AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 274277601X
Éditeur : Actes Sud (28/05/2008)

Note moyenne : 3.15/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Boyer d'Argens (auquel, dans sa lecture, Guillaume Pigeard de Gurbert attribue définitivement la paternité de Thérèse philosophe) laisse entendre qu'il se trouvera toujours des sots, des machines lourdement organisées, des espèces d'automates accoutumés à penser par l'organe d'autrui pour s'offusquer contre la lasciveté de ce livre. Et aujourd'hui, il ne manque pas d'esprits pour dire cet érotique insignifiant par excès. Pourtant, que cette oeuvre d'apparence légère... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
MarcelP
24 avril 2016
Boyer d'Argens, romancier et philosophe, fut fort lu et apprécié à son époque : déiste convaincu, digne représentant des Lumières, il finit sa vie auprès de l'empereur Frédéric le grand qui l'appela à sa cour où Voltaire, un ami, l'avait précédé. le destin est cependant bien cruel : ce contempteur de l'obscurantisme a rejoint dans l'obscurité la cohorte des auteurs oubliés du XVIIIe s.
Si aujourd'hui, on évoque son nom c'est pour "Thérèse philosophe" (dont il n'est pas entièrement certain qu'il soit de sa main), un opuscule pornographique qui annonce, quelques cinquante années avant, l'oeuvre du Divin Marquis.
Il est très réjouissant de suivre le cheminement de Thérèse, la jeune narratrice, dans son éducation morale et sexuelle. La première partie est brillante où nous découvrons une jeune fille avide de raison et de plaisir mais qui a bien des difficultés à discerner le vrai du faux, le bien du mal. Après avoir échappé de peu aux griffes d'un prêtre libidineux (Ah, les jeunes filles et l'autorité religieuse!), c'en est un autre, libertin mais honnête, qui lui montrera la voie à suivre : "Il n'y a de bien et de mal moral que par rapport aux hommes : rien par rapport à Dieu". La charmante Thérèse, "manu militari", commencera donc une longue carrière masturbatoire, persuadée que se faire du bien à soi, ne peut nuire à quiconque.
Dans la seconde partie, Thérèse fait la connaissance de Mme Bois-Laurier, ancien "gentil Fragonard (qui) fit ses premières saisons de bouic en bobinard, de bousbir en boxon" (emprunt à la chanson "Alice et Alfred", Jean Guidoni - Pierre Philippe). Celle-ci lui raconte sa vie de libertine de profession. Rien de bien original : on y retrouve des turpitudes déjà lues ailleurs (dans "Margot la ravaudeuse", par exemple) et avec autant sinon plus de talent ou de style.
Mais ce long échange d'impressions sur les hommes et le sexe permettront à Thérèse de rencontrer le Comte de... à qui elle donnera son pucelage, son amour et ses plus belles années, tout en se mettant à l'abri d'en avoir un enfant.
Le récit se termine par une "curieuse réflexion de Thérèse pour prouver que les principes renfermés dans son livre doivent contribuer au bonheur des humains", sorte de petit catéchisme à l'usage des jeunes filles et des jeunes garçons.
Comme Sade plus tard, Boyer d'Argens alterne scènes explicites et plaidoyers philosophiques : on le découvre féministe, ardent défenseur du "Mon corps m'appartient", anticlérical ("Il n'y a point de culte, Dieu se suffit à lui-même") et thuriféraire de l'amour libre. Son héroïne et son amant feront même le choix, bien surprenant pour l'époque, de se soustraire et au mariage et à la conception.
Avouons que ce petit roman convient bien à notre époque, de plus en plus gourmée et qu'il est une rafraîchissante adresse "à ces sots, à ces machines lourdement organisées, à ces espèces d'automates accoutumés à penser par l'organe d'autrui, qui ne font telle ou telle chose que parce qu'on leur dit de les faire."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Tipee
16 avril 2016
(Ne jamais écrire sur son profil que l'on est prêt à faire toutes les découvertes, on se retrouve à se faire conseiller ce genre de livre).
L'intrigue est celle de la vie d'une jeune fille née sans parents, recueillit et qui se fait embrigader en tant que courtisane. Elle demeure courtisane plusieurs années, sans perdre son pucelage avant qu'un comte ne la récupère et la fasse tomber amoureuse.
