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ISBN : 2070422712
Éditeur : Gallimard (01/07/2010)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 61 notes)
Résumé :
"Elle, quinze ans et quelques poussières de semaines. Moi, pas loin des soixante-dix-huit. Je pourrais être son grand-père et même son arrière-grand-père : un drôle d'attelage que nous formons tous les deux".
Tous les jours, Andres Soriano, perclus d'arthrose, se poste sur le banc de l'abribus de la ligne numéro 15. C'est là qu'il rencontre Milush, une adolescente au drôle de prénom.
Malgré la disparité de leurs âges, les lourds secrets de famille, l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  22 novembre 2018
Lu en juillet 2016
"On ne cesse jamais de se soucier de l'image que l'on offre aux autres."
Désolée de ne pas avoir rédigé aussitôt le ressenti de ma ma lecture, car c'est un texte qui m'avait émue immensément, entre l'histoire de complicité affectueuse entre un vieil homme qui se sent très seul, au bord de la route... et cette fillette.... Hommage à l'amitié, la tendresse si précieuse intergénérationnelle; des remarques bouleversantes et très justes sur "La vieillesse", l'attention aux autres... l'Amour et la Mémoire de ceux qu'on a aimés !...
"Comment me voit-elle, la petite mignonne ? Comment me voient-ils, les chauffeurs de bus, que voient-ils ? Un vieux bonhomme si seul, si désaffecté qu'il n'a pas d'autre ressource que de s'asseoir là, sur le banc de l'abribus, et d'attendre celui ou celle qui viendra pour faire un brin de causette. Ils s'en remettent à leurs yeux, ils emportent la vision d'une enveloppe usée, d'un corps qui s'appuie sur une canne pour avancer, ils s'en contentent, ils ne cherchent pas au-delà. Ils se fient à ce qu'ils voient, ils ignorent qu'au-dedans le coeur continue à trépigner dans sa petite cage, qu'il refuse de se laisser museler, qu'il mène sa sarabande et n'accorde jamais de repos. Ils sont jeunes, pas de blâme, ils ne peuvent imaginer que le coeur ne vieillit pas, qu'il exige toujours, s'embrase toujours. "(p.26)
De très belles remarques aussi sur la Lecture...comme celle-ci que j'ai tout particulièrement retenue : "
Un soir, Leonora m'a avoué qu'elle ne craignait pas de mourir, ce qu'elle redoutait, dont elle ne pouvait supporter l'idée, c'était que dans le temps si long de la mort, elle serait privée de lecture. Comment réagir à cette peur, comment la rassurer ? (...)
Je lui ai promis que la mort autoriserait son fantôme à venir lire par-dessus l'épaule des vivants. Mais de vivant, elle ne connaissait que moi. Elle m'a donc pressé de lui jurer que, si elle quittait le monde avant moi, je lirais pour elle. J'ai juré.
Depuis qu'elle s'en est allée, je n'ai pas manqué à ma promesse, je lis tous les jours, j'oriente mes lectures en fonction de ses goûts et je la sens là, penchée derrière moi, heureuse tout le temps que je passe à lire. (Mercure de France, p.63-64, 2008)"
Une relecture s'imposerait, surtout que j'affectionne tout particulièrement le style et la sensibilité de cette auteure. Juste un modeste rattrapage avec ces quelques lignes; du plaisir à mettre en avant cette grande dame des Lettres !
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gouelan
  22 novembre 2018
« le destin est un danseur étoile qui fait des entrechats sur la pointe des si. »
Et si deux solitudes se rencontraient pour tisser une belle histoire.
C'est ce qui se passe pour Milush et Andres. La différence d'âge apporte de la richesse à leur échange, elle apporte un regard nouveau autant à l'un qu'à l'autre. Leur rencontre leur offre surtout la tendresse et l'écoute dont ils étaient privés.
Andres collectionne les jolis mots, les poèmes, et Milush les utilise pour avancer. Andres profite de l'énergie et de la spontanéité de Milush pour retrouver de l'élan, s'ouvrir. Les pensées secrètes de l'une et le passé douloureux de l'autre éclosent et s'allègent.
Il y a comme une psalmodie, une mélodie de l'ange noir qui les entraîne, faisant tomber d'autres solitudes comme des dominos, d'autres vies qui leur ressemblent, cherchant désespérément une note plus paisible à leur vie.
