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Bernard Turle (Traducteur)
EAN : 9782246745617
580 pages
Grasset (24/02/2010)
3.56/5   72 notes
Résumé :
En 1932, un jeune Japonais, Tadashi Sato, étudiant en architecture, arrive dans une immense propriété du nom mythique de Taliesin, perdue au fin fond de la campagne du Wisconsin. C’est là que réside le plus grand architecte du siècle, auprès duquel Tadashi vient de se faire engager comme apprenti : Frank Lloyd Wright.

Tadashi découvre vite que l’antre du génie ressemble moins à une école qu’à une communauté utopique, que Frank Lloyd Wright essaie de f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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tynn
  12 septembre 2015
Frank Lloyd Wrigth (1867-1959 ) est non seulement un architecte de renom mais aussi un véritable personnage de roman: excessif, imprévisible, narcissique, opportuniste, un brin malhonnête en affaires, toujours couvert de dettes. C'est surtout un incorrigible coureur de jupons.
Pas étonnant que TC Boyle s'en soit approprié la vie tumultueuse pour nourrir un gros livre de 700 pages. Il y avait de la matière...

Loving Franck de Nancy Horan ( Buchet-Chastel 2009 ) racontait déjà la liaison passionnelle du fringant séducteur avec une femme de la haute bourgeoise, histoire d'amour moderne, incroyable pour l'époque mais au destin dramatique.
Je savourais donc par avance ce nouveau docu fiction, qui torpille le grand homme avec jubilation. Cette lecture fut en effet un plaisir.
Voici donc Wrieto-San, passionné de culture japonaise, sa libido frénétique, ses scandales, ses conquêtes féminines, ses bassesses, ses drames intimes, ses apprentis-étudiants surexploités, ses problèmes financiers et ses merveilleuses maisons "organiques" dans le style Prairie.
Hyperactif dans tous les domaines, avec un ego démesuré et une énergie visionnaire et créative hors du commun, il utilise et consomme en vampire épouses, maitresses et collaborateurs.
Se glissant dans la peau d'un disciple japonais en études d'architecture auprès du grand homme, Boyle en décortique la vie, ressuscite une conjointe hystérique, une amante lascive, une première épouse abandonnée, avant, enfin, l'âge venant, de se contenter de la quatrième. Il dirige avec une plume généreuse l'orchestration des scandales publics de ces liaisons par avocats et presse interposés. Quatre femmes qui se télescopent les unes les autres. Passer de la numéro 3 à la numéro 4 semble avoir été un combat titanesque.
Le récit est fluide, truculent, excessif et fort amusant à suivre. En la prenant à rebours, l'intimité de l'homme et de ses conquêtes est décortiquée, mise en perspective avec la vie professionnelle de Wright, ses méthodes de travail et ses réalisations ( sa maison Taliesin-Wisconsin est un personnage en soi ), et l'innovante vision de son enseignement à domicile à des jeunes architectes en herbe, adeptes/esclaves gravitant autour d'un gourou solaire.
On apprend beaucoup sur l'architecture, avec le désir de compléter les sources en s'appuyant sur Internet. La société américaine est en fond de tableau, sa mentalité hypocrite, son puritanisme, ses méthodes judiciaires.
Excellente biographie romancée, rythmée et féroce.
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Zazette97
  19 novembre 2011
Publié aux USA en 2009 et traduit en français l'année plus tard, "Les Femmes" est un roman de l'écrivain américain T.C Boyle, également auteur des romans "America" ou "Talk Talk" ou plus récemment du recueil de nouvelles "L'enfant sauvage".
"Les Femmes" nous emmène à Taliesin, domaine situé dans le Wisconsin, lequel appartenait à l'architecte américain Frank Lloyd Wright, célèbre pour son approche organique de l'architecture comme pour ses frasques amoureuses.
Haut-lieu de la vie conjugale de Wright, Taliesin sera le théâtre de nombreux conflits opposant Frank aux femmes qui partagèrent sa vie et le rempart contre les multiples invasions de la presse qui juge d'un oeil sévère les moeurs de l'homme.
C'est dans cet endroit d'une beauté audacieuse que le jeune apprenti Tadashi Sato fera ses premières armes auprès de Wright.
Bien des années plus tard, il retrace le chemin de vie de cet homme ô combien déconcertant.
En marge de l'immense passion vouée à son métier, Frank Lloyd Wright était également connu pour être un grand collectionneur de textiles, gravures, paravents, sculptures, poteries (autant de pièces qui lui servirent souvent de monnaie d'échange pour éponger ses dettes) mais aussi de femmes !
