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Critique de Syl


Syl
  14 mai 2013
Londres, du 1er mai au 14 mai 1892,

Deux ans après la première enquête racontée, Robert Sherard reprend la plume pour relater les évènements qui ont précédé la soirée au Club Socrate…

Sherard, d'un coin de la pièce, voit les différentes personnes invitées à partager la table d'Oscar Wilde, son ami, qui, à cet instant, se fait lire les lignes de la main par Mrs. Robinson, une chiromancienne. Au sursaut brusque d'Oscar, les prédilections ne semblent pas être heureuses ! Chaque premier dimanche du mois, dans une salle à manger du Cadogan Hôtel, Oscar Wilde retrouve quelques amis pour combler le vide et la monotonie qui l'étreint de plus en plus. Nommé "Le Club Socrate", cette réunion compte six membres, alliant les Lettres à la Science ; Oscar, Conan Doyle, Bram Stoker, Walter Sickert, Lord Alfred Douglas et Robert Sherard.
Ce soir-là, chaque membre a convié une personne ; ami, connaissance, parent. Avec Mr. Byrd, le secrétaire du club et son invité, la table compte quatorze couverts.
Après un repas riche en mets et en paroles, Oscar, inspiré par les présages funestes de Mrs. Robinson, propose un jeu, "le jeu de la mort". Sur un papier, chacun devra écrire le nom de la personne qu'il souhaiterait voir mourir.
Seul Conan Doyle ne trouve pas goût au jeu et l'atmosphère se charge de malaise à chaque tirage, car si certains ont choisi un dieu, une métaphore ou un personnage fictif, d'autres ont pris des cibles bien trop présentes…

. Miss Elizabeth Scott Rivers, ancienne fiancée du révérend George Daubeney,
présent à la soirée, invité de Robert Sherard
. Lord Abergordon, parrain de Lord Drumlaring,
présent à la soirée, invité de son frère Lord Alfred Douglas, dit Bosie
. Capitain Flint, le perroquet de l'hôtel
. Sherlock Holmes, personnage fictif de Conan Doyle,
. Mr. Bradford Pearse, un acteur, présent à la soirée, invité par Walter Sickert
. David McMuirtee, un boxeur dont le nom a été inscrit sur quatre papiers,
présent à la soirée, invité par Mr. Byrd
. le temps
. Eros
. Une feuille vierge
. Oscar Wilde et
. Constance Wilde, sa femme.

Le jeu ayant dépassé ses limites, tous souhaitent se retirer. Mais en tant que président, Oscar insiste. Il veut approfondir la question. La plaisanterie vire à la farce macabre et le nom de sa femme sur un bout de papier lui laisse un sentiment amer, bien plus que pour le sien.
"Ce qui est dit dans l'ivresse a été pensé dans la sobriété."

Cette soirée ne fut au final, pas une réussite et comme Oscar le clame à ses compagnons, il faut l'oublier et passer à autre chose… Donner à manger aux canards, faire de la sculpture… L'ennui est un terrible ennemi car il ponctue le temps qui passe.

Le lendemain, ce désoeuvrement va vite être enrayé. le bon révérend George Daubeney déboule chez Oscar dans une panique de larmes et de balbutiements.
"- Miss Elizabeth Scott-Rivers !… cria-t-il. La jeune femme qu'hier soir j'ai déclaré vouloir assassiner… elle est morte ! Brûlée vive."
Parfois la coïncidence offre des perspectives malheureuses. Mais peut-on parler de hasard, lorsque un synchronisme s'enclenche dans une deuxième mort, celle de Lord Albergordon ?
Si le meurtrier s'applique à éliminer les quatorze noms tous les jours, cela sous-entend que le vendredi 13, le tour sera pour Oscar Wilde.

Assisté de ses amis, Doyle et Sherard, et avec la complicité de l'inspecteur Archy Gilmour, Oscar se livre à une de ses passions… les déductions.

Voici alors, entre nos mains, la deuxième enquête du brillant Oscar Wilde !
Depuis bientôt neuf ans que le narrateur connaît Oscar, une amitié fidèle et fraternelle, mais il est toujours surpris par le personnage. Familier du ménage des Wilde, il voue une admiration pour la belle et dévouée Constance. Constance qui est constante dans son amour pour son illustre mari. Cependant, lui, l'est beaucoup moins… C'est en confidence qu'il avoue à Robert que leurs sept années d'union commencent à le désenchanter. Oscar recherche le beau, la jeunesse et le mouvement et, tout en aimant sa femme, il la délaisse pour d'autres distractions.
Cette intrigue est peut-être moins puissante que la précédente, mais elle a son rôle dans un décor historique riche de ses personnalités ; notables, politiciens, comédiens, peintres, écrivains… et je l'ai lue avec une belle attention. J'aime recueillir après mes lectures, des recherches sur l'époque et sur les protagonistes.
J'ai donc apprécié cette fin de siècle lorsque l'auteur écrit les débuts du téléphone et autres inventions, j'aime lorsqu'il décrit les tenues d'Oscar, fleurs de boutonnières incluses, la peinture de la société, ses mondanités, ses richesses et ses misères, je suis toujours sensible aux élucubrations wildiennes, son humour et sa noirceur et je suis ravie d'avoir retrouvé Doyle et Sherard.
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