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EAN : 9782369145042
848 pages
Éditeur : Libretto (18/10/2018)

Note moyenne : 4.28/5 (sur 248 notes)
Résumé :
En Europe, alors que le XVIIIe siècle expire en de multiples convulsions et que Paris se fatigue de la guillotine, l'explorateur écossais Mungo Park découvre le royaume de Ségou, où la folie humaine s'exprime avec une simplicité biblique. S'il reviendra pourtant au pays où l'attend un monde sur lequel le progrès se fait déjà les dents, Mungo n'aura de cesse, pour éviter de devenir à son tour une marionnette, de répondre au démon du voyage...

T.C. Boyl... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
berni_29
  17 août 2019
Il est des existences qui ressemblent à des romans, des vies traversées d'un souffle romanesque. Le destin de Mungo Park, explorateur écossais en est un magnifique exemple.
En écrivant ce premier roman, Water Music, T.C. Boyle pourrait présenter une certaine facilité à se pencher sur la vie de ce jeune explorateur écossais dont il entreprend de retracer quelques épisodes magnifiques dans sa mission à la recherche de la source du fleuve Niger. Se pencher, observer, recueillir, poser les faits sur des pages d'écriture, et hop ! Voilà l'affaire conclue !
À quel moment, la biographie s'éloigne-t-elle vers la fiction comme une barque glissant justement sur un fleuve, au hasard appelons-le Niger ? Et de cette barque qui dérive, l'auteur sur la rive tente de continuer à en décrire les contours, la forme, les occupants, il court sur la berge, l'observation devient moins fine, il la devine peut-être à travers la brume qui remonte de l'eau du fleuve, entend les chants sur l'autre rive, bientôt il ne voit plus la barque, alors il lui faut imaginer ce qu'elle est advenue, le chemin qu'elle a peut-être parcouru, plus loin...
Nous sommes à la fin du XVIIIème siècle. L'Europe bouge. L'Afrique est inexplorée. Une nouvelle période s'ouvre, la volonté de conquérir le monde, dans ses contrées les plus éloignées et mystérieuses. Elle se fait par les terres, par les océans, mais aussi en remontant aux sources les plus cachées des grands fleuves. C'est ce leitmotiv qui nourrit le rêve et le destin de Mungo Park, conquérir le fleuve Niger.
Rien n'était gagné justement dans le destin initial de Mungo Park, c'est ce qui rend géniale l'aventure qui est retranscrite dans ce récit.
Mungo Park est au départ un être insignifiant, noyé parmi d'autres hommes, noyés dans une famille où tout semblait prévu pour qu'il s'efface devant les ambitions.
Dans ce roman grandiose, pas loin de 800 pages, j'ai été emporté par le souffle épique, un côté picaresque dans la narration, une manière de nous entraîner dans le sillage de chacun des personnages, chaque lieu que visite le récit nous offre l'occasion de plonger dans son odeur, son bruit, sa misère, sa révolte, son étonnement, ses atrocités, son espérance.
Ici déjà, et c'est selon moi la première pierre posée au talent de T.C. Boyle, montrer comment Mungo Park, issu d'une famille plutôt de très bonnes conditions, où chaque membre grenouille d'ambitions, va chercher à s'extirper de ce marigot.
La deuxième pierre contribuant à ce talent sera de permettre la rencontre de Mungo Park avec un certain Ned Rise, issu des bas-fonds sordides londoniens, autant dire le mariage du lièvre et de la carpe.
Cette relation improbable sera un des fils conducteurs de la narration, apportant toute la verve et les différents rebondissements. Autant dire qu'ici T.C. Boyle est venu se mêler de ce qui ne le regardait pas en venant côtoyer les deux aventuriers au plus près d'eux-mêmes, posant son regard acéré et éperdu, contredisant par ce geste inspiré que les écrivains ne servent à rien.
Enfin, je dirai, la richesse des détails, effectivement 800 pages pour remonter un fleuve, ne serait-ce que le Niger, c'est un peu long, on pourrait se poser des questions avant d'aborder le roman, même si je vous dis que Mungo Park s'y est repris à deux fois.
Mais voilà, l'exploration est presque un prétexte. Sur tous les fleuves, il y a des rives et des berges où accoster est parfois plus dangereux que le tumulte des flots. Tout comme chaque page qui tient par ses marges. Ici la richesse tient aussi à ce qui tient la page : la marge, la rive, la berge et la vie qui grouille aux abords, la vie belle et cruelle...
