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Christiane Besse (Traducteur)
EAN : 9782757807101
416 pages
Points (07/02/2008)
3.85/5   561 notes
Résumé :
Sénilité précoce, paranoïa ? Comment ne pas y penser quand, par un jour de canicule de l'été 1976, votre mère, si anglaise et si digne, vous annonce tout de go qu'elle est en réalité Eva Delectorskaya, une émigrée russe et une ex-espionne de haut vol ? Et pourtant, Ruth Gilmartin doit s'y résoudre : tout est vrai. Depuis trente et quelques années, pour tenter de retrouver la sécurité, Sally-Eva a échafaudé avec soin le plus vraisemblable des mensonges. Au fil de la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (70) Voir plus Ajouter une critique
3,85

sur 561 notes
« Je m'en rends compte maintenant : elle a toujours redouté qu'on vienne la tuer. Et elle n'avait pas tort. »

Paranoïa, folie, ou précautions légitimes ? de quoi la mère de Ruth a-t-elle peur ? le temps des révélations est peut-être venu, exhumant un passé insoupçonné remontant aux années 1930. Des péripéties sidérantes de nature à vous faire douter de tout : peut-on faire confiance à qui que ce soit ? Ruth et sa mère sont-elles en danger ?

Les romans d'espionnage, ce n'est pas spécialement ma tasse de thé, mais la réputation de William Boyd le précédait et j'ai effectivement passé un très bon moment avec La vie aux aguets (Restless en anglais). Ces deux intrigues entremêlées – l'ancienne et l'actuelle – tirent sur toutes les cordes de notre paranoïa : on reste « aux aguets » en se demandant si le roman va finalement verser dans le thriller. Les personnages sont tous hauts en couleur, les premiers rôles restant réservés aux femmes.

Au passage, j'ai appris plein de choses sur le rôle peu reluisant des services secrets britanniques dans la deuxième guerre mondiale. L'auteur s'est visiblement beaucoup documenté et j'ai été particulièrement fascinée par les campagnes de désinformation orchestrées par différents camps – un sujet qui n'a rien perdu de son actualité. En revanche, je n'ai pas saisi l'intérêt de tous les fils narratifs ancrés dans les années 1970, notamment celui autour de Ludger Kleist, si ce n'est pour semer le doute quant aux périls du moment : à chaque époque, ses troubles…

Une incursion agréable dans le monde de l'espionnage – cela dit, méfiez-vous : la règle numéro un n'est-elle pas de ne se fier à personne ?
Lien : https://ileauxtresors.blog/2..
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"La vie aux aguets" est mon deuxième roman seulement de William Boyd. J'ai découvert cet auteur tout récemment, sur le conseil d'un ami Babéliote, en lisant "Orages ordinaires", que j'avais adoré.

Cet ouvrage est tout aussi bien écrit, et au-delà de l'intrigue qui est de l'ordre du roman d'espionnage sur fond de WWII, c'est-à-dire pas tellement ma "cup of tea" normalement, ce que j'apprécie particulièrement chez Boyd, c'est son style d'écriture, sa façon de se centrer sur les personnages principaux de ses romans, et de dépeindre avec beaucoup de sensibilité et de finesse leurs émotions, leurs aspirations et leurs réactions face aux tourments des vents contraires de l'existence.

Je crois que c'est ce que j'aime tant chez cet auteur : le fait que ses personnages principaux, tout du moins dans les deux ouvrages que j'ai lus de lui (j'en attaquerai bientôt un troisième, c'est certain !), sont ballotés par de réels revers dans leurs vies, démolies par des aléas face auxquels ils sont impuissants, et comme c'est ce que je ressens au quotidien, je ne peux que compatir avec eux, voire ça me fait du bien de lire des pages qui dépeignent un peu ce que c'est que de se retrouver en réelle difficulté face à des éléments déchaînés.

Je trouve que ça change par rapport à certains romans à la mode, plus légers, où les personnages se lamentent au moindre bobo ou encore dès que leur vie est légèrement imparfaite, ce qui est agaçant quand on fait face à des choses plus graves. Sans parler des romans snobs, eux aussi à la mode, où des jeunes gens parfaits (et riches) mènent leurs romances parfaites, avec quelques faux rebondissements du genre "je t'aime - moi non plus" pour atteindre les 300 pages réglementaires. Pour le coup, ça, je fuis complètement :).

