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ISBN : 2262068364
Éditeur : Perrin (17/08/2017)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Pourquoi de Gaulle refusa-t-il, en 1964, de présider les commémorations du vingtième anniversaire du débarquement allié en Normandie ? Parce qu'il se souvenait que, sans sa volonté farouche de faire échec aux plans de Roosevelt, la France ruinée de 1944 n'aurait pas été traitée autrement que l'Allemagne vaincue, privée d'une fraction de son territoire et placée sous administration militaire américaine. Pis, c'est sur une partie des élites de Vichy que, durant tout l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Caliban
  04 novembre 2017
De même qu'il y a des moments importants dans la vie d'un homme, il est des livres qui comptent---et comptent beaucoup--- dans son existence et sa compréhension des "choses de la vie" . Pour moi, "L'ami américain" est de ceux-là, après "Le temps de Franco" de Michel del Castillo qui m'avait obligé à une révision déchirante de mes idées sur la guerre d'Espagne (1936-1939 ), idées plutôt manichéennes où le fascisme constituait le camp du mal (qu'il continue à incarner à mes yeux) et la République le camp du bien, vision idéaliste dont je suis passablement revenu .
De même, "L'ami américain", livre historique de première grandeur ,remarquablement documenté, lève le voile sur certains épisodes de notre histoire qui méritent, même après soixante ans, d'être remis en lumière . N'oublions pas que le passé est garant de l'avenir et que "lespeuples qui oublient leur histoire sont condamnés à la revivre" (George Santayana ).
Au début de l'été 1944, j'avais dix ans(et demi) et quand j'allais, avec tous les gamins du coin, applaudir, le long de la route de Dinan à Saint Brieuc, les convois de GI filant vers l'Ouest à la conquête de Brest et leur "chiner" chewing gum, bonbons et cigarettes(oui !),je n'imaginais bien sûr pas du tout les dessous de la politique américaine de FDR,saprofonde antipathie pour De Gaulle et pour la France (ni son"amitié" pour Pétain) et je suis resté,des années durant,dans l'illusion de la grandeur et du désinteressement de la"plus grande démocratie du monde" . En somme, j'aicru à la LIBERATION , comme l'immense majorité des Français, alors que, dans l'esprit du président américain, il ne s'agissait que d'une occupation pour gagner cette guerre qui lui avait été imposée par le Japon. La lecture du livre est à cet égard édifiante et j'ai réalisé à quel point Charles de Gaulle a incarné,depuis le début (1940) jusqu'à sa mort (1970), l'esprit de résistance et d'indépendance qui a tant indisposé nos amisd'outre-Manche et d'outre-Atlantique .
Le livre est composé d'une introduction : "l'amitié du fort au faible", d'un prologue:"Roulant du haut de l'Histoire ..." puis de douze chapitres dont je ne résiste pas au plaisir de vous énumérer les titres ( une façon peu subtile de vous mettre l'eau à la bouche ) :
-Ch 1:"Notre "cher vieil ami"[si vous en doutiez, il s'agit de Pétain, non de de Gaulle]
-Ch 2 :Vichy, avec ou sans Pétain[ "Ce n'est pas à Hitler que Roosevelt fait la guerre, c'est à moi" ironisait De Gaulle ]
-Ch 3: D'une occupation l'autre? [la vilénie del'AMGOT ]
-Ch 4: La bataille de Paris [ Hitler n'était pas le seul à se battre sur deux fronts ]
-Ch 5: Les arrière-cuisines de Jean Monnet [ Les cuisines du prétendu"père de l'Europe" n'étaient pas d'une absolue propreté ]
-Ch 6:Des fellagha à l'OAS, tout est bon contre De Gaulle [Féru d'Histoire et ancien d'Algérie, j'ai appris là des choses ...que beaucoupdenosconcitoens ignorent encore ]
-Ch 7:L'impossible ménage à trois [ "Les histoires d'amour finissent mal en général", surtout à trois ]
-Ch 8: le casus belli atomique [ L'indépendance est un grand défaut aux yeux des USA ... quand elle n'est pas américaine ]
-Ch 9: René, Antoine,Jean, François, Georges et les autres [Lutter contre des adversaires,oui,mais être désavoué ou trahi par les siens...ou prétendus tels ]
-Ch 10:Le grand réglement de compte de l'an 1968 [ Avec, là encore, quelques révélations étonnantes ]
-Ch 11: La symphonie inachevée [ Ou requiem pour unrêve d'indépendance ]
-Ch 12: Pompidou,l'héritier qu'on n'attendait pas [ Pompidouet Sarkozy me font penser aux deux héros de Chester Himes: Cercueil et Fossoyeur ,par rapport au "gaullisme" dont ils se prétendaient l'incarnation ]
Epilogue : Oublier deGaulle.
Pour nous,lecteurs de 2017, cet épilogue constitue le plus important du livre, si on a déja bien lu ce qui précède . Les successeurs du général, de Pompidou à Hollande en passant par Giscard et Mitterrand ont détricoté le travail d'indépendance,Chirac restant un peu à part, surtout en s'abstenant ! Mais le pire a été Sarkozy,fossoyeur d'une "France aux mains libres"qui prenait comme un compliment d'être surnommé"l'américain" .
