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Critiques sur Comme neige au soleil (19)
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viou1108
  30 décembre 2015
"Comme neige au soleil", c'est la grande Histoire de la Grande Guerre, vue depuis le promontoire du Kilimandjaro, planté sur la frontière des colonies d'Afrique orientale, l'allemande et la britannique. C'est aussi la petite histoire de deux familles, l'une anglaise, l'autre allemande, et d'un Américain, tous aux prises avec des événements qui les dépassent. Au début de l'été 1914, personne ne croit réellement à la guerre, ou alors on croit à une petite guerre, à peine quelques échauffourées avant de s'arranger entre gens civilisés. Enfin, ça c'est ce qu'imaginent les Anglais, qui se présentent au combat avec un flegme tout british. Parce que les Allemands, autrement prévoyants et conquérants, font preuve d'une organisation et d'une efficacité bien germanique.

Absurdité de la guerre (pourquoi se bat-on, déjà?), incurie des états-majors (sur quelle plage africaine devons-nous débarquer, damned?), cynisme de la vie (survivre à quatre années de guerre et mourir de la grippe espagnole, un mois après l'Armistice), personne n'en sort indemne. William Boyd n'évoque pas seulement la génération perdue d'hommes morts, estropiés ou brûlés au gaz moutarde, mais aussi les femmes, leurs femmes, victimes collatérales à bien des égards. Et leurs histoires d'amour, compliquées ou favorisées par la guerre. Ou les deux en même temps, dans un triangle amoureux tragique entre jeunes gens victimes de leur immaturité et de la pudibonderie victorienne.

En 1985, Bernard Pivot avait dit de ce roman, dans son émission « Apostrophes », qu'un « lecteur normalement constitué ne peut pas ne pas lire ce livre avec passion », et s'engageait à rembourser tout lecteur déçu. Je dois constater que je ne suis pas une lectrice « normalement constituée », parce que je n'ai pas réussi à me « passionner » pour ce roman. Du même auteur, j'ai bien davantage apprécié « Orages ordinaires » et, dans une mesure un peu moindre, « Brazzaville plage ». Ici j'ai traîné mon ennui au milieu des descriptions de manoeuvres militaires, un peu à l'image des jeunes recrues tuant le temps lors des interminables semaines à bord des bateaux transportant les troupes des Indes en Afrique. Mais bon, en cette fin 2015, 30 ans après « Apostrophes », il y a prescription, et je m'en voudrais d'envoyer une réclamation à Monsieur Pivot.
Lien : http://www.voyagesaufildespa..
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ericbo
  04 mars 2018
Afrique orientale, de 1914 à 1918. Un épisode de la 1ère guerre mondiale peu connu. Je ne dévoilerai pas l'intrigue, comme à mon habitude, mais j'aimerai que ma critique donne vraiment envie de lire ce livre. On suit quelques personnages, ballottés par la tourmente de l'Histoire. Quelques aventures individuelles qui se passent essentiellement en Afrique coloniale anglaise et allemande avec quelques brèves incursions dans le Kent en Angleterre. Boyd avec beaucoup d'humour mais également avec un sens aigu du tragique nous campe avec truculence et beaucoup d'émotions la vie de ses personnages. On est véritablement plongé dans l'atmosphère de cette époque qu'il restitue avec un grand réalisme aussi bien en Afrique qu'en Angleterre. Temple et von Bishop, fermiers voisins de part et d'autre du Kilimandjaro, les frères Gabriel et Félix Cobb, Charis, la jeune épouse. Tous vont subir de plein fouet cette guerre qui transformera à jamais leur vie.
J'avais déjà beaucoup aimé "Un anglais sous les tropiques". Avec "Comme neige au soleil", Boyd ajoute la dimension historique et la tragédie. C'est également une critique acerbe de l'absurdité de la guerre et une réflexion sur les aléas de la vie qu'on ne maîtrise pas, les destins perturbés. Un roman parfaitement équilibré dont on lit les 400 pages d'une traite.
Un chef-d'oeuvre de la littérature anglaise.
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petch
  31 mai 2013
La première guerre mondiale vue du Kenya et de la Tanzanie (frontière entre l'Afrique Orientale allemande et l'Afrique Orientale anglaise) par trois personnages principaux : les frères Gabriel et Felix Cobb, et Charis, l'épouse de Gabriel.
Le second ouvrage de Boyd, après « un anglais sous les tropiques », conserve l'Afrique comme toile de fond, avec quelques escapades du côté d'Oxford. Scindé en trois parties au titre plutôt banal (Avant la guerre, La guerre et Après la guerre), ce roman nous montre comment la guerre, concept abstrait déclaré loin de ces contrées africaines, va radicalement changer les relations humaines dans ce coin perdu. Une fois pris dans la tourmente, les personnages continueront de se battre et de se détester, même quelques semaines après l'armistice, car ils n'en auront pas reçu la nouvelle.
William Boyd dépeint avec verve, humour et ironie les déboires et l'amateurisme de l'armée anglaise en Afrique, face à la rigidité toute militaire des troupes allemandes. A cette « grande guerre », il accole les histoires de petites mesquineries bien humaines (Le tortueux couple d'allemands Erich et Liesl von Bishop vaut le détour). Ce livre très cynique et grinçant, au ton décalé, fait le bonheur des amateurs de Boyd, et m'a fait rentrer de plein pied et avec délectation dans son univers. Pour ma part, je le laisse, bien des années après, parmi les plus grands romans écrits par l'auteur.
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MichelBouffioux
  08 décembre 2012
De la stupidité de la guerre, de sa cruauté, de la faiblesse et de la vanité des hommes, du ridicule qui va jusqu'à tuer, de l'espoir et la désespérance. Il y a de tout cela dans ce bon roman de William Boyd, et un plus, ce parfum british mélangeant cynisme, flegme et honneur.
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Bigmammy
  10 juillet 2012
La lecture du dernier William Boyd L'attente de l'aube », 2012) m'a tellement touché que j'ai décidé de relire tout ce que j'ai de cet auteur. Après « Les nouvelles confessions » et « Stars and bars », j'ai repris le second opus de Boyd, écrit à 30 ans, et intitulé, en français, « Comme neige au soleil »

