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EAN : 9782715262225
160 pages
Le Mercure de France (24/08/2023)
3.78/5   18 notes
Résumé :
Sonia est une mère. Sonia n’est plus qu’une mère.
Enfermée dans ce rôle qu’elle a choisi et qu’elle compte incarner à la perfection.
Sonia maîtrise tout. Tout, sauf ce qu’elle ne maîtrise plus. Elle n’a plus de corps, même son reflet lui échappe, elle n’a plus de place en elle pour autre chose que ce devoir qu’elle s’impose et qui la piège.
Le mieux est l’ennemi du bien, Sonia perd pied.

Dans un style vif, plein d’humour, Alma Bra... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
[Critique parue le 7/06/2023 sur le forum du Prix du roman FNAC 2023]

« Je suis ma propre rivale, celle qui me donne des complexes quand je ne suis pas à sa hauteur » (p. 92).
C'est mon premier contact avec Alma Brami qui a déjà écrit neuf romans. Je suis frappée d'emblée par l'originalité du traitement du sujet, par celle du ton comme du style dans Ils sont moi, je suis eux. L'autrice vous plonge dans l'univers d'une maman qui élève seule ses deux enfants (« Mes deux », dit-elle, une « elle » et un « il »), et qui subit une charge mentale de plus en plus forte, de plus en plus prégnante. Elle en est consciente, mais se révèle incapable de modérer son désir de bien faire, sa soif d'excellence, son perfectionnisme. Elle passe d'une totale sincérité au déni le plus absurde. Et puis, il y a Bukowski qui la juge. Bukowski ? Oui, un double négatif, une incarnation de la dépression qui s'annonce, son reflet dans le miroir… C'est lui qui perd patience, qui fume discrètement à la fenêtre, qui lui fait remarquer qu'elle grossit malgré les privations et les vomissements. Et il y a les enfants, bien sûr : adorables, détestables, aimants, ingrats, exigeants, indifférents, obéissants, frondeurs, bourrés de défauts et de qualités, mais envahissants, accaparants, omniprésents. Il y a Milou aussi, sa mère, qui devient selon les situations, selon ses remarques et ses reproches, ses aventures sentimentales et ses interventions opportunes ou non, qui devient Dalida (elle est rousse, mais ce n'est pas la seule raison de ce sobriquet), Docteur Freud, ou Dolto… Et pourtant, Alma Brami distille un certain humour (le traitement du personnage de la mère et le rôle donné à Bukowski !) ainsi qu'une bonne dose d'autodérision. La charge mentale insupportable est aussi traduite par le rythme de l'écriture : soit des phrases très courtes, un seul mot souvent, soit des énumérations qui traduisent (et provoquent !) l'essoufflement. Les successions de verbes à l'infinitif ou à la deuxième personne, souvent en gradation, qui sont autant d'injonctions, d'impératifs à suivre sans se préoccuper des conséquences sur soi. Forcément, on ne va pas vers le mieux… Un roman habité par une forte tension dramatique, un récit bref et percutant qui m'a beaucoup plu.
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* Rentrée littéraire 2023 #2 *

Étant donné qu'il est disponible depuis hier, voici la critique que j'ai réalisée en juin lorsque j'ai lu "Ils sont moi, je suis eux" d'Alma Brami dans le cadre du jury du Prix du Roman Fnac :

C'est la première fois que je lis un roman d'Alma Brami qui, pourtant, selon mes recherches, en a déjà quelques-uns à son actif. Avec "Ils sont moi, je suis eux", l'auteure nous plonge sans préambule dans la vie d'une maman solo, et de son alter ego critique, Bukowski.

Sonia est mère de deux enfants. Mais elle n'est plus que ça, une mère. Elle veut exercer parfaitement ce rôle qu'elle a choisi, trop parfaitement peut-être... le mieux est parfois l'ennemi du bien. Et on ne peut pas tout contrôler. Alors, petit à petit, Sonia perd pied...

Cette dernière phrase résume à elle seule la trame de cette oeuvre touchante et dramatique. Alma Brami a effectivement choisi un sujet très actuel et très intéressant, la charge mentale que subissent les parents, d'autant plus forte lorsqu'ils sont seuls pour incarner cette mission, et les conséquences parfois inéluctables (dépression, burn-out,...) qui en découlent. C'est un thème qui me touche particulièrement.

D'emblée, j'ai été happée par l'histoire de cette mère et j'ai lu ce court roman presque d'une traite, la gorge serrée. 