A lire donc,et à méditer
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critiques presse (1)
LeFigaro   20 octobre 2017
Le récit des rapports conflictuels qu'entretinrent le Général et les Américains entre 1940 et 1969.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
CalibanCaliban   29 octobre 2017
Témoin lui aussi de ces journées tragiques qui décidèrent de son envol définitif pour Londres, de Gaulle résumera : " A partir du jour où le gouvernement avait quitté Paris, l'exercice du pouvoir n'était plus qu'une sorte d'agonie, déroulée le long des routes dans la dislocation des services et des consciences...Pour ressaisir les rênes,il eût fallu s'arracher au tourbillon, passer en Afrique, tout reprendre à partir de là . Monsieur Paul Reynaud le voyait . Mais cela impliquait des mesures extrêmes : changer le haut commandement, renvoyer le Maréchal et la moitié des ministres, briser avec certaines influences, se résigner à l'occupation totale de la métropole, bref, dans une situation sans précédent, sortir à tous risques du cadre et du processus ordinaires .M. Paul Reynaud ne crut pas devoir prendre sur lui des décisions aussi exorbitantes de la normale et du calcul [...] En définitive, cet anéantissement de l'Etat était au fond du drame national . A la lueur de la foudre, le régime apparaissait, dans son affreuse infirmité, sans nulle mesure, et sans nul rapport avec la défense, l'honneur, l'indépendance de la France ."
Quand, en septembre 1944, de Gaulle,devenu président du gouvernement provisoire d'une République qu'il avait dû, disait-il, "ramasser dans la boue" recevra la visite de l'ancien président Albert Lebrun, resté désespérément inerte à l'heure du plus grand danger, il ne prendra même pas la peine de lui en faire le reproche, tant il savait l'homme inadéquat à l'action . Mais il écrira dans ses MEMOIRES DE GUERRE : "Au fond, comme chef de l'Etat,deux choses lui avaient manqué: qu'il fût un chef, qu'il y eût un Etat ."
De ce collapsus intégral, l'historien américain William Langer, qui, pendant la guerre, fit partie de la branche Recherche et analyse del'OSS (devenu en 1947 la CIA ), tirera la même conclusion :" L'histoire moderne n'a enregistré que peu d'évènements aussi catastrophiques que la défaite de la République française en juin 1940 . Depuis la campagne éclair de Napoléon contre la Prusse en 1806, aucune grande puissance militaire n'avait été frappée aussi brutalement et aussi inexorablement par le destin ."
Aux yeux de de Gaulle comme à ceux des Américains, la France a bel et bien "roulé du haut de l'Histoire, jusqu'au fond de l'abîme .", la différence est que le premier va mettre toute son énergie à lui faire remonter la pente, tandis que les seconds n'en verront pas, c'est le moins qu'on puisse dire, la nécessité .
in Prologue, pages 28 et 29
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CalibanCaliban   02 novembre 2017
Contrairement à Roosevelt qui entendait profiter de l'effacement momentané de la France pour empêcher sa renaissance en tant que grande puissance et assimilait toute tentative de sa part pour retrouver son rang à une offense envers les Etats-Unis, Nixon et Kissinger comprennent qu'une France libre dans ses mouvements est le meilleur allié possible de Etats-Unis en Europe...Bref, ils assignent enfin au mot "amitié"---pour autant que celui-ci ait un sens dans l'ordre de la politique internationale--- une acception compatible avec le sens commun . Celles de relations d'où la sujétion est absente .
Ainsi donnent-ils raison à de Gaulle, qui, le janvier 1963, déclarait à Alain Peyrefitte :" Les Américains ont toujours la tentation de s'appuyer sur ce qui est mou plutôt que de s 'appuyer sur ce qui est ferme . Dans tous les pays sous-développés, ils ont la tentation de s'apppuyer sur les planches pourries qui leur sont favorables---et d'autant plus favorables que ce sont eux qui les ont pourries---, plutôt que de s'appuyer sur des régimes durs, issus d'une véritable volonté populaire ; car ces régimes-là, ils les craignent . Pendant la guerre, ils s'appuyaient sur Pétain, ou sur Darlan, ou sur Giraud, contre de Gaulle qui incarnait la volonté de la nation . [... Les Américains ne pourront jamais s'empêcher de favoriser au maximum la carrière d'un Jean Monnet, car ils reconnaissent en lui leur homme , et de s'opposer à de Gaulle, car ils sentent en lui un homme qui leur résiste . Pourtant, ils devraient comprendre que le meilleur allié des Etats-Unis, ce n'est pas celui qui s'aplatit devant eux, c'est celui qui sait leur dire non ."

page 280, chapitre 11, la symphonie inachevée .
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Vidéo de Eric Branca
Quand l'Amérique voulait détruire de Gaulle.
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