On trouve encore, dans les bonnes librairies du Net, des exemplaires de tous ces livres, qui ont rencontré un considérable succès. La liste complète se trouve dans l'article de Wikipedia consacré à l'auteur.

Ici, comme dans tous les romans de Boyd, une mécanique cruelle se met en marche pour broyer les jeunes héros, les frères Gabriel et Felix Cobb, et la douce Charis, l'épouse de Gabriel. Cette mécanique, c'est la pire de toutes, puisque c'est l'art anglais de la guerre (pour paraphraser un auteur français moderne).

Sur le théâtre d'opérations de l'Afrique orientale, l'armée britannique n'a pas son pareil pour se tromper de plage de débarquement, sous-estimer l'adversaire, dépenser sans compter ses effectifs dans la chaleur tropicale, les épidémies, les replis en pagaille. de leur côté, les Allemands mènent leur propre guerre, efficace à la prussienne, comme le font aussi les auxiliaires africains des deux camps, que personne ne contrôle quand les circonstances les conduisent aux rites d'exécration.

Nos trois héros ont un ennemi plus intime, qui est leur propre immaturité, fruit d'une éducation victorienne. Habilement, Boyd croise la grande histoire guerrière et la relation complexe entre ces trois personnages. Sans compter quelques portraits bien campés : Temple l'Américain, modèle d'esprit d'entreprise, Erich et Liesl von Bishop, allemands complexes, et le brave sergent écossais Gilzean.