Après avoir quitté son épouse Kitty et leurs 6 enfants, il vivra quelques temps avec Mamah qui devait être la femme de sa vie mais qui trouva la mort dans le premier incendie de Taliesin.
L'année suivante signe sa rencontre avec Miriam, femme sanguine dont l'obstination lui donnera bien du fil à retordre au moment de la séparation.
Il faut dire qu'en l'absence de celle-ci, un enfant a été conçu avec une autre femme, Olgivanna, qui tout comme Mamah avant elle, devra accepter de passer pour une gouvernante afin de calmer les médias.
Frank Wright passa une bonne partie de sa vie en exil ou cloitré à Taliesin en attendant des jours meilleurs, travaillant à longueur de journée dans son atelier tandis que sa compagne du moment et ses apprentis faisaient tourner le domaine du maître.
Sacré bonhomme que cet homme-là ! Avare, constamment endetté (et à juste titre surnommé "Frank l'Ardoise") mais toujours capable de ressources insoupçonnées quand il le fallait, Wright apparaît comme un homme soucieux du qu'en dira-t-on mais uniquement lorsque celui-ci tourne à son avantage.
Séducteur et chaleureux avec les femmes, il savait se faire aimer d'elles et les installer dans son domaine en maîtresses de maison corvéables à souhait.
Au diable les tensions puisqu'il pouvait toujours s'absenter inopinément pour un quelconque chantier...
Même chose pour ses apprentis qui, après s'être acquittés d'une somme conséquente, disposaient du droit de séjourner à Taliesin sous la férule du maître comme de celui d'éplucher ses patates...
Si Boyle dresse un regard chaleureux sur l'architecte et ses créations en totale communion avec la nature, l'ironie est certes bien présente dans la voix de ce jeune narrateur faussement naïf quand il s'agit d'évoquer l'homme et l'époux, particulièrement dans les notes de bas de pages qui m'ont décoché plus d'un sourire !
J'ai particulièrement aimé les descriptions vivantes du domaine de Taliesin, personnage à part entière abritant les humeurs de ses pensionnaires, un lieu qu'il me plairait de visiter un jour.
Si j'ai été émue par les portraits de Mamah et Olgivanna, deux femmes dociles et impressionnables acceptant sans cesse son autorité, j'ai vraiment été excédée par l'hystérie et le manque de dignité de Miriam dont les interventions se voulaient sans cesse reléguées par une presse voyeuriste et inquisitrice (merci l'époque) !
Tout chez elle m'horripilait, de sa façon de critiquer sans arrêt tout et tout le monde depuis le premier jour à son acharnement dans les multiples attaques portées à son mari pour violation du Mann Act, banqueroute volontaire, adultère, "aliénation d'affection" et j'en passe.
Il faut dire que Wright a le don de susciter l'admiration comme la rancoeur ! En tant que femme, génie ou pas, j'aurais débarrassé le plancher vite fait...
Malgré mon engouement pour ce roman, j'ai tout de même souffert de quelques longueurs s'agissant du mal de mer de Wright (on le saura!), des périodes d'exil avec ses femmes et des discussions y afférant, un peu comme si toutes ces situations s'avéraient interchangeables.
Mais n'était-ce pas finalement le seul mode de vie connu de Frank Wright ? Une existence faite de dettes, de tensions, de séparations, de secrets ?
Olgivanna, Miriam, Mamah, autant de femmes et de chapitres qui s'entrecroisent dans ce roman remarquable de précision pour dévoiler la face cachée, intime du génie.
Lien : http://contesdefaits.blogspo..
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Chaplum
  19 novembre 2011
En 1932, Tadashi Sato traverse le Wisconsin au volant de sa flamboyante Bearcat jaune en direction de Taliesin, propriété immense et sorte de communauté construite par le célèbre architecte Frank Lloyd Wright. Tadashi, lui-même étudiant en architecture, réalise son rêve de devenir l'apprenti de Wrieto-San, comme l'appellent les japonais. Mais il ignore ce qu'il va devoir affronter dans la fondation Taliesin, loin d'une école ordinaire. Entre les tâches domestiques et l'apprentissage, il découvrira que Frank Lloyd Wright mène une vie de luxe, avec les créanciers sans cesse à sa porte, mais surtout que ses moeurs suscitent le scandale à travers le pays … Quelques années plus tard, le jeune japonais, aidé de son beau-fils irlandais, décide de rendre hommage aux femmes qui ont traversé la vie de Wright.