Je ne sais pas si je dois dire que cette histoire est belle, ou moche. Honteuse ou joyeuse.
Mais Thérèse raconte son histoire et il faut l'écouter.
Commenter  J’apprécie          80
sweetie
05 août 2014
C'est en lisant Céleste de Martine le Coz que j'ai découvert ce récit écrit au XVIII s. par Jean-Baptiste Boyer d'Argens, dont on ignore encore d'ailleurs s'il en est le seul auteur. Cet écrit a nécessairement dû faire scandale en son temps et subir la censure car tous les fondements de la religion catholique y sont un à un ébranlés par des libres penseurs qui s'attachent à former la jeune Thérèse à une vie de plaisirs et non à une vie de renoncement et de soumission. Les abus commis par ceux-là même qui ont consacré leur vie à Dieu y sont également décriés. Un thème encore d'actualité.
Commenter  J’apprécie          10
PiertyM
27 septembre 2013
Une révélation choquante! Une exploitation extrêmement inhumaine! Une pratique aberrante que l'on exerce sur des jeunes filles ignorante, naïves... avec des méthodes hautement maniaque, malséant...
Commenter  J’apprécie          20
Citations & extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
PiertyMPiertyM27 septembre 2013
… … … Gardez-vous encore avec plus de précaution de ce morceau de chair des jeunes garçons de votre âge qui faisait votre amusement dans ce grenier. C’est le serpent, ma fille, qui tenta Ève, notre mère commune. Que vos regards et vos attouchements ne soient jamais souillés par cette vilaine bête, elle vous piquerait et vous dévorerait infailliblement tôt ou tard.
– Quoi ! Serait-il bien possible, mon Père, repris-je tout émue, que ce soit là un serpent, et qu’il soit aussi dangereux que vous le dites ? Hélas ! Il m’a paru si doux ! Il n’a mordu aucune de mes compagnes, je vous assure qu’il n’avait qu’une très petite bouche et point de dents, je l’ai bien vu...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
LunedorLunedor16 avril 2016
Mettez-vous à genoux, mon enfant, et découvrez ces parties de la chair qui sont les motifs de la colère de Dieu : la mortification qu’elles éprouveront unira intimement votre esprit à lui. Je vous le répète, oubliez-vous et laissez-vous faire. » Mlle Éradice obéit aussitôt sans répliquer. Elle se mit à genoux sur un prie-Dieu, un livre devant elle ; puis, levant ses jupes et sa chemise jusqu’à la ceinture, elle laissa voir des fesses blanches comme la neige et d’un ovale parfait, soutenues de deux cuisses d’une proportion admirable. Alors le Père approcha…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
ieo9ieo915 février 2013
Concluons donc, ma chère amie, que les plaisirs que nous goûtons, vous et moi, sont purs, sont innocents, puisqu'ils ne blessent ni Dieu ni les hommes, par le secret et la décence que nous mettons dans notre conduite.
Commenter  J’apprécie          40
ThaddeusThaddeus16 février 2015
C'est folie de croire qu'on est maître de se rendre heureux par sa façon de penser... Il est démontré qu'on ne pense pas comme on veut. Pour faire son bonheur, chacun doit saisir le genre de plaisir qui lui est propre...
Commenter  J’apprécie          20
PiertyMPiertyM27 septembre 2013
Imbéciles mortels ! Vous croyez être maîtres d’éteindre les passions que la nature a mises dans vous. Elles sont l’ouvrage de Dieu. Vous voulez les détruire, ces passions, les restreindre à de certaines bornes. Hommes insensés ! Vous prétendez donc être de seconds créateurs plus puissants que le premier ? Ne verrez-vous jamais que tout est ce qu’il doit être, et que tout est bien ; que tout est de Dieu, rien de vous, et qu’il est aussi difficile de créer une pensée que de créer un bras ou un œil ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
autres livres classés : érotismeVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

L'érotisme en littérature

Lequel de ces romans de Diderot, publié anonymement, est un roman libertin ?

Le Neveu de Rameau
Les Bijoux indiscrets
Le Rêve de D'Alembert
La Religieuse

6 questions
252 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature libertine , érotisme , érotiqueCréer un quiz sur ce livre