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ISBN : 2246855195
Éditeur : Grasset (23/03/2016)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 39 notes)
Résumé :
Alors qu’il est en croisière en Amérique centrale avec son épouse, Sten Stensen, proviseur à la retraite et ancien Marine vétéran du Vietnam, tue à mains nues un des hommes qui s’apprêtaient à les détrousser. Retenu un temps à quai, il fait la Une de tous les journaux, mais ne tarde pas à retrouver avec bonheur et sans la moindre poursuite judiciaire le calme de sa vie californienne. Sara Hovarty Jennings est une jeune femme en colère. Elle vit seule avec son chien,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Corboland78
  07 avril 2017
T.C. Boyle (Tom Coraghessan Boyle) est un écrivain et romancier américain né en 1948 à Peekskill dans l'Etat de New York. Depuis 1978, il anime des ateliers d'écriture à l'Université de Californie du Sud et vit près de Santa Barbara, dans une maison dessinée par l'architecte Frank Lloyd Wright. Il est l'auteur de plusieurs recueils de nouvelles ainsi que de nombreux romans. Dernier livre traduit chez nous, Les Vrais durs est paru en 2016.
Alors qu'il est en croisière en Amérique centrale avec son épouse Carolee, Sten Stensen, tue un petit malfrat qui tentait de détrousser leur groupe de touristes descendu à terre. de retour au pays, notre héros malgré lui n'aspire qu'à retrouver sa vie de paisible retraité sous le soleil californien. Pour son malheur, Sten a un fils, Adam, qui souffre depuis l'enfance d'une forme aiguë de psychose paranoïaque et délirante aggravée par les drogues, il se prend pour John Colter le célèbre trappeur (membre de l'expédition Lewis et Clark, qui avait pour but d'explorer les Montagnes Rocheuses) et ses ennemis sont les flics et les Chinois ! Pour envenimer les choses, le jeune homme s'est entiché de Sara - à moins qu'il ne soit tombé dans ses filets - de quinze ans son aînée. Sara vit seule avec son chien, et le reste du monde est son ennemi, ne reconnaissant pas les lois et les représentants de l'autorité fédérale. Adam et Sara contre le reste du monde, tout cela ne peut que mal se passer et sombrer dans la violence…
Un bon roman, mais… sur la forme on peut le voir de deux manières différentes. Contrairement à ses dernières productions, si le texte reste dense et le rythme rapide, la narration n'y est pas du tout éclatée, les faits s'enchainent logiquement et chronologiquement, le ton général y est moins virulent, bref on n'y trouve pas la démesure d'autres des romans de Boyle. Certains s'en réjouiront, d'autres le déploreront. C'est vous qui voyez, selon votre degré d'exigence.
Ce bémol évacué, TC Boyle nous plonge dans cette Amérique qui nous fascine autant qu'elle nous effraye (Comme dirait Jean-Paul Dubois, L'Amérique m'inquiète). Fascination devant ces gens qui au nom de la liberté individuelle vivent en marge de la société en s'exemptant de ses lois, inquiétude devant ces mêmes qui sont armés, seuls ou organisés en milices, prêts à survivre dans des bunkers en cas de fin du monde. Sara qui pourrit sa propre vie par son attitude devant les règlements de la société, Adam un cran au-dessus vit dans son monde intérieur, une folie qui l'aveugle et le rend d'autant plus dangereux qu'il est armé.
L'Amérique est devenue folle nous dit (et répète sans cesse) TC Boyle avec ce cocktail mêlant chez ses personnages, un doigt d'écologie, une dose de xénophobie, un soupçon de drogues et une large rasade de violence meurtrière.
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rotko
  23 mars 2019
Le préambule en Amérique centrale met en scène des retraités états- uniens en croisière : le ton est satirique, l'action mouvementée…
De retour au pays, Sten aura besoin de tout son sang froid pour affronter les épreuves que lui réserve son fils Adam.
En effet Adam, bien perturbé psychologiquement, a rencontré une libertaire inconditionnelle qui a des problèmes constants avec « les autorités ». de son côté, Adam voue un culte à Coster, légendaire trappeur contemporain de Buffalo bill. de là à vouloir jouer lui-même son western…
Bien que les personnages et leurs actions s'interpénètrent, on discerne en gros trois épisodes palpitants, vécus par le lecteur avec les 3 protagonistes principaux, et marqués chacun par une forme spécifique de suspens ;
- L'épisode Sten : on craint pour lui les suites locales d'une mésaventure qui le propulse sur le devant de la scène.
- L'épisode Sarah : on suit avec appréhension les conséquences de désobéissances civiles qui s'additionnent lui font adopter une conduite pleine de risques.
- Avec Adam, le suspens prend une autre dimension : son équipée à travers bois et forêts nous fait entrer dans le domaine de l'épopée.
