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Critique de batlamb


batlamb
  29 décembre 2018
Plutôt qu'à un recueil de nouvelles, c'est à une série de poèmes en proses que nous avons affaire ici. Une poésie brève, simple, pas très éloignée du haïku. Chaque phrase ou presque a effleuré mes pensées harmonieusement. Brautigan possède ce talent, qui n'appartient qu'aux plus grands écrivains, de dire un maximum de choses en un minimum de mots. La nouvelle "L'effet Scarlati", pas bien plus longue à lire que son titre, en donne la démonstration la plus magistrale.

Ces textes souvent (très) amers ne font aucun effort pour cacher la nostalgie qui les ronge, qui les hante, comme le fantôme de l'enfant qu'a été Brautigan. Cela offre sans doute quelques pistes pour comprendre les causes de son suicide. Mais l'ensemble est loin d'être déprimant pour autant. Il dégage plutôt une douce mélancolie, assez proche des "Chroniques Martiennes" de Ray Bradbury, dans un cadre moins fantaisiste (quoique pas toujours : lire "Les oiseaux sauvage du paradis" pour s'en convaincre).

Outre les trois premières lettres de leurs noms de famille, je trouve d'ailleurs que Brautigan et Bradbury partagent de nombreux points communs : cette nostalgie de l'enfance, un attrait pour l'amérique rurale, et leurs prose si aérienne et réconfortante. Brautigan en était sans doute conscient, car la nouvelle "Hommage à la YMCA de San Francisco" comporte un… hommage appuyé à l'auteur de "Farenheit 451". En effet, le héros de ce récit, confronté à des recueils de poésie devenus vivants, s'exclame : "Je vais appeler les pompiers !" et se voit rétorquer : "brûleur de livres !"

Moi, je ne brûlerais ce livre-ci pour rien au monde.
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