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EAN : 9782081307933
752 pages
Flammarion (24/08/2013)
4.04/5   64 notes
Résumé :
À la fin des années cinquante, Fernand Braudel participe aux débats sur les programmes scolaires et milite pour un nouveau projet pédagogique en histoire.

S'opposant à l'enseignement traditionnel d'une histoire-récit débitée en portions chronologiques, Braudel veut proposer aux élèves de terminale, de futurs adultes, un discours fondé sur une vision globale du monde et adapté à la compréhension de l'actualité.

Présenter les civilisati... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Ce livre peut servir de socle, de point de départ, pour quiconque s'intéresse à l'Histoire du monde ou d'une civilisation en particulier. La méthode du temps long de Fernand Braudel permet d' appréhender les différentes civilisations à travers leur tendances fondamentales qui découlent de la géographie, de leur structure sociale, de leur courant religieux et de leurs relations aux autres peuples. Il fait donc émerger l'âme de ces différentes civilisations, c'est passionnant. Livre fortement conseillé aux voyageurs!
Evidemment, vu la longueur de la période traité, les choix de l'auteur de mettre en avant certains événements ou phénomènes plutôt que d'autres, ne peut que porter à discussions. L'Histoire fait partie des sciences humaines...
Une ombre: les anticipations de Braudel. Il se plante sur certaines projections. On a l'impression qu'il fait preuve d'un optimisme un peu idéaliste pour un historien de sa trempe. Peut être est-ce volontaire étant donné que ce livre était destiné à des lycéens? Il prédit par exemple le déclin du capitalisme financier occidental et néglige donc son emprise à venir sur le reste du monde. On ne lui en voudra pas vu la qualité de son travail, il manque juste la cerise sur un succulent gâteau.
Personnellement, ce livre, malgré un survol de l'Histoire en 750 pages, m'a appris pas mal de choses, a clarifier mes connaissances (une sorte de défragmentation du disque) et m'a donné envie d'approfondir dans cette approche pluridisciplinaire. Bien écrit, avec un réel souci de clarté et de pédagogie, on regrette que Braudel n'ait pas gagné son combat pour instaurer ce type d'approche de l'Histoire dans l'Education nationale.
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Si par chance vous avez 12€ à perdre je vous conseille ce livre pour votre curiosité intellectuelle car il est tout bonnement aberrant !

Je l'ai acheté car je m'intéresse beaucoup aux anciennes civilisations parfois méconnues : Perses, Egypte des Pharaons, Huns, Mongols, etc... Quelle déception !

Le livre souffre clairement des préjugés de l'époque (1ère édition en 1963). C'est là son seul intérêt sur le plan intellectuel : si vous souhaitez constater à quel point les historiens de l'époque étaient bornés voire limite racistes cet ouvrage vous sera utile, sinon ne l'achetez pas.

Petit exemple concret :

Faits historiques consultables sur toutes les encyclopédies en ligne les plus sérieuses : l'empire Mongol fût le plus grand empire contigüe ayant existé. Genghis Khan et son fils Kubilai ont certes massacrés de nombreux civils au cours de leur conquêtes (au même titre que Napoléon et bien d'autres à qui cet ouvrage fait la part belle); néanmoins, après une période de conquête l'empire mongol fait rebâtir Pékin et instaure la "Pax Mongolica" qui sécurise le commerce et les échanges culturels par le biais de la route de la soie. C'est la sécurité des voies de communication qui permet à beaucoup d'hommes du Proche-Orient, et même d'Europe, de découvrir la Chine, notamment Marco Polo, des Génois, et les premiers missionnaires et évêques catholiques romains.

Voici commun l'auteur décrit cette période et l'Empire mongol dans son livre (photo ci-jointe) : "En quoi ces nomades barbares nous intéressent-ils ? : leurs déferlements ont retardé le développement des civilisations voisines."

A peine deux pages (sur un total de 750) au cours desquels vous pourrez lire un ramassis de foutaises, clichés et autres idioties. C'est clairement du révisionnisme.
Pour info, la dernière édition date de 1993. C'est honteux de la part d'un éditeur aussi sérieux que Flammarion. Ce livre devrait être ré-édité d'urgence en étoffant les passages les plus grotesques tels que celui-ci ou retiré de la vente.

Bref, ce n'est absolument pas un livre sur l'histoire des civilisations mais plutôt un livre très peu sérieux centré sur L Histoire des "grandes nations modernes", comportant de nombreuses lacunes vis à vis de nombreuses périodes et civilisations historiques. Bref, ce n'est pas un livre d'histoire, c'est à peine un livre de sociologie très bas de gamme.

Courage à ceux qui seront assez téméraires pour le lire.
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Probablement très ignorant, j'ai découvert Fernand Braudel par hasard. La promesse du titre annonçant un livre sur l'histoire mondiale, et celle en quatrième de couverture qu'il soit abordable aux non historiens m'ont convaincu. 750 pages plus tard, ces promesses sont largement tenues.
C'est vrai, l'ouvrage est long et même très long si comme moi vous le lisez de bout en bout. Mais si je me suis trouvé régulièrement lassé d'être encore et toujours en train de lire ce même ouvrage, je n'ai jamais pu me décider à le lâcher tant il est riche d'enseignements.

Oui, lire la grammaire des civilisations est une aventure qui vaut la peine d'être vécue : celle de replonger à tout âge dans un livre de cours qui vous fera reprendre l'apprentissage de l'histoire là où vous l'aviez laissé. A tous ceux qui comme moi ont pris suffisamment à la légère leurs cours d'histoire pour n'avoir aucun repère sérieux, sachez que ce livre non seulement vous donnera ces repères, mais vous les donnera à l'échelle du monde entier. Et vous les donnera de plus d'une manière qui se retient facilement.

Je pense que c'est là la principale magie de Braudel : en mélangeant les sciences sociales à l'histoire et en l'additionnant à un langage simple, il nous mène à la connaissance sans que nous nous en apercevions. Simplement par la compréhension des phénomènes, humains ou autres, qui ont guidé les pas des hommes à travers les siècles et qui sont toujours les mêmes aujourd'hui.
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Un des premiers livres d'histoire que j'ai lu (j'ai du attendre la terminale, grâce à un excellent prof!)... et qui m'a donné envie d'en lire bien d'autres.

Le choix du titre est malencontreux car forcément, la grammaire, c'est pesant!
Je pense que Braudel voulait exprimer par là le fait que l'ensemble des faits et des règles concourant à la construction des civilisations était décrit dans ce livre.

Car c'est bien cela que traite ce livre; de la création des civilisations.
On voit la dynamique de l'histoire et c'est passionnant!
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Le livre après quelques définitions des termes comme civilisation, commence par décrire les grandes civilisations non européennes puis européennes. L'écriture est claire et très bien articulée. Ce livre m' a permis de mieux comprendre par exemple l'expansion ultra rapide de l'Islam à ses débuts ou le centralisme chinois ou de découvrir dans ses grandes lignes l'histoire de l'Inde. le livre est écrit au début des années 60,dans une époque où tout bouge sur tous les continents. L'auteur tente à chaque fin de chapitre de faire de la prospective et il est particulièrement piquant de voir 50 ans plus tard que finalement très peu de ses hypothèses se vérifient. Par contre, et c'est le plus important à mon sens, car c'est la thèse initiale, clairement l'Europe n'est plus le centre de l'univers. Par contre nous sommes trop obnubilés par ce qui nous sépare que par ce qui nous rassemble, c'est à dire l'essentiel et ce qui fait de nous une civilisation. Ca fait un bien fou de prendre un peu de hauteur et de recul.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
« On n’atteint donc une civilisation que dans le temps long. […] cette histoire au long souffle, […] a ses avantages et ses inconvénients. Ses avantages : elle oblige à penser, à expliquer en termes inhabituels et à se servir de l’explication historique pour comprendre son propre temps. Ses inconvénients, voire ses dangers : elle peut tomber dans les généralisations faciles d’une philosophie de l’histoire, en somme d’une histoire plus imaginée que reconnue ou prouvée. […] Toute histoire poussée jusqu’à l’explication générale exige des retours constants à la réalité concrète, aux chiffres, aux cartes, aux chronologies précises, bref aux vérifications. Plus qu’à la grammaire des civilisations, par suite, c’est à l’étude de cas concrets qu’il convient de s’attacher pour comprendre ce qu’est une civilisation. Toutes les règles d’accord et de désaccord que nous avons définies se trouveront éclairées, simplifiées, par les exemples qui vont suivre. »
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L'histoire d'une civilisation, par suite, est la recherche parmi des coordonnées anciennes, de celles qui restent valables aujourd'hui encore. Il ne s'agit pas de nous dire tout ce que l'on peut savoir à propos ou de la civilisation grecque, ou du Moyen Age chinois, mais tout ce qui, de cette vie de jadis, reste efficace aujourd'hui même, dans l'Europe occidentale ou de la Chine de Mao Tse-toung. Tout ce par quoi passé et présent se court-circuitent, souvent à des siècles et des siècles de distance.
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« Au singulier, civilisation ne serait-ce pas aujourd’hui, avant tout, le bien commun que se partagent, inégalement d’ailleurs, toutes les civilisations, « ce que l’homme n’oublie plus » ? Le feu, l’écriture, le calcul, la domestication des plantes et des animaux ne se rattachent plus à aucune origine particulière ; ils sont devenus les biens collectifs de la civilisation. Or ce phénomène de diffusion de biens culturels communs à l’humanité entière prend dans le monde actuel une ampleur singulière. Une technique industrielle que l’Occident a créée s’exporte à travers le monde entier qui l’accueille avec frénésie. Va-t-elle, en imposant partout un même visage : buildings de béton, de verre et d’acier, aérodromes, voies ferrées avec leurs gares et leurs haut-parleurs, villes énormes qui, peu à peu, s’emparent de la majeure partie des hommes, va-t-elle unifier le monde ? […] Cependant la « civilisation industrielle » exportée par l’Occident n’est qu’un des traits de la civilisation occidentale. En l’accueillant, le monde n’accepte pas, du même coup, l’ensemble de cette civilisation, au contraire. […] en supposant que toutes les civilisations du monde parviennent, dans un délai plus ou moins court, à uniformiser leurs techniques usuelles et, par ces techniques, certaines de leurs façons de vivre, il n’en reste pas moins que pour longtemps encore, nous nous retrouverons, en fin de compte, devant des civilisations très différenciées. Pour longtemps encore, le mot de civilisation gardera un singulier et un pluriel. Sur ce point, l’historien n’hésitera pas à être catégorique. »
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« Nous avons commencé notre étude par les civilisations non européennes : Islam, Afrique Noire, Chine, Inde, Japon, Corée, Indochine et Indonésie. Il y avait avantage à prendre une certaine distance vis-à-vis de l’Europe, à nous dépayser pour mieux nous persuader que l’Europe n’est pas, n’es plus au centre de l’univers. Europe et non-Europe : là se situe encore, cependant, la très grande opposition de toute explication sérieuse du monde. Nous reviendrons maintenant à nous-mêmes, à l’Europe, à ses civilisations fines, brillantes, que nous considérerons avec plus de sérénité, ayant étudié les autres. »
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Après la géographie, la sociologie et l'économie, la psychologie nous oblige à une dernière confrontation. A cette différence près que la psychologie collective n'est pas une science aussi sûre d'elle, aussi riche de résultats que les sciences de l'homme mises jusqu'ici en cause. Elle s'est rarement aventurée sur les chemins de l'histoire.
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Marc Augé est l?un des plus grands anthropologues français. Ancien élève de l?École normale supérieure, il a présidé l?École des hautes études en sciences sociales, où il a succédé à Fernand Braudel, Jacques le Goff et François Furet. Fondateur du Centre d?anthropologie des mondes contemporains de l?EHESS, il est l?auteur d?une quarantaine de livres qui font autorité, dont Génie du paganisme, Non-lieux ou encore Une ethnologie de soi. Il a, plus récemment, publié La sacrée semaine qui changea la face du monde, qui a connu un grand succès.
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