C'est, à mes yeux, le mérite suprême de ce récit intelligent et bien agencé, qui entraîne le lecteur dans un tourbillon de violences. L'Amérique, en proie au racisme anti-mexicain et au délire sécuritaire, est passée du colt au fusil d'assaut.
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Cathy74
  19 août 2016
Au terme de la lecture de ce roman, je m'interroge toujours sur le sens de l'introduction, qui constitue une histoire complète à part entière, semble déconnectée de la suite et avoir peu d'incidences sur les personnages, sauf au moment où Sten apprend le nom de celui qu'il a tué, certes en état de légitime défense, mais de façon exagérément brutale. L'émotion apparaît lorsque le nom est dit : il rend son âme et sa place dans la société à celui qui n'était qu'un corps anonyme.
Il y a peu d'émotions dans ce livre, mais des faits, une succession de faits et de descriptions des faits. le ressort intime des personnages - par ailleurs fort peu sympathiques - restera insondable. Emmurés dans des convictions inébranlables, portés par des valeurs dépassées, mus par une violence physique et psychologique sous-jacente rarement interrogée, ils ne sont plus que des marionnettes aux mains de leur instinct.
La critique relaie l'idée que l'auteur explore la psyché américaine et sa violence latente. Pour ma part, j'y vois surtout la description de faits divers, de personnages frustres - malgré leur position sociale - d'un jeune homme malade (schizophrénie ?) Adam, qui n'a pas reçu les soins appropriés à son état. Sa rencontre avec Sara (une marginale), sans être déterminante, lui permet de tenir dans la durée, jusqu'à sa course folle vers son destin, laquelle s'entrelace avec celle de Colter, figure mythique, trappeur de l'Ouest, sans doute le premier homme blanc à découvrir le Yellowstone et qui survécut à une célèbre coutume guerrière des indiens pieds-noirs, la "chasse à l'homme".

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doyoulikefrogs
  27 décembre 2017
C'est une lecture que j'ai bien appréciée. Si j'ai choisi ce titre de T.C. Boyle, je me suis rendue la tâche ardue car il s'agit là d'un roman complexe et difficile à avaler. Mais il contient tous les ingrédients que j'apprécie dans la littérature nord américaine décapante. Tout d'abord, le récit se met en place brillamment avec action et tension. Tout semble ne pas aller comme sur des roulettes pour le vieux couple que forment Sten et sa femme. Ils ont décidé de faire un voyage et ce voyage tourne mal. A la manière d'un road movie avorté, l'auteur nous amène à rencontrer Sten, ce père, ce héros, que tout américain souhaiterait avoir. Et parce que T.C. Boyle adore abuser de votre naïveté et de votre candeur, il se joue de vous, vous dépeint tout sauf une Amérique carte postale, loin des contrées désertiques du Wyoming, des clichés New Yorkais ou des forêts d'Alaska. Non. Loin de là avec T.C. Boyle vous rentrez dans le vif du sujet même si ce sujet est symbolisé par une terrible envie d'uriner. Blague potache ? Ou image au vitriol de l'Amérique profonde ?
L'auteur nous fait ensuite le portrait au crayon à gros traits de Sara, d'âge plutôt déjà mûr, du genre parano, du genre à voter Trump, du genre à détester les téléphones, les flics, le gouvernement, la Maison Blanche. Et lorsque l'on croit que Sara est le pire du pire chez Boyle, loin s'en faut ! Elle fait la rencontre fortuite du cher fils de Sten, le prénommé Adam qui n'a rien d'un type sorti du Jardin d'Eden, bien que le clin d'oeil soit bien là, biblique et cynique chez T.C. Boyle (d'où une scène mémorable de nudité).
Oui, parce que rien n'est laissé au hasard chez T.C. Boyle, qui, vous le remarquerez à la lecture de la fin du roman, s'en prend au "Nature writing". Ce genre littéraire ambigu que pourtant j'adore mais qui prône un retour de l'homme à la bête, de l'humanité à la violence et vice versa. Et le roman tourne alors brusquement à la course folle, à la chasse à l'homme, Adam, armé d'un fusil...
Évidemment, la fin est saugrenue. Évidemment, l'issue n'est pas forcément très heureuse. Mais l'on se doute bien que T.C.Boyle n'allait pas écrire un conte de fée. Là où il dénonce l'absurdité d'une société sous surveillance, aseptisée, sous contrôle, il donne à voir une certaine humanité chez des personnages aussi paumés qu'un ours polaire au Zimbabwe.
A lire absolument.
Lien : http://www.unefrancaisedansl..
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claraetlesmots
  31 mars 2016
En croisière en Amérique Centrale, Sten Stensen et son épouse Carolee lors d'une escale sont menacés avec d'autres touristes par trois jeunes hommes armés. Marine durant la guerre du Vietnam, Stan bloque un des voyous par la gorge qui décède. A leur retour chez eux en Californie, Sten est considéré comme un héros. Cet ancien proviseur de lycée vit mal cette notoriété en rapport avec la mort d'un homme.
