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ISBN : 2847883495
Éditeur : ENS (29/10/2012)

Note moyenne : 3/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Qu'est-ce que l'étude de l'école des programmes, des manuels scolaires, des divers publics scolaires nous dit des colonies et de la colonisation française ? Que nous apprend-elle sur l'éducation des "indigènes" ? Comment les manuels scolaires présentent-ils les colonies et les colonisés ? Miroir de la société, l'école en situation coloniale nous renseigne sur les mécanismes d'imitation, d'acculturation ou encore de distinction des différentes populations. Le livre a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
YvesParis
  31 décembre 2013
A l'automne 2009 s'était tenu à Lyon un colloque international sur l'enseignement et la colonisation dans l'Empire français . Une partie des contributions en fut publié dès 2010 dans la revue Histoire de l'éducation. La présente publication rassemble certaines contributions inédites et d'autres articles qui ont en commun, comme l'annonce le chiasme du titre, de traduire le lien entre enseignement en situation coloniale et enseignement de l'histoire coloniale.
L'étude de l'école aux colonies est révélatrice de la « situation coloniale » au sens où l'entendait Georges Balandier. Avec la médecine et la construction d'infrastructures, l'éducation a été souvent rangée au nombre des aspects positifs de la colonisation. Même si elle n'a touché qu'une minorité d'indigènes, elle incarnait la « mission civilisatrice » de la France. Son historiographie s'est considérablement enrichie ces dernières années. Jean-Hervé Jézéquel a consacré sa thèse aux instituteurs diplômés de l'école William-Ponty ; Pascale Barthélémy à leurs collègues féminines (voir notre compte rendue dans XXème siècle revue d'histoire, 2012/2, n° 114).
L'histoire de l'éducation souffre toutefois d'un biais méthodologique. Elle se résume parfois, faute de sources alternatives, à celle des manuels scolaires. C'est le travers de la contribution de Driss Abbassi sur le cas tunisien ou de celle d'Amadou Camara sur l'enseignement de l'histoire en Afrique noire dans les années 60 et 70. Or cette approche restrictive ignore la façon dont les maîtres utilisaient ces manuels, pour parfois s'en distancier, ainsi que celle dont les élèves réagissaient à ces enseignements.
Différentes contributions de l'ouvrage sous recension examinent ces pratiques pédagogiques. Deux logiques s'affrontent. Celle de l'assimilation qui conduisit, selon la caricature célèbre, à enseigner à de jeunes Africains que leurs ancêtres étaient Gaulois. Celle de l'adaptation qui, au nom du pragmatisme, entendait moduler l'enseignement dispensé en fonction des caractéristiques des élèves apprenants : Georges Hardy, directeur de l'enseignement en AOF de 1912 à 1919, auquel Carine Eizlini consacre sa contribution, en fut le porte-flambeau. Dans un cas comme dans l'autre, comme le souligne Marie-Albane de Suremain, le projet éducatif aux colonies reste traversé par une contradiction insurmontable : pourquoi vouloir élever intellectuellement des populations tenues pour inférieures ?
L'étude de l'école en situation coloniale est l'occasion de donner une place aux colonisés, rompant ainsi avec une approche européocentrée et surplombante. Particulièrement stimulante est la contribution de Nicholas Harrisson qui, avec les précautions que nécessite l'usage de telles sources, analysent les autobiographies d'Assia Djebar et d'Albert Memmi, témoignages précieux de « l'aventure ambiguë » de deux jeunes « évolués ». Leur scolarisation constitua pour eux une rupture traumatisante avec leur milieu d'origine mais aussi une ouverture intellectuelle et une opportunité d'ascension sociale.
L'enseignement actuel de la période coloniale constitue un champ d'étude tout à fait différent. Il s'agit d'un sujet doublement sensible : en raison du débat très contemporain sur les « aspects positifs de la colonisation » et parce que les élèves d'aujourd'hui en France sont pour partie des descendants des anciennes populations colonisées. Les membres de l'Association pour l'histoire de l'Afrique contemporaine (ACHAC) en ont fait l'un de leur cheval de bataille (« La fracture coloniale », 2005, « Ruptures postcoloniales », 2010).
Force est de constater que la valeur ajoutée de l'ouvrage sous recension sur cette thématique est assez pauvre. Frédéric Garan fait le constat désabusé mais réaliste de la faible part donnée aux événements de 1947 à Madagascar dans les manuels scolaires. Susanne Grindel évoque le traitement de la colonisation dans le manuel d'histoire franco-allemand. On regrette l'absence de témoignage sur cet enseignement dans les pays anciennement colonisés : comment y est enseignée la colonisation ? Un discours victimaire domine-t-il ? Y a-t-il une évolution dans le contenu de cet enseignement depuis les indépendances ?
Cette critique a été publiée dans le numéro 248 de la revue "Afrique contemporaine" de l'AFD
Lien : http://www.cairn.info/revue-..
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critiques presse (1)
NonFiction   04 mars 2015
Une approche originale et féconde au croisement de l'histoire de la colonisation, de l'histoire globale et de l'histoire de l'éducation.
Lire la critique sur le site : NonFiction
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