Je trouve que l'auteure a extrêmement bien mis son style au service du sujet. Elle utilise en effet des phrases courtes, des énumérations d'adverbes ou de verbes à l'infinitif, dont la succession insuffle un rythme particulier, et donne au lecteur l'impression de perdre son souffle, de perdre pied presque, en même temps que le personnage principal. 

Je me suis sentie très rapidement en empathie avec cette maman dépassée - malgré que je ne sois pas moi-même maman - sans doute grâce à la narration à la première personne, narration qui semble légère au premier abord, mais qui cache finalement un profond mal-être. J'ai beaucoup aimé la construction des personnages, que ce soit l'héroïne, sa maman Milou, ou les enfants, bien sûr ; chacun présenté avec ses parts d'ombre et de lumière. 

Bref, ce roman ne remportera peut-être pas le prix - comme le disaient également d'autres membres du jury - mais je l'ai apprécié. Il est bouleversant et bien écrit. L'auteure arrive à provoquer de fortes réactions émotionnelles chez son lecteur qui assiste impuissant à une véritable descente aux enfers. C'est un livre "choc" qui ne laisse pas indifférent, surtout la fin que je ne divulguerai pas mais qui est terrible...

#PrixRomanFnac #fnac_officiel #rentréelittéraire2023 
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Il est difficile de décrire le plaisir de retrouver la plume d'Alma Brami dans ce roman si intense, tant sur le fond que sur la forme.

Phrases succintes, hâchées, enchainées et bientôt déchainées. Ponctuation rare, inutile.
Ici, c'est le souffle court et le coeur qui bat (de plus en plus vite au fil des pages) que l'on dévore "Ils sont moi, je suis eux".

Vite, vite, la mère se hâte de préparer, ranger, anticiper et programmer. Vite, car la vie n'attend pas et les journées défilent, vite, car demain ses enfants auront grandi, seront trop grands, et tout ce qu'elle s'acharne et s'échine à construire pour eux n'aura plus la même valeur.
D'eux, on ne sait pas grand-chose, un garçon et une fille. Pas de prénoms ? Pas de prénoms.
Il faut attendre quasiment la moitié du roman pour découvrir celui de la mère, Sonia : elle non plus n'a pas tellement d'identité. Elle est mère, elle est leur mère, une mère qu'elle rêve parfaite, dévouée, épuisée à la tâche mais tenant bon "pour leur bien". Hum.

Et puis il y a Milou, la mère de la mère. On est toujours l'enfant de quelqu'un, mais entre ces deux-là c'est tendu. Il y a des rancoeurs, des non-dits ou des points de suspension. Il y a quelque chose à réparer, et tout n'est pas toujours réparable. Milou aime ses petits-enfants, mais ses passages auprès d'eux sont furtifs et superficiels.

Ce rythme haletant maintient sous pression assez rapidement dans le texte et jusqu'à sa dernière ligne.
Le tour de maître de l'autrice consiste à nous faire regarder et comprendre la situation quasiment d'un extrème à l'autre entre le début et la fin de l'histoire : on passe de l'admiration pour cette mère si impliquée, à la tristesse de la voir s'enfoncer dans une voie sans issue, puis à la terreur que suscitent ses réactions et comportements maltraitants.
C'est fort. Très fort.

Un très grand merci aux éditions @mercuredefrance pour cet envoi et à Alma Brami pour ses prouesses littéraires 🔥

  《La phrase à retenir》
"Ils n'ont pas de prénoms, vos enfants?
Ils sont moi, je suis eux. J'aurais dû être ma mère, je me serais bien lccupée de moi. Être la fille de mes enfants."
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Cinq ans après l'excellent « Qui ne dit mot consent », voici le tout nouveau projet littéraire d'Alma Brami : « Ils sont moi, je suis eux ». le titre intrigue et dit presque tout de ce roman assez terrifiant sur l'amour maternel… ses excès et ses insuffisances et la perfection impossible… jusqu'à une fin déroutante !

Sonia est mère de deux enfants. Mais elle n'est malheureusement plus que ça : une mère. Elle veut exercer parfaitement ce rôle qu'elle a choisi, trop parfaitement peut-être... le mieux est parfois l'ennemi du bien. Et on ne peut pas tout contrôler. Alors, petit à petit, Sonia perd pied...

Alma Brami nous plonge sans détour dans la vie d'une maman solo, en situation de détresse, avec son alter ego critique, Bukowski.

Dans un style saccadé, toujours à bout de souffle, l'auteure nous fait vivre le quotidien fou d'une mère dépassée par la pression qu'elle se met. Être une mère parfaite, ne donner à manger que du fait maison, se lever aux moindres pleurs, veiller à satisfaire leurs moindres besoins, garder le sourire malgré la fatigue, rester disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 malgré le manque de forces et l'absence de temps pour soi.