Passe un ange noir et le destin prend un chemin plus lumineux, et les pièces s'assemblent avec harmonie.
Un court roman sur la solitude, la vieillesse, le manque d'amour, écrit avec délicatesse.
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sabine59
  19 mars 2016
Ce magnifique roman polyphone, qui m'a beaucoup touchée, par l'émotion, l'humanité, qu'il dégage s'ouvre ainsi: " Tous les jours, je vais m'asseoir sur le banc qu'ils ont installé dans l'abribus, où les usagers de la ligne 15 viennent attendre le bus.Je ne fais pas partie de ces usagers car je n'ai nulle part où aller et donc aucune raison de prendre le bus.Pour ce qui me concerne,disons plutôt que je suis quelque peu usagé, un vieux loup solitaire qui n'a désormais d'autre distraction que de se poser là et d'espérer échanger quelques mots avec celle ou celui qui viendra prendre place près de lui sur le banc."
Toute la force et la beauté poignante de l'histoire sont déjà là, dans ces quelques phrases.Elles nous présentent un être souffrant de solitude,un vieil homme comme on en rencontre beaucoup, aussi bien en ville qu'à la campagne, se contentant de quelques mots échangés avec des inconnus pour se donner l'illusion d'exister pour les autres.Il s'appelle Andres, et à travers son aveu criant d'isolement, il pratique aussi l'auto-dérision et s'exprime avec verve, poésie.Certains de ses poèmes sont d'ailleurs retranscrits.
Et un jour, il y aura la rencontre avec Milush, au prénom curieux.Elle a 15 ans, vive, impertinente mais aussi très sensible, elle ne reçoit aucune affection de sa mère et elle est en quête de son père disparu.Au fur et à mesure de leurs échanges dans l'abribus va se nouer une belle relation, une affinité élective lumineuse.
Andres deviendra son grand-père , il l'emmènera chez lui et lui fera part de ses secrets douloureux, notamment concernant sa soeur Leonora.Quant à Milush, elle se confiera également, chacun étant un baume au coeur pour l'autre.
Autour de ces deux personnages centraux gravitent d'autres voix: celle par exemple du proviseur de l'école de Milush, celle d'un chauffeur de bus qui aura son importance dans l'histoire, celle aussi de Mathilde et Pierre, qui vont se rencontrer...Et surtout, il y a ce chant entendu par Andres seul , au départ, que les autres finiront par écouter aussi, celui de ce jeune homme, l'ange noir : " Non, ce n'était pas un rêve.Le chant m'a empli de joie pure.Il s'est fiché en moi comme une sagaie et il continue à vibrer dans ma tête."
C'est le chant chaleureux, vibrant et si mélodieux de l'auteur qui s'est ancré en moi.Il continue à résonner dans les fibres de mon coeur.
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Kassuatheth
  17 novembre 2018
Ce roman aurait facilement pu devenir un mélodrame. Presque tous les personnages n'ont pas été gâté par la vie. La citation suivante résume assez bien leur réalité: "Il avait, sur un visage de souffrance, l'expression — il faudrait plutôt dire la non-expression — de ceux qui ont encaissé les coups bas, les coups durs de la vie sans jamais pouvoir les rendre."
Comment, avec cette réalité aussi difficile, l'auteur a-t-il réussi à faire un roman aussi touchant ? En pointant la caméra sur Andres Soriano qui, malgré son arthrose et les malheurs qu'il a vécu a conservé un coeur ouvert aux autres. Sa relation avec sa soeur, avec ces vieux qui se plaignaient constamment, avec ce chauffeur d'autobus déchu mais surtout avec Miloush.
Sa rencontre, avec Miloush est un véritable conte de fée. Miloush, après s'être laissée apprivoiser, lui a un jour demandé : "Veux-tu être mon grand-papa?" Andres à accepté comme si c'était la chose la plus naturelle à faire. le miracle s'est alors produit. Pas besoin de liens biologiques pour créer cette relation. Tous les parents qui adoptent un enfant le savent. Vous n'avez pas senti la tendresse de Miloush quand elle lui demandait : "Grand-papa..."
Il y a aussi cette rencontre avec cet ange noir à la voix céleste. D'autres belles histoires ont aussi agrémenté ce roman mais par respect pour le lecteur, je ne vendrai pas la mèche.