Je me suis un peu éloigné du sujet : pour un résumé de l'intrigue, il eut été préférable de passer votre chemin. Mais je vous recommande chaleureusement cet auteur si vous ne le connaissez pas, et que vous vous êtes un tant soit peu retrouvé dans ce billet d'humeur :).
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En 1939, les anglais avaient bien compris que seule l'entrée en guerre des Etats-Unis feraient gagner la guerre aux Alliés : c'est leur tentative de faire basculer les Etats Unis dans la guerre que nous raconte William Boyd dans la Vie aux aguets ; une histoire d'espionnage de haut vol qui rejoint l'histoire bien sûr, une histoire palpable puisque nous savons bien l'importance qu'avait l'entrée en guerre des Etats-Unis.
En 1976, Ruth Gilmartin découvre que sa très britannique et distinguée mère, est en réalité à moitié russe et travaillait en 1939 pour le compte de l'Angleterre. Un roman d'espionnage passionnant où William Boyd dessine deux vies de femmes prises dans la toile de l'Histoire. Magistral !
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"Parfois, elle en avait marre de cette suspicion vigilante, incessante − comment pouvait-on vivre de la sorte ? Toujours surveiller, toujours vérifier, toujours redouter d'être trahie et doublée." : vivre ainsi doit être effectivement bien épuisant !
Heureusement, la vie de Ruth est bien plus tranquille que cela, bien plus banale ; celle de sa mère Sally également.
C'est du moins ce qu'il semble au début de cet ouvrage mais, rapidement, tout va basculer.

Imaginez.
Votre mère, vieille dame anglaise digne et nommée Sally Gilmartin, vous informe tout de go qu'elle est russe et répond au nom d'Eva Delectorskaya.
Encore plus fou, elle vous apprend qu'elle a travaillé pendant la seconde guerre mondiale pour les services secrets britanniques.
Ça vous ferait un choc, non ?
Ruth est effectivement choquée par ces révélations, d'autant plus que de nombreuses autres suivent.
Elle n'a pas d'autre choix que de s'investir à son tour et de mener son enquête...

Voilà un bon roman d'espionnage, traversé par une tension constante et parsemé de fausses pistes disposées ici ou là pour que le lecteur ne comprenne pas tout trop vite.
Un livre qui dans son aspect fictif nous offre deux beaux portraits de femme, et qui dans le contexte historique restitué nous fait comprendre comment les services secrets britanniques ont manoeuvré pour obtenir l'entrée en guerre des États-Unis à leur côté.

Attention, la lecture est addictive et présente quelques effets secondaires indésirables tels que le manque de sommeil (parce que vous risquez de ne pas arriver à lâcher votre livre) ou la paranoïa aigüe (cette voiture n'est-elle pas en train de me suivre ?).
Une lecture distrayante qui vous amènera à vous poser la question classique : connaît-on vraiment ses proches ?

Voilà mon avis mais, quelle fiabilité lui accorder ?
Soyez prudents et restez aux aguets. Vous ne me connaissez pas... je pourrais être un agent double...
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Inquiète, la mère de Ruth a peur que son passé surgisse au grand jour et emporte la tranquille vie de famille qu'elle s'est acquise avec courage. Elle n'a qu'une seule issue pour s'en accommoder, préparer sa fille à cette éventualité. Alors elle décide de lui relater son passé par les écrits. C'est toute une page de l'histoire du monde qui va s'ouvrir, celle de la manipulation des crises mondiales par les services secrets des grandes puissances. Plongée dans la lecture, Ruth découvre une autre facette de sa mère. Celle qui a travaillé, habilement, dans les services secrets britanniques pendant la deuxième guerre mondiale. Elle a participé à la grande machination des services secrets pour contraindre les Etats-Unis d'intervenir aux côtés des alliés dans cette guerre fratricide qui a fragilisé l'Europe.... On découvre comment les services secrets sont capables de tout, à n'importe quel prix, afin de parvenir à leurs fins. Manipuler les médias, jouer doubles jeux, sacrifier l'amour, trahir de sang froid, renier ses propres principes...
Un magnifique roman agréable à lire! le rythme est cadencé par deux histoires qui s'alternent délicatement et qui nous plonge dans deux univers différents ! S'il faut courir, réfléchir à la seconde pour sa survie, haleter jusqu'à se faire dresser les cheveux avec Sally mais on prend le temps de réfléchir avec Ruth, d'interroger le temps, être en quette de soi, de son identité...

