, professeur émérite de l?université Paris-Sorbonne P. Marc Rastoin, sj théologien, Centre Sèvres et traducteur de "Le Christ Juif" P. Henry de Villefranche Licence canonique en sciences bibliques
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