Je ne parlerai pas du style littéraire qui a amplifié cette tendresse. D'autres l'ont fait mieux que je ne le pourrais"
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spleen
  10 octobre 2018
Passe un moment de grande douceur, un petit ilôt d'humanité dans le flux accéléré de violences, d'acharnement médiatique et de gens pressés qui ne se regardent plus et ne se parlent pas .
Pause !
Comme sur un vieux magnétophone , pause lorsque la musique déborde d'émotion et qu'il faut calmer son coeur .
Une histoire simple, une rencontre comme on ne l'imagine plus à un arrêt de bus, entre Andres, un vieil homme seul qui cherche l'homme noir au chant qui l'a envouté et Minush, 15 ans qui prend le bus tous les matins et qui , en manque d'attention et d'affection , adopte ce grand-père .
Chacun raconte à tour de rôle ces rencontres , petits chapitres entrecoupés de la voix de ceux qui les entourent et observent ce drôle de duo . Pas besoin de nommer le narrateur, Anne Bragance parvient à typer suffisamment chaque personnage .
Cette belle amitié intrigue puis rayonne finalement sur le destin de chacun .
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   21 juillet 2016
Un soir, Leonora m'a avoué qu'elle ne craignait pas de mourir, ce qu'elle redoutait, dont elle ne pouvait supporter l'idée, c'était que dans le temps si long de la mort, elle serait privée de lecture. Comment réagir à cette peur, comment la rassurer ? (...)
Je lui ai promis que la mort autoriserait son fantôme à venir lire par-dessus l'épaule des vivants. Mais de vivant, elle ne connaissait que moi. Elle m'a donc pressé de lui jurer que, si elle quittait le monde avant moi, je lirais pour elle. J'ai juré.
Depuis qu'elle s'en est allée, je n'ai pas manqué à ma promesse, je lis tous les jours, j'oriente mes lectures en fonction de ses goûts et je la sens là, penchée derrière moi, heureuse tout le temps que je passe à lire. (Mercure de France, p.63-64, 2008)
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fanfanouche24fanfanouche24   05 juillet 2013
On ne cesse jamais de se soucier de l'image que l'on offre aux autres.

Comment me voit-elle, la petite mignonne ? Comment me voient-ils, les chauffeurs de bus, que voient-ils ? Un vieux bonhomme si seul, si désaffecté qu'il n'a pas d'autre ressource que de s'asseoir là, sur le banc de l'abribus, et d'attendre celui ou celle qui viendra pour faire un brin de causette. Ils s'en remettent à leurs yeux, ils emportent la vision d'une enveloppe usée, d'un corps qui s'appuie sur une canne pour avancer, ils s'en contentent, ils ne cherchent pas au-delà. Ils se fient à ce qu'ils voient, ils ignorent qu'au-dedans le cœur continue à trépigner dans sa petite cage, qu'il refuse de se laisser museler, qu'il mène sa sarabande et n'accorde jamais de repos. Ils sont jeunes, pas de blâme, ils ne peuvent imaginer que le cœur ne vieillit pas, qu'il exige toujours, s'embrase toujours. (p.26)
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brigittelascombebrigittelascombe   28 décembre 2011
Et un cerveau, qu'y a-t-il à l'intérieur d'un cerveau? Je vais vous dire ce qu'on y voit:les tombes de nos rêves,tous nos renoncements fossilisés,nos espoirs massacrés.Je ne suis pas le seul à collectionner les défaites,les regrets,les espérances avortées,on est tous des collectionneurs mais ces collections là on les expose pas,personne les montre à personne.Chacun a son petit musée des erreurs,des horreurs,mais on ne visite pas.
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KassuathethKassuatheth   13 novembre 2018
Dès lors que les autres nous voient vieux, nous classent dans la catégorie des vieux, nous sommes des damnés, nous basculons en enfer... le gouffre maudit s’ouvre sous nos pas dans la réalité des jours présents et nous en parcourons les dédales avec ce cœur qui ne vieillit pas, qui ne renonce pas.
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fanfanouche24fanfanouche24   24 novembre 2018
Avant de connaître Andres, j'avais jamais eu l'occasion de discuter avec un vieux. Chez moi, on n'a pas ça en magasin : ni grand-père, ni grand-mère, ni oncle, ni tante. pas de père. Rien que ma mère et moi, une famille réduite à sa plus simple expression. (p. 34)
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Une affection longue durée Marque-page 05-07-2011
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