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ISBN : 2253061697
Éditeur : Le Livre de Poche (01/01/1993)

Note moyenne : 4.16/5 (sur 22 notes)
Résumé :
La Méditerranée de Fernand Braudel constitue l'un des monuments de la tradition historique française. Cette thèse, fruit de plus de vingt ans de travail, a été rédigée essentiellement de mémoire, lorsque l'historien était retenu en captivité durant la Seconde Guerre mondiale.

S'inscrivant dans le renouvellement de l'histoire inauguré par Les Annales, l'ouvrage possède un double intérêt : le premier est de considérer cette vaste étendue d'eau comme un... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
DOGONColas
  01 août 2018
Après l'étude d'un temps géographique lié à l'espace, au milieu, la deuxième partie de la thèse de Fernand Braudel évoque des temps lents : ceux des cycles économiques et sociaux, un temps intermédiaire, un temps des sociétés et des civilisations que l'auteur tente de dévoiler.
Cette étude repose sur trois mouvements : les économies, les sociétés et finalement la guerre sous différentes formes ; de ces mouvements Braudel nous offre un aperçu des structures qui semblent rythmer la vie des hommes et suscite en nous de fécondes réflexions.
Surtout, Braudel est magistral sur ses réflexions concernant les identités, les définitions des différentes civilisations vivant autour de la Méditerranée.
Rien à objecter sur l'ouvrage en soit si ce n'est parfois quelques coquilles ou fautes d'impressions ; je n'ai pas comparé avec des éditions ultérieures de « La Méditerranée » mais ces imperfections troublent parfois la lecture.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
DOGONColasDOGONColas   26 juillet 2018
Les civilisations sont les personnages les plus complexes, les plus contradictoires de Méditerranée. À peine leur reconnaît-on une qualité que la qualité opposée leur est acquise. Les civilisations sont fraternelles, libérales, mais en même temps exclusives et revêches ; elles reçoivent les visites des autres, elles les rendent aussi ; pacifiques, elles sont, non moins, guerrières ; d'une étonnante fixité, elles sont en même temps mobiles, vagabondes, animées de flux et de tourbillons, dans le détail de leur vie en proie à d'absurdes mouvements "browniens". Ainsi les dunes, bien accrochées à des accidents cachés du sol : leurs grains de sable vont, viennent s'envolent, s'agglomèrent au gré des vents, mais, somme immobile d'innombrables mouvements, la dune demeure en place.

- Les civilisations -
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DOGONColasDOGONColas   26 juillet 2018
Mais la plupart des transferts culturels s'accomplissent sans que l'on connaisse les camionneurs. Ils sont si nombreux, les uns si rapides, les autres si lents, ils prennent tant de directions que nul ne s'y reconnaît dans cette immense gare de marchandises où rien ne demeure en place. Pour un bagage reconnu, mille nous échappe ; adresses et étiquettes manquent, et tantôt le contenu, tantôt l'emballage. Passe encore qu'on veuille tout remettre en ordre quand il s'agit d’œuvres d'art [...]. Passe encore quand il s'agit de ces biens tangibles, les mots, ceux du vocabulaire ou de la géographie : le contrôle en est possible bien sûr. Mais quand il s'agit des idées, des sentiments, des techniques, toutes les erreurs sont possibles.

- Comment voyagent les biens culturels -
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DOGONColasDOGONColas   11 juillet 2018
Tout laisse à prévoir, dès 1590, plus encore en 1593 et 1595, la prochaine banqueroute de l'État castillan. Ses dépenses sont sans limites, ses revenus en baisse avec les décrues visibles des impôts ; un temps économique maussade multiplie les faillites et les emprisonnements pour dettes. Au milieu de ces difficultés, seuls les arrivages d'argent d'Amérique sont en hausse, si bien que toute la circulation métallique à Séville, à Barcelone comme à Gênes, à Venise ou par la navigation du Rhin mise à contribution pour les transports vers les Pays-Bas, est en ordre et fonctionne bien. Ces facilités à la base peuvent créer et créent des illusions, de fausses tranquillités même chez les hommes d'affaires, malgré l'énormité des luttes que l'Espagne a engagées contre une grosse partie de l'Europe, malgré leurs habituelles prudences et la gêne qu'entraîne, une fois de plus, la suspension des sacas de plata à partir de 1589. Le signe le plus alarmant c'est sans doute la tension fiscale qui devient excessive en Castille ; tous les contribuables sont harcelés : les Grands, la haute noblesse, le Clergé, les villes, même les marchands sinon les "hommes d'affaires", et d'énormes sommes de juros sont jetées sur un marché relativement avide.

- De la dernière banqueroute de Philippe II à la première de Philippe III (1607) -
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DOGONColasDOGONColas   26 juillet 2018
En vérité, au-delà des changements qui altèrent ou bouleversent les civilisations, se révèlent d'étonnantes permanences. Les hommes, les individus, peuvent les trahir : les civilisations n'en continuent pas moins à vivre de leur vie propre, accrochée à quelques points fixes, quasi inaltérables.
Pensant à l'obstacle de la montagne, J. Cvijić déclare qu'elle s'oppose "moins à la pénétration ethnique qu'aux mouvements qui résultent de l'activité humaine et aux courant de civilisation". Interprétée et peut-être modifiée, cette idée paraît juste. À l'homme, toutes les escalades, tous les transferts sont permis. Rien ne peut l'arrêter, lui et les biens, matériels ou spirituels, qu'il transporte, lorsqu'il est seul et qu'il opère en son nom. S'agit-il d'un groupe, d'une masse sociale, le déplacement devient difficile. Une civilisation ne se déplace par avec la totalité de ses bagages. En traversant la frontière, l'individu se dépayse. Il "trahit", abandonne derrière lui sa civilisation.

- Permanences et frontières culturelles -
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DOGONColasDOGONColas   01 août 2018
Rayonner, donner, c'est dominer. La théorie du don vaut pour les individus et les sociétés, non moins pour les civilisations. Que ce don risque d'être appauvrissement à la longue, c'est possible. Mais il signale, tant qu'il dure, une supériorité et cette constatation achève la thèse d'ensemble de ce livre : la Méditerranée reste, un siècle durant après Christophe Colomb et Vasco de Gama, le centre du monde, un univers brillant et fort. La preuve? Elle éduque les autres et leur enseigne l'art de vivre. Disons bien que c'est toute la Méditerranée qui jette alors ses lumières au-delà de ses rivages, aussi bien la musulmane que la chrétienne. Même l'Islam nord-africain, qu'on traiterait volontiers en frère pauvre, rayonne vers le Sud, vers les bordures sahariennes et à travers tout le désert jusqu'au Bled es Soudan. Quant à l'Islam turc, dont la Süleymaniyé à Istanbul est le chef d’œuvre, rayonne au loin, affirme sa suprématie, et l'architecture n'est qu'un élément d'une vaste expansion.

- Les rayonnements extérieurs -
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Videos de Fernand Braudel (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fernand Braudel
Leçon inaugurale de Fernand Braudel Les hommes font-ils l’histoire ? "Non" répond Fernand Braudel dans sa leçon inaugurale, "l’histoire fait aussi les hommes et façonne leur destin – l’histoire anonyme profonde et souvent silencieuse, dont il faut maintenant aborder l’incertain mais immense domaine"...
A côté du "temps rapide des événements, du temps allongé des épisodes", Fernand Braudel marque son intérêt pour le "temps ralenti, paresseux des civilisations".
Depuis le collège de France, dans sa leçon inaugurale, il explique ainsi :
« Certes, les civilisations sont mortelles, dans leurs floraisons les plus précieuses ; certes, elles brillent, puis elles s'éteignent, pour refleurirent sous d'autres formes. Mais ces rupture sont plus rares, plus espacées qu'on ne le pense. Et surtout, elles ne détruisent pas tout également. Je veux dire que, dans telle ou telle aire de civilisation, le contenu social peut se renouveler deux ou trois fois presque entièrement sans atteindre certains traits profonds de structure qui continueront à la distinguer fortement des civilisations voisines. Il y a, si l'on veut, plus lente encore que l'histoire des civilisations, presque immobile, une histoire des hommes dans leurs rapports serrés avec la terre qui les porte et les nourrit ; c'est un dialogue qui ne cesse de se répéter, qui se répète pour durer, qui peut changer et change en surface, mais se poursuit, tenace, comme s'il était hors de l'atteinte et de la morsure du temps. Si je ne me trompe, les historiens commencent à prendre conscience, aujourd'hui, d'une histoire nouvelle, une histoire lourde dont le temps ne s'accorde plus à nos anciennes mesures. »
Historien, novateur, du " temps quasi immobile", de "l’histoire qui bouge lentement", selon sa propre formule, "et de l’aventure capitaliste" (entretien avec Pierre Desgraupes), il peut souligner, dans sa leçon inaugurale, le 1er décembre 1950, l’apport immense des "sciences de l’homme" de cette "révolution intellectuelle et scientifique prodigieuse" dont l’histoire bénéficie à la croisée de la géographie, de l’économie et de la climatologie, pour ne citer que les disciplines emblématiques liées à son œuvre. Gérard Courtois proposant en 2008 pour le journal Le monde une rétro-lecture de la célèbre thèse de Fernand Braudel, publiée en 1949, « La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philipe II », loue cet "Ulysse moderne, qui a fondé un empire en quelques années".
Quand il interroge son héritage, l’historien Jacques Le Goff, met en avant les recherches de Fernand Braudel autour de la notion de « temps monde », forgée sur un concept allemand, la notion d’économie monde.
A la disparition du grand historien, le médiéviste, Georges Duby lui rend hommage depuis le Collège de France. Il rappelle que Fernand Braudel a été aussi "un lutteur, redoutable" et "un constructeur". Il "consolida les institutions qu'il reprit des mains de Lucien Febvre" et "il en fonda de nouvelles".
Ainsi "En 1949, il fut appelé à prendre au Collège de France la succession de Lucien Febvre". "En 1956, Braudel prit la direction de la VIe Section de l'École des Hautes Études que Lucien Febvre avait fondée une dizaine d'années auparavant, un outil qu'il s'appliqua à rendre toujours plus efficace et plus prestigieux". "Il créa, dans le même esprit, la Maison des sciences de l'homme en 1963".
C’est Clémence Azincourt qui prête aujourd’hui sa voix à Fernand Braudel, titulaire de la chaire de la civilisation moderne, le 1er décembre 1950.
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>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Histoire : généralités>Histoire générale du monde (357)
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