Après avoir beaucoup aimé Loving Frank de Nancy Horan qui racontait la passion tumultueuse entre l'architecte et Mamah Borthwick, j'ai eu envie de lire ce roman que T.C. Boyle dédiait aux femmes que Frank Wright avait aimé, et pas seulement Mamah. J'ai donc eu envie d'approfondir le sujet, et d'en savoir plus sur cet homme passionné, au caractère ombrageux et qui n'hésitait pas à provoquer et affronter les foudres de la société bien pensante, que ce soit au nom de son art ou de ses amours.
T.C. Boyle a choisi le parti pris de la biographie fictionnalisée, et n'hésite donc pas à prendre des libertés complétement assumées. Contrairement à Nancy Horan, qui avait réalisé un travail beaucoup plus journalistique et ambitieux, nous sommes ici dans un véritable roman mettant en scène des personnages qui ont existé et reprenant de véritables événements. Pour le reste, l'auteur reconnaît certaines lacunes et ce n'est pas plus mal. Car là où Loving Frank pouvait être parfois indigeste, Les femmes ne l'est jamais, malgré ses 700 pages (pour la version du Livre de poche) L'auteur n'aborde d'ailleurs pratiquement pas l'architecture de manière théorique, ce qui alourdissait considérablement Loving Frank.
Le romancier a d'ailleurs choisi une construction et une approche pour le moins originale de son récit. le narrateur en est un japonais qui dans les années 30 a été l'apprenti du célèbre Frank Lloyd Wright et qui évoque, en chaque début de partie, son séjour à Taliesin. Cela permet à Boyle d'insérer de nombreuses notes de bas de pages, tantôt éclairantes, tantôt drôles sur les différences entre japonais et américains. le plus étonnant est que le narrateur choisit de raconter les aventures amoureuses de Wrieto-San à rebours, en commençant par sa dernière épouse, Olgivanna, qu'il avait rencontré alors qu'il était encore marié à Myriam. La seconde partie est consacrée à cette dernière alors que la troisième parle de Mamah Borthwick, la femme pour qui il a abandonné sa première épouse, mère de ses six enfants et pour qui il a construit Taliesin. Mais si ce choix d'aborder la vie de Wright à l'envers semble curieuse d'un premier abord, elle apparaît rapidement judicieuse et astucieuse tant le romancier maîtrise la narration.
J'ai beaucoup aimé ce roman, surtout les deux premières parties. J'ai vraiment adhéré aux choix de l'auteur donc je viens de parler mais aussi à son écriture, riche et fluide. Je ne pense pas m'arrêter là dans la découverte de son oeuvre. Par contre, j'ai eu plus de mal avec la troisième partie, vu que je connaissais l'histoire, de par ma lecture de Loving Frank, et que après 500 pages de la vie de Frank Lloyd Wright, je me serais bien passée de ces redites. Mais évidemment, ce n'est pas la faute de l'auteur.
En discutant avec mes deux co-lectrices, je me suis aperçue qu'elles avaient eu du mal avec la deuxième partie à cause du caractère tumultueux de Myriam. Il est vrai que cette femme est particulièrement insupportable. Mais l'architecte l'est tout autant et je suis d'ailleurs surprise du parti pris de Boyle qui le rend finalement plutôt effacé par rapport aux femmes. Dans Loving Frank, son caractère apparaissait bien plus tranché et impétueux. Mais sans doute est-ce dû au fait que ce roman est dédié aux femmes que Wright a aimé et non à lui.
Une excellente lecture et la découverte d'un nouvel écrivain américain avec lequel je n'en resterai pas là.
Lien : http://www.chaplum.com/les-f..
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lalahat
  19 mai 2016
TC Boyle retrace le parcours de personnages hors du commun. Doués d'une force vitale époustouflante, l'architecte Frank Lloyd Wright et ses femmes, la jolie danseuse russe Olgivanna, la redoutable Miriam et la militante Mamah s'animent sous sa plume et crèvent le papier. Dans le contexte exubérant de l'Amérique des années 30, ils défient les bonnes moeurs de la société puritaine d'alors, et s'affranchissent du harcèlement de la presse au prix de sacrifices personnels. le récit est jubilatoire, les rebondissements se succèdent. Tourments et adversité semblent faire redoubler de vigueur ces êtres d'exception tellement romanesques. Il s'agit bien toutefois de faits authentiques que TC Boyle relate avec brio.