J'ai aimé ce livre envoûtant ou chaque page oscille d'une rive à l'autre, me laissant dériver comme sur une barque du Niger, plus sereinement sans doute que les personnages de ce récit grandiose.
Pour moi ce roman est un chef d'oeuvre.
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nadiouchka
  06 mai 2020
On connaît Tom Coraghessan Boyle (T.C.Boyle), écrivain américain de plusieurs romans et nouvelles et François Busnel l'avait interviewé pour une émission de « La Grande Librairie. »
L'auteur a reçu en 1997, le Prix Médicis pour « America » et on le juge comme un romancier majeur de l'Amérique actuelle.
On a souvent comparé T.C.Boyle à García Márquez pour ce roman qui entremêle plusieurs destins en y introduisant de la fiction à un degré inimaginable.
C'est dans cet état d'esprit que je me suis décidée à lire, enfin, le célèbre «Water Music», un roman de plus de 815 pages (pas de problème surtout en cette période de confinement qui dure et qui dure ....)
Au début du livre, dans le chapitre « APOLOGIA » l'auteur écrit : «L'impulsion qui est à l'origine de Water Music étant de nature esthétique plutôt qu'érudite, j'ai exploité les décors de l'Histoire non tant avec l'arrière-pensée de mettre en scène plus ou moins fidèlement des événements qui se trouvent consignés dans les livres que mû par ce qu'ils m'apportent de plaisir et d'émerveillement. (…) Chaque fois que la vérité historique allait à l'encontre de l'invention créatrice, je l'ai remodelée, en pleine et lucide connaissance de cause, afin de satisfaire les exigences de mon propos. »
Je dois reconnaître que j'ai eu un peu de mal à « entrer » dans l'histoire car je me sentais un peu désorientée et j'ai persévéré pour en arriver à intégrer toutes ces péripéties d'un explorateur écossais, fin du XVIIIème siècle, début XIXème, Mungo Park, qui décide de partir à la recherche des sources du Nil, retrouver le fameux fleuve Niger. Entreprise insensée et périlleuse pour certains – extraordinaire pour d'autres, tandis que sa fiancée l'attend avec angoisse pendant deux ans.
Mungo (surnommé « Toubatou » = « Le Blanc »), se dirige vers Ségou, capitale du royaume de Bambara : « - On y trouve tout ce qu'on veut, grince le vieillard en se léchant les babines. Des épées, des esclaves, des singes qui parlent, du haschisch.
L'explorateur en a les mains moites. Après tous ces mois de morne tristesse passés dans le désert, l'idée d'arriver dans une ville – dans une ville nègre – l'excite au plus haut point. (…) le fait que celle-ci et il n'en est aucune autre qui lui ressemble dans tout ce que l'histoire occidentale a rapporté – se dresse sur la rive ouest d'un fleuve de légende qui s'appelle le Niger. » (p.187)
D'autres personnages apparaissent dans ce récit : Johnson qui va l'accompagner (un grand connaisseur de Shakespeare) - Ned Rise - Ailie – Gleg – Finn Macpherson – Billy Boyles – Fanny – Dassoud - Alie… etc, pour ne citer que ceux-là car vous vous en doutez, leur nombre est important.
On assiste à des attaques de sauvages – Mungo est fait prisonnier plus d'une fois – les événements s'enchaînent au fil des chapitres – on y voit de l'horreur avec certains massacres ou pratiques traditionnelles des différents peuples – de l'ethnologie et de l'éthologie - un peu de poésie quand même…
« Prose nerveuse » - « Devoir politique", beaucoup d'humour et de réflexions ainsi que des événements extravagants, qui paraissent invraisemblables ou farfelus – donc beaucoup d'imagination de la part de l'écrivain pour ce roman, « Water Music » que l'on peut qualifier de « roman-fleuve » (avec un petit jeu de mots à saisir…), composé d'une multitude de petits chapitres.
Humour avec la recette du « chameau au four » en page 116 (attention c'est pour 400 personnes!)
Biographie ? Fiction ? Je dirais que c'est un livre dantesque, fabuleux et quand certains disent qu'il a des « accents picaresques » et que « Boyle fait renaître l'Angleterre du XIXème siècle », je ne peux qu'acquiescer.
Mon ressenti ? Si j'ai eu un peu de mal à « entrer » dans l'histoire, je peux affirmer que l'on ne ressort pas indemne de cette lecture car on a du mal à revenir à la réalité ambiante après cette étonnante aventure, ce voyage de tous les dangers.
