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EAN : 9782743635404
350 pages
Éditeur : Payot et Rivages (30/03/2016)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 101 notes)
Résumé :
Gravesend, une enclave Italienne au sud de Brooklyn. Conway y vit avec son père et, depuis seize ans, il pleure son frère Duncan, renversé par une voiture alors qu'il tentait d'échapper à Ray Boy Calabrese et à sa bande de petites frappes. Depuis seize ans, Conway attend que Ray Boy sorte de prison afin de lui infliger la seule condamnation valable à ses yeux : la peine de mort. Mais la vengeance ne prendra pas le tour attendu et, dans ce quartier hanté par la mélan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
Yassleo
  03 juin 2016
Mais c'est qu'il aurait du talent le nouveau de la classe "roman noir" dis donc. Et au diable la sagesse, je miserai bien quelques cacahuètes sur une belle carrière à venir de m'sieur Boyle.
Pour son premier accouchement littéraire, William Boyle donne naissance à cinq personnages aux destins croisés. Même mère : Gravesend, quartier pauvre de Brooklyn. Et point de départ d'un voyage qui s'annonce animé : Conway, ravagé depuis la mort de son frère gay harcelé et tué 16 ans plus tôt, crie vengeance à la sortie de prison du meurtrier, Ray Boy, l'homme à abattre. Mais rien ne se passera comme prévu. Et toc dans ta tronche, lecteur impatient.
Du bad boy repenti au bad boy en devenir, de la pucelle trentenaire à moustache à la starlette bi en quête d'identité, en passant par ce frère paumé en proie à tous les maux, Boyle réussit la prouesse d'attendrir le lecteur dans un roman pourtant aussi noir que le pain d'un sans-dent.
Tout ce petit monde gravite et vivote dans un contexte social misérable digne d'un Bandini et laissant peu de place aux rêves. Chemin de vie pour qui naît à Gravesend : grandir à Gravesend, bosser à Gravesend, errer à Gravesend, partir mais surtout revenir à Gravesend, mourir à Gravesend. La messe est dite. Peur de l'ailleurs et dégoût de l'ici, l'impossibilité de couper le cordon avec maman Gravesend semble inéluctable pour ces esprits cabossés, plus fatalistes que combatifs.
 
Et William Boyle, parfait maître de cérémonie, assure un tempo redoutable pour son premier coup d'essai. Après avoir happé notre attention avec une entrée en matière trépidante, le ton s'adoucit laissant éclore les fragilités de coeurs assombris et aux illusions perdues. Et sans prendre garde, voilà qu'on s'attache à ces jeunôts abimés par la vie. Mais popopop, pas question pour Boyle d'endormir son lecteur sur un faux rythme mollasson. le gaillard a de la ressource qu'on se le dise. Dégainant les cartes noires de son jeu, il nous offre un bouquet final fulgurant.
Si l'auteur a donc incontestablement du talent, Francois Guérif, éditeur en chef de Rivages/Noir, en a sa part à revendre. Car avoir débusquer le bonhomme parmi les torrents de nouveaux auteurs qui affluent s'applaudit. Et prendre le risque de le proposer pour le 1000ème opus s'ovationne.
Pas papa de la maison par hasard le gars.
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Renod
  22 janvier 2017
Gravesend est un quartier populaire de Brooklyn en plein déclin. Une localité qui inspirerait une pléthore d'acronymes à un énarque. le quartier n'est plus que l'ombre de lui-même : des immeubles résidentiels vieillissants, des pavillons décatis, des commerces aux enseignes en langues étrangères et des rues jonchées de déchets. Une importante communauté italienne y résidait et on trouve encore des vestiges des temps révolus : trafics divers, salles de jeux clandestines, paris sportifs. le roman comprend deux types de personnages. Les anciens sont minés par leurs problèmes familiaux et une santé précaire. Certains n'ont jamais quitté leur quartier, comme si une frontière invisible les empêchait de se rendre dans les districts voisins. Les enfants semblent plombés par leurs origines et ne parviennent pas à quitter Gravesend. Ils sont trentenaires et habitent toujours chez leurs parents, ruminant leurs déceptions et leurs rêves brisés. Alessandra a tenté de partir mais elle est contrainte de revenir chez son père après avoir échoué à devenir actrice à Los Angeles. Ses sorties dans un Manhattan gentrifié vont faire ressortir les défauts de Gravesend. On suit la fuite en avant d'Eugene, un adolescent qui déteste son existence et dont l'imaginaire se nourrit de Scarface et des paroles de gangsta rap. Et puis il y a Conway dont la vie a basculé seize ans plus tôt lorsque son frère homosexuel a été assassiné par des petits caïds. Lorsqu'il apprend la libération récente d'un des assassins, il décide de venger son frère. Quand le feu de la haine couve depuis trop longtemps, tout peut très vite exploser.