La vie du microcosme de Taliesin dans le Wisconsin est décrite par Tadashi Sato, jeune apprentis japonais. Frank y règne en despote, et impose aux membres de la communauté des règles de vie très sévères.
TC Boyle a construit son récit selon un ordre qui fait fi de la chronologie des événements, mais sert un effet dramatique très efficace, pour terminer en boucle sur un ultime aperçu de la féroce Miriam.
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Tiguidou
  10 mai 2015
Encore tout un livre de T.C.Boyle, meme si au début j'ai eu un peu de difficulté a vraiment entrer dans l'histoire, j'avais un peu l'impression de lire un journal a potins. Cependant, apres avoir surmonté cette impression j'ai bien aimé ce roman biographique. Boyle a le don de rendre vivants ses personnages, Quand on pense que ce roman est basé sur une histoire vraie, on se dit que les américains n'ont pas attendus apres Hollywood pour avoir des histoires croustillantes et scandaleuses (pour l'époque). Frank Lloyd Wright, architecte de renom, est un vrai Don Juan imbu de lui-meme, arrogant, égoiste, égocentrique, ne payant pas ses dettes, perpétuellement fauché, prenant tout le monde pour acquis. Malgré toutes ces merveilleuses qualités, il attire a lui des disciples et surtout les femmes. Allez comprendre la nature humaine . C'est l'histoire que nous raconte T.C. Boyle avec beaucoup d'habileté et des moments de bonne intensité. Ses personnages sont crédibles, le rythme est régulier et de nombreux renvois en bas de page viennent valider l'aspect biographique et historique. Au final un bon moment de lecture malgré que j'aie préféré Water Music ou Aux bons soins du Dr. Kellog.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Zazette97Zazette97   19 novembre 2011
Les draps pesaient sur Olgivanna comme une pierre tombale. Elle ne s'était jamais sentie aussi lasse. "C'est pourtant ta femme, Frank. Comment est-ce possible ? Comment as-tu pu l'aimer ?"
Il ne vint pas à elle, ne lui prit pas la main, ne lui passa pas le bras autour de la taille, ne lui caressa pas les cheveux pour les tirer en arrière afin qu'ils ne lui tombent plus sur le visage : non, il continua de faire les cent pas, et la question, la question de l'amour, ici et maintenant, resta en suspens. Tout à coup, la chambre parut rétrécir, rapetisser.
Olgivanna eut l'impression de se trouver dans une cellule de prison, mais qui était le geôlier? Lui. C'était Frank. p.144
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Zazette97Zazette97   19 novembre 2011
Il paraissait toujours entretenir une relation conflictuelle avec ses clients, devant lesquels il avait la sensation de devoir s'abaisser pour pouvoir pratiquer son art. Il les "blousait" donc avec des surcoûts et leur réclamait avances sur avances : qu'à cela ne tienne, il jugeait que ce n'était que son dû.
Inutile de préciser qu'il abandonnait ces gens et les projets avec eux, qu'il n'avait aucune intention de compléter hormis par procuration.
Comment dit-on, déjà ? Prends le fric et barre-toi ? p.543
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Zazette97Zazette97   19 novembre 2011
Personne ne devrait vivre dans une maison de poupée, personne. Or si une femme devient mère sans connaître le vertige de l'amour, elle ressent la maternité comme une dégradation; car ni enfant ni mariage ni amour ne lui suffit, seul le grand amour peut la satisfaire. Or, où était son grand amour ? Où se trouvait son âme soeur ? A Oak Park. Il l'attendait. p.535
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aimeryjoesselaimeryjoessel   16 mai 2019
De l'autre côté du cadre grisâtre de la fenêtre, il faisait un temps maussade, des nuages funéraires festonnaient les toitures comme du linge mis à sécher et il faisait si froid que même les pigeons gris et sales qui ressemblaient à des rats se pelotonnaient les uns contre les autres, sombres lignes immobiles de plumes gelées et de becs à l'arrêt, qui défiguraient les avant-toits aussi loin que l'oeil pouvait voir de part et d'autre de l'immeuble.
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sweetiesweetie   30 juin 2014
Les Japonais, contrairement aux Américains, honorent les vieillards, compte tenu du passage des ans dont ils témoignent et du luxe diachronique de leurs pensées. Ce sont des objets vivants et ce sont des humains, pas des coquilles vides abandonnées au purgatoire des hospices.
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Vidéo de T.C. Boyle
Les failles de l'Amérique racontées par T.C. Boyle
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