C'est bien le propre d'un chef-d'oeuvre non ?
A remarquer que c'est une édition limitée de Libretto, avec le plus de la couverture en simili cuir, si douce au toucher (l'illustration originale de cette couverture a été réalisée par Sophie Potié).
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Walden-88
  21 octobre 2012
Ce roman-fleuve (plus de 700 pages) est le premier roman de l'auteur américain T.C.Boyle, publié au début des années 1980. Il retrace le parcours de plusieurs personnages dans l'Angleterre de la fin du XVIIIè siècle. Mungo Park, jeune explorateur écossais parti à la conquête du fleuve Niger, se démène pour réussir sa mission dans une Afrique encore inexplorée. le jeune homme doit faire face à bien des dangers: échapper au cruel Dassoud dans le désert, traverser le royaume des Bambaras, lutter contre la faim et la soif... Au même instant, à Londres, Ned Rise, petit malfrat, tente de survivre grâce à quelques rapines et échappe plusieurs fois à la mort. le destin se chargera de les réunir.
T.C.Boyle, dans le style, pourrait être comparé à Garcia Marquez et Dickens. Il nous entraine des sordides bas-fonds de Londres, d'une saleté repoussante, où survivent des créatures les plus misérables les unes que les autres, à l'implacabilité de l'Afrique, où d'insupportables chaleurs succèdent aux pluies torrentielles et délétères. le rythme est soutenu, les descriptions riches, particulièrement celles sur la nature, africaine et anglaise.
On y retrouve le suspense d'un roman d'aventure, le souffle d'un roman historique et la dureté d'un roman réaliste, avec l'humour en plus.
Il y a des bons livres et des chefs d'oeuvre, Water Music appartient à la deuxième catégorie.
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MarcoPolo85
  12 septembre 2014
Fin XVIIIème, début XIXème, l'Europe change à grande vitesse. La Révolution française fait rage, les idées évoluent, la conquête du monde prend un rythme accéléré. Une nouvelle ère semble voir le jour.
Sauf que rien n'est jamais linéaire. Les envies, les ambitions de tout un chacun ne sont pas les mêmes. Si l'Europe occidentale va au galop vers le modernisme, tout le monde n'en profite pas en son sein. Et ailleurs, dans certaines contrées reculées de la planète, la préhistoire semble encore exister.
C'est, d'ailleurs, à cette période qu'en Grande Bretagne, un Écossais du nom de Mungo Park, ayant soif de découverte, va rallier le Niger après des mois de cheminement dans cette Afrique primitive. A son retour, son récit de voyage est un véritable succès. Reparti vivre chez lui, il se marie à Ailie. Mais, cette vie de sédentaire ne lui convenant guère, il va , donc, préparer en secret un nouveau voyage vers ce grand fleuve Africain.
En parallèle à cette histoire, un certain Ned Rise, survit de petits larcins à travers les bas fonds de Londres. Il s'empêtre dans des histoires sordides, en lien avec des gens fourbes.De plus, il manque de mourir à plusieurs reprises.
Et, c'est sur l'île Gorée (au large du Sénégal) où ce dernier est emprisonné, que nos deux acolytes vont se rencontrer pour un grand voyage d'exploration sur le Niger. Et, là-bas, une lente mais sérieuse spirale vers l'enfer va se dessiner. La chaleur, l'humidité, les rites africains, les guerriers Maures assoiffés de sang, les maladies, les insectes, la faim, la soif ne sont que quelques uns des ingrédients de ce périple qui vont les emmener vers des abysses sans fond.
Ce livre est extraordinaire. Il donne à voir des hommes ayant une combativité et une pugnacité à toute épreuve. Les pires événements n'entravent en rien leur optimisme. Bravo à T.C. BOYLE. Je me suis régalé.
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moravia
  14 juin 2013
Moi aussi j'étais partis avec l'intention de vivre une belle aventure au coté de T.C Boyle. Ce n'était pas ma première expédition pour les contrées lointaines.
J'avais déjà suivit Jack, Robert-Louis, Albert, Jean et même Henri sans jamais connaitre aussi vite une envie irrépressible de rentrer chez moi, et de planter là mon guide. J'avais trouvé le plus geignard des aventuriers qui était bien incapable de faire le moindre noeud marin pour arrimer notre viatique et qui confondait le chant du toucan avec le chant des sirènes.