William Boyle parvient à décrire la lente dégénérescence d'un quartier populaire et à faire le portrait d'une génération perdue. « Gravesend » est un roman à dominante sociale à l'intrigue efficace et au style maîtrisé. Si François Guérif n'a plus rien à prouver sur la pertinence de ses choix éditoriaux, il montre en publiant sous le numéro 1000 de la collection Rivages/Noir un roman inédit d'un auteur inconnu que son audace est toujours aussi vive.
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encoredunoir
  06 avril 2016
Bientôt la trentaine, Conway voit enfin sortir Ray Boy Calabrese de prison. Seize ans auparavant, Ray Boy et sa bande ont persécuté Duncan, le frère homosexuel de Conway, jusqu'à ce que, en essayant de fuir, il soit renversé et tué par une voiture. le retour de Ray Boy à Gravesend, ce quartier pauvre italien de Brooklyn fait parler. Il y a ceux qui pensent qu'il n'aurait jamais dû sortir de prison et ceux qui estiment qu'il n'aurait jamais dû y entrer. Pour Conway, en tout cas, une chose est sûre : il doit tuer Ray Boy.
Mais Ray Boy Calabrese n'est plus l'adolescent qui, presqu'une vie auparavant, a poussé Duncan à la mort et Conway n'est pas aussi fort qu'il voudrait l'être. La vengeance va alors prendre un tour d'autant plus inattendu que d'autres acteurs vont venir se mêler à la tragédie. Il y a McKenna, l'ancien flic alcoolique et ami de Conway, il y a la naïve Stephanie, il y a Eugene, le neveu de Ray Boy qui vit dans le culte du chef de bande qu'a été son oncle et qui rêve de lui succéder malgré sa patte folle, il y a la belle Alessandra, de retour de Los Angeles et, surtout, il y a le quartier.
Ainsi donc Boyle fait jouer ici une tragédie contemporaine dans laquelle se pose autant la question de la vengeance et de l'expiation que celle de l'impossibilité à échapper à un déterminisme social dans lequel s'enferme toute une communauté. En seize ans, le quartier que retrouve Ray Boy Calabrese n'a finalement pas changé. Les mêmes personnes y vivent et y meurent, les plus âgés n'ont pour certains même jamais mis les pieds en dehors de Brooklyn et voient Manhattan comme une terre étrangère et lointaine. Et les affaires se règlent entre soi. Mais de la communauté soudée au ghetto, il n'y a qu'un pas. Aussi voit-on là une société d'ouvriers et de petits commerçants incapables de s'extraire de leur condition et qui accumulent une énorme frustration. Ainsi en va-t-il du père d'Alessandra :
« le bac était petit et son père avait fixé des rideaux en plastique sur les quatre côtés, et même autour de la pomme de douche, pour éviter que les joints moisissent. Ne restait plus qu'un espace très sombre et étouffant. (…) le confinement du bac de douche était - et avait toujours été - le projet d'un homme qui avait connu trop d'échecs dans sa vie et refusait d'être par-dessus le marché vaincu par la moisissure. »
Alessandra, justement, partie à Los Angeles pour poursuivre un rêve d'adolescente, n'a jamais décroché un rôle, seulement fait de la figuration, et revient là sans projet et sans avenir, ce qui ne l'empêche pas de fasciner Stephanie pour qui le simple fait d'avoir quitté le quartier apparaît comme un geste d'une audace folle.
Car si l'intrigue se cristallise autour de Conway et Ray Boy, c'est bien cette impossibilité à s'extraire de Gravesend, qui est au coeur du roman de William Boyle. C'est la peur du monde extérieur et la haine de celui que l'on ne peut quitter et dans lequel on se trouve sans cesse face à ses propres failles. Conway ne peut échapper à sa propre lâcheté, Ray Boy ne peut fuir son passé et s'est d'ailleurs fait une raison en espérant que Conway puisse abréger cette souffrance, Eugene ne sait pas encore qu'il ne sera jamais pour tout le monde que le boiteux à grande gueule du quartier, Stephanie ne pourra jamais quitter a mère, et Alessandra a beau rêver d'ailleurs, elle reste collée à Gravesend. Toute cette frustration, finalement ne se retourne pas contre la société. Elle vient frapper les personnages et leurs parents à qui ils reprochent de n'avoir pas été différents de ce qu'ils sont eux-mêmes devenus, adultes aux rêves étriqués et égoïstes. Bref, un cocktail qui, dans le pire des cas, débouchera sur une violence désespérée.
William Boyle méritait bien de décrocher le numéro 1000 de la mythique collection Rivages/Noir. Non pas parce qu'il propose avec Gravesend un roman exceptionnel mais bien parce que l'on y retrouve en quelque sorte tout ce qui compose la personnalité de la collection (du noir, un instantané de la société, des personnages forts et complexes) et qu'avec ce premier roman l'éditeur montre que le genre est loin d'être mort et que ce millième livre n'est pas une fin mais seulement une étape dans une aventure amenée à durer. Sans doute que s'il était paru dans la masse des précédents ou suivants Rivages/Noir, Gravesend serait passé inaperçu… pas assez exceptionnel, peut-être un peu trop noir pour le grand public. Et l'on ne peut donc que se féliciter du coup de projecteur que lui vaut ce numéro 1000 sur la tranche et qui permet de découvrir une belle écriture dans laquelle les phrases chocs mettent en exergue la frustration et l'abandon des personnages. Bref, un vrai bon roman noir.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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belette2911
  05 mai 2016
Le numéro 1000 de chez Rivages/Noir se devait de marquer le coup et au lieu de miser sur un auteur connu, François Guérif a misé sur un inconnu.
Pari osé ? Pari risqué ? Oui, mais mais pari gagné !
Dans ce roman noir, il y a des voix… Les vois désabusées des personnes qui gravitent à Graveland, petit quartier de Brooklyn, sorte de microcosme où les habitants végètent, n'attendant plus rien de la vie, cette chienne.
Que ce soit Conway qui rêve de venger la mort de son frère Duncan, tué par Ray Boy, le caïd du coin; Alessandra qui se rêvait actrice et qui est juste une starlette ratée condamnée à ne faire que de la figuration; Stéphanie, vieille fille de 30 ans, vierge et vivant toujours chez sa mère, sorte de demi-folle tarée; ou Eugene, le neveu de Ray Boy qui ne rêve que de ressusciter le culte de son mauvais genre de tonton, rêvant même d'en faire un flingueur.
C'est noir, c'est sombre, à se demander si la lumière viendra les éclairer un jour. Sans compter que certains habitants du quartier n'ont jamais mis les pieds en dehors ! le Bronx, Manhattan, c'est déjà trop loin pour eux. Un peu comme si Gravesend les retenait dans son orbite.
Ceux qui ont quitté le quartier n'ont pas mieux réussi. Eux qui reprochaient à leurs parents d'avoir loupé leur vie n'ont pas réussi la leur, même s'ils ne s'en vanteront pas.
Les chapitres alternent les aventures – les déconfitures – des uns et des autres, nous offrant des tranches de vie misérable, sombre, sans espoir.
L'auteur ne ménage pas ses personnages et les fait se croiser, s'entrecroiser pour mieux jouer avec leur désespoir, leurs illusions, qui deviendront des désillusions.
La vie est une chienne mais parfois, certains personnages prennent conscience que tout compte fait, ils ne sont pas si mal que ça comparés à d'autres encore moins bien lotis qu'eux.
Gravesend, c'est une voix, des voix… C'est l'histoire d'un quartier de New-York, l'histoire de ses habitants, une satyre de la société, un abîme dans lequel des gens habitent, c'est le blues du dimanche, des journées qui s'écoulent, toutes les mêmes, des parents qui rêvent d'un avenir meilleur pour leurs enfants, qui leur offrent une belle école et piquent une crise si le gamin se fait renvoyer du bahut.
C'est aussi une histoire de vengeance qui ne tourne pas comme Conway voudrait, c'est l'histoire d'une rédemption, une histoire violente, inscrite dans le sang.
Une histoire que certains croyaient écrite pour eux, qui pensaient que le destin jouait en leur faveur mais qui au lieu de faire banco, ils ont trouvé l'éternel dodo.
Ce sont des gens qui se cherchent et qui ont du mal à se trouver. Des jeunes qui voulaient une autre vie que celle de leurs parents et qui reproduisent le même schéma, comme condamné à faire pareil. Ou pire.
C'est une histoire qui pourrait se dérouler à n'importe quelle époque, tant les nouvelles technologies sont peu présentes dans les pages. Et c'est tant mieux car dans ces pages, pas besoin d'artifices, on est dans la vraie vie, celle qui est ironique, cruelle, vache, celle qui ne vous loupe pas.
Un bon cru pour cette 1000ème bouteille chez Rivages/Noir. Un vrai noir sans sucre, hormis Alessandra. Et encore !

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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monromannoir
  26 mai 2016
Un peu plus d'un millier d'ouvrages. C'est le nombre de romans qu'a publié la maison d'éditions Rivages/Noir durant 30 ans devenant ainsi l'une des grandes références mondiales dans l'univers du roman noir et policier. Une belle collection si l'on prend la peine de consulter la liste où figurent les grands noms de la littérature noire, mais également des auteurs méconnus qui émaillent cet inventaire prestigieux. Travailleurs de l'ombre, très souvent mis en exergue par son directeur, il faut particulièrement saluer les traducteurs à l'instar de Pierre Bondil, Jean-Paul Gratias, Daniel Lemoine et Freddy Michalsky qui parvinrent à donner une voix française à ces auteurs américains tout en conservant leur petite musique si particulière. Outre une traduction soignée, l'une des particularités de la maison Rivages/Noir est de remettre constamment l'ouvrage sur le métier avec cette volonté farouche de nous faire découvrir de nouveaux auteurs de qualité. C'est ainsi, plutôt que de mettre en valeur une de ses têtes de file, que le numéro 1000 de la collection échoit à Gravesend, premier roman de William Boyle.
A Gravesend, quartier italien, au sud de Brooklyn, il y a ceux qui restent et ceux qui reviennent. Parmi ceux qui restent il y a Conway qui attend son heure afin de venger la mort de son frère Duncan, assassiné sauvagement, il y a de cela seize ans, par Ray Boy Calabrese une des figures du quartier. Parmi ceux qui reviennent, il y a justement Ray Boy Calabrese qui vient de purger sa peine de prison, mais qui attend désespérément de payer le prix fort de ses actes passés. Parmi ceux qui restent, il y a Eugene, jeune adolescent boiteux, qui souhaite montrer à Ray Boy, cet oncle déchu qui n'est plus que l'ombre de lui-même, qu'il peut également devenir un caïd du quartier. Parmi ceux qui reviennent, il y a la belle Alessandra qui traîne dans ses valises ses rêves déchus d'actrice de cinéma. A Gravesend, il y a des destinées qui s'entrechoquent brutalement dans un mélange acide de regrets, de colères et de désillusions.
Il y a bien évidemment des classiques immuables, tels la vengeance et l'illusion perdue, qui entrent dans la dynamique du roman noir et que William Boyle illustre parfaitement dans ce premier roman où il met en scène une tragédie prenant pour cadre un quartier modeste de Brooklyn qui devient un personnage à part entière. Plus qu'un quartier Gravesend devient une espèce d'espace verrouillé où gravitent, de manière dérisoire, des protagonistes qui ont cessé depuis longtemps d'agiter leurs illusions perdues. On perçoit ainsi cette colère et cette frustration taraudant chacun des acteurs qui ne parviennent pas à se dégager d'une destinée qui semble gravée dans la marbre glacé de l'amertume. Mais c'est lors de sursaut, de révolte que les drames se mettent en place dans une explosion de violence qui ébranle toute la communauté assoupie dans une torpeur teintée de nostalgie.
On ressent immédiatement quelque chose d'hypnotique dans l'écriture de William Boyle qui arrive à nous immerger, jusqu'à l'étouffement, dans ce quartier où il dépeint des personnages forts et poignants tout à la fois avec cette propension à mettre doucement en branle la machine infernale qui va broyer les destins dans des scènes d'une brutalité sèche et cruelle. C'est peut-être parce qu'il n'y a rien de flamboyant et d'épique dans ce roman que William Boyle parvient à incarner, avec une belle justesse, l'état d'esprit d'un pays fatigué de traîner derrière lui cette fameuse illusion du rêve américain. Finalement Gravesend c'est l'hymne du désespoir qui touche le coeur des hommes avec un roman noir pas comme les autres qui mérite bien cette mise en lumière que lui octroie ce numéro 1000 de Rivages/Noir.
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critiques presse (2)
LeFigaro   08 avril 2016
Un premier roman déchirant.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama   30 mars 2016
Pour fêter son numéro 1 000, Rivages/Noir choisit d'éditer un jeune auteur inconnu : William Boyle. Un choix judicieux tant Gravesend est marquant.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
RenodRenod   20 janvier 2017
Le trottoir était plein de fissures et de bosses, et comme couturé de mauvaises herbes. Des emballages de bonbons ressemblant à des fleurs arrachées parsemaient les carrés de terre où la ville avait planté de petits arbres merdiques. Les bouches d’incendie lui faisaient penser à des flics miniatures. Les poteaux téléphoniques étaient dénudés de leurs fils en cuivre, probablement volés par des gosses qui les revendaient à un ferrailleur. (…) Au moment où il relevait enfin la tête, une pensée lui vint concernant ce quartier : d’une manière ou d’une autre, ce quartier l’avait toujours empêché de faire ce qu’il fallait.
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EnkiEnki   11 avril 2016
Mon paternel me battait à coups de ceinture, baisait sa secrétaire, bouffait des côtes de veau cinq fois par semaine. Quand tu penses que le veau, c’est le bébé de la vache. Tu sais ce qu’on leur fait, à ces petits ? On les élève dans des boîtes. Tu parles d’un exemple !
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RenodRenod   19 janvier 2017
Il détestait avec ses yeux, avec sa bouche, avec chacun de ses gestes, essayant de transformer sa démarche de boiteux en balancement de gangster trop cool. Peut-être que les profs le prenaient pour un pauvre crétin, mais Eugene aimait croire qu’ils avaient également peur de lui, qu’ils voyaient en lui le genre de gamin capable d’apprendre à construire une bombe sur Internet et de la faire exploser ici en plein milieu de la journée.
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VanessaVVanessaV   29 juin 2016
La cafetière sur le fourneau lui rappelait la maison de sa grand-mère: debout à côté de la vieille femme, arrivant à peine à hauteur de sa hanche, Duncan et lui regardaient le café bouillant remplir peu à peu la boule de verre tandis que l'odeur du café se répandait dans la maison au point de se confondre avec celle de sa grand-mère, avec sa propre odeur et celle du monde entier. Ils s'asseyaient ensuite autour de la table, sa grand-mère versait du café pour tout le monde - Pop, leur mère à l'époque où elle était encore leur mère, Duncan, lui - et on ouvrait également des paquets de sfogliatelle et de biscuits aux couleurs de l'arc-en-ciel qu'on plaçait au milieu de la table avec du fenouil, du raisin, des couteaux à légumes. "Mange du fenouil", disait leur grand-père. Mais il voulait un biscuit arc-en-ciel et, même s'il était trop jeune pour en boire, de ce café qui sentait si bon. "Mange du raisin", disait leur grand-père avant de mettre une grappe dans l'assiette de Conway aux côtés d'une sfogliatella. Les sfogilatelle étaient les pâtisseries préférées de Duncan. Il était capable d'en manger une entière, voire deux. Il adorait le sucre glace sur le dessus. Quand personne ne regardait, il les trempait dans le café de leur mère. Conway, lui, n'aimait pas les sfogliatellle plus que ça. Il leur préférait les biscuits arc-en-ciel. Mais, comme Duncan, il avait hâte d'être en âge de boire du café
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EnkiEnki   10 avril 2016
Dans sa tête, Conway voyait le film des deux prochaines heures : Ray Boy à genoux sur la plage de Plumb Beach, les yeux fermés, Conway et lui éclaboussés par les phares des voitures sur la rocade, Conway appuyant le pistolet contre le crâne de Ray Boy, pressant la détente, le cerveau de cet enculé se répandant dans la nuit. Générique de fin.
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Quais du Polar 2016 à Lyon - Présentation du livre "Gravesend"
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