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ISBN : 2742753192
Éditeur : Actes Sud (28/07/2006)

Note moyenne : 3.17/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Sauf à utiliser de puissantes focales pour aller explorer les zones éloignées du passé,les souvenirs parfois se dérobent et je peine à les débusquer.Alors je renverse la tête dans l'espoir de les repérer de les identifier,et l'enfance,cette naine blanche,cet astre perdu-mais non pas mort-qui n'en finit pas de tournoyer,de scintiller,me jette aux yeux sa poudre d'or.Alors me revient le goût des vertiges et j'entends à nouveau la musique des météores.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
brigittelascombe
  13 décembre 2012
"L'enfance,cette naine blanche...me jette aux yeux sa poudre d'or" poétise Anne Bragance. Et nous voilà sous le charme, volant à son côté pour écouter "à nouveau la musique des météores", celle des souvenirs d'antan, celle de souvenirs qui se font nôtres car sa prose élégante et raffinée, telle une baguette magique, a le don de faire revivre le temps et nous offrir son bonheur, le bonheur.
Un mot suffit, sésame de la mémoire, pour franchir la Méditerranée direction Casablanca à l'époque du protectorat français.
Un mot suffit pour éveiller les sens car la petite Anne Bragance habitait "une rue qui aimait les fleurs", s'endormait au son de ritournelles à la douceur d'amandes, savourait des "mounas" succulentes brioches.
Un mot suffit pour que pétillent gaité et tendresse pour Alain, le cadet "ennemi bien-aimé" surnommé tour à tour "Brise-fer" ou "mon cher fardeau", pour le père "aux sourires de rechange", pour "la grand-mère analphabète" qu'elle instruit.
Un mot suffit pour jouer une partie de Monopoly et des rêves de France qui s'appelleront plus tard "exode" ou "exil".
Un mot, des mots qui permettent "l'échappée belle" dans les lectures, qui se collectionnent comme ceux du petit Marcel Pagnol relatés dans La gloire de mon père, qui s'assembleront en écriture fluide par la suite lorsque viendra l'âge de raison, celui de la nostalgie de l'éternel retour,celui des amitiés laissées là bas par ces pieds-noirs lors de l'indépendance.
Car si Anne Bragance (romancière,essayiste,nouvelliste dans le présent) nous conte, par petits flashs, ses souvenirs d'enfance aux fragrances subtiles évoquant Parfums de Philippe Claudel ou aux saveurs incomparables comme La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules de Philippe Delerm, elle n'en évoque pas moins une page d'histoire et un déchirement subi lors du départ du Maroc à l'âge où l'on espère que les mimosas fleurissent à tout jamais. C'est sans doute ce goût du soleil et de la lumière qui l'a poussée par la suite à s'installer dans le midi de la France.
Ce beau roman au parfum de coriandre et de menthe dépayse. Ses courtes nouvelles brossent le portrait d'une femme sensible,aimante,rêveuse,attachante,imaginative qui a su tisser à travers mots une soierie chatoyante.
J'avais apprécié dernièrement Passe un ange noir, une histoire d'amitié entre un vieux monsieur et une toute jeune fille qui se reconstruit à son contact, j'ai adoré Une enfance marocaine...vite une autre Anne Bragance pour une nouvelle "échappée belle"!
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
brigittelascombebrigittelascombe   13 décembre 2012
J'ouvre un livre comme on prend un bateau,comme on part en croisière.Grâce à lui,je m'échappe de l'univers contingent et familier,je m'en absente pour quelques heures,je navigue à vue sur cet océan de mots,d'images,que creuse ma quille.Allègre,je trace ma route dans une gerbe d'écume et gare à qui prétendrait me ramener au port quand je suis ainsi embarquée.
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MoonBearMoonBear   01 décembre 2018
Sauf à utiliser de puissantes focales pour aller explorer les zones éloignées du passé, les souvenirs parfois se dérobent et je peine à les débusquer. Alors je renverse la tête dans l'espoir de les repérer, de les identifier, et l'enfance, cette naine blanche, cet astre perdu - mais non pas mort - qui n'en finit pas de tournoyer, de scintiller, me jette aux yeux sa poudre d'or. Alors me revient le goût des vertiges et j'entends à nouveau la musique des météores.
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brigittelascombebrigittelascombe   13 décembre 2012
Pays roulé comme un tapis de prières qu'on emporte partout avec soi,pays odorant qui reste tapi dans nos sens,il est toujours là le pays de l'enfance.
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brigittelascombebrigittelascombe   13 décembre 2012
Quand un livre devient le vecteur d'une liberté si totale et si enivrante,quand lire prend ce caractère de clandestinité et autorise pareille jouissance,alors on se sent filer sur un tapis volant,et c'est l'échappée belle...
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brigittelascombebrigittelascombe   13 décembre 2012
Lire ou partir c'est tout comme:filer à l'anglaise,fausser compagnie à tous sans que bouge un orteil,entamer l'immobile voyage sans autre passeport que ce livre là,justement celui là que je viens d'ouvrir et qui est à la fois mon sauf-conduit,mon moyen de locomotion et la contrée que je m'apprête à découvrir.
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Vidéo de Anne Bragance
Une affection longue durée Marque-page 05-07-2011
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