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ISBN : 2259013287
Éditeur : Plon (01/01/1985)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 21 notes)
Résumé :
En sept parties très détachées les unes des autres, Robert Brasillach relate avec beaucoup de sensibilité dans ce roman l'histoire de la jeunesse des années trente à travers trois personnages, une jeune fille, Catherine, et deux garçons qui se disputent son cœur, Patrice et François.
Les sept couleurs permet, d autre part, de comprendre la séduction exercée par le fascisme sur une jeunesse à la recherche d'un idéal, plus portée sur le romantisme que sur le po... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
ahasverus
  21 octobre 2014
1926. Patrice et Catherine se rencontrent à Paris. Ils ont à eux deux moins de quarante ans. Une timide idylle naît mais Patrice part pour l'Italie. le temps met fin à leur relation platonique et Catherine devient Madame François Courtet.
Patrice part en Allemagne. Les années passent ; les fascismes montent. Apprenant que Catherine pense encore à lui, Patrice décide de la revoir.
Les sept couleurs est je crois le cinquième et le plus célèbre roman de Robert Brasillach. Paru en 1939, il manqua de peu le Goncourt : on lui préféra Philipe Hériat.
C'est d'abord un exercice de style, expliqué par l'auteur dans une introduction : "tous ceux qui ont réfléchi à la technique du roman on noté l'extrême liberté du genre, et sa faculté à admettre toutes les formes (...) Il a paru que l'on pouvait essayer au moins une fois ces divers éléments non plus confondus, mais dissociés." Vingt ans après Joyce et son austère Ulysse, Brasillach, d'une manière plus revendiquée et plus légère, structure son roman en sept chapitres, s'enchaînant bien mais de force inégale. Il les nomme récit, lettres, journal, réflexions, dialogue, documents, discours. le récit, la correspondance, les dialogues théâtreux et le discours sont particulièrement fins et réussis. le ton juste ce qu'il faut de suranné donne à l'oeuvre une force romantique, son sujet un peu exalté me rappelle Morand, et Zweig - notamment pour sa nouvelle Amok.
En exergue de chaque chapitre, Brasillach cite des vers du Polyeucte Martyr, de Corneille. La trame des Sept Couleurs se rapprochent de ce drame qui voit Sévère, premier amour de Pauline, revenir auprès d'elle et bousculer les certitudes de sa fidélité à Polyeucte... à ce détail près que Polyeucte Martyr a pour décor le christianisme, quand Les Sept Couleurs s'étalent sur un fond de fascisme et de nazisme.
Et voilà, patatras ! Fasciste convaincu, Brasillach était en effet le zélé rédacteur en chef du journal "Je suis Partout" qui s'illustra dans une collaboration galopante avec l'occupant nazi. Condamné à mort lors de l'épuration, sa grâce fut refusée et on le fusilla au fort de Montrouge le 6 février 45. On ne l'édite donc plus : il fait partie de ces auteurs maudits dont on reconnaît les qualités littéraires mais dont on peine à trouver les oeuvres romanesques, (Rebatet), quand bien même celles-ci ne véhiculent aucune idéologie fascisante ou raciste.
En effet, le communisme loge dans ce roman à la même enseigne que le fascisme, et ces sept couleurs exaltent avant tout l'engagement idéaliste de la jeunesse. Les jeunes, ces "fondateurs" qui "brisent les statues, des idoles dans le temple", comme le fit Polyeucte. Au terme de leur parcours initiatique et sanglant "se referme, par la sagesse ou par la mort, le cercle de l'adolescence" .
Tiens, c'est encore un auteur maudit, Céline, qui affirmait "Être vieux, c'est ne plus trouver de rôle ardent à jouer, c'est tomber dans cette insipide relâche où on n'attend plus que la mort."
La question est : faut-il oublier les Sept couleurs ?
La question reste : faut-il renoncer aux Deux Étendards de Rebatet ?
Faut-il dissocier l'oeuvre et le salaud qui l'a écrite ? Ou faut-il oublier Céline et ses plus belles oeuvres dans un autodafé absolutoire qui laverait nos péchés ?

"Le sang de Polyeucte a satisfait leur rage,
Je ne sais ni comment, ni quand ils l'ont tué,
Mais je sais qu'à sa mort tous ont contribué."
(Corneille, Polyeucte Martyr, acte I scène III, le songe de Pauline)
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Herve-Lionel
  08 décembre 2014
N°840 – Décembre 2014.
LES SEPT COULEURSRobert Brasillach – PLON.
Ce roman édité en 1939 manqua lui aussi de peu le Prix Goncourt. Même s'il n'est plus guère édité aujourd'hui à cause des prises de positions politiques de son auteur, il fait partie de ces oeuvres qui ont manqué de quelques voix cette distinction prestigieuse mais qui sont restées dans la mémoire collective alors que le lauréat de cette année-là est, lui, demeuré dans l'anonymat.
Nous sommes à Paris en 1920 et Patrice et Catherine découvrent la capitale. Lui, professeur, est un peu désargenté, fréquente des hôtels miteux des restaurants populaires. Il se rend comme précepteur en Italie fasciste qu'il admire tout en gardant un contact épistolaire avec Catherine. Il va durer plusieurs mois. Lui est follement amoureux d'elle et souhaite l'épouser mais, désireuse de stabilité et de sécurité, elle se marie c'est avec un autre homme, François Courtet. Désespéré par ce chagrin d'amour, Patrice s'engage dans la légion étrangère et se bat au Maroc, alors sous protectorat français. A la fin de son engagement, à l'invitation d'un ex-légionnaire, il rejoint l'Allemagne nazie à laquelle il trouve beaucoup de vertus et travaille à la chambre de commerce française de Nuremberg. Il y vit une liaison passionnée avec une jeune allemande, Lisbeth. Lors d'un voyage en France, il reprend contact avec Catherine qu'il veut reconquérir. C'est l'époque de la Guerre civile en Espagne et François, autant par idéal politique fasciste que doutant de la fidélité de son épouse, s'engage aux côtés de Franco et participe à la défense de l'alcazar de Tolède, bataille pendant laquelle il est blessé. Catherine finit par le rejoindre.
Ce roman est placé tout entier, en quelque sorte, sous le patronage de Corneille et plus spécialement de « Polyeucte », une tragédie dont certains vers se retrouvent en exergue de tous les chapitres. Cette pièce évoque un sujet religieux et plus spécialement le martyre d'un personnage converti au christianisme, intervenu au III° siècle après Jésus-Christ, lors des persécutions contre les chrétiens. Cette référence, dans le contexte du roman de Robert Brasillach [1909-1945] n'est pas, on le voit bien, un simple exercice de style de la part d'un intellectuel. le contexte chrétien de la pièce de Corneille est remplacé par le fascisme. C'est aussi un roman d'amour où, tout comme dans la pièce de Corneille, Catherine renonce à Patrice pour l'amour plus stable et plus sûr de François. Techniquement, Brasillach alterne récits et correspondances, journal et réflexions intérieures. Il s'en explique brièvement dans le prologue, revendiquant la liberté dans ce domaine [« On a tenu pour des romans, au cours des siècles, des récits, des fragments de journaux intimes, des ensemble de lettres, des poèmes, des constructions idéologiques...des dialogues comme ceux qui furent à la mode avant guerre. »]. le titre peut poser question. Brasillach structure son roman en sept chapitres où se mêlent effectivement diverses formes de narration. Fait-il référence aux couleurs de l'arc-en-ciel qui est lui-même un symbole, celui d'un pont entre deux mondes, un chiffre sacré ? L'auteur a-t-il voulu composer ici une oeuvre sur le passage de l'adolescence à l'âge adulte, une sorte d'écrit initiatique d'adieu à la jeunesse ? La symbolique de la lumière initialement blanche (pureté ?) décomposée en sept tonalités chromatiques par le prisme du temps ou de l'expérience peut évoquer cet abandon d'illusions, de certitudes, de fantasmes liés à la jeunesse ? Pourquoi pas ! En tout cas, en 1948, son beau-frère, Maurice Bardèche, écrivain négationniste et fasciste, fonda une maison d'édition qui porta le nom de cette oeuvre. Son but était de redonner la parole aux écrivains nationalistes et collaborationnistes que l'épuration avait fait taire.
A titre personnel, je me suis toujours demandé comment un tel serviteur zélé de notre belle langue française, de sa culture a pu se fourvoyer ainsi dans les dérives de la collaboration et dans sa participation à « Je suis partout ». Je n'ai évidemment pas su, à ce jour, répondre à cette question mais il fut fusillé en 1945 malgré une pétition générale d'écrivains en sa faveur.
C'est un roman de facture originale dont la structure de la phrase est cependant classique. Il est, agréable à lire, poétique aussi surtout, à mon avis, dans la partie « discours » de cette oeuvre. L'auteur était en effet un intellectuel, normalien, un écrivain qui a fait honneur à notre langue.
©Hervé GAUTIER – Décembre 2014 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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generalmarechal
  09 octobre 2019
Oeuvre unique par son style, elle l'emporte sur l'histoire, qui est malheureusement trop symptomatique des romans de l'entre-guerres. C'est pourquoi le lecteur doit s'en tenir à y voir un exercice stylistique original et, reconnaissons-le, réussi, puisqu'il s'agit d'un récit mené dans les sept styles d'écriture français classiques : roman, correspondance, journal, réflexions personnelles de l'auteur, théâtre, presse, monologue.
Quant à la genèse du roman, Rebatet et Cousteau en donnent un intéressant éclairage dans leurs Dialogues de vaincus...
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
PiertyMPiertyM   04 avril 2014
Si j'avais à donner une belle image, peinte ou sculptée, de la volupté, je ne choisirais pas de jeunes amants

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MirpointMirpoint   24 avril 2016
Car l'extravagance des adversaires du fascisme se trouve avant tout dans cette méconnaissance totale de la joie fasciste. Joie qu'on peut critiquer, joie qu'on peut même déclarer abominable et infernale, si cela vous chante, mais joie. Le jeune fasciste, appuyé sur sa race et sur sa nation, fier de son corps vigoureux, de son esprit lucide, méprisant les biens épais de ce monde, le jeune fasciste dans son camp, au milieu des camarades de la paix qui peuvent être les camarades de la guerre, le jeune fasciste qui chante, qui marche, qui travaille, qui rêve, il est tout d'abord un être de joie.
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MirpointMirpoint   20 décembre 2015
Peut-être ne reverra-t-il plus jamais cette petite compagne d'un instant de sa jeunesse, mais c'est sa jeunesse, justement, sa vingtième année éphémère, inscrite au ciel de huit heures du matin, dans le décor d'arbres, d'oiseaux, d'eau et de vent léger.
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Herve-LionelHerve-Lionel   08 décembre 2014
A trente ans, on peut encore se découvrir de vraies et grandes admirations- mais on ne s'enflamme plus pour un poète inconnu et parfois médiocre.
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MirpointMirpoint   24 avril 2016
Il y a plusieurs procédés. Le plus courant est de faire dialoguer les domestiques. C'est fou ce que l'on apprend au théâtre par les domestiques. À croire que le véritable art poétique des dramaturges, c'est le rapport de police privée.
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