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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
Quand, petite, je me montrais grincheuse, contrariante et dans l'ensemble insupportable, ma mère me réprimandait avec des : «Un beau jour, quelqu'un viendra me tuer et tu le regretteras», ou bien : «Ils arriveront de nulle part et ils m'emporteront - et alors tu diras quoi ?» ou encore : «Un beau matin, tu te réveilleras et je ne serai plus là. Disparue. Attends un peu de voir.»
Curieux, mais enfant on ne prend pas au sérieux ce genre de remarque. En revanche, aujourd'hui - alors que je repense aux événements de cette interminable canicule de 1976, cet été pendant lequel l'Angleterre tituba, suffoquée, terrassée par une vague de chaleur interminable -, je sais ce dont ma mère parlait : je comprends ce sombre courant d'une peur profonde qui circulait sous la calme surface de sa vie ordinaire, et qui ne l'a jamais quittée, même après des années d'une existence paisible, sans rien d'exceptionnel. Je m'en rends compte maintenant : elle a toujours redouté qu'on vienne la tuer. Et elle n'avait pas tort.
Tout a commencé, je me souviens, début juin.
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Elle attirait bien trop d’hommes et, en revanche, n’était séduite que par très peu. C’est parfois le prix de la beauté : je te ferai très belle, décident les dieux, mais je te ferai aussi incroyablement difficile à contenter.
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- 'Ne faites confiance à personne', répliqua-t-il sans solennité mais avec une assurance et une sorte de certitude pratique, comme s'il déclarait : 'Aujourd' hui, c'est vendredi.' 'Ne faites confiance à personne, jamais', répéta-t-il en prenant une cigarette qu'il alluma, pensif, surpris lui-même de sa lucidité aurait-on dit. 'Peut-être est-ce la seule règle dont vous avez besoin. Peut-être que toutes les autres règles dont je vous parlerai ne sont-elles que les dérivés de celle-là. 'La seule et unique loi.' Ne faites confiance à personne - pas même au seul être en qui vous pensez pouvoir avoir le plus confiance au monde. Soupçonnez toujours. Méfiez-vous en permanence.' Il sourit, pas de son sourire chaleureux. 'Ca vous rendra d'excellents services.'
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Sally Gilmartin était aussi solide que le pilier de ce portail, ai-je pensé en posant ma main sur le grès chaud, me rendant compte en même temps à quel point nous savons peu de chose des biographies de nos parents, à quel point elles demeurent vagues et indéfinies, presque semblables à des vies de saints, rien que légendes et anecdotes, à moins que nous prenions la peine de creuser plus loin. Et maintenant cette nouvelle histoire qui changeait tout. J'avais une sorte de boule dans la gorge à l'idée des révélations qui, j'en étais sûre, allaient venir. Quelque chose dans le ton de ma mère m'avait informée qu'elle allait tout me raconter, chaque petit détail personnel, chaque nuance intime. Peut-être parce que je n'avais jamais connu Eva Delectorskaya, Eva Delectorskaya était désormais résolue à ce que j'apprenne tout, absolument tout d'elle.
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Quand, petite, je me montrais grincheuse, contrariante et dans l’ensemble insupportable, ma mère me réprimandait avec des: "Un jour, quelqu’un viendra me tuer et tu le regretteras". Enfant, on ne prend pas au sérieux ce genre de remarque. Aujourd’hui - alors que je repense aux événements de cette interminable canicule de 1976, cet été pendant lequel l’Angleterre tituba, suffoquée, terrassée par une vague de chaleur interminable - je sais ce dont ma mère parlait: je comprends ce sombre courant d’une peur profonde qui circulait sous la calme surface de la vie ordinaire, et qui ne l’a jamais quittée, même après des années d’une existence paisible, sans rien d’exceptionnel. Je m’en rends compte maintenant: elle a toujours redouté qu’on vienne la tuer. Et elle n’avait pas tort.
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Au sommaire de la Critique, deux livres :
"Drive", recueil de poèmes de Hettie Jones resté jusqu'à présent inédit en France et disponible dans une édition bilingue chez Bruno Doucey (traduction de l'anglais (Etats-Unis) : Florentine Rey et Franck Loiseau).
"Trio", le nouveau roman de William Boyd paru au Seuil et traduit de l'anglais par Isabelle Perrin.
Nos critiques du jour : Marie Sorbier, rédactrice en chef du magazine I/O Gazette et productrice d'Affaire en Cours sur France Culture et Laurent Nunez, écrivain et éditeur.
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