Mère épuisée. Au fil des pages, on sent la femme au bord de la rupture. L'inquiétude grandit au diapason de l'épuisement, jusqu'à la chute finale, vertigineuse. Alma Brami a choisi un sujet très actuel et très intéressant, la charge mentale que subissent les parents, d'autant plus forte lorsqu'ils sont seuls pour incarner cette mission, et les conséquences parfois inéluctables (dépression, burn-out,...) qui en découlent. C'est cette même thématique déroulée sur 160 pages, sans réelle gradation au fil du récit. Dès la première page tout y est : son reflet dans le miroir, un semblant de dépression qui guette, Bukowski qui la juge…

Alma Brami parvient à retranscrire le rythme fou de ses journées et de ses nuits, à faire ressentir au lecteur l'intensité de la fatigue physique et émotionnelle de cette femme dont la vie se limite à celle de mère. Mère aimante, entière, fusionnelle. Mère épuisée.

L'auteure utilise des phrases courtes, des énumérations d'adverbes ou de verbes à l'infinitif, dont la succession insuffle un rythme particulier, et donne au lecteur l'impression de perdre son souffle, de perdre pied presque, en même temps que le personnage principal. Au fil des pages, on sent la femme au bord de la rupture. L'inquiétude grandit au diapason de l'épuisement, jusqu'à la chute finale, vertigineuse.

Le choix d'une narration à la première personne permet cette réelle proximité avec Sonia mais il est judicieux de noter que le lecteur qui n'a pas encore connu la parentalité peine à ressentir une réelle empathie pour cette anti-héroïne. On comprend à quel point la charge est immense et on se représente parfaitement la difficulté du quotidien de cette maman dépassée, mais on a souvent envie de secouer Sonia, à défaut de ressentir une réelle compassion pour elle.

Un roman perturbant qui risque de décontenancer plus d'un lecteur mais qui raisonnera tout particulièrement chez certaines mamans qui sauront apprécier le sujet de la maternité abordé de manière pas toujours politiquement correct.
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Sonia est maman de deux enfants. Son problème c'est qu'elle est une mère et rien d'autre !

Elle veut absolument tout maîtriser, veiller sur eux, les protéger, leur donner tout ce qu'elle n'a pas reçu...

C'est vrai qu'elle n'était pas vraiment désirée et que Milou, sa mère, ne s'est pas occupée d'elle, ne lui a pas montré son amour. Encore aujourd'hui, la bise sur le front, quel horreur... Milou se défend, lui dit qu'elle lui a donné son indépendance... Aujourd'hui, elle veut l'aider car elle se rend compte que la charge mentale est trop forte pour Sonia, qu'à force de vouloir tout contrôler, elle va finir par craquer, pèter un plob, aller droit dans le mur.

"Il ne faut pas avoir d'enfants si on veut tout maîtriser, planter des tomates c'est mieux."

Être une mère parfaite pour réparer son enfance c'est ce que nous décrit Sonia mais à force, elle les étouffe ses enfants.

Le style d'Alma est parfait pour nous faire ressentir les choses. L'usage du "je" crée beaucoup d'empathie. Les phrases sont courtes, les énumérations provoquent et traduisent à merveille le sentiment d'essouflement de Sonia. Les verbes à l'infinitif, la forme nous font ressentir que la narratrice perd pied.

Humour, tension, la vie quoi, un vrai sujet de société. Un roman qui nous fait réfléchir sur la performance et la recherche de perfection qui use.

Ma note 9.5/10


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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Tes gosses ne t'appartiennent pas, leur chemin, leur expérience pour se construire, tout ça. Vivre c'est apprendre, souffrir, tomber.
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Mes enfants entourent mes chevilles, comme du lierre coriace. Ils me tiennent ancrée dans leur vie. Mais la mienne de vie, où est-elle ?
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Je supporte tout, je suis une mère. Les mères supportent tout, même ce qu’elles ne peuvent pas supporter, même ce qui est insupportable.
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Ils sont moi, je suis eux. J'aurai dû être ma mère, je me serais bien occupée de moi. Être la fille de mes enfants.
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Le meilleur est loin, ça n'était pas brillant, mais ça restera le meilleur. Si j'avais su, je m'en serais contentée.
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Vidéo de Alma Brami
Alma Brami vous présente son ouvrage "Ils sont moi, je suis eux" aux éditions Mercure de France. Rentrée littéraire automne 2023.
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