Lors d'un simple contrôle de police, Sarah membre du mouvement des Citoyens Souverains est verbalisée pour ne pas porter sa ceinture et elle refuse d'obtempérer. Car elle considère illégitime le gouvernement des Etats-Unis tout comme les lois et les règles en vigueur. Peu de temsp après, elle prend en stop Adam trente ans le fils d'Adam et de Carolee. Il dit s'appeler Colter et non Adam. Marginal, il boit et se drogue. Souffrant d'une grave psychose paranoïaque, il squatte dans l'ancienne maison de sa grand-mère autour de laquelle il a érigé un mur très haut (et sans porte) et il passe la majeure partie de son temps dans la forêt.
Sarah s'éprend de lui malgré ou à cause ses « bizarreries ». Peu bavard, Adam vénère John Colter un trappeur du 18ème siècle et refuse de voir ses parents. Il se protège contre les hostiles et porte une arme. Déconnecté de la réalité, Adam s'enfonce de plus en plus dans sa paranoïa et tue deux personnes.
Dans ce nouveau roman, on retrouve un des thèmes chers à l'auteur la nature et l'environnement mais ici T. C. Boyle s'intéresse à la violence. Et en lisant la préface, la couleur est annoncée avec un extrait de D. H. Lawrence "Etudes sur la littérature classique américaine" : "L'âme américaine est dure, solitaire, stoïque : c'est une tueuse. Elle n'a pas encore été délayée.".
En se glissant dans la peau de Sten, de Sarah ou d'Adam, il nous dépeint leurs ressentis, leurs obsessions et leurs peurs. On découvre comment Sten en tant que parent vit la maladie de son fils. Ou pourquoi Sarah non violente cautionne le comportement de Jerry Kane (un américain membre des Citoyens Souverains qui en 2010 a tué deux policiers ) et la psychose semée par Adam. Ce dernier rêve d'une vie comme John Colter et d'un retour dans le passé impossible.
Ce livre très actuel pose des questions sur les libertés individuelles, sur une société rongée par différences forme de violence. Usant de l'ironie (mais pas de trop), l'écriture de T. C. Boyle ici est plus sèche, plus directe que dans ses précédents romans.
C'est incisif, percutant, creusé et ça secoue !
Lien : http://claraetlesmots.blogsp..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
claraetlesmotsclaraetlesmots   31 mars 2016
Quand, pour attraper la bouteille, il se pencha vers elle, et il dut quasiment l'enlacer, il sentit un infime pincement à l'aine, à droite : rappel de son mal au dos intermittent et des exercices que le thérapeute lui avait prescrits afin qu'il ne perde pas sa souplesse, des exercices qu'il avait négligés parce qu'il était en vacances, en croisière, et que tout ce qui semblait compter, sur un bateau de croisière, c'était manger et boire : on n'en avait pas pour son argent si on ne prenait pas de dix kilos et ne saturait pas son foie.
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caracalitocaracalito   04 décembre 2018
Une fois de plus, il s'étonna que ces gens, cet endroit, existent indépendamment de lui et de tout ce qui composait son quotidien américain : comme s’il avait été aspiré hors de lui-même, spectre voguant à travers une réalité différente. Il tentait d’immortaliser cette ambiance avec son appareil photo, mitraillant avec zèle, mais ses clichés étaient éphémères, ses images se succéderaient sur un écran d’ordinateur, reliées à rien, et il savait que personne ne les regarderait jamais.
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Cathy74Cathy74   19 août 2016
Alors, Sten revint à lui, mais il dut encore baisser les yeux car il ne pouvait permettre à cet homme (ni à lui ni à un autre, d'ailleurs) de le percer à jour, de voir ce qu'il était ou la façon dont cette affaire lui tordait les entrailles.
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kathelkathel   15 juillet 2016
Du jour au lendemain, il était devenu une célébrité et son histoire puisait dans quelque profond recoin régressif de la psyché américaine.
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Corboland78Corboland78   07 avril 2017
Mais pourquoi Adam aurait-il eu envie de tirer sur un train ou de s’en approcher ? Sten ne connaissait pas la réponse, sauf qu’Adam avait la rage en lui et que cette rage devait trouver une cible, pour s’y frotter, la sentir, faire savoir au monde ce que c’était que d’avoir en soi une telle chose qui ne cherchait qu’à sortir. (…) La plupart d’entre eux réprimaient cette rage et affrontaient le monde, devenaient flics, prédateurs boursiers, militaires de carrière ou simples travailleurs manuels, alors que d’autres ne s’en défaisaient jamais et finissaient en prison, estropiés à la suite d’un accident de moto ou réduits en bouillie sur le bitume. Ou assassinés. Ils se faisaient tirer dessus.
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Les failles de l'Amérique racontées par T.C. Boyle
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