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Robert Brasillach (Éditeur scientifique)
EAN : 9782253015178
507 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/05/1995)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 13 notes)
Résumé :
La poésie grecque est le trésor où tous les peuples d'Occident ont puisé au cours des siècles. La féerie de ses chants alternés forme une cantate à la vie, aux démons nobles ou malicieux qui en sont les spectateurs et parfois les figurants.
Les poètes grecs ont tout accepté de la vie, leurs vers ont été le filet dont les mailles ont retenu tous les trésors de la mer ; nous pouvons encore y sentir palpiter la respiration de ce qu'a ramené leur pêche miraculeus... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
michfred
  02 septembre 2015
On peut dire beaucoup de choses sur Brasillach: qu'il a été le patron d'un torchon notoire et sanglant, "Je suis partout", de sinistre mémoire, qu'il était sans aucune contestation possible un facho convaincu, pratiquant, agissant, et qu'il s'est montré, pendant l'Occupation, d'une rare nocivité...
Mais il a aussi été un grand romancier, et c'était un helléniste magnifique: fin lettré, traducteur excellent, qui dans son Anthologie a fait un choix étonnant de toutes les perles en vers de la littérature grecque - d'où la présence, dans cette anthologie poétique, d'extraits de tragédies, de morceaux d'épopées..
La poésie, dans la Grèce antique, n'est pas cantonnée au seul lyrisme, et c'est déjà une juste initiation à la littérature grecque que de l'avoir montré. J'ajoute que toutes les traductions sont celles de Brasillach lui-même : j'ai souvent été médusée par ses qualités de traducteur..
Je me prends à regretter qu'il n'ait pas consacré tout son talent à retraduire l'Iliade, l'Odyssée ou les tragiques...cela lui aurait donné tant de travail qu'il aurait peut-être négligé ses occupations de collaborationniste zélé...
Un mystère cependant demeure, à mes yeux: comment peut-on aimer et répandre la pensée humaniste et clairvoyante des Grecs anciens et se fourvoyer à ce point dans ses choix personnels? Comment peut-on traduire l'amour de Sapho, la noblesse d'Oedipe, le courage d'Achille et se montrer si plein de haine, de bassesse et de lâcheté dans sa propre conduite?
Les Anciens ont formé un helléniste, ils ont complètement manqué leur disciple...
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Bequelune
  13 août 2013
Robert Brasillach était un beau salaud qui est sans doute responsable de plusieurs morts dans le camp communiste pendant l'Occupation. Pour cela, il a été fusillé en 1945 à l'issu d'un procès expéditif. Pour cette raison, il est souvent mal vu d'affirmer qu'on aime l'oeuvre littéraire de Brasillach. Et pourtant ! Non seulement il était un grand écrivain et poète, mais en plus il était un formidable traducteur de la langue grecque classique.
Dans cette Anthologie, il présente une longue liste d'auteurs et de textes de la Grèce antique qui ne sont pas tous stricto sensu de la poésie : il y a aussi des extraits de pièces de théâtre par exemple, ou des bouts d'épopées.
À mes yeux la traduction de Brasillach est la meilleure que l'on n'ait jamais écrite en français. Parce qu'il ne colle pas au texte de façon rigide, qu'il sait s'autoriser de la souplesse pour conserver le rythme, le souffle du poème original. Ainsi Zeus est le plus souvent renommé Dieu, tout comme Séléné devient simplement "la lune". Ces références mythologiques qui, avouons le, n'ont plus grand sens pour le lecteur contemporain sont purgés pour rendre au texte sa fluidité. Et le résultat est splendide ! Jamais je n'avais lu la Grèce antique avec tant de souffle.
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Vellave43
  14 janvier 2020
Une initiation à la poésie grecque et antique de premier ordre. Avec ce livre, on comprend la fascination de générations entières d'érudits et de poètes pour ce type de poésie. M. Brasillach peut avoir une réputation sulfureuse, il n'en demeure pas moins un poète et un pédagogue hors pair.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   26 mars 2021
Plaintes de Danaë



Sur la nacelle façonnée
Souffle le vent,
Et la vague l’emporte et la tient balancée.
Pâle d’effroi est Danaë.
Les larmes sur ses joues sans cesse vont coulant,
Et de ses tendres mains elle entoure Persée,
Elle lui dit : « O mon enfant,
Que j’ai de peine !

Mais toi, tu dors, mais toi, calme et doux est ton cœur,
Sur cette barque de douleur
Rivetée par ses clous de bronze,
Dans la ténèbre noire et parmi la nuit sombre.
Ah ! de rien tu ne t’aperçois,
Quand sur tes beaux cheveux vient la vague profonde,
Quand le vent élève sa voix,
Mais dans la laine rouge, ah ! tu es en repos,
Mon petit visage si beau !

Si le danger pour toi était bien le danger,
À mes paroles tu tendrais
Tes oreilles charmantes.
Mais allons, mon petit, dors, je te le demande,

Et que dorme aussi l’Océan,
Et dorme l’immense disgrâce.
O Seigneur, montre-nous un destin plus clément,
Et si ces mots ont trop d’audace,
Et si toute justice ils passent,
Pardonne-les-moi cependant. »


//Simonides de Kéos (556 – 467 avant J.C.)
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michfredmichfred   27 septembre 2015
Xénophane: Les Dieux et nous

L'homme croit que les dieux ont sa propre nature
Même corps, même voix, et semblable vêture;

Le nègre voit camus et noir le nez des dieux,
Le dieu bulgare est roux et il a les yeux bleus.
Mais si avaient des mains les lions et les bœufs,
S'ils faisaient œuvre humaine et savaient dessiner,
On verrait dessiner des figures de dieux
Pareilles aux chevaux si les chevaux peignaient,
Et pareilles aux bœufs s'il s'agissait de bœufs,
Et l'on verrait ainsi des corps divins semblables
A ce qu'inspirerait chaque espèce animale.
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michfredmichfred   27 septembre 2015
Poème de Sapho: A une aimée

il goûte le bonheur que connaissent les dieux
Celui qui peut auprès de toi
Se tenir et te regarder, Celui qui peut goûter la douceur de ta voix,

celui qu peut toucher ton rire,
Mais moi, ce rire, je le sais,
Il fait fondre mon cœur en moi.

Ah! moi, sais-tu, si je te vois,
Fût-ce une seconde aussi brève,
Tout à coup alors sur mes lèvres,
Expire sans force ma joie.

Ma langue est là comme brisée,
Et soudain au cœur de ma chair,
Un feu invisible a glissé,
Mes yeux ne voient plus rien de clair,
A mon oreille un bruit a bourdonné.

Je suis de sueur inondée,
Tout mon corps se met à trembler,
Je deviens plus verte que l'herbe,
Et presque rien ne manque encore
Pour me sentir comme une morte.

(Trad. de Brasillach)

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cathcorcathcor   20 mai 2012
Ah! que ne suis-je ton miroir
Que toujours tu veuilles me voir!
Si je pouvais être ta robe
Afin que toujours tu me portes!
Je voudrais devenir cette onde
Où tu t'en viens baigner ton corps.
Je voudrais, mon amie, encor
Etre le parfum qui t'inonde,
La bandelette de tes seins,
Ou la perle à ton corps portée.
Je voudrais être la sandale
Et qu'au moins me foulent tes pieds.

ANACHREONTIQUES
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michfredmichfred   27 septembre 2015
Hésiode: Les Travaux et les Jours; L'Hiver

Le soleil tourne au-dessus du peuple et des cités des hommes à peau noire,
Et pour éclairer nos villes à nous il n'est pas encore là.
Alors les hôtes des bois , qu'ils aient des cornes ou qu'ils n'en aient pas,
Grincent lugubrement des dents et s'enfuient à travers les taillis vallonnés,
Et pour tous il n'y a plus qu'un seul souci dans la pensée:
Où trouver l' abri qu'on désire? où trouver la grotte profonde?
Où le fourré dans l'épaisseur?Et comme le vieillard à trois pattes à travers le monde,
Les hommes eux aussi, le dos courbé , et le front qui vers le sol se penche,
Errent, semblablement ployés, pour échapper à la neige blanche.
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Videos de Robert Brasillach (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Robert Brasillach
Mon pays m'a fait mal - Robert Brasillach, dit par Pierre Fresnais
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