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Armand Pierhal (Traducteur)
ISBN : 2221107454
Éditeur : Robert Laffont (06/10/2006)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 28 notes)
Résumé :
Dans l'Italie des années 1930, le fascisme explose mais le bel Antonio ne s'en soucie guère. Il souhaite simplement se laisser transporter par ce que la vie a de plus agréable à offrir. Sensible et mélancolique, il est le plus joli garçon de Catane. Aussi, lorsqu'il annonce son mariage avec Barbara Puglisi, jeune femme éclatante de fraîcheur et de beauté - qui est aussi la plus riche de la ville -, nombreuses sont les prétendantes à brûler de rage leurs journaux int... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
le-mange-livres
  18 décembre 2012
"Un malheur ! ... mon Dieu, rien que d'y penser, tu sens ton cerveau éclater ! Mon propre fils, mon fils unique, ma joie, mon orgueil, ma vie même, le voir réduit à un état pire qu'un chiffon pour les pieds, parce que ce dernier au moins sert à épousseter les chaussures, mais un homme dans cet état, à quoi est-il bon ?"
Je profite de la belle politique éditoriale de Pavillons poche - qui a l'habitude de ressortir les bonnes vieilleries (comme Yates, Atwood ou Maugham) du placard, pour découvrir enfin Vitaliano Brancati, le fasciste devenu anti-fasciste sur lequel on a tant écrit, au travers de son sulfureux roman-phare : le Bel Antonio. Avec le beau Marcello Mastroianni en couverture avec son air ténébreux.
L'intrigue est cocasse. L'irrésistible Antonio, en goguette à Rome, est rappelé par ses parents à Catane pour y épouser Barbara Puglisi, la plus belle fille de la ville. Tout le monde, hommes et femmes, jeunes et vieux, se pâme, charmé, au passage du couple qui rayonne de bonheur et de sensualité. Sauf que voilà, comme le notaire Puglisi le confie au père d'Antonio, "ma fille, après trois ans de mariage, est telle qu'elle est sortie de ma maison".
Mais derrière les frasques d'Antonio, Brancati ne ménage ni le mâle sicilien, ni le fascisme italien. L'amour propre des personnages pasculins est inextricablement lié à leur virilité - ou du moins à l'image qu'ils en donnnent, jusqu'au grotesque. Quand Antonio voit son mariage risquer d'être annulé, c'est une affaire d'honneur qui se déclenche ; son père d'ailleurs, refuse d'en croire ses oreilles : "Quel état ? Quel état, notaire ? L'état de mon fils, c'est qu'il a fait jouir à hurler les femmes de Catane, de Rome et du monde entier. Voilà l'état de mon fils !" L'impuissance n'étant jamais dite, mais toujours suggérée par des métaphores succulentes.
Le fonctionnement du système fasciste est largement tourné en dérision, et les critiques sont moins que voilées. "Une semaine après, Calderara était nommé sous-secrétaire général du parti et se rendait à Rome, laissant à son poste de Catane un certain Pietro Capano, un grave jeune homme de vingt-cinq ans, aux yeux proéminents comme deux billes et à la tête rasée, dont le seul rêve était de pénétrer, entouré de respect et de crainte, dans le hall de ce lycée où avaient étudié son père, son oncle et son frère, et où tant de fois on lui avait dit : mais alors, vous êtes tous des crétins dans ta famille ?"
Drolatique d'abord, plus grave et grinçant ensuite, le bel Antonio, en dépit de son âge, n'a pas pris une ride. Les dialogues sont enlevés, le style, moderne, les portraits fins et savoureux. Bref, on ne s'ennuie pas, c'est rudement bien écrit, et c'est italien : on fonce !
Lien : http://le-mange-livres.blogs..
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Aela
  23 janvier 2011
Le bel Antonio, magnifiquement interprété à l'écran par le regretté Marcelo Mastroianni, c'est une jeune homme de l'Italie des années 30. le fascisme explose mais le bel Antonio ne s'en préoccupe pas. Il est joli garçon et vit en Sicile. Son avenir semble tout tracé: il va épouser la belle Barbara Puglisi qui a le mérite d'être encore plus riche qu'elle n'est jolie. Au bout de trois ans de mariage, le mariage n'est toujours pas consommé. La jeune femme, malgré son éducation religieuse, comprend que quelque chose ne tourne pas rond.. C'est alors le début d'une procédure humiliante d'annulation du mariage.