De la musique pas du tout, et s'il y a eu de l'eau elle provient plus certainement d'une chasse que du zambèze.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
cecilitcecilit   16 novembre 2013
CHAMEAU AU FOUR (FARCI)
- pour 400 personnes -
se procurer :
500 dattes,
200 oeufs de pluvier,
20 carpes de deux livres,
4 outardes, plumées et vidées,
2 moutons,
1 gros chameau,
condiments divers.
Creuser une tranchée. Faire un feu d'enfer pour obtenir de la braise,sur un mètre de profondeur. Faire durcir les oeufs a part. Écailler les carpes et les farcir avec les dattes et les oeufs durs épluchés. Assaisonner les outardes et les farcir avec les carpes farcies.Farcir les moutons avec les outardes farcies ,puis farcir le chameau avec les moutons farcis. Flamber le chameau. L'envelopper de feuilles de palmier doums et l'enterrer dans la fosse. Laisser cuire pendant deux jours. Servir avec du riz.
+ Lire la suite
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cecilitcecilit   17 novembre 2013
- Je t'aiderai , fait-il d'une voix sifflante et qui manque de s'étrangler. Ah ! Dieu, oui, je t'aiderai ! Je ferai tout ce que tu veux, tout !... Je me mortifierai les chairs, je m'arracherai les yeux, je m'ouvrirai les veines, en veux-tu la preuve ? Tout de suite ? Je le fais, oui dans l'instant ! tout ce que tu veux !
Puis, aussi froid qu'une lame de couteau, il la regarde droit dans les yeux et ajoute :
-Il faut pourtant que tu comprennes... qu'il y aura nécessairement du quid pro quo.
- Qu'il y aura du quoi, Sir ?
- Qu'il y aura échange ...un prêté pour un rendu...
Fanny baisse les yeux.
- Je l'savons bien, Sir, lui répond-elle. Comme si les filles pauvres avaient autre chose à offrir. Vous n'avez pas besoin d'être vulgaire par-dessus le marché....
+ Lire la suite
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nadiouchkanadiouchka   07 mai 2020
C’est le roi ! Il s’est mis debout et, comme un poivrot dans une taverne, demande qu’on lui joie autre chose. (…) Mais que déclame donc sa Royale Majesté ? Ah, oui… cet air ancien qui faisait les délices de son arrière-grand-père… Mais la reine s’est mise debout à son tour et tire son époux par la manche, tandis que Pitt se rue dans les travées et que, devant un orchestre effaré, une face rougeaude surmontée d’une perruque argentée ne cesse de glapir :
- Water Music ! Water Music ! Water Music !
P.387
+ Lire la suite
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nadiouchkanadiouchka   05 mai 2020
Pline l’Ancien avait parlé d’un fleuve d’or, qu’il avait pourtant baptisé « le Nègre ».( …) Selon les renseignements les plus récents et les plus sûrs,ceux que renfermait la Géographie de Ptolémée, le Niger coulait entre la Nigritia, ou Terre des Noirs, et le Grand Désert. Il s’avéra plus tard que ledit Ptolémée avait mis dans le mille.
P.21
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CielvariableCielvariable   06 février 2019
À l’âge où les trois quarts des jeunes Écossais retroussent les jupes des demoiselles, labourent, creusent leurs sillons et répandent leur semence, Mungo Park, lui, exposait ses fesses nues aux yeux du hadj Ali Ibn Fatoudi, émir de Ludamar. On était en l’an 1795. George III [1] bavouillait sur les murs du château de Windsor, les « Notables » au pouvoir en France fichaient tout en l’air, Goya était sourd et De Quincey n’avait pas encore dépassé le stade du préadolescent dépravé. George Bryan, dit le « Beau Brummell », lissait son premier col amidonné ; vingt-quatre ans et le front en mailloche, le jeune Ludwig van Beethoven estomaquait les foules avec son deuxième concerto pour piano ; et Ned Rise se tapait des Strip-Me-Naked [2] en compagnie de Nan Punt et de Sally Sebum à la taverne du Cochon Vérolé, dans Maiden Lane.

Ali était Maure. Assis en tailleur sur un coussin de damas, il inspectait donc un fessier pâle et barré de plis : vous auriez cru voir Épicure en train d’examiner une mouche tombée dans sa julienne. Il avait la voix sablonneuse.
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Les failles de l'Amérique racontées par T.C. Boyle
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