Bref, un roman passionnant, que je vous recommande !
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motspourmots
  11 juillet 2014
C'est le roman que Bernard Pivot, au cours de son émission littéraire et prescriptrice, Apostrophes avait proposé de rembourser à tout lecteur non satisfait... C'était dans les années 80 et cela a contribué à lancer William Boyd en France, où il vit à présent.
Dans ce livre, William Boyd s'inspire de son enfance en Afrique (il est né au Ghana d'un père Ecossais) pour brosser un portrait acide de la petite société britannique colonialiste... Tous les ingrédients d'un bon roman sont là : aventure, humour, personnages singuliers, sens de l'observation et empathie. Pour tous ceux qui ont découvert le romancier un peu plus tard, il n'est pas inintéressant de se replonger à la source, avec ce premier roman et, pourquoi pas, "Un anglais sous les tropiques", dans la même veine.
Je précise que Bernard Pivot n'a pas fait faillite...
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GeorgesSmiley
  15 mai 2018
« le lieutenant-colonel Stordy affirme que la guerre, ici, ne durera que deux mois. Il fait bien trop chaud, dit-il, pour se battre plus longtemps : nous fondrons tous comme neige au soleil ! »
Ici, c'est l'endroit où en 1914, l'Angleterre et l'Allemagne partageaient une frontière commune.
Cette frontière qui passait…au pied du Kilimandjaro dont les neiges, comme chacun sait, ne fondent jamais tout à fait. Du côté nord, l'Afrique-Orientale britannique (aujourd'hui le Kenya) et au sud, l'Afrique-Orientale allemande (aujourd'hui la Tanzanie). Entre les deux, enfin plutôt côté anglais, un fermier américain cultivant et broyant du sisal à l'aide d'une machine agricole qui fait sa fierté. Un beau jour (façon de parler), la guerre s'invite… « Il semble que nous ayons déclaré la guerre la semaine dernière, le 4. La nouvelle a simplement mis un peu de temps à nous arriver, ici dans la brousse. »
William Boyd nous conte les destins croisés d'une famille de militaires anglais, de l'agriculteur américain et de son voisin allemand dans cette guerre d'Afrique-Orientale tout aussi absurde et meurtrière que celle de France et de Belgique.
Souvent cinématographique (la traversée en side-car dans la plaine dominée par le Kilimandjaro au lever du soleil), le récit alterne entre le tragique et le cocasse (cet officier anglais gaffeur ou cet américain qui fera quatre années de guerre pour récupérer une machine agricole) avec les qualités habituelles et reconnues de l'auteur, l'humour, par exemple :
La moto surgit dans la rue. le conducteur s'arrêta et ôta ses grosses lunettes. C'était un soldat anglais. « Dis-moi mon pote, dit l'homme gaiement, où est tout le monde ? J'crois que je suis perdu. Tu peux me dire où est la garnison de Kasama ?
Von Bishop se rendit compte qu'avec son uniforme dépenaillé, il ressemblait plus à un fermier qu'à un officier allemand. C'était d'autant plus embarrassant qu'il n'avait même pas un revolver.
_ Cette ville est occupée par les troupes allemandes.
_ Oh ! Je suis fait prisonnier, alors ?
_ Oui, vous l'êtes, dit von Bishop, avec le sentiment d'être plutôt ridicule.
_ Vous n'êtes pas au courant, dit l'estafette, la guerre est finie depuis avant-hier. »
Vous ne connaissez pas encore William Boyd ? Courez vite réparer cette faute de goût et surtout ne vous en vantez pas !
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majolo
  20 octobre 2016
William Boyd, auteur prolifique, m'avait parfois déçu. Mais là, je suis réconciliée. J'ai été happée par l'histoire de ces familles, pendant la Grande guerre, qui se passe entre la Grande Bretagne et surtout l'Afrique, au pied du Kilimandjaro, dont je ne savais absolument pas qu'elle avait été le théâtre de combats aussi rudes.Bien écrit, avec ce qui faut d'humour british pour témoigner encore une fois de l'absurdité de cette guerre, de toutes les guerres.
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camor
  28 avril 2016
Encore une histoire captivante que William Boyd nous offre.
Pendant la première guerre mondiale, l'opposition Africaine des armées anglaises et allemandes....
L'important n'est pas là. Des hommes et des femmes vivent en Angleterre et en Afrique et l'auteur sait, à merveille, nous conter leur destinée.
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Gwelan
  09 mai 2019
La guerre de 14/18 vue de l'Afrique. Rien ne s'y passe de la même façon qu'en Europe, a vrais dire ces braves anglais et allemands ne savent pas très bien pourquoi ils se battent et en profitent pour régler des comptes personnels. une guerre faite principalement d'attentes.
A cela se mêle le destin d'une famille aristocratique anglaise dont les fils se retrouvent pris dans cette histoire sans y avoir été préparés et sans avoir jamais mis les pieds en Afrique.
Des personnages intéressants un histoire captivante... Quoi de mieux ?
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