Au travers de cette tragédie, c'est le procès du machisme italien qui est fait ici, machisme dont finalement les hommes souffrent autant si ce n'est plus que les femmes..
Un grand roman, certainement le chef d'oeuvre de cet écrivain italien Vitaliano Brancati grand adversaire de Mussolini, auteur trop peu connu en France.
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ericbo
  30 mars 2017
Tout ou presque a déjà ete dit sur ce roman. Je n'ai toujours pas vu le film, donc je n'etais pas parasité par Mastroianni. Ce qui m'interesse dans ce livre est la peinture de la société dans le contexte du fascisme. Notre pauvre héros ne devient pas impuissant sans raison. C'est, d'une part le poids du machisme et d'autre part le poids supplementaire du fascisme qui auront raison de sa virilité. C'est cette métaphore que nous offre Brancati.
La vie de la petite bourgeoisie sicilienne est décrite magnifiquement, avec tout ce carcan de conformisme social de l'entre-deux guerre. Cette intrigue est très datée puisqu'elle s'inscrit dans ce contexte mais la lecture reste plaisante. L'homme n'est plus ce qu'il etait !
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Epictete
  15 décembre 2013
Le personnage du "coq du village" cher à Vitaliano Brancati trouve son expression la plus spectaculaire dans ce récitoù le grand écrivain sicilien fouille avec une acuité digne de Stendhal, le thème du bourreau des coeurs dont les succès apparents cachent en réalité le plus tragique des "accidents".
(Quatrième de couverture de l'édition 10-18 de 1981)
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benleb
  30 août 2016
Sous le régime fasciste, un jeune homme de Catane, plus que séduisant, est marié à un riche parti. Quand son impuissance est révélée, il est "divorcé" par sa belle famille, et provoque la honte publique de ses parents.
Le roman est souvent drôle, les répliques truculentes, mais la tristesse qui touche le héros (assez lamentable) et surtout sa famille, humiliée publiquement, mais qui essaye de combattre, m'a assez dérangé. Plus qu'une comédie italienne, il s'agit d'une tragédie de l'opprobre publique.
Le livre est quand même superbement écrit. Mais avec des longueurs quand on quitte le registre comique. Je pense que la traduction perd beaucoup par rapport au texte original.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
AelaAela   23 janvier 2011
Le choc de ce scandale fut ressenti par tout Catane comme une éruption de l'Etna.
Antonio Magnano, le fils d'Alfio, le neveu d'Ermenegildo, le très beau jeune homme qui faisait lever de son missel le regard de la plus sainte des jeunes filles, Antonio, lui-même, celui-là exactement, eh bien Antonio et sa femme.. rien! rien vous dis-je! absolument rien! Barbara Puglisi, après trois ans de mariage, n'a pas connu la grâce de Dieu!
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le-mange-livresle-mange-livres   18 décembre 2012
Un malheur ! ... mon Dieu, rien que d'y penser, tu sens ton cerveau éclater ! Mon propre fils, mon fils unique, ma joie, mon orgueil, ma vie même, le voir réduit à un état pire qu'un chiffon pour les pieds, parce que ce dernier au moins sert à épousseter les chaussures, mais un homme dans cet état, à quoi est-il bon ?
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le-mange-livresle-mange-livres   17 décembre 2012
Une semaine après, Calderara était nommé sous-secrétaire général du parti et se rendait à Rome, laissant à son poste de Catane un certain Pietro Capano, un grave jeune homme de vingt-cinq ans, aux yeux proéminents comme deux billes et à la tête rasée, dont le seul rêve était de pénétrer, entouré de respect et de crainte, dans le hall de ce lycée où avaient étudié son père, son oncle et son frère, et où tant de fois on lui avait dit : mais alors, vous êtes tous des crétins dans ta famille ?
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le-mange-livresle-mange-livres   18 décembre 2012
Dans sa susceptibilité, qui croissait de jour en jour, il soupçonna qu'il provoquait chez les femmes une volupté anormale, contre nature, légèrement monstrueuse: ce prétendu amour exclusivement spirituel cachait selon lui, sous la piété et l'innocence, une féroce agressivité mâle.
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le-mange-livresle-mange-livres   17 décembre 2012
Ma fille, après trois ans de mariage, est telle qu'elle est sortie de ma maison.
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Video de Vitaliano Brancati (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Vitaliano Brancati
Le film Le bel Antonio (1960), extrait
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