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Marie-Christine Agosto (Autre)
EAN : 9782264010919
214 pages
10-18 (01/02/2006)
4.02/5   144 notes
Résumé :
Aucun autre livre de Brautigan n’est aussi chargé du lyrisme des souvenirs d’enfance, ni aussi marqué de cette sereine fraîcheur, exempte de toute complaisance, dont il est toujours tant loué. Si, en un autre temps, Brautigan rêvait de finir sur le mot mayonnaise, c’est un accompagnement aigre-doux qu’il paraît nous servir ici. Car ces soixante-deux courts textes, qu’on hésite à appeler nouvelles, sont autant de petites victoires sur les ruses du sort et du temps, e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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le_Bison
  12 novembre 2012
Imaginez un type quelconque, genre Monsieur Tout-le-monde ou Mr Richard, qui écrit des nouvelles d'une banalité affligeante où il ne se passe pas grand-chose, voir presque rien. Pire, certaines de ces nouvelles ne dépassent pas la page et se contentent même parfois de trois misérables lignes. Vous le prendrez pour un fumiste, ou un écolo avant-gardiste convaincu de la nécessité de ne pas massacrer des forêts pour écrire des feuilles et des feuilles sur des histoires bancales et sans intérêt. Pour preuve :
« - Ce n'est pas facile de vivre dans un studio de San José avec un homme qui apprend à jouer du violon.
C'est ce qu'elle a dit aux policiers, en leur tendant le revolver vide. »
Point. Rien avant, rien après. La nouvelle dans son intégralité. Même mon commentaire élogieux est plus long. C'est dire mon manque de talent car lui, en l'espace d'une phrase, plante le décor, la trame, les personnages et la chute. Moi, je suis juste fan.
Et des dizaines de nouvelles de ce même acabit se côtoient dans un recueil délicieusement intitulé « La Vengeance de la Pelouse », mélange de courtes fictions et de souvenirs des premières impressions de la Californie. Richard Brautigan évoque ainsi son arrivée dans la baie de San Francisco, sa passion pour le soleil de la Californie, une nouvelle vie qui démarre sur ces nouveaux rivages du Pacifique.
L'histoire dans tout ça ? Il n'y en a pas… Ou plutôt il y en a tellement que je ne peux les recenser toutes dans une si fade chronique où les mots ne viennent pas. Car difficile de rajouter quelque chose après le texte concis et ciselé de Brautigan. Il y a des histoires de filles, de solitude, d'enfance et de nostalgie, des trucs sur les filles et sur la Californie, sur la beauté de ce monde et des femmes au petit-déjeuner, sur la poussière qui nous enterre et sur nos vies qui se transforment en poussière. Bref, il n'y a rien. Et c'est justement ce « rien » qui m'en fait une lecture indispensable, le genre de trucs que j'aurais envie de relire dans un mois ou dans 6 ans trois-quarts.
Peut-être que du fait de mon grand âge, j'ai gardé au fond de mon coeur une âme beatnik pour apprécier ce genre de littérature, où chaque phrase possède la beauté d'un poème, où chaque ponctuation mystifie la chute, où un esprit malicieux et décalé flotte dans l'air comme cette odeur de café qui embrume le snack dans lequel je me suis réfugié pour lire ce recueil.
« Il y a dans le café l'odeur d'un petit déjeuner de quinze mètres vingt de long. »
[...]
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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jmb33320
  23 juin 2021
« Je suis habité ce soir par des sentiments pour lesquels il n'y a pas de mots, et des faits qu'il faudrait expliquer en termes de poussières plutôt qu'en paroles.
J'ai examiné des petits bouts de mon enfance. Ce sont des morceaux d'une vie lointaine qui n'ont ni forme, ni sens. Des choses qui se sont produites comme des poussières. »
Ces quelques lignes reprennent intégralement un des textes qui forment ce livre inclassable. Il a pour titre « Poussières ». Et quand je l'ai lu, j'ai su que c'est celui qui convenait le mieux pour commencer ce billet. Disons que le point fort, c'est la référence à l'enfance comme énigme, car beaucoup de ces bribes de souvenirs, de rêves éveillés ou nocturnes, se situent pendant les premières années de la vie de Richard Brautigan. Et les images produites par la lecture sont très fortes, comme par exemple la vision de cette vieille dame achetant de la viande (du foie) pour nourrir des abeilles, « Le temps qu'il fait à San Francisco », ou par celle d'enfants égarés dans un vaste roncier couvert de mûres, « Automobiliste dans les mûres »
L'âge adulte n'est pas absent, avec ses errances, ses gueules de bois et ses ruptures mais ces textes là n'ont peut être pas la même étrangeté que ceux qui se situent dans sa jeunesse.
J'avais lu, il y a longtemps, «La Pêche à la truite en Amérique » et je n'y avais pas compris grand chose. le livre m'était tombé des mains. J'ai donc été surpris par l'intérêt que j'ai porté à « La vengance de la pelouse ». le ton de Brautigan, aujourd'hui, m'a paru réellement unique. J'ai évidemment changé, vécu, sans tenir compte du fait que j'ai pris la mesure, là aussi avec les années, que chaque relecture est réellement une autre expérience.
Je ne sais presque rien de la biographie de Richard Brautigan. Pour l'avoir survolée avant de rédiger ces quelques lignes, j'ai rapidement constaté que sa vie n'avait pas été de tout repos. Je préfère rester sur ces textes, avec leurs énigmes, plutôt que de tenter de démêler le vécu de l'inventé... Mais je reviendrai à cet auteur qui cette fois-ci m'a captivé.
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Fleitour
  09 septembre 2016
Être élevé par une grand mère, contrebandière au temps de la prohibition, ouvre bien des horizons. Devient-on bandit ou évangéliste, pour autant ? Richard Brautigan a choisi une troisième voie, la dérision, mieux l'autodérision.
Porté par une enfance éternelle, il aura sur le monde le même sourire et le même étonnement, que dans ses moments de claire voyance, où il a vu par exemple, sa mémé plumer des oies ivres, ivres de s'être gavées du moût de l'alambic. "les oies se réveillèrent nues et désespérées, le regard fixe et abattu, comme dans les 1ères pub sur l'aspirine ».
Son grand père, gagné par la folie, a vu sa vie s'arrêter le 3 mai 1872 jusqu'à sa mort en1930.
Ainsi nanti d'une si belle généalogie, il "frappa de toutes ses forces aux portes de la littérature américaine" p34 .
Ces 62 courts textes, sont autant de souvenirs ordinaires, qu'une succession d'instants privilégiés où l'étrange maladresse du conteur réalise| l'accord du malheur et de la blague, "moi seul dans ce bus, n'avait pas trente ans, ils me regardaient fixement, je les regardais fixement,nous étions tous gênés et mal à l'aise".
Avec des accents de sincérité et même d'enthousiasme il évoque la belle Californie, qui accueille des millions de voitures, au point de faire de cette fine fleur "métallivore", qui laisse entrer les voitures comme les rayons du soleil, "un Taj-Mahal en forme de parcmètre, p36".

La Californie vu par Brautigan, c'est partir à la rencontre des paumés, des vieux et des "cloportes" , tous ceux qui passent leur vie à s'inventer d'autres vies, Brautigan les côtoie, "n'était le fait que les gens ont besoin d'un peu d'amour, et bon Dieu que c'est triste, parfois, de Voir toute la merde qu'il leur faut traverser pour en trouver",p172.
Brautigan glisse ici ou là des textes personnels sur les femmes, il y a toujours une pointe de nostalgie, une fraîcheur d'adolescent, même s'il n'est pas un séducteur, et une pointe d'humour qui lui ouvre des rencontres émouvantes et "c'est si beau quand elle s'habille",p174 » .
Parmi ces courtes rencontres, je pense à l'épisode du café, "à l'intimité qu'une tasse peut créer", p44 ou "ses vêtements se faisaient à son corps", magique !
Et encore, cette hippie, Clarence, "ses pieds ont froid sur le trottoir", de simples mots pour dire la détresse, P134.

Richard Brautigan se lit et se relit, car c'est subtil, ses mots sont choisis, son oeil est redouté , il pointe où ça fait mal.
Et pourtant n'est ce pas banal, de raconter la vie de tous les jours sans en avoir l'air, comme le simple dépôt d'un chèque de 10$, oui mais, il y a chez Richard Brautigan, l'étincelle, le court circuit qui change tout, l'art d'accommoder les restes comme les "poussières" de son enfance.
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mh17
  29 juin 2021
J'ai une impression mitigée à la lecture de ce recueil. Mais j'ai voulu à tort le lire d'une seule traite. Or c'est un recueil à picorer comme une anthologie de haïkus.
Il comprend soixante-deux courts récits autobiographiques (de une à sept pages) qui ont été écrits entre 1962 et 1970. Brautigan est un très bon conteur d'anecdotes saugrenues qui arrivent aux anti-héros , aux sans-grade et sans oseille de son entourage. La première , celle qui traite de la vengeance de la pelouse est formidable, merveilleuse, tendre, rigolote...Le problème c'est qu'elles ne sont pas toutes aussi réussies. Certaines, ben m'ont barbée. Mais il y a des pépites, toutes celles consacrées à son enfance, quand il chasse l'ours ou le daim, qu'il bombarde les Allemands avec sa soeur en particulier. j'ai bien aimé également les instantanés sur sa vie de beatnik californien, bien loin du mythe enchanté et summer love que l'on peut nous servir.
Bref sympathique mais inégal.
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patrick75
  21 février 2015
Derrière les textes de Brautigan se cache sa sensibilité, même si j'ai été dérouté par certaines nouvelles que je n'ai pas su déchiffrer. Il faut bien sur les prendre au second, voir au troisième degré, mais même au centième degré je crois que je serai encore en train de chercher ce qu'il a voulu dire. Je reste malgré tout séduis par l'humanité que l'on ressent toujours au second plan. Les ballades aux côté de richard ( si je puis me permettre cette familiarité) sont toujours un réveil, un retour à la beauté de la simplicité dans tous les actes du quotidiens. Un hymne à la vie !
Il me manque déjà, à peine déposé le livre.
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Citations et extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   12 novembre 2012
Je me balade, en pensant que j'aimerais bien coucher avec une nouvelle nana. Il fait froid en cet après-midi d'hiver, et ce n'est qu'une idée parmi tant d'autres, et qui m'est presque sortie de l'esprit, quand soudain :
Une fille, grande - Bon Dieu ce que j'aime les grandes - remonte la rue en face de moi avec la démarche souple d'un jeune animal. Elle est moulée dans un Levi's. Elle doit bien faire un mètre soixante-quinze, et elle porte un pull bleu sous lequel ses seins, fermes et jeunes, sont libres comme des vagues.
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le_Bisonle_Bison   30 août 2012
Je longeais la voie ferrée près de Monterey, le jour de la fête du Travail, en 1965, et je regardais la rivage du Pacifique aux contours accidentés comme une Sierra. Cela m'a toujours émerveillé de voir combien l'océan à cet endroit ressemble à un torrent de sierra, avec cette côte de granit, cette eau d'une clarté violente, ces miroitements de vert et de bleu et ces lustres d'écume qui resplendissent dans les rochers comme les courants d'une rivière de montagne.
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le_Bisonle_Bison   24 août 2012
- Ce n'est pas facile de vivre dans un studio de San José avec un homme qui apprend à jouer du violon.
C'est ce qu'elle a dit aux policiers, en leur tendant le revolver vide.
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le_Bisonle_Bison   08 septembre 2012
Comme la plupart des Californiens, je viens d’ailleurs, et la Californie m’a attiré à elle à dessein, comme une fleur métallivore attire les rayons du soleil et la pluie, et puis, les pétales tendus, fait signe à la route, et laisse entrer les voitures, des millions de voitures dans une seule fleur, sous lesquelles se noie son parfum ; et il y a encore de la place pour des millions d’autres.
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Fabinou7Fabinou7   13 mars 2022
" - Ce n'est pas facile de vivre dans un studio à San Jose avec un homme qui apprend à jouer du violon.
C'est ce qu'elle a dit aux policiers, en leur tendant le revolver vide."
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