AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2253061689
Éditeur : Le Livre de Poche (01/01/1993)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 30 notes)
Résumé :
La Méditerranée de Fernand Braudel constitue l'un des monuments de la tradition historique française. Cette thèse, fruit de plus de vingt ans de travail, a été rédigée essentiellement de mémoire, lorsque l'historien était retenu en captivité durant la Seconde Guerre mondiale.

S'inscrivant dans le renouvellement de l'histoire inauguré par Les Annales, l'ouvrage possède un double intérêt : le premier est de considérer cette vaste étendue d'eau comme un... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
PilingPiling   25 février 2010
l'Islam, c'est la totalité de ce que le désert implique de réalités humaines, concordantes et discordantes aussi, cette famille de problèmes géographiques que nous avons signalés. Énumérons encore : les grandes routes caravanières ; les zones riveraines, car l'Islam a vécu de ces Sahels, de ces bordures de vie sédentaires installées face à la Méditerranée, au long du golfe Persique, de l'océan Indien ou de la mer Rouge, et aussi au contact des pays soudanais ; les oasis et leur accumulation de puissance que Hettner juge avoir été essentiel. L'Islam, c'est tout cela : une longue route qui, de l'océan Atlantique à l'océan Pacifique perce la masse puissante et rigide du Vieux Monde. Rome n'a pas fait davantage quand elle a constitué l'unité de la Méditerranée.

L'Islam, c'est donc cette chance historique qui, à partir du VIIe siècle, en a fait l'unificateur du Vieux Monde. Entre ces masses denses d'hommes : l'Europe au sens large, les Afriques Noires, l'Extrême-Orient, il détient les passages obligés et vit de sa fonction profitable d'intermédiaire. Rien ne transite qu'il ne le veuille ou ne le tolère. Pour ce monde solide, où manque, au centre, la souplesse de larges routes maritimes, l'Islam est ce que sera plus tard l'Euroe triomphante à l'échelle de la planète : une économie, une civilisation dominantes. Forcément cette grandeur a ses faiblesses : le manque d'homme chronique ; une technique imparfaite ; des querelles intérieures dont la religion est le prétexte autant que le fondement ; la difficulté congénitale, pour le premier Islam, à se saisir des déserts froids, à les écluser au moins à la hauteur du Turkestan ou de l'Iran. Là est le point faible de l'ensemble au voisinage ou en arrière de la porte de Dzoungarie, entre le double danger mongol et turc.

Dernière faiblesse : l'Islam est prisonnier bientôt d'une certaine réussite, de ce sentiment confortable d'être au centre du monde, d'avoir trouvé les solutions efficaces, de ne pas avoir à en chercher d'autres. Les navigateurs arabes connaissent les deux faces de l'Afrique Noire, l'atlantique et l'indienne, ils soupçonnent que l'Océan les rejoint et ils ne s'en soucient pas...

Sur quoi arrive, avec le XVe siècle, l'immense succès des Turcs : un second Islam, un second ordre islamique, lié celui-ci à la terre, au cavalier, au soldat. "Nordique" et, par la possession des Balkans, terriblement enfoncé en Europe. Le premier Islam avait abouti à l'Espagne en fin de course. Le cœur de l'aventure des Osmanlis se situe en Europe et dans une ville maritime qui les emportera, les trahira aussi. Cet acharnement d'Istanbul à sédentariser, à organiser, à planifier est de style européen. Il engage les Sultans dans des conflits périmés, leur cache les vrais problèmes. En 1529, ne pas creuser un canal de Suez cependant commencé ; en 1538, ne pas s'engager à fond dans la lutte contre le Portugais et se heurter à la Perse dans une guerre fratricide, au milieu du vide des confins ; en 1569, rater la conquête de la Basse-Volga et ne pas rouvrir la Route de la Soie, se perdre dans les guerres inutiles de Méditerranée alors que le problème est de sortir de ce monde enchanté : autant d'occasions perdues !…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
PilingPiling   28 février 2010
Pour Michelet, le Languedoc intérieur et "pierreux" évoque la Palestine. Pour des centaines d'écrivains, la Provence est plus grecque que la Grèce, à moins que la Grèce par excellence ne soit à retrouver sur telle ou telle côte de Sicile. Les îles d'Hyères ne seraient pas déplacées au milieu des Cyclades, sauf qu'elles sont plus verdoyantes. De même, le lac de Tunis évoque la lagune de Chioggia. Le Maroc est une Italie plus brûlée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
RaleighRaleigh   17 mai 2016
Ainsi les dunes, bien accrochées à des accidents cachés du sol: leurs grains de sable vont, viennent, s'envolent, s'agglomèrent au gré des vents mais, somme immobile d'innombrables mouvements, la dune demeure en place.
Commenter  J’apprécie          120
PilingPiling   28 février 2010
L'hiver commence tôt, finit tard ; on l'appréhende et l'on ne croit jamais qu'il ait pris fin. On l'attend avant l'heure du calendrier, comme le conseille la sagesse. 9 septembre : essendo hormai il fine dell'estate, dit un document du Sénat vénitien ; puis, 20 septembre : venendo hora il tempo del inverno ; 23 septembre : approximandose el tempo del inverno…
Commenter  J’apprécie          60
DOGONColasDOGONColas   03 juin 2018
On se tromperait plus facilement encore sur le rôle de la plaine en Méditerranée. Dites : la montagne ; l'écho répond austérité, âpreté, vie arriérée, population clairsemée. Dites : la plaine ; le même écho répond abondance, facilité, richesse, douceur de vivre. Au temps où nous nous plaçons, s'agissant des contrées méditerranéennes, l'écho a toutes les chances de tromper qui l'écoute.

- Les plaines -
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          31
Videos de Fernand Braudel (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fernand Braudel
Leçon inaugurale de Fernand Braudel Les hommes font-ils l’histoire ? "Non" répond Fernand Braudel dans sa leçon inaugurale, "l’histoire fait aussi les hommes et façonne leur destin – l’histoire anonyme profonde et souvent silencieuse, dont il faut maintenant aborder l’incertain mais immense domaine"...
A côté du "temps rapide des événements, du temps allongé des épisodes", Fernand Braudel marque son intérêt pour le "temps ralenti, paresseux des civilisations".
Depuis le collège de France, dans sa leçon inaugurale, il explique ainsi :
« Certes, les civilisations sont mortelles, dans leurs floraisons les plus précieuses ; certes, elles brillent, puis elles s'éteignent, pour refleurirent sous d'autres formes. Mais ces rupture sont plus rares, plus espacées qu'on ne le pense. Et surtout, elles ne détruisent pas tout également. Je veux dire que, dans telle ou telle aire de civilisation, le contenu social peut se renouveler deux ou trois fois presque entièrement sans atteindre certains traits profonds de structure qui continueront à la distinguer fortement des civilisations voisines. Il y a, si l'on veut, plus lente encore que l'histoire des civilisations, presque immobile, une histoire des hommes dans leurs rapports serrés avec la terre qui les porte et les nourrit ; c'est un dialogue qui ne cesse de se répéter, qui se répète pour durer, qui peut changer et change en surface, mais se poursuit, tenace, comme s'il était hors de l'atteinte et de la morsure du temps. Si je ne me trompe, les historiens commencent à prendre conscience, aujourd'hui, d'une histoire nouvelle, une histoire lourde dont le temps ne s'accorde plus à nos anciennes mesures. »
Historien, novateur, du " temps quasi immobile", de "l’histoire qui bouge lentement", selon sa propre formule, "et de l’aventure capitaliste" (entretien avec Pierre Desgraupes), il peut souligner, dans sa leçon inaugurale, le 1er décembre 1950, l’apport immense des "sciences de l’homme" de cette "révolution intellectuelle et scientifique prodigieuse" dont l’histoire bénéficie à la croisée de la géographie, de l’économie et de la climatologie, pour ne citer que les disciplines emblématiques liées à son œuvre. Gérard Courtois proposant en 2008 pour le journal Le monde une rétro-lecture de la célèbre thèse de Fernand Braudel, publiée en 1949, « La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philipe II », loue cet "Ulysse moderne, qui a fondé un empire en quelques années".
Quand il interroge son héritage, l’historien Jacques Le Goff, met en avant les recherches de Fernand Braudel autour de la notion de « temps monde », forgée sur un concept allemand, la notion d’économie monde.
A la disparition du grand historien, le médiéviste, Georges Duby lui rend hommage depuis le Collège de France. Il rappelle que Fernand Braudel a été aussi "un lutteur, redoutable" et "un constructeur". Il "consolida les institutions qu'il reprit des mains de Lucien Febvre" et "il en fonda de nouvelles".
Ainsi "En 1949, il fut appelé à prendre au Collège de France la succession de Lucien Febvre". "En 1956, Braudel prit la direction de la VIe Section de l'École des Hautes Études que Lucien Febvre avait fondée une dizaine d'années auparavant, un outil qu'il s'appliqua à rendre toujours plus efficace et plus prestigieux". "Il créa, dans le même esprit, la Maison des sciences de l'homme en 1963".
C’est Clémence Azincourt qui prête aujourd’hui sa voix à Fernand Braudel, titulaire de la chaire de la civilisation moderne, le 1er décembre 1950.
+ Lire la suite
>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Histoire : généralités>Histoire générale du monde (357)
autres livres classés : Méditerranée